Augustins

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On qualifie de manière imprécise d'Augustins l'ensemble des clercs réguliers vivant selon les principes définis par un texte appelé Règle de saint Augustin. Ce texte est une lettre authentique de saint Augustin donnant des normes de vie religieuse commune à une communauté d'hommes (non identifiée), mais qui n'a rien à voir avec les amis groupés autour de lui dont il parle dans ses Confessions. Saint Augustin lui-même n'a jamais eu l'intention de fonder un ordre religieux au sens institutionnel du terme.

Plusieurs familles religieuses de nature différente se réfèrent de la sorte à saint Augustin. Les unes portent directement son nom et forment un ordre spécifique (Ermites de saint Augustin [OESA], Chanoines réguliers de saint Augustin [CRSA]), les autres suivent sa règle, tout en adoptant en plus des constitutions propres qui précisent certains détails de l'organisation de leur vie, comme par exemple les Dominicains.

Ordres masculins[modifier | modifier le code]

Ruines du monastère Jasienica (XIVe siècle), Police (Pologne)

Les chanoines réguliers de saint Augustin (C.R.S.A.)[modifier | modifier le code]

Dès le Haut Moyen Âge, le pouvoir séculier et ecclésiastique entreprit de réformer la vie du clergé de certaines églises en le plaçant sous l'autorité de la Règle de saint Augustin ou de Chrodegang évêque de Metz.

Ce mouvement conduit à organiser la vie de chanoines réguliers de saint Augustin (C.R.S.A.). Certaines de ces communautés se développèrent autour de centres de pèlerinage et de dévotion, comme Saint-Sernin de Toulouse, Saint-Amable de Riom ou Saint-Maurice d'Agaune, ou en fonction de finalités caritatives ou apostoliques particulières inspirées par des personnalités charismatiques tels les chanoines du Grand-Saint-Bernard, les chanoines de Saint-Victor de Paris, d'Arrouaise, de Saint-Ruf, etc.

Les ordres nouveaux du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au concile de Latran IV (1215), l'Église prescrit aux ordres nouveaux de choisir entre les règles monastiques traditionnelles ou la règle de saint Augustin. Tous les mouvements nouveaux qui ne voulaient pas être astreints à la stabilité monastique ou à ses conditions économiques adoptèrent donc la règle de saint Augustin comme texte fondamental, tout en y associant des statuts conformes à leur vocation particulières. Ainsi fit saint Dominique pour les frères prêcheurs.

Les ermites de Saint-Augustin (O.E.S.A.)[modifier | modifier le code]

Les ermites de Saint Augustin ou Ordo Eremitarum Sancti Augustini forment un ordre mendiant appelé aussi ordre des grands Augustins (sigle : OESA). Le 9 avril 1256 par la bulle Licet ecclesiae catholicae[1], le pape Alexandre IV décida de regrouper et d'organiser selon les principes de la Règle de saint Augustin plusieurs groupuscules issus de l'érémitisme du XIIe siècle. Il les plaça sous la direction de Lanfranc. L'ordre fut définitivement approuvé lors du deuxième concile de Lyon en 1274. Les Augustins se vouaient surtout à la prédication, rivalisant avec les Dominicains. Ils portaient à l'origine un vêtement gris comme les Franciscains. Ils prirent dans la suite un vêtement noir ou blanc, à larges manches, attaché autour du corps par une ceinture de cuir.

Répondant à l'attente générale, le pape Sixte V nomme Gregorio Petrocchini (1535-1612) supérieur général de l'ordre lors du chapitre célébré à Rome en 1587, après la mort du P. Spirito Vicentini, avant de le créer cardinal, lors du consistoire du .

À Paris, les grands Augustins ou Augustins chaussés, établis dès 1259, ne relevaient que de Rome. Leur couvent situé sur l'emplacement de la rue Dauphine actuelle, servit souvent aux assemblées du clergé et du parlement. À Paris, quatorze d'entre eux desservaient la chapelle des Louanges de la rue dite « des Petits-Pères »", bâtie en 1609 par Marguerite de Valois et devenue par la suite chapelle de l'hôpital de la Charité.

À Toulouse, le couvent des Augustins de Toulouse a toujours abrité des ermites de Saint-Augustin depuis la fin du XIIIe siècle.

