Château de Chenonceau

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Le Château de Chenonceau
Image illustrative de l'article Château de Chenonceau
Vue du château depuis les jardins de Catherine de Médicis.
Architecte Philibert Delorme
Début construction XVe siècle
Propriétaire actuel Famille Menier
Protection Logo monument historique Classé MH (1840, 1962)
Site web www.chenonceau.com/
Coordonnées 47° 19′ 30″ N 1° 04′ 13″ E / 47.324869, 1.07028747° 19′ 30″ Nord 1° 04′ 13″ Est / 47.324869, 1.070287  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Commune Chenonceaux

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Le Château de Chenonceau

Le château de Chenonceau est situé dans la commune de Chenonceaux en Indre-et-Loire (France). Il fait partie des châteaux communément appelés les châteaux de la Loire.

Chenonceau, construit, aménagé, transformé par des femmes très différentes par leur tempérament. Édifié par Katherine Briçonnet en 1513, enrichi par Diane de Poitiers, agrandi sous Catherine de Médicis, lieu de recueillement avec la reine blanche Louise de Lorraine, sauvegardé par Louise Dupin au cours de la Révolution française et métamorphosé avec madame Pelouze. Surnommé, avec raison, le château des Dames[2], car « cette empreinte féminine est partout présente, le préservant des conflits et des guerres pour en faire depuis toujours un lieu de paix. Château meublé, décoré de rares tapisseries et peintures anciennes, c'est le monument historique privé le plus visité de France, serti de plusieurs jardins d'agrément, un parc et un domaine viticole »[3],[4].

L'ensemble du domaine accueille annuellement 850 000 visiteurs[5]. Le château est classé au titre des monuments historiques depuis son inscription sur la liste de 1840 et le parc par arrêté en date du 7 novembre 1962[6].

« Je ne sais quoi d'une suavité singulière et d'une aristocratique sérénité transpire au château de Chenonceau. »

— Gustave Flaubert, extrait de son ouvrage[7]: Par les champs et par les grèves, 1881.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Chenonceau, construit sur le Cher en Touraine (région Centre, France). Ce château de la Loire fut bâti par Thomas Bohier et son épouse Katherine Briçonnet, mais c’est à Catherine de Médicis que l’on doit les galeries sur la rivière.

Famille Marques[modifier | modifier le code]

Le premier château édifié à Chenonceau remonte au XIIIe siècle, ainsi qu’un moulin fortifié datant de 1230, date à laquelle il est aux mains de la famille Marques. Le pont n'existe pas encore, et ne sera construit que bien plus tard. Ainsi, l'aspect stratégique du premier château ne réside pas dans un quelconque contrôle du passage d'une rive à l'autre, mais davantage dans une gestion du trafic fluvial sur le Cher, entre la Sologne et le Berry d'un côté, et la Touraine et l'Anjou de l'autre.

Le Cher est alors largement utilisé dans le transport de bois, de matériaux de construction, de sel, de vin, et de fourrage[8]. Il subit les dévastations de la guerre de Cent Ans, époque durant laquelle Jean Marques se dresse contre le dauphin Louis de Guyenne, chef du conseil du Roi, et livre Chenonceau aux troupes anglaises. Chenonceau est repris par les français en 1411, grâce à la victoire de Boucicaut dans les prés de Vestin. Le château est alors brûlé et rasé, ainsi que le château des Houdes, lui aussi propriété de la famille Marques.

Plus tard, Jean II Marques sollicite Charles VII dans le but de reconstruire un château sur le domaine. L’autorisation lui est donnée par lettres patentes en 1432. Le château est alors reconstruit à un autre emplacement, et présente une architecture nouvelle : appuyé au Cher, il délimite un espace presque carré (de 50 x 55 m), terrassé et maçonné, entouré sur trois côtés de fossés d’eaux vives, le Cher terminant d’isoler le bâtiment[8]. Il est cantonné aux angles de quatre tours rondes, les bases baignant dans les douves, munies de courtines, entre lesquelles se dressent les corps de logis, interrompus par les fortifications de la porte d’entrée. De ce château féodal ne subsiste de nos jours que la tour sud-ouest connue sous le nom de « tour des Marques ». Derrière le château, sur les rives du Cher, est bâti un moulin sur deux piles de pierre.

Thomas Bohier[modifier | modifier le code]

Plan du logis par Jacques Androuet du Cerceau.

L’un des successeurs de Jean II, Pierre Marques, épouse Martine Bérart, fille d’un trésorier de France et maître d’hôtel de Louis XI. Une mauvaise gestion du domaine, entrainant la famille dans de graves difficultés financières, contraint cependant le 3 juin 1496 à la saisie du fief, dont Thomas Bohier, bourgeois de Tours récemment anobli, se porte acquéreur[8], pour 7 374 livres tournois. Les Marques se retirent ainsi au manoir du Couldray, à Saint-Martin-le-Beau. Thomas Bohier accorde à Pierre Marques et à sa femme, la faculté de réméré jusqu'au 25 décembre 1498 pour 12 550 livres[9]. Mais Pierre Marques ne pouvait s'acquitter du premier loyer. Le 9 novembre 1499, Guillaume Marques, frère de Pierre, revendique le domaine en invoquant la clause de retrait lignager, et engage des procédures en vue de récupérer le domaine.

À son décès, sa fille Catherine Marques reprend le flambeau, et obtient en partie satisfaction, forçant Thomas Bohier à loger au château des Houdes, où il avait fait construire un logis. Catherine épouse François Fumée (le fils d’Adam Fumée), seigneur des Fourneaux. Elle engage de nouvelles procédures en vue d’acquérir également les Houdes, afin que l’ensemble des anciennes terres de la famille lui revienne.

Au terme d’une difficile bataille judiciaire, le 8 février 1512 voit la confiscation de la seigneurie de Chenonceau et son adjudication au bailliage de Tours. Catherine et François sont contraints de déménager au manoir des Fourneaux. Thomas Bohier peut ainsi librement prendre possession du domaine le 10 février dont le dernier versement se porte à hauteur de 15 641 livres. Le 17 février, à Blois, il rend hommage à Louis XII, représenté pour l’occasion par l’évêque de Paris Étienne Poncher[8].

Bohier est un homme d'État influent et un financier habile. Notaire et secrétaire du roi en 1491, chambellan de Charles VIII, maître des comptes à Paris, il devient général des finances en Normandie. Il épouse Catherine Briçonnet, elle aussi issue d’une riche famille provinciale qui s’est enrichie en gravissant peu à peu les échelons menant aux charges les plus importantes de l’État. Thomas Bohier sert également dans l’administration de Louis XII et de François Ier. Il avait pour devise : « S'il vient à point m'en souviendra ».

Les six fiefs ainsi acquis par Thomas Bohier sont érigés en châtellenie, dépendante de la baronnie d’Amboise, couvrant près de 1 680 ha, sur une dizaine de paroisses, en février 1514[8]. Il rend hommage le 27 février 1515 à Reims, au jeune François Ier tout juste sacré.

Thomas Bohier et sa femme vont entreprendre de nombreux travaux, amorçant la transformation du domaine, et sa mue vers ce que nous observons aujourd’hui. Il rase l’ancien château des Marques. La plate forme d’origine est gardée mais ne devient qu’une esplanade d’accès au nouveau château. Ce nouveau logis est édifié sur les piles de l’ancien moulin. Des anciens bâtiments, ne restent que la tour des Marques et le puits attenant. Les travaux durent de 1513 à 1521, et sont surtout dirigés par Catherine Briçonnet, pendant les longues absences de son mari.

Thomas Bohier meurt dans l'année 1524 en Italie. Sa veuve disparaît deux ans après, le 3 novembre 1526. Un contrôle des comptes publics met en évidence des détournements de fonds de Thomas Bohier. François Ier impose alors une forte amende à ses héritiers. Le roi réclame près de 190 000 livres au fils de Thomas, Antoine II Bohier. Le 28 mai 1535 à Abbeville, il cède au roi les domaines de Chenonceau et des Houdes pour 90 000 livres, le vicomté d'Orbes pour 10 000 livres, les greffes de Senlis et de Meaux pour 9 000 livres. Il s'engage à verser en numéraire 41 000 livres, soit un montant total de 150 000 livres. François Ier fait don de la différence à Antoine Bohier, en reconnaissance des services rendus à la monarchie par sa famille. Ainsi, Chenonceau, propriété de la Couronne, devient résidence royale.

François Ier[modifier | modifier le code]

Restitution de la façade sud sur le Cher, du château de Thomas Bohier. Dessin de Félix Roguet.
Dessin de Chenonceau après la construction du pont en 1559 et avant celle des galeries en 1576. À gauche, le petit châtelet qui abrite un pont-levis pour accéder aux jardins de la rive gauche du Cher.
Château de Chenonceau vers 1570
par Jacques Androuet du Cerceau.
Gravure de cuivre, British Museum, Londres.
Le plan du château retenu par Catherine de Médicis, mais qui ne verra jamais le jour.

