Anne de France

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Anne de France
Anne de France, triptyque du Maître de Moulins, détail.
Anne de France, triptyque du Maître de Moulins, détail.
Titre
Régente du royaume de France
30 août 14831491
Monarque Charles VIII
Biographie
Dynastie Maison de Valois
Date de naissance avril 1461
Lieu de naissance Genappe (Pays-Bas bourguignons)
Date de décès 14 novembre 1522
Lieu de décès Chantelle (France)
Père Louis XI de France
Mère Charlotte de Savoie
Conjoint Pierre de Beaujeu
Enfant(s) Charles de Bourbon
Suzanne de Bourbon

Anne de France
Régent de France

Anne de France, dite Anne de Beaujeu, née en avril 1461 à Genappe et morte le 14 novembre 1522 à Chantelle, fut princesse et régente de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fille aînée de Louis XI et de Charlotte de Savoie, encore nourrisson, elle est fiancée au jeune Nicolas de Lorraine, marquis de Pont-à-Mousson, petit-fils de René d'Anjou, héritier (après son père) des trônes de Lorraine, Bar, Anjou, Maine, Provence, Naples et Sicile. Au mois de mai 1470, son père attribua alors à sa fille la vicomté de Thouars et les seigneuries de Marans et de Berrye[a 1]. À la suite de la mort du marquis le 27 juillet 1473[a 2], ce sera Pierre de Beaujeu, de plus de vingt ans son aîné, sire de Beaujeu et frère cadet du duc Jean II de Bourbon, qu'elle épousera. Le contrat fut passé à Jargeau près d'Orléans le 3 novembre 1473[a 3], et le mariage fut accompli l'année suivante. La princesse est âgée de 12 ans, Pierre de Bourbon est alors âgé de 35 ans, il devient duc de Bourbon. Son père déclare qu'elle est la moins folle des filles de France, car de sage il n'y en a point, et souhaite sur son lit de mort qu’elle prenne la régence pendant la minorité royale (majorité à 14 ans) de Charles VIII, son frère.

Régence du royaume[modifier | modifier le code]

Statue d'Anne de Beaujeu dans la série des Reines de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg.

À la mort de Louis XI en 1483, Charles VIII a treize ans et demi, la majorité royale étant fixée alors à quatorze ans. Anne de Beaujeu exerce la régence[1] de 1483 à 1491 avec son mari. Contrairement aux attentes des princes du royaume, elle contient la noblesse, maintient fermement contre le duc d’Orléans l’autorité royale et l’unité du royaume en mettant un terme à la Guerre folle en 1488 à Saint-Aubin-du-Cormier.

Ces contestations avaient commencé dès la mort de Louis XI : elle convoque alors les États généraux, à Tours pour leur éviter la pression de Paris. Pour se concilier les grands du royaume, elle sacrifie deux conseillers de son père, Jean Doyat et Olivier Le Daim.

Conséquence de la Guerre folle, elle marie son frère Charles VIII à Anne de Bretagne, ce qui parachève l'expansion territoriale accomplie par Louis XI en préparant le rattachement du duché de Bretagne à la Couronne.

Duchesse de Bourbon[modifier | modifier le code]

À la mort du duc Jean de Bourbon en 1488, elle négocie le duché de Bourbon pour son mari. Elle tient à Moulins une des cours les plus fastueuses du royaume.

De son mariage avec Pierre de Beaujeu, elle a eu :

Autres titres[modifier | modifier le code]

Elle est aussi, par son conjoint, duchesse d'Auvergne et dame de Beaujeu.