Les autres ordres dans la famille augustine[modifier | modifier le code]

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L´ordre des Augustins recollets (O.A.R)[modifier | modifier le code]

En décembre 1588, un groupe de prêtres augustins se sont rencontrés au chapitre de Tolède pour demander une maison pour ceux qui voudraient vivre plus la vie de prière. Le chapitre a approuvé la demande et l´ordre des Augustins recollets. Après 38 ans, la province est élevée au niveau d´une congrégation. Ça veut dire qu'il peut se diviser en ses propres provinces. Et parmi les premières missions de la congrégation sont celles de la Columbie (où ils sont connus comme les pères Candelaries) et des Philippines. Depuis l´occupation espagnole aux Philippines, les Augustins recollets (ou simplement les Recollets) sont un des ordres qui évangélisent les îles.

Finalement, le Vatican a élevé la congrégation au niveau d´un ordre mendiant en 1912 et elle devenue la dernière parmi les ordres mendiants du monde. Aujourd'hui, il y a environ de 1200 religieux recollecs dans le monde entier (dont environ 900 sont prêtres). Il existe aussi plusieurs congrégations pour les femmes, par exemple les soeurs augustines recollets à Manille.

À part des groupes religieux, il existe aussi la Fraternité séculière Augustin-Recollets pour les laïcs et les Jeunes Augustins recollets. La présence des Augustins recollets est plus forte en Espagne, aux Philippines et en Colombie. Actuellement, ils se trouvent dans 19 pays divisés en 8 provinces.

Les Augustins déchaussés ou Augustins déchaux (O.A.D.) (Petits Pères)[modifier | modifier le code]

Ordre mendiant issu d'une réforme de l'ordre des Ermites de Saint-Augustin ; par imitation de la réforme des Carmes ils se distinguaient des grand Augustins par le fait de marcher pieds nus : cette branche, née en 1574 de la réforme du portugais Thomas de Jésus, se répandit bientôt en France et en Italie. Les religieux de la congrégation française (XVIIe siècle) étaient familièrement appelés petits pères pour les distinguer des grands Augustins et peut-être, dans le langage populaire, à cause de la petite taille des pères François Amet et Matthieu de Sainte-Françoise-romaine, qui bâtirent le couvent de Paris en 1629, près de la place des Victoires (rue des Vieux-Augustins). Comme tous les religieux, ils font les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance ; ceux de la congrégation d'Italie font en plus celui d'humilité. Ils comptent environ 185 membres dans le monde. La branche de France s'est éteinte à la Révolution.

À Paris, les Augustins déchaussés ou Petits-Pères occupaient le couvent de Notre-Dame-des-Victoires, fondé par Louis XIII le 9 décembre 1629. Ils faisaient partie de la province dite de France qui, avec celles de Dauphiné et de Provence, constituait la congrégation de France des Augustins déchaussés. Les Petits-Pères obtinrent plusieurs réformes adoucissant leurs constitutions très austères. La dernière, en 1746, les autorisa à porter des chaussures. Ils changèrent alors de nom et prirent celui d'Augustins réformés. Le couvent a été fermé comme les autres à la Révolution française et les quelque 60 religieux se sont alors dispersés. L'église, rouverte au culte sous l'Empire, est devenue une paroisse puis, au XIXe siècle, un lieu de pèlerinage réputé.

Les Assomptionnistes (créés à Nîmes en 1845) ont aussi adopté la Règle de Saint-Augustin.

Les Ordres féminins[modifier | modifier le code]

Placées également sous le vocable de Saint-Augustin, les Augustines suivent la règle que donna Saint Augustin à un monastère fondé par sa sœur à Hippone, se vouent à la garde des malades et au service des hôpitaux et portent une robe noire serrée par une ceinture de cuir.

L'Hôtel-Dieu de Paris était desservi par des Augustines.

Depuis lors, d'autres ordres se sont mis sous l'égide de Saint Augustin :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Salies, Les Augustins : origine, construction et vie du grand couvent toulousain au Moyen Age (XIIIe-XVIe siècles), Archistra,‎ 1979, p. 15

Articles connexes[modifier | modifier le code]