Le document de transmission en 1535 est paraphé au nom du roi par Anne de Montmorency, duc, pair de France, maréchal, Grand maître et premier baron de France. Philibert Babou de la Bourdaisière, surintendant des finances, maire de la ville de Tours, prend possession pour le roi, du château de Chenonceau et en devient l'intendant. Du fait de sa situation précaire et dans l'incertitude du devenir de Chenonceau, Antoine Bohier n'a réalisé aucun entretien de son patrimoine et encore moins les réparations indispensables. François Ier se trouve en possession d'une propriété à l'abandon. Contre toute attente, le roi n'entreprend pas de rénovation, ni construction ou décoration de Chenonceau. Son empressement à se rendre acquéreur du château, n'est suivi du moindre effet. L'attention du souverain se porte sur Chambord, Fontainebleau ou Villers-Cotterêts et jusqu'à la fin de son règne, Chenonceau reste dans le même état. François Ier et la Cour, revenant d'Aigues-Mortes après la signature de la Trêve de Nice avec Charles Quint, séjournent à Chenonceau au mois d'août 1538. Une partie de chasse au printemps 1545, amène le monarque à Chenonceau, où le gibier abonde dans les forêts avoisinantes. Les déplacements comme le veut l'usage, sont effectués avec une longue suite de chariots transportant meubles, vaisselle, linges et tapisseries. Le château avait perdu beaucoup de son mobilier et bien loin, était la prospérité du temps de Thomas Bohier.

Diane de Poitiers[modifier | modifier le code]

François Ier meurt d'une septicémie à Rambouillet, le 31 mars 1547. Moins de trois mois après, son fils Henri II offre Chenonceau à sa favorite Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois et jeune veuve du vieux maréchal de Brézé. Cette donation est confirmée par lettres patentes à Saint-Germain-en-Laye, au mois de juin 1547. Diane de Poitiers fait aménager sur la rive droite du Cher, le jardin qui porte son nom. Au printemps 1551, cet espace de deux hectares est protégé des inondations par une levée de terre. Le terrain est entouré de fossés, renforcé avec des murs en pierres, eux-mêmes soutenus par des contreforts en maçonnerie. Les déblais versés à l'intérieur permettent l'élévation de terrasses et la réalisation d'un parterre. Ce chantier monopolise une main d'œuvre considérable. Au début de 1552, la duchesse de Valentinois fait appel aux grands seigneurs et possesseurs des jardins de la Touraine pour les plantations, comme Jean Babou de la Bourdaisière [A], Jean Paul de Selve ou son cousin Simon de Maillé-Brézé, qui délèguent leurs jardiniers. La même année, Diane de Poitiers reçoit dans son nouveau domaine, le roi Henri II, Catherine de Médicis et toute la Cour. Elle confie à l'architecte Philibert Delorme, alors dans toute la faveur royale, le soin de construire un pont reliant le château à la rive gauche afin d'y créer de nouveaux jardins et d'accéder à de plus grandes chasses. Ce pont fait partie des plans originels des Bohier. Les travaux commencent au printemps 1556 et après bien des vicissitudes, s'achèvent avant la fin de l'année 1559 pour un coût estimé à plus de 9 000 livres[10]. Mais le roi ne pourra pas inaugurer cet ouvrage, il est mortellement blessé à Paris lors d'un tournoi le 30 juin 1559, par le capitaine de sa garde écossaise, Gabriel Ier de Montgommery.

Catherine de Médicis[modifier | modifier le code]

À la disparition de Henri II, survenue le 10 juillet 1559, Catherine de Médicis contraint sa rivale Diane de Poitiers, à restituer Chenonceau à la Couronne et à accepter en échange le château de Chaumont-sur-Loire, dominant la Loire, entre Blois et Amboise. L'acte de transfert est scellé à Blois dès la fin de l'année 1559 et confirmé au château de Chinon, le 10 mai 1560. Au mois de mars 1560, la conjuration d'Amboise est réprimée dans le sang. Reine-mère après l'accession au trône de son fils aîné, François II, Catherine de Médicis juge favorable le moment de divertir la Cour pour oublier un temps, l'horreur des massacres. Une fête est donc donnée en l'honneur du jeune roi et de son épouse Marie Ire d'Écosse, née Marie Stuart, à Chenonceau. Le grand ordonnateur de ces réjouissances est Francesco Primaticcio, dit Le Primatice, qui succède dans la charge de surintendant des bâtiments royaux à Philibert Delorme, disgracié deux jours après la mort d'Henri II. Le 31 mars 1560, le cortège royal arrive à Chenonceau et après des festivités mémorables, prolonge son séjour jusqu'au 6 avril. François II, les reines et la Cour se rendent ensuite à l'Abbaye de Marmoutier, avant de revenir quelques jours à Chenonceau et rejoindre le château d'Amboise. François II décède à Orléans le 5 décembre 1560, à l'âge de seize ans après seulement dix-sept mois de règne. Le 21 décembre 1560, le Conseil privé nomme Catherine de Médicis, « gouvernante de France ». Charles IX, dix ans, succède à son frère. Commencent alors pour le royaume en 1562, les guerres de religion.

Catherine décide l'embellissement de sa résidence des bords du Cher. L'aménagement du parc de Francueil débute en 1561. Le parterre de Diane est modifié et Catherine de Médicis crée son propre jardin, en aval de la terrasse des Marques. La fontaine du Rocher voit le jour ainsi que le « jardin vert ». Les travaux de ses jardins achevés, la reine-mère organise les secondes fêtes somptueuses à Chenonceau pour son second fils, le roi Charles IX, le 13 avril 1563. Une manière également de parachever la trêve dans la lutte des partis, la Paix d'Amboise est signée le 19 mars 1563, en invitant le prince de Condé, chef des protestants. Sont présents également, le frère du roi duc d'Orléans et futur Henri III, sa sœur Marguerite plus connue sous le nom de reine Margot, Henri de Navarre qui deviendra Henri IV, enfin Henri de Guise dit « le Balafré ». Pour parvenir à ses fins, face à ses adversaires politiques, Catherine de Médicis utilise les charmes des demoiselles de l'aristocratie appartenant à sa maison. Elles jouent pour l'occasion les rôles de nymphes, auprès de la noblesse rassemblée. Les célébrations sont clôturées le 22 avril et la Cour quitte Chenonceau pour Chambord. Charles IX meurt le 30 mai 1574 au château de Vincennes et lui succède son frère Henri III. Le nouveau roi de France épouse le 15 février 1575, Louise de Lorraine.

La reine Catherine de Médicis prévoit un grand projet pour Chenonceau, digne de rivaliser avec les plus beaux palais. Elle fait appel à son architecte Jean Bullant et pour la mise en œuvre, au maître maçon Denis Courtin. Les travaux commencent en 1576, modérément à l'est par un bâtiment sur deux étages avec un comble, élevé entre la librairie et la chapelle et assis sur une nouvelle voûte. Cette construction condamne les fenêtres éclairant la salle des Gardes et la chambre située au-dessus. Afin d'assurer la luminosité, la transformation de la façade principale s'avère nécessaire. Des baies sont percées au nord, doublant les ouvertures primitives. En décoration, des cariatides sont placées entre les fenêtres du rez-de-chaussée et celles du premier étage. Catherine fait édifier sur le pont de Diane, deux galeries superposées formant un espace de réception unique au monde, et donnant au château son aspect actuel. De la même hauteur que le château des Bohier, ce nouvel édifice a une longueur de soixante mètres pour une largeur de six mètres et comporte dix-huit fenêtres dans sa totalité.

Alors que le domaine est en chantier, Catherine de Médicis reçoit à Chenonceau le 19 mai 1577, ses fils Henri III et François, duc d'Anjou. Ce dernier vient de triompher des huguenots à La Charité-sur-Loire, secondé par les ducs de Guise, d'Aumale et de Nevers. La troisième fête royale marque les esprits par ses banquets dont la note s'élève à 100 000 livres, ce qui n'arrange en rien les finances du royaume. Le luxe et la débauche se côtoient : le roi et ses « mignons » ainsi que le duc d'Anjou accompagné de ses favoris, sont habillés en femmes. L'escadron volant de la reine-mère, assure le service des tables et les dames de compagnie se présentent devant leurs convives, à demi nues. Ces fêtes se déroulent dans une France ravagée depuis quinze ans par les guerres civiles sur fond de disettes et les caisses de l'État sont désespérément vides.

Catherine de Médicis a dilapidé sa fortune personnelle et ses ressources considérables, ne suffisent plus à s'acquitter de ses dépenses en constructions, ses fêtes, ses mobiliers et œuvres d'art. La reine-mère est contrainte d'emprunter à des taux usuriers. Malgré le cumul des emprunts, les travaux se poursuivent à Chenonceau. Mais pour une raison inconnue, les agrandissements sur la rive gauche du Cher sont interrompus. Des pierres d'attente, visibles encore aujourd'hui, ne recevront pas le pavillon envisagé. Le chantier de Chenonceau continue dès lors sur la rive droite, par l'élévation du bâtiment des Dômes et la Chancellerie de 1580 à 1585. La réception des constructions a lieu le 23 août 1586 et l'ambitieux projet de Catherine de Médicis prend fin ce jour là[11]. Une épidémie de peste vient s'ajouter aux malheurs de la population en 1584 et plusieurs demoiselles de la suite des reines à Chenonceau, ne sont pas épargnées. Deux d'entre elles vont succomber à la maladie. Le 5 janvier 1589, Catherine de Médicis meurt au Château de Blois et le 1er août suivant, le roi Henri III est assassiné à Saint-Cloud, par le moine Jacques Clément. Henri de Navarre devient roi de France sous le nom d'Henri IV.

Louise de Lorraine[modifier | modifier le code]

Louise de Lorraine reçoit Chenonceau en héritage à la mort de son époux, le roi Henri III. Elle ne se remet pas de la disparition brutale de son mari assassiné en 1589 et fait de Chenonceau, un lieu de recueillement. Louise de Lorraine revêt la couleur du deuil royal et devient la « Dame blanche de Chenonceau ». Une autre couleur enveloppe le château, celle du noir. Chenonceau se couvre de motifs funèbres, à la mesure du chagrin de la reine. Elle prend possession des appartements à l'est, construits par Catherine de Médicis, entre la chapelle et la librairie. Sa chambre et un oratoire, au second étage du château, sont peints en noir avec une décoration lugubre, faite de larmes et d'ossements. Cet environnement funèbre reste en place pendant plus d'un siècle. Louise de Lorraine projette l'installation en France de la communauté des Capucines établie à Milan en Italie. Malheureusement, les circonstances n'ont pas permis de faire aboutir les démarches dans les temps. Elle ordonne par testament, le legs de 20 000 écus aux Capucines pour créer un couvent à Bourges où elle souhaitait sa sépulture[12]. Ce vœu ne sera pas exaucé dans son intégralité.

La reine Louise de Lorraine.

La préoccupation d'Henri IV était de reconquérir son royaume et il renonce avec son épouse Marguerite de Valois, à la succession de Catherine de Médicis. Or, celle-ci laisse à son décès en 1589, des dettes exorbitantes qui s'élèvent à 800 000 écus. Les créanciers n'ont pas d'autre choix que de recourir à la Justice. Le 16 décembre 1593, la Chambre du Parlement décide l'affectation des biens hérités de Catherine de Médicis, au paiement des créances. La reine Louise est poursuivie comme détentrice du domaine de Chenonceau, qui est saisi et mis en vente. Le 5 décembre 1597, Louise de Lorraine est condamnée à s'acquitter sans délai du « principal, des arrérages avec les dépens, dommages et intérêts ».

Cette mise en demeure permet à la favorite d'Henri IV, Gabrielle d'Estrées, d'intervenir. La descendante de la famille Babou de La Bourdaisière, convoitait Chenonceau. Ainsi, l'Histoire se répète avec la maîtresse d'un roi qui rêve de posséder ce joyau du Val de Loire. Gabrielle d'Estrées, duchesse de Beaufort, passe un accord avec les financiers poursuivants. Le 24 décembre 1597, leur représentant, Hélie du Tillet, cède les droits hypothécaires pour 22 000 écus à la favorite et il s'engage à lui faire adjuger la châtellenie pour cette somme.

Louise de Lorraine est dans l'impossibilité de régler les fonds demandés dont le montant total est de 37 600 écus et les arriérés de plusieurs années. Menacée d'expulsion, elle est sauvée par une visite royale au mois de février 1598, celle d'Henri IV, accompagné de Gabrielle d'Estrées. Cette visite est politique. Le roi veut la soumission du dernier chef des ligueurs, le duc de Mercœur Philippe-Emmanuel de Lorraine et frère de Louise. Celle-ci a pour mission de transmettre les conditions du souverain. La réconciliation est scellée par l'allégeance de Philippe-Emmanuel, privé du soutien des espagnols, à Angers le 20 mars 1598 et en gage d'union, sa fille Françoise de Lorraine est promise en mariage à César de Vendôme, fils d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées.

En mai 1598, le roi, la belle Gabrielle et les Mercœur se rendent à Chenonceau. Gabrielle d'Estrées abandonne ses droits conclus avec les créanciers en 1597, au profit de Louise de Lorraine, en remerciement de son intervention. Louise négocie avec Hélie du Tillet le rachat du domaine aux mêmes conditions octroyées à la duchesse de Beaufort. Cependant, la reine douairière doit faire appel à son frère Philippe-Emmanuel, pour payer l'acquisition. Le 15 octobre 1598, elle fait donation de Chenonceau, à sa nièce Françoise et au duc de Vendôme, en conservant toutefois l'usufruit jusqu'à sa mort. L'acte est ratifié par le roi au mois de juillet de l'année suivante. Louise de Lorraine disparaît le 29 janvier 1601 à Moulins et Chenonceau devient la propriété de César de Vendôme et son épouse, Françoise de Lorraine.

La duchesse de Mercœur[modifier | modifier le code]

Au décès de Louise de Lorraine, le roi Henri IV au nom de son fils naturel et mineur, César de Vendôme, fait prendre possession de Chenonceau et de ses terres par César Forget, son conseiller et trésorier général de France en la généralité de Touraine, le 20 février 1601[13]. Le frère de la reine Louise, Philippe-Emmanuel de Lorraine, meurt le 19 février 1602. Un conseil de famille se réunit à Paris le 15 mai 1602 et la tutelle de sa fille Françoise de Lorraine est confiée à sa mère, Marie de Luxembourg (1562-1623), duchesse de Mercœur. Cette dernière est confrontée aux huissiers qui refusent de ratifier la transaction avalisée successivement par Hélie du Tillet, Gabrielle d'Estrées et enfin, Louise de Lorraine. Des créanciers refusent en effet d'admettre la valeur de l'acte de donation signée par la main même d'Henri IV. Ces prêteurs continuent de percevoir les revenus du domaine et demandent sa mise en vente par adjudication. Ce droit est accordé par une décision du Parlement en leur faveur. La duchesse de Mercœur est contrainte de se soumettre à leurs revendications. Les conséquences sont lourdes. Marie de Luxembourg doit admettre la nullité de la propriété de sa fille et de son futur gendre[14]. Elle propose une nouvelle transaction, qui est acceptée. Le 21 novembre 1602, la duchesse de Mercœur s'engage à investir aux enchères, une somme à hauteur de 96 300 livres tournois et céder les meubles de Catherine de Médicis, restés au château. En échange, elle obtient que Chenonceau lui soit adjugé sans frais avec une jouissance immédiate, sans attendre l'adjudication. Marie de Luxembourg doit faire preuve de patience, tant les formalités judiciaires sont longues et compliquées. Le 15 novembre 1606, soit quatre années plus tard, la duchesse de Mercœur après avoir enchéri la somme requise, devient la nouvelle propriétaire de Chenonceau[13],[14].

Le roi Louis XIII visite par deux fois, le château de Chenonceau.

Au cours des procédures judiciaires, le château de Chenonceau et ses dépendances ont souffert du manque d'entretien. À tel point, que les créanciers plus soucieux de la conservation de leur gage, en appelle une seconde fois au Parlement pour statuer sur l'état du domaine. Cette requête acceptée, des experts sont nommés et les devis sont établis. Dès 1603, Marie de Luxembourg fait réparer les toitures du château, les bassins sont restaurés et les bâtiments agricoles sont réparés. Le plus discutable de ses bienfaits est le sort réservé à une partie du parc qui est défrichée et mise en culture. La duchesse de Mercœur réside peu à Chenonceau et ses séjours sont de brève durée. Le mariage de César de Vendôme avec Françoise de Lorraine est célébré à Fontainebleau, le 7 juillet 1609. Cette alliance ne fait qu'accroitre l'influence de Marie de Luxembourg à la Cour de France. Mais l'assassinat du roi Henri IV par François Ravaillac le 14 mai 1610, remet en cause cette position privilégiée. Le prince de Condé projette de former une ligue entre les « Grands » de la noblesse pour restreindre et surveiller le pouvoir de la régente, Marie de Médicis. Sans compter l'ambition des favoris de la reine, le marquis d'Ancre Concino Concini et son épouse Léonora Dori dite La Galigaï[15]. Ces luttes pour le pouvoir, ont des conséquences sur le devenir de Marie de Luxembourg. En effet, César de Vendôme est entré dans l'opposition à la suite d'Henri II de Bourbon-Condé et se rallie aux princes coalisés. Les intrigues de son gendre obligent la duchesse de Mercœur, compromise par cette proche parenté, de s'éloigner de la Cour et d'opter pour une retraite prudente à Chenonceau en 1611.

Marie de Luxembourg passe les douze dernières années de sa vie dans cette ancienne demeure royale. Les réparations commencées en 1603 sont poursuivies, tant sur la couverture du château que les arches du pont, les levées ou la création de cabinets de verdure, de potager, de verger et l'aménagement du parc par la plantation d'arbres. La chapelle Saint-Thomas construite sous Catherine Bohier est également restaurée. La duchesse de Mercœur dispose des appartements de Louise de Lorraine et conserve son décor funèbre. Son époux Philippe-Emmanuel de Lorraine était chargé de construire un couvent des Capucines suivant les volontés de sa sœur, la reine Louise. Devenue veuve le 19 février 1602, Marie de Luxembourg doit s'acquitter de cette tâche par lettres patentes d'Henri IV le 8 juin suivant. Initialement prévue à Bourges, l'édification du cloître se fera à Paris. Dans les mêmes temps, elle fait venir une petite communauté de douze Capucines pour les établir dans un nouveau monastère à Tours, afin de réaliser un autre vœu pieu de la reine Louise de Lorraine. Mais c'est sans compter l'opposition de la ville de Tours. Dans l'attente d'un accord dont la concrétisation prendra vingt ans, les Capucines se logent à Chenonceau. Marie de Luxembourg leur aménage un couvent dans les combles du second étage, séparé du reste de l'habitation par un pont-levis. La partie nord-est du château leur est réservée avec une salle capitulaire, un réfectoire, des dortoirs et un oratoire installé au-dessus de la voûte de la chapelle[13].

Une réconciliation temporaire entre le jeune roi Louis XIII avec son demi-frère César de Vendôme en 1615, permet enfin une visite royale à Chenonceau. La duchesse de Mercœur reçoit le monarque et sa cour le 25 août 1615. Le cortège se rendait à Bordeaux pour célébrer le mariage de Louis XIII avec l'Infante d'Espagne. Feux d'artifice sur le Cher, chasses et fêtes, agrémentent le séjour du roi à Chenonceau, jusqu'au 30 août 1615. Louis XIII effectue une autre visite fort brève le 9 août 1619 en compagnie de la reine, Anne d'Autriche, au cours de leur voyage à Amboise[15]. Marie de Luxembourg n'a pas l'ambition d'étendre sa propriété foncière par de nouvelles acquisitions mais elle reçoit en héritage de sa mère, Marie de Beaucaire, le domaine de Civray en 1613. Cette seigneurie accroit considérablement le domaine de Chenonceau. La duchesse de Mercœur se trouvait dans son autre propriété, le château d'Anet, lorsqu'elle rend son dernier soupir le 6 septembre 1623. Ce même lieu où était morte en 1566, une autre châtelaine de Chenonceau, Diane de Poitiers. La destinée a de ces curieuses coïncidences. Marie de Luxembourg est inhumée dans la chapelle du couvent des Capucines à Paris, où repose également Louise de Lorraine depuis le 20 mars 1608. Par héritage, la propriété de Chenonceau revient pour la seconde fois à Françoise de Lorraine et César de Vendôme[13],[15].

La maison de Vendôme et de Condé[modifier | modifier le code]

Ainsi, au lendemain des fastes royaux de la Renaissance, Chenonceau retourne dans le domaine privé au fil de successions multiples et de mutations diverses. Avec César de Vendôme, le château de Chenonceau entre en léthargie. Le frondeur préfère celui d'Anet, hérité en même temps que celui du Val de Loire. Anet est plus proche de Paris et propice aux conspirations. De son côté, Chenonceau peut le cas échéant servir de retraite ou d'exil. Un an après la disparition de sa belle-mère, César de Vendôme prend donc possession de son domaine tourangeau au mois de septembre 1624. Contre toute attente, il veille à son entretien que ce soit les toitures ou les parcs.

César de Vendôme offre au jeune roi, son neveu Louis XIV, une hospitalité mémorable[16], le 14 juillet 1650. Chenonceau est de nouveau le cadre d'une fête somptueuse et César de Vendôme accueille également la reine mère, alors régente, ainsi que Mazarin. Louis XIV est le dernier souverain de l'ancien régime, à se rendre à Chenonceau. La réconciliation entre les Vendôme et la famille royale est scellée par le mariage du fils aîné Louis de Vendôme, duc de Mercœur, avec Laure-Victoire Mancini, nièce aînée du cardinal. Après la visite royale, César de Vendôme cède la propriété de Chenonceau à Louis. Trois enfants sont nés de son union avec Laure : Louis-Joseph le 1er juillet 1654, Philippe le 16 août 1655, et un troisième fils, Jules-César (1657-1660) qui entraîne la mort en couches de Laure Mancini le 8 février 1657, à l'âge de 21 ans. Inconsolable après la disparition de son épouse, le duc de Mercœur rentre dans les ordres et devient cardinal en 1667. Il meurt à Aix-en-Provence, le 6 août 1669. Son fils aîné et héritier, Louis-Joseph de Vendôme, laisse l'usufruit en viager du domaine en 1696, à François d'Illiers, chevalier d'Aulnay. Louis XIV donne à Louis-Joseph de Vendôme, un portrait d'apparat peint en 1697, en reconnaissance de l'envoi de statues au parc du château de Versailles[17]. Ce tableau sera malheureusement brûlé sous la Révolution en 1793. Louis-Joseph épouse le 14 mai 1710 à Sceaux, Mademoiselle d'Enghien, Marie-Anne de Bourbon (1678-1718), petite-fille du grand Condé, mais il meurt au cours d'une campagne militaire le 11 juin 1712 en Espagne. Son épouse décède peu de temps après, le 11 avril 1718 à Paris. Sans postérité, le château revient à la mère de cette dernière, la princesse douairière de Condé et veuve d'Henri III de Bourbon-Condé, Anne de Bavière, qui vend Chenonceau pour 300 000 livres le 14 septembre 1720 à son petit-fils, le duc Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé, premier ministre de Louis XV de 1723 à 1726 et propriétaire du château de Chantilly.

Le duc se rend une seule fois à Chenonceau et décide de ne pas conserver le domaine. En effet, Louis-Henri de Bourbon malgré son immense fortune, contracte de nombreuses dettes et ambitionne tout de même, d'acquérir la moitié du duché de Guise en 1732. Une autre raison déterminante dans la décision du duc est celui du coût d'entretien des bâtiments dont de récents travaux se sont élevés à 32 000 livres, compensés par la vente d'une coupe des arbres du parc pour un montant de 35 000 livres. Le 9 juin 1733, Louis-Henri de Bourbon-Condé vend Chenonceau au fermier général, Claude Dupin pour la somme de 130 000 livres, soit 170 000 livres de moins que la précédente cession. Cette vente sort Chenonceau du cercle des princes de sang et le fait venir dans les mains d'un financier, ce qui revient à renouer avec les débuts de son histoire[18].

Monsieur et madame Dupin[modifier | modifier le code]

Peinture de Jean-Marc Nattier, avec la collaboration de sa fille. Ce portrait décorait au XVIIIe siècle, la chambre de Mme Dupin au château de Chenonceau. Une seconde version de ce tableau existe, mais non signée, avec une variante. Madame Dupin est en effet représentée avec un Foulque d'Amérique (collection privée).

Claude Dupin, né à Châteauroux le 8 mai 1686, riche fermier général[19], propriétaire du prestigieux Hôtel Lambert à Paris depuis 1732, en se rendant acquéreur de Chenonceau, accède à une situation plus que confortable et privilégiée. C'est aussi le protégé du puissant banquier, Samuel Bernard. Claude Dupin épouse en secondes noces une de ses filles naturelles, célèbre pour son esprit et sa beauté : Louise Guillaume de Fontaine.

Louise de Fontaine, est née à Paris le 28 octobre 1706 et elle n'avait que seize ans lors de son mariage, le 1er décembre 1722. Louise Dupin tient un salon et reçoit notamment Voltaire, Fontenelle, Marivaux, Montesquieu, Buffon et Rousseau. Jean-Jacques Rousseau, secrétaire particulier de Monsieur et Madame Dupin, raconte dans ses Confessions :

« En 1747, nous allâmes passer l'automne en Touraine, au château de Chenonceau, maison royale sur le Cher. L'on s'amusa beaucoup en ce lieu, on y faisait bonne chère ; j'y devins gras comme un moine. On y faisait beaucoup de musique. J'y composai plusieurs trios à chanter. on y jouait la comédie. j'y composai une pièce en vers intitulée l'Allée de Sylvie du nom d'une allée du parc qui bordait le Cher. »

Claude Dupin, est l'auteur d'un ouvrage « Réflexions sur l'esprit des lois » en 1749 qui réfute les arguments développés par Montesquieu dans son livre « De l'esprit des lois », publié en 1748. Claude Dupin, avec l'aide de son épouse Louise Dupin, défend les financiers attaqués par Montesquieu, tout en prenant soin de ne pas nommer le philosophe et observant pour lui-même, l'anonymat en homme prudent et avisé. En effet, Montesquieu bénéficie d'une haute protection, celle de Madame de Pompadour. La réaction de Montesquieu ne s'est pas fait attendre et celui-ci, lui demande d'intervenir en sa faveur[20],[21]. Grâce à son aide, Montesquieu obtient la suppression de l'édition de Claude Dupin[22],[23]. Madame de Pompadour, ne s'est-elle pas fait représenter dans le tableau de Maurice Quentin de La Tour avec, placé sur une table, l'ouvrage « De l'esprit des lois » ? Mais le livre de Montesquieu est mis à l'index en 1751 et le pape en interdit la lecture.

