Maître de Moulins

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Triptyque de Moulins

Le Maître de Moulins est un peintre anonyme, dont l'identité fait encore l'objet d'un débat, aujourd'hui en voie de résolution, et qui exerça son activité de 1483 à 1500 auprès de la cour des ducs de Bourbon. L'identification du peintre à Jean Hey, artiste d'origine néerlandaise qui travailla en Bourgogne pour le cardinal Rolin puis en Bourbonnais pour la famille princière (notamment le cardinal Charles de Bourbon) est maintenant à peu près établie. Déjà considérée comme probable par André Chastel dans sa magistrale synthèse sur L'Art français (tome 2, Flammarion, 1994), elle a été définitivement reconnue à l'occasion de l'exposition France 1500 (Grand Palais, Paris, automne 2010)[1]. Les hypothèses contraires n'ont plus guère de validité.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres hypothétiques
  • Une hypothèse fragile à étudier est que l'inspirateur des lissiers, qui ont tissé la célèbre tapisserie du musée de Cluny (Paris) : La Dame à la licorne, serait le Maître de Moulins.

Tentatives d'attribution[modifier | modifier le code]

L'hypothèse part du fait qu'existe dans les archives concernant les comptes du duc Pierre II de Bourbon, un document citant Maistre Jehan le paintre. L'artiste devrait donc se prénommer Jean (forme moderne de ce prénom).

Diverses tentatives ont donc été menées pour identifier le Maître de Moulins avec des artistes connus tels : Jean Hey ou Jean Perréal ou Jean Prévost, mais aucune n'a remporté l'assentiment général jusqu'à une date récente.

1968 - Jean Hey.

Charles Sterling a proposé le nom de Jean Hey[4].

2001 - Jean Prévost

Albert Châtelet a proposé d'identifier le Maître de Moulins avec le peintre lyonnais Jean Prévost actif de 1471 à 1497 [5]. On citera (partiellement) la conclusion du compte-rendu de son ouvrage dans la revue Britannique The Burlington Magazine parue en juin 2002 : This is an important book. Even if the main thesis cannot be accepted. For the moment the Master maintains his anonymity. Lorne Campbell, National Gallery, London. (« C'est un livre important, même si la thèse de l'auteur ne peut être acceptée. Pour le moment, le Maître reste anonyme »).

2003 - Jean Hey

Pierre-Gilles Girault et Étienne Hamon précisent dans « Nouveaux documents sur Jean Hey et ses clients Charles de Bourbon et Jean Ceuillette », Bulletin Monumental, no 161-2, 2003, p. 117-125 (lire en ligne) leur position sur les documents trouvés et donnent leur accord sur l'identification de Jean Hey avec Jehan le peintre travaillant pour le duc de Bourbon en 1503 défendue par Nicole Reynaud. Ils répondent aux critiques d'Albert Châtelet.

2006 - Jean Hey

Dans son ouvrage sur la peinture française du XVe siècle, Bottineau-Fuchs, tout en soulignant qu'Albert Châtelet défend toujours l'option Jean Prévost, adopte l'hypothèse de l'identité entre le Maître de Moulins et Jean Hey[6].

2010 - Jean Hey

Les organisateurs de l'exposition France 1500 identifient le Maître de Moulins à Jean Hey (voir plus haut). Cette identification est faite à partir de l'authentification, grâce à une inscription au dos, du tableau Ecce Homo, réalisé par Hey pour Jean Cueillette, notaire et trésorier du duc de Bourbon. Selon le catalogue de l'exposition, cette identification est aussi corroborée par des documents retrouvés à Lyon mentionnant Jean Hey comme peintre du cardinal Charles de Bourbon dans les années 1480. Le catalogue attribue à Jean Hey le Triptyque de la Vierge en gloire entourée d'anges ou Triptyque de Moulins (non présent à l'exposition) et la Nativité avec le cardinal Jean Rolin, première œuvre du Maître de Moulins.

Dérivations[modifier | modifier le code]

En 1972 la Poste a émis un timbre[7] de Robert Cami reproduisant un tableau du musée du Louvre représentant Pierre II de Bourbon présenté par saint Pierre..

Références[modifier | modifier le code]

  1. France, 1500. Entre Moyen Âge et Renaissance, Paris, RMN,2011, p.160 et suiv.
  2. Madeleine de Bourgogne
  3. Dauphin Charles-Orlant
  4. Sterling 1968, p. 26-33
  5. Châtelet 2001
  6. Bottineau-Fuchs 2006, p. 190
  7. D'une valeur de 2 francs ; ce timbre porte le n° 1732 dans les catalogues Yvert & Tellier.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Sterling, « Jean Hey le Maître de Moulins », Revue de l'Art, no 1-2,‎ 1968
  • Nicole Reynaud, Jean Hey peintre de Moulins et son client Jean Cueillette, Revue de l'Art, no 1-2, 1968, p. 34-37
  • Albert Châtelet, Jean Prévost : Le Maître de Moulins, Paris, Gallimard, coll. « Monographies »,‎ 2001 (ISBN 2070116859, notice BnF no FRBNF37718647)
  • Pierre-Gilles Girault et Étienne Hamon, « Nouveaux documents sur Jean Hey et ses clients Charles de Bourbon et Jean Ceuillette », Bulletin Monumental, no 161-2,‎ 2003, p. 117-125 (lire en ligne)

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Un ouvrage où l'œuvre du Maître de Moulins et son identification sont décrits  :

Catalogues d'exposition[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Dans la lumière de Vermeer, Paris, Musée de l'Orangerie, 24 septembre - 28 novembre 1966.
  • 2010 : France 1500, entre Moyen Âge et Renaissance, Paris, Grand-Palais, 6 octobre 2010 - 10 janvier 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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