En 1477, son mari récupère le comté de La Marche, après l'exécution de Jacques III d'Armagnac, son cousin au 3e degré. Elle fut aussi comtesse de Clermont en Beauvaisis, baronne du Roannais, princesse des Dombes, comtesse du Forez et vicomtesse de Carlat.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Après la mort de son mari, Anne de France écrit Enseignements à ma fille[2] (Suzanne avait 12 ans), source importante sur l’éducation des jeunes filles de l’aristocratie de l’époque. Elle publie également Histoire du siège de Brest, œuvre littéraire dont l’action se déroule durant la guerre de Cent Ans, qui donne en exemple les actes d’une femme lors d’une situation critique.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Anne de France fut inhumée dans la chapelle neuve du prieuré clunisien de Souvigny auprès de son époux et de sa fille[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ni les dernières volontés de Louis XI, ni les États généraux de 1483 ne confèrent à Anne (ou son époux) les pouvoirs de régence, mais leur confient l'éducation ou le conseil du futur Charles VIII qui d'ailleurs à l'époque était quasi majeur (sur ses 14 ans). Même si Anne détient réellement les rênes du pouvoir, le terme de régente doit être nuancé.
  2. Les enseignements d'Anne de France, duchesse de Bourbonnais et d'Auvergne, à sa fille Susanne de Bourbon, texte original publié d'après le ms. unique de Saint-Pétersbourg par A.-M. Chazaud, dessins de M. A. Queyroy, Moulins, C. Desroziers, 1878 (en ligne).
  3. Jean Cluzel, Anne de France, fille de Louis XI, duchesse de Bourbon, Paris, Fayard, 2002 et Jacques Château, Les Bourbons avant Henri IV, Charroux, Éditions des Cahiers bourbonnais, 2005.

Références bibliographiques[modifier | modifier le code]

Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome III, p. 173-174 note no 1, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1887, 389p.

  1. p.174 ; Bibliothèque nationale, Fr.20494, fol.22
  2. p.173
  3. p.174 ; Bibliothèque nationale, Fr.3882, fol.153

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Tatiana Clavier & Éliane Viennot (éd.), Enseignements à sa fille, suivis de l'Histoire du siège de Brest, Saint-Étienne, Publications de l'université de Saint-Étienne, 2007.
  • Le Siège de Brest, texte traduit en français moderne, présenté et annoté par Jean-François Kosta-Théfaine, Paris, éditions Cartouche, 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne de Beaujeu et ses énigmes, Actes du colloque national du 28 mai 1983, Archives départementales du Rhône, Villefranche-sur-Saône, 1984.
  • Pierre Pradel, Anne de France (1461-1522), Paris, Publisud, 1986.
  • Jean-Charles Varennes, Anne de Bourbon, roi de France, Paris, Librairie académique Perrin, 1978, 409 p., ill. (Prix Feydeau de Brou 1978 de l'Académie française). (ISBN 2-262-00093-X)
  • Éliane Viennot :
    • « Anne de France (1461-1522), dame de Beaujeu, duchesse de Bourbon, régente de France : un cas d'école pour la recherche sur les femmes et le pouvoir », in Cahier du CELEC, no 3, 2012, Reines, princesses, favorites : quelle autorité déclinée au féminin ? (en guise d'introduction au numéro), [lire en ligne].
    • « Comment contrecarrer la loi salique ? Trois commanditaires de livres d’histoire au XVIe siècle : Anne de France, Louise de Savoie et Catherine de Médicis », in Sylvie Steinberg & Jean-Claude Arnould (dir.), Les Femmes et l’écriture de l’histoire, 1400-1800, Mont-Saint-Aignan, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2008, [lire en ligne].
    • « Rhétorique de la chasteté dans les Enseignements d'Anne de France à sa fille Suzanne de Bourbon », in Jean-Jacques Vincensini (dir.), Souillure et pureté. Le corps et son environnement politique et culturel, Paris, Maisonneuve et Larose, 2003, [lire en ligne].
    • « Une nouvelle d'Anne de France : l'Histoire du siège de Brest », in Jean Lecointe, Catherine Magnien, Isabelle Pantin et Marie-Claire Thomine (dir.), Devis d'amitié, Mélanges en l'honneur de Nicole Cazauran, Paris, Honoré Champion, 2002, [lire en ligne].
    • « La transmission du savoir-faire politique, d'Anne de France à Marie de Médicis », in La Transmission du savoir dans l'Europe des XVIe et XVIIe siècles, Paris, Honoré Champion, 2001, [lire en ligne].
    • « Gouverner masqués : Anne de France, Pierre de Beaujeu et la correspondance dite "de Charles VIII" », in L'Épistolaire au XVIe siècle, Cahiers du Centre V.-L. Saulnier, no 18, Paris, Éditions Rue d'Ulm, 2001, [lire en ligne].
  • Georges Grassoreille, « Un registre de comptes de la duchesse Anne », in Revue bourbonnaise, 1887, p. 20-30, 52-62, 101-108.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]