Lors de la prise de possession du domaine, Monsieur et Madame Dupin demandent une évaluation des travaux à entreprendre au vu de la nécessité des réparations. Le montant estimé est de l'ordre de 70 000 livres. À l'intérieur du château, les appartements de la reine Louise de Lorraine qui donnent sur la façade Est, sont refaits et perdent leur décoration funèbre. De même, le couvent des Capucines est réaménagé et le pont-levis qui sépare le monastère de l'habitation, disparaît. La galerie du premier étage est distribuée en chambres desservies par un long couloir qui mène à son extrémité, à une petite salle de théâtre. La chapelle conserve sa décoration. L'achat d'un nouveau mobilier vient compléter celui appartenant à l'ancien locataire, le chevalier d'Aulnay. Le fermier général s'était rendu acquéreur de cette précieuse collection, lors de son accession à la propriété de Chenonceau. La bibliothèque s'accroît par de nombreux ouvrages dont certains fort rares. À l'extérieur, le bâtiment des Dômes perd sa toiture d'origine, en très mauvais état, au profit d'une couverture ordinaire. Les canalisations qui alimentent les bassins ont été détruites sous les Vendôme, ce qui amène Claude Dupin à supprimer la fontaine du Rocher ainsi que celles du parterre de Diane et du jardin vert. Les jardins laissés en friche sont débroussaillés, des ormeaux sont plantés le long de la grande avenue et les vignobles sont reconstitués. Enfin, les digues sont consolidées et les douves nettoyées. Claude Dupin, propriétaire avisé, augmente son foncier par de récentes acquisitions : l'ensemble de la paroisse de Civray et des seigneuries à l'orée de la forêt d'Amboise. Chenonceau laissé à l'abandon pendant cent ans retrouve ainsi, grâce à Monsieur et Madame Dupin, sa splendeur d'antan. C'est à Louise Dupin que l'on attribue la différence d'orthographe entre le nom de la ville (Chenonceaux) et celui du château (Chenonceau), bien qu'aucune pièce d'archive confirme ce fait.

Dernière page du contrat de mariage entre Jacques-Armand Dupin de Chenonceaux (1727-1767) et Julie de Rochechouart-Pontville (1730-1797), le 8 octobre 1749
chez Me Claude Aleaume à Paris.
Cet acte notarié comporte notamment les signatures de : Louise-Anne de Bourbon, Fontenelle, Claude Dupin, Louise de Fontaine, Louis Dupin de Francueil ainsi que plusieurs membres de la famille de Rochechouart.
Source : Archives nationales.

Son fils unique, Jacques-Armand Dupin de Chenonceaux cause bien des soucis à la famille Dupin et son précepteur, Jean-Jacques Rousseau. Après avoir accumulé beaucoup de dettes entre le jeu et les spéculations hasardeuses, Jacques-Armand met la situation financière de son père en difficulté. Claude Dupin est obligé de faire appel à la justice. Jacques-Armand est envoyé dans la Maison des religieuses de Charenton où il s'échappe en 1762[24]. Il gagne la Hollande et poursuit sa mauvaise vie à Amsterdam. Placé sous la tutelle de son père, Jacques-Armand est extradé de Hollande. Arrêté, il est enfermé à la forteresse de Pierre Encise près de Lyon, par une lettre de cachet. Par crainte d'une nouvelle évasion ou d'un suicide, ses parents le font sortir et décident de l'exiler le 26 octobre 1765 à l'Île-de-France, où il meurt de la fièvre jaune le 3 mai 1767[24]. Son fils, Claude Sophie Dupin de Rochefort, né du mariage avec Julie de Rochechouart-Pontville, disparaît sans postérité le 18 septembre 1788 à Chenonceau. Cette année là est une période noire à Chenonceaux. La mortalité est plus forte que les précédentes fois et l'on enregistre pas moins de dix-sept décès, dont douze entre la période du mois de septembre à décembre[25]. Comparativement en 1787, le village enregistre sept décès[25]. Une autre personnalité meurt à Chenonceaux, quatre jours avant le petit-fils de Madame Dupin. Il s'agit de Frédéric-Auguste baron de Boden, chambellan du roi de Prusse et ministre plénipotentiaire du prince de Hesse-Cassel. Ce familier du salon littéraire de Louise Dupin, s'éteint le 14 septembre 1788 et sera inhumé le 16 suivant dans un endroit dédié du cimetière, car ce grand personnage est de confession luthérienne. Même dans la mort et peu importe le rang, il est hors de question de confondre catholiques et protestants. Le nouveau curé de Chenonceaux, l'abbé François Lecomte, en poste depuis 1787[26], est marqué par ces événements et inscrit dans l'en-tête du registre paroissial de 1788 : « A mourir Dieu nous aide »[25].

Après les disparitions de son fils et petit-fils, Madame Dupin reporte toute son affection sur son neveu Pierre-Armand Vallet de Villeneuve et ses deux enfants, René et Auguste Vallet de Villeneuve[27]. Son beau-fils, Louis Dupin de Francueil, né du premier mariage de Claude Dupin, dilapide comme Jacques-Armand, la fortune familiale et mène un train de vie bien au-dessus de ses moyens. Il attaque même le testament de son père et se porte pour héritier de la moitié de ses biens[28],[29]. Receveur général des finances, Louis Dupin de Francueil se partage entre Paris et surtout Châteauroux, où il gère la manufacture royale créée en 1751 au bord de l'Indre dans les dépendances du château du Parc, par Claude Dupin et l'intendant des finances de Louis XV, Daniel-Charles Trudaine[30].

Louis Dupin de Francueil épouse en secondes noces à 61 ans, le 14 janvier 1777 dans la chapelle de l'ambassade de France à Londres, la fille naturelle de Maurice de Saxe et d'une comédienne Marie Geneviève Rinteau, Marie-Aurore de Saxe de trente-trois ans sa cadette, elle-même veuve du comte Antoine de Horn[31], tué en duel d'un coup d'épée à Sélestat, le 20 février 1767 à l'âge de quarante-quatre ans. De cette union, naît Maurice Dupin de Francueil (1778-1808) et qui sera le père d'Aurore Dupin, plus connue sous le pseudonyme de George Sand.

Pendant la Révolution française, le 11 septembre 1792, Mme Dupin s'installe définitivement à Chenonceau[32],[33],[34], en compagnie de son amie, la comtesse de Forcalquier[35], sa nièce Suzanne Dupin de Francueil[36], ses petits-neveux René et Auguste Vallet de Villeneuve ainsi que sa gouvernante et lectrice, Marie-Thérèse Adam[34]. Les origines de la naissance de Marie-Thérèse Adam (1755-1836) restent mystérieuses. Elle serait la fille illégitime de Jacques-Armand Dupin et lorsque celui-ci est exilé à l'Île-de-France en 1765 pour ses inconduites, Marie-Thérèse aurait été confiée à Mme Dupin[37],[38].

La tombe de Louise Dupin
dans la forêt de Chenonceau.

Grande amie des villageois, Louise Dupin sauve la chapelle du château en permettant qu'elle soit transformée en resserre à bois. À cette époque l'abbé François Lecomte, est nommé président du comité révolutionnaire du district d'Amboise[17] et devient influent dans le Club des Jacobins local. Pourtant, il est chassé de son presbytère à la suite de la fermeture de son église et doit se réfugier au château de Chenonceau, où il occupe la fonction de régisseur.

Quant à Mme Dupin, elle consent à laisser détruire plusieurs dizaines de portraits royaux et seigneuriaux du château… mais réussit à préserver ses bijoux. François Lecomte soustrait de la fureur révolutionnaire, les plus importantes archives de Chenonceau en les mettant sous la protection des scellés de la commune. Son action est tout aussi déterminante lorsque le château est menacé de démolition et il parvient à sauver Chenonceau par un trait d'esprit[17] : « Eh quoi citoyens ! Ne savez-vous pas que Chenonceau est un pont ? Vous n'avez qu'un seul pont entre Montrichard et Bléré et vous parlez de le démolir ! Vous êtes les ennemis du bien public ! ».

Mais un autre danger guette le château par la mise sous séquestre comme bien domanial. Les révolutionnaires prétendent que s'agissant d'une ancienne propriété royale, l'ensemble du patrimoine de Mme Dupin doit revenir à la Nation, selon le décret du 10 frimaire An II (30 novembre 1794). En 1795, les commissaires de la République se présentent et en ordonnent la saisie, à laquelle Mme Dupin s'oppose. Elle obtient de présenter sa défense juridique par un mémoire prouvant sa qualité de bien privé en exposant la teneur de tous les titres conservés dans le chartrier du château, datés d'avant le 1er février 1566 au 9 juin 1733, date d'achat par son époux. Ce texte reconnu valide, Mme Dupin n'est plus inquiétée dans la possession de Chenonceau, mais elle est soumise à l'emprunt forcé en 1796 et 1798.

Cette même année 1798, Louise Dupin reçoit la visite d'un jeune homme à l'avenir prometteur, Pierre Bretonneau, fils de Pierre Bretonneau, maître en chirurgie, médecin de Mme Dupin, et Élisabeth Lecomte. Il est le neveu de l'abbé François Lecomte et étudiant en médecine.

Le 30 brumaire An VIII (20 novembre 1799), Mme Dupin s'éteint à l'âge de quatre-vingt-treize ans, dans sa chambre située au rez-de-chaussée sur la façade Ouest du château[39],[40], aujourd'hui appelée Chambre de François Ier. Louise Dupin est inhumée suivant ses dernières volontés, dans le bois qui s'étend sur la rive gauche du Cher, dans l'axe de la galerie. Ses petits-neveux érigent un haut sarcophage rectangulaire « à l'Antique » sur un important emmarchement, posé par de grosses pattes de lions, sculpté et gravé d'une épitaphe et d'inscriptions encore lisibles aujourd'hui mais recouvertes partiellement par des graffitis[41].

Le comte René de Villeneuve[modifier | modifier le code]

Article détaillé : René Vallet de Villeneuve.
« Chenonceau est une merveille. L'intérieur en est arrangé à l'antique avec beaucoup d'art et d'élégance. On y jette toujours son pot de chambre par la fenêtre, ce qui fait le bonheur de [mon fils] Maurice ! » George Sand, 14 décembre 1845.

En 1799, son petit-neveu René, François Vallet de Villeneuve, hérite du château et le domaine restera dans sa famille pendant soixante-cinq ans. Dans son ascendance figure Claude Dupin, mais aussi Françoise Thérèse Fontaine, une des sœurs de Louise de Fontaine. Son épouse Apolline de Guibert (1776-1852) a également dans sa lignée, les grands-parents de Louise Fontaine. René de Villeneuve fait partie de l'ancienne aristocratie ralliée à Napoléon Ier qui le fait comte d'Empire, en récompense de ses succès diplomatiques. En 1806, il est nommé premier chambellan du roi de Hollande, Louis Bonaparte. À la chute de l'Empire, René de Villeneuve et Apolline de Guibert se retirent à Chenonceau où ils ne faisaient que des séjours irréguliers.

Pendant leur absence au cours du Premier Empire, le couple confie la surveillance du château à Pierre, Fidèle Bretonneau (1778-1862). Médecin réputé, il s'installe comme simple officier de santé en 1801 à Chenonceaux, où il est nommé maire de 1803 à 1807. Avant son retour en Touraine, Pierre Bretonneau se marie à Paris, le 13 prairial an IX (2 juin 1801) selon un contrat signé le 28 floréal an IX (18 mai 1801)[42] avec Marie-Thérèse Adam[43] son aînée de vingt-trois ans, lectrice de Mme Dupin. Marie-Thérèse a hérité de Mme Dupin, d'une possession de terres, une maison à Paris rue de la Roquette et une demeure à Chenonceaux, « La Renaudière », où les époux emménagent. Pierre s'acquitte consciencieusement de l'intendance du domaine, en plus de ses obligations professionnelles. Les parterres et les parcs sont ainsi entretenus. René de Villeneuve fait effectuer des réparations pour effacer le vandalisme sous la Révolution[44]. Des moulages de monogrammes royaux sont appliqués sur les murs, des bustes de personnages historiques sont disposés dans la grande galerie et des tableaux viennent remplacer ceux brûlés par les révolutionnaires. Certaines pièces du château connaissent également une rénovation, toutefois modérée. L'entrée de l'avant cour est ornée de deux sphinx en pierre, provenant du château de Chanteloup à Amboise et des platanes remplacent les ormeaux qui bordaient la grande allée d'honneur.

Sous Napoléon III, René de Villeneuve devient sénateur et chambellan honoraire. En 1859, les archives du château que l'abbé Lecomte avait sauvées, sont retrouvées dans un parfait état de conservation. René de Villeneuve fait appel à l'abbé Casimir Chevalier, archéologue et historien, qui inventorie, classe et publie les archives de Chenonceau. Ces références documentaires irremplaçables serviront de base pour les grands travaux à venir.

Vers 1840, Dorothée de Courlande, duchesse de Dino et nièce de Talleyrand, venant de son château de Rochecotte pour se rendre dans celui de Saint-Aignan, fait une halte à Chenonceau et évoque brièvement le domaine dans son Journal. Les Villeneuve reçoivent également la visite du duc et de la duchesse d'Orléans en 1840, celle de leur cousine George Sand accompagnée de son fils Maurice et de sa fille Solange en décembre 1845, celle de Gustave Flaubert et de son ami Maxime Du Camp en 1847, et celle d'Abd el-Kader en 1851, emprisonné par Louis-Philippe Ier au château d'Amboise le 8 novembre 1848, et libéré par le futur Napoléon III, le 16 octobre 1852.

René de Villeneuve meurt le 12 février 1863. Le château revient à ses deux enfants, la marquise douairière de La Roche-Aymon (1796-1866) et à Septime de Villeneuve (1799-1875). Les héritiers du comte de Villeneuve ne conservent pas cette fort dispendieuse demeure en entretien et réparations. Le domaine est donc mis en vente au mois d'avril 1864.

Chenonceau de 1850 à 1865[modifier | modifier le code]

En 1864, l'architecte Félix Roguet est chargé par Mme Marguerite Pelouze de remettre à neuf le château de Chenonceau. Dans son ouvrage, Robert Ranjard exprime bien le contexte de l'époque[45] :

« Comme tous les architectes de son temps, Roguet ne concevait pas la restauration d'un monument ancien suivant les saines et prudentes doctrines en vigueur aujourd'hui […] Roguet ambitionna de rendre à Chenonceau l'aspect qu'il présentait vers 1550, entreprise dangereuse qui, fort heureusement, ne fut pas exécutée dans son intégralité […] Il résolut de faire disparaître complètement les adjonctions et modifications apportées par Catherine de Médicis et fit subir aux façades du nord et du levant, un remaniement considérable […] En toute impartialité, peut-on charger Roguet de la faute d'avoir par sa mutilation, diminué la beauté du monument ? Il faudrait avoir connu Chenonceau dans son état antérieur pour en juger avec certitude. »

Le livre de Robert Ranjard est publié pour la première fois en 1950, alors que les photographies réalisées avant les travaux de Félix Roguet, ne sont pas encore connues du grand public[46]. La galerie photographique ci-dessous permet une comparaison entre le Chenonceau de François-René de Villeneuve (1777-1863), neveu et héritier de Mme Dupin et le Chenonceau que nous connaissons. L'historique des travaux de 1865 à 1878, travaux que la guerre franco-allemande a interrompu, est développé dans le chapitre consacré à Madame Pelouze.

Madame Pelouze[modifier | modifier le code]

Photographie rare de
Gustave Le Gray.
À gauche, appartements en 1851 de la reine Louise de Lorraine, avant leur destruction. Aujourd'hui, seule la chambre funéraire est reconstituée, mais déplacée sur la façade Ouest.

En avril 1864, la famille de Villeneuve cède le château, les trois parcs, un moulin, des dépendances et 136 hectares de terres pour 850 000 francs à Marguerite Wilson. Elle est l'épouse du médecin Eugène Pelouze[47] (Paris 1833 - Cannes 1881), dont elle se sépare le 17 mars 1869. Marguerite est née à Paris le 24 mai 1836, héritière avec son frère cadet Daniel Wilson, de l'ingénieur écossais Daniel Wilson[48]. Ce dernier est arrivé en France vers 1810 et a fait fortune dans les mines et forges du Creusot, puis dans la fabrication des machines à vapeur. Enfin, il fonde une compagnie d'éclairage au gaz à Paris. Mme Pelouze entreprend de 1865 à 1878, la « restauration » du château et de son domaine, pour une somme estimée à plus d'un million et demi de francs-or[49]. La nouvelle propriétaire fait appel à l'architecte Félix Roguet, originaire de Dijon, disciple de Viollet-le-Duc, pour diriger le pharaonique projet.

La nouvelle façade Est du château de
Mme Pelouze.

Félix Roguet commence son chantier en 1865 par le bâtiment des Dômes. L'intérieur est refait complètement pour l'installation d'écuries, selleries, offices des cochers et valets. La façade et la toiture sont remaniées. Le 1er mai 1866 débutent les travaux du château. La façade nord modifiée par Catherine de Médicis est rétablie dans son état initial, ce qui entraîne la disparition des huit fenêtres et des quatre cariatides monumentales : Hercule, Pallas, Apollon et Cybèle sont réduits à soutenir un portique dans le parc de Chisseau. Le grand balcon et sa balustrade de fer sont remplacés par des balustres et pilastres en pierre. Les appartements de la reine Louise de Lorraine et l'arche qui les supportait, sont démolis. Ce bâtiment se situait sur la façade est, entre la chapelle et la librairie. Les fenêtres condamnées, sont rétablies. Les deux tourelles dans les angles, sont reconstruites. Une partie du plafond de la chambre funéraire de Louise de Lorraine est réinstallée entre les solives de la galerie du rez-de-chaussée[50]. La façade ouest n'a pas été transformée, si ce n'est le grand balcon et les meneaux des fenêtres. La décoration extérieure comme les toitures sont refaites. L'intérieur du château n'est pas épargné : menuiseries, sculptures, peintures, sols, sont restaurés ou reconstitués. De même, la création de la seconde volée de l'escalier et la porte de la chapelle, à la sculpture de très grande qualité[51], est effectuée. On attribue au sculpteur Jean-Baptiste Gustave Deloye (1838-1899), les cariatides du château[52]. Charles Toché [B], peintre, décorateur, aquarelliste et illustrateur, réalise dans la grande galerie du château, des fresques historiques et allégoriques[53], de 1875 à 1888. Les lambris des appartements détruits sont réutilisés pour le plafond de la chambre des « Cinq reines ». Les cheminées de style Renaissance ne sont pas d'origine, hormis le manteau supérieur de la salle des Gardes. Le théâtre de Madame Dupin disparaît et les salles du couvent des Capucines sont reconstituées. Les salles des piles du château sont recrépies et reçoivent un nouveau dallage. Les murs des douves sont redressés et consolidés[44]. La Tour des Marques, la chancellerie et l'orangerie sont également restaurés. Un port pour les embarcations de pêche et de plaisance créé. Les jardins et parterres sont aménagés, les parcs replantés et les allées élargies.

Lors de la guerre de 1870, le prince impérial allemand en se rendant à Tours, visite le château de Chenonceau le 17 février 1871. Après la tourmente, la vie reprend ses droits. Mme Pelouze renoue avec les fastes et les travaux interrompus par les hostilités, reprennent. Au cours de l'été 1879, Mme Pelouze reçoit dans son orchestre de chambre, le jeune pianiste Claude Debussy, et en 1886 Charles Toché organise pour le président de la République Jules Grévy, beau-père du frère de la châtelaine, « une fête de nuit sur le Cher, avec reconstitution du Buccentaure entouré de gondoles »[54], dont témoigne encore une Allégorie du Cher où figure un gondolier (tapisserie de Neuilly, fin XIXe siècle) exposée dans le vestibule du deuxième étage du château. Si la gondole importée d'Italie était authentiquement vénitienne, le gondolier était napolitain, comme le révèle en 1985 un graffiti découvert dans la pièce du troisième étage du château qu'il occupa. Autre témoin de cet épisode nautique, existait encore en 1910 à la pointe de l'embarcadère, une « jolie lanterne vénitienne », visible sur une des photos illustrant l'article d'Albert Maumené[44].

Le frère de Mme Pelouze, Daniel Wilson (1840-1919), député radical d'Indre-et-Loire en 1869 et 1871 puis député de Loches (1876-1889), reçoit l'opposition républicaine locale. En octobre 1881 se déroule à Chenonceau, la fastueuse réception de son mariage avec Alice Grévy. Il est impliqué dans le « scandale des décorations », consistant en l'octroi tarifé de Légions d'Honneur et autres distinctions qui éclate le 7 octobre 1887 entraînant au mois de décembre suivant, la démission de son beau-père.

La restauration de Chenonceau et le coût de son train de vie, obligent Mme Pelouze à recourir aux emprunts pour payer ses dettes exorbitantes, tant et si bien qu'elle ne peut plus rembourser ses créditeurs. L'année 1888 est de mauvais augure pour la famille Wilson : Daniel Wilson est condamné à deux ans de prison le 23 février 1888, pour ses malversations et le domaine de Chenonceau est hypothéqué puis saisi à la demande des créanciers dont le principal plaignant, est le Crédit foncier. Le samedi 5 janvier 1889, a lieu à la barre du tribunal civil de Tours, la vente du château de Chenonceau[55]. Le domaine est adjugé au Crédit foncier pour une somme de 410 000 francs.

Famille Terry[modifier | modifier le code]

Le domaine acheté par le Crédit foncier en 1889 est revendu en 1891 avec une confortable plus-value, pour la somme de 1 000 000 francs à M. José Émilio Terry, député de La Havane aux Cortes espagnols. Il est le fils de Tomas Terry (1808-1886), banquier, propriétaire, planteur de cannes à sucre à Cuba et de Teresa Dorticos (1817-1915). Le couple aura dix enfants. José Émilio Terry est né le 19 mars 1853 à Cienfuegos et décède à La Orotava dans les Îles Canaries, le 17 mai 1911 à 58 ans. Propriétaire de Chenonceau pendant cinq ans, José Émilio Terry cède le château à son frère Francisco Xavier Terry, le 10 avril 1896 pour 1 080 000 francs. Francisco Terry est né le 9 janvier 1850 à Cienfuegos et meurt le 24 février 1908, également à 58 ans.

Sa fille Nathalie (pour l'État civil : Maria Natalia Teresa Candelaria Tomasa Terry Y Dorticos), hérite de l'ensemble du domaine au décès de son père. Elle est née le 21 décembre 1877 à Cienfuegos et épouse le comte Marie Charles Stanislas de Castellane Novejean à Paris dans le 7e arrondissement, le 6 juillet 1901[56]. La comtesse Nathalie de Castellane décède le 9 avril 1962, à l'âge de 84 ans, veuve du comte de Castellane (1875-1959), sénateur du Cantal et propriétaire du château de Rochecotte.

Nathalie Terry est la sœur d'Emilio Terry (1890-1969), architecte, dessinateur, décorateur, paysagiste et qui se portera acquéreur du château de Rochecotte en 1934. Nathalie Terry, comtesse de Castellane, conserve Chenonceau jusqu'au 5 avril 1913, date à laquelle la propriété est mise en vente aux enchères publiques pour 1 300 000 francs à l'audience des Criées. Trois compétiteurs sont en lice : l'industriel Henri Menier, le fabricant de cycles Clément et l'antiquaire Guérault.

Famille Menier[modifier | modifier le code]

Cette vente judiciaire par adjudication fait entrer le domaine de Chenonceau pour 1 361 660 francs, dans le patrimoine d'Henri Menier, homme de la grande bourgeoisie industrielle. Henri Menier, issu de la famille des chocolatiers Menier, est né le 14 juillet 1853 à Paris et il a pour compagne Mathilde Heintz, décédée à Paris le 24 février 1910. Il se marie le 11 juillet 1911 avec Hélène Thyra Seillière, née à Londres le 10 mai 1880, fille illégitime du baron Raymond Seillière (1845-1912) et d'une mère polonaise, Hélène Orzegowska. Henri Menier offre Chenonceau à sa jeune épouse et lui adresse cette correspondance[57] :

« Je sais ce qu'on va dire, ma chère Thyra, les petites feuilles déclareront qu'il s'agit là d'un caprice de millionnaire blasé. Elles stigmatiseront le pouvoir de l'argent, qui se croit tout permis et qui se plait à annexer jusqu'aux vieilles demeures seigneuriales… Laissons les dire. Si je n'avais pas acheté Chenonceau, qui s'en fût rendu acquéreur ? Un prince du sang ? J'en doute fort. Bien plutôt un de ces parvenus qui n'auraient vu là qu'une satisfaction de vanité puérile. Or, vous me connaissez suffisamment pour savoir que de telles préoccupations m'ont toujours été et me demeureront toujours étrangères. Voyez-vous, Chenonceau représente, pour moi, quelque chose de précieux, d'irremplaçable : l'épanouissement de cette architecture féodale qui avait été non seulement à l'origine de toute vie courtoise, mais encore, mais surtout, le véritable berceau de la poésie française, un hommage rendu à la femme, quelque chose comme le symbole de cette religion de l'honneur et de l'amour envers la Dame, mère, épouse, ou sœur, divinement chantée par Ronsard. En vous offrant Chenonceau, en donnant pour cadre à votre chère présence ces vielles pierres ennoblies, magnifiées par tant de prestigieux souvenirs, témoins de tant d'idylles, de drames, de sourires et de larmes, ces murs à l'ombre desquels glissent encore tant d'harmonieux fantômes, et qui laissent à ceux qui savent comprendre le passé la plus belle leçon de grandeur et de beauté. J'ai voulu vous rendre l'hommage que les châtelains de la renaissance offraient à la dame de leurs pensées. »

Gaston Menier
industriel et homme politique français
Portrait de
Simonne Menier
par Paul César Helleu

Mais le 6 septembre 1913, cinq mois après l'acquisition du domaine, Henri Menier meurt d'une phtisie pulmonaire dans son château de Vauréal. Sans enfant, c'est son frère Gaston Menier, né à Paris le 22 mai 1855 et sénateur de Seine-et-Marne, qui hérite du Château de Chenonceau. Hélène Thyra Seillière [C] est femme de lettres et publie plusieurs ouvrages littéraires. Elle meurt à Paris, le 2 mai 1973[58].

Pendant la Première Guerre mondiale, comme d'autres châtelains français, Gaston Menier, installe au château dès le 2 août 1914, un hôpital militaire2 254 soldats blessés sont soignés. Il en confie la gestion à son fils Georges et sa belle-fille Simonne, infirmière en chef. Les grandes fresques de Charles Toché sont alors recouvertes d'une peinture blanche, que l'armée imaginait plus hygiénique. Les deux galeries comptent cent-vingts lits : soixante-dix dans celle du premier étage et cinquante dans celle du rez-de-chaussée, où est aménagée une salle d'opération. Les médecins et infirmiers sont rémunérés par l'État, mais Gaston Menier prend en charge toutes les dépenses de nourriture et d'installation. L'électricité et le chauffage sont mis en place, ainsi qu'une pompe électrique pour l'eau[59]. L'hôpital militaire fonctionne pendant toute la durée des hostilités jusqu'au 31 décembre 1918.

Gaston Menier reçoit officiellement Charles Lindbergh à son arrivée en France. Son fils cadet Jacques Menier (1892-1953), est lui-même aviateur, membre de l'Escadrille des Cigognes, blessé et héros de la Guerre[60], dont le compagnon d'armes est Georges Guynemer. Gaston Menier entreprend les réparations des lucarnes de la façade principale et les becs des piles du château, abîmés par le Cher. En 1927, il charge l'architecte Jean Hardion de la reconstruction du Moulin-Fort de Chisseau. Gaston Menier meurt le 5 novembre 1934 à Paris. Son fils aîné Georges étant décédé le 1er janvier 1933 à Paris, c'est son petit-fils Antoine Menier qui hérite du château au terme d'un acte de partage en date du 25 juillet 1935, réglant de ce fait la succession de son grand-père. Antoine est né à Paris le 13 octobre 1904, étudie au lycée Condorcet et devient coureur automobile avec onze records sur Alfa Romeo.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le château de Chenonceau est réquisitionné en 1939 par la direction de l'Infanterie du Ministère de la Guerre fuyant Paris. Une crue historique du Cher le 7 mai 1940, dévaste le jardin de Diane. Aux ravages de la nature, viennent s'ajouter ceux des hommes. Le 20 juin 1940, les allemands se positionnent au nord de la vallée du Cher. Alors que l'armée française n'est plus stationnée sur la région, les allemands installent une batterie d'artillerie de 105 mm et tirent sur le parc de Chisseau. Un obus traverse la toiture des galeries, un autre éclate sur l'escalier extérieur de la tour des Marques et plusieurs atteignent les champs aux alentours. Un avion vient en appui des opérations terrestres et pilonne les douves du parc. Les allemands traversent la rivière, occupent plusieurs mois Chenonceau et décident son évacuation. Mais les autorités allemandes interdisent l'accès de la propriété, excepté pour le régisseur, du fait que l'édifice se trouve sur la ligne de démarcation avec un côté en zone occupée et l'autre en zone libre.

Selon l'historien tourangeau Éric Alary, citant des témoignages locaux, au début 1941, le ministre de l'Air du Troisième Reich Hermann Göring serait venu à Chenonceau, peut-être pour repérer des œuvres qu'il aurait destiné au grand musée d'art voulu par Adolf Hitler à Linz (Autriche), ou à sa propre collection[61].

Les destructions sont réparées en 1943 et la frontière des deux zones est supprimée. Le 7 juillet 1944, un avion américain bombarde le château. Les bombes tombent dans le Cher, dont une à proximité de la chapelle et détruit les vitraux d'origine, remplacés ensuite par Max Ingrand. En septembre, l'occupant s'enfuit. Lors de sa première visite en France, le président des États-Unis Harry Truman, vient au château en souvenir de l'accueil réservé à son compatriote Charles Lindbergh.

En 1953, Antoine Menier est cogérant avec son frère Hubert, de la société familiale. Hubert Menier assure également la pérennité de Chenonceau en engageant un jeune universitaire agronomique au cours de l'été 1951 : Bernard Voisin. Ce jeune homme de vingt-quatre ans se voit confier la direction du domaine et la conservation du château. Ses études œnologiques lui confèrent en outre la responsabilité du vignoble. Entré le 1er janvier 1952, sa fonction va perdurer pendant plus de quarante ans. Grâce à Bernard Voisin, le château de Chenonceau connaît un nouvel essor et devient l'un des monuments, les plus fréquentés[62]. Hubert Menier est né à Paris le 12 décembre 1910 et épouse Odette Gazay, le 4 juin 1948. De cette union naissent deux enfants : Jean-Louis en 1949 et Pauline en 1952. La maladie emporte Hubert Menier, le 28 juin 1959 à 48 ans. Son fils Jean-Louis rencontre en 1977, Laure Marie-Victoire Brasilier d'Hauterives, dix-huit ans. Le couple a deux enfants. Formée à la Sorbonne et au Collège de France à Paris, Laure Menier suit des études de grec ancien et de latin. Elle est titulaire d'un diplôme de l'Institut des relations internationales. Sa famille compte trois prix de Rome[63]: André Brasilier (né en 1929) artiste peintre, premier grand prix en 1953, son frère Jean Marie Brasilier (1926-2005) architecte, premier grand prix en 1957 et Arnaud d'Hauterives (né en 1933) peintre, premier grand prix également en 1957.

Antoine meurt à Paris sans postérité, le 12 août 1967 à l'âge de 62 ans. À la suite d'une situation juridique confuse, un procès a lieu entre la famille et l'association « La Demeure Historique », domiciliée au 57 quai de la Tournelle à Paris. Cette association est légataire des parts d'Antoine sur le domaine. En 1975, La Cour de Cassation annule la donation et établit la pleine propriété de Chenonceau à la veuve d'Antoine, Renée Vigne, qui revend par la suite le domaine à la belle-sœur de son époux, Odette Menier, née Gazay. Son fils Jean-Louis assure conjointement avec son épouse Laure, la direction artistique du château. À partir de 2002, Laure Menier gère seule la conservation et la gestion du domaine de Chenonceau.

La reine Élisabeth II du Royaume-Uni effectue une visite à Chenonceau le 24 octobre 1979, accompagnée d'Anne-Aymone Giscard d'Estaing, l'épouse du président de la République. Ce déplacement privé est organisé comme un voyage officiel avec le respect des obligations du protocole[64]. Le 9 novembre 1988, le prince Charles et son épouse la princesse de Galles, lady Diana, se rendent aussi à Chenonceau pendant un séjour en France. Le domaine est alors fermé au public. Le château de Chenonceau expose annuellement dans la grande galerie depuis 1980, les œuvres des peintres ou sculpteurs contemporains comme André Brasilier, Bernard Cathelin, Claude Weisbuch, Bernard Buffet, Pierre-Yves Trémois, Claudio Bravo ou Olivier Debré. En 2009, la grande galerie accueille trente-trois pièces de l'importante, mais méconnue, collection des cinq-cents œuvres d'art de l'UNESCO.

Plaque commémorative dans la grande Galerie du château, en mémoire des blessés de la
Première Guerre mondiale.

Cette même année 2009, Laure Menier lance un vaste programme de restauration du château : les façades du logis de Thomas Bohier et l'extérieur de la galerie sont refaites ainsi que la toiture et la charpente en chêne. Le campanile de l'édifice est démonté, restauré en atelier et remis en place. Des frises en pierre sont réalisées à l'identique. Sans compter la remise en état de la maçonnerie, des vitraux, ferronnerie et peinture. La mise en place de l'échafaudage d'une hauteur de vingt-huit mètres, nécessite l'intervention de techniciens et de plongeurs, afin d'assurer l'ancrage et la stabilité de l'imposante structure. L'architecte des Monuments historiques et Laure Menier supervisent l'ensemble des travaux où s'affairent artisans, compagnons et ouvriers spécialisés sur un chantier sécurisé. Les travaux s'achèvent au mois de mars 2012, sans jamais interrompre l'activité touristique du domaine. Le montant total de la rénovation s'élève à 4,8 millions d'euros. La dette est financée aux deux tiers par les propriétaires et un tiers par l'État[65].

Lors du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau, Chenonceau organise du 7 juin au 11 novembre 2012, une exposition consacrée au précepteur et secrétaire de Louise Dupin[66]. Chenonceau dispose d'un atelier floral, installé dans la ferme du XVIe siècle. Le potager des fleurs occupe une surface de 10 000 m2 et chaque pièce du château est décorée d'un bouquet, renouvelé deux fois par semaine. Le jeudi 14 juin 2012, a lieu l'inauguration et le baptême de la rose Louise Dupin par sa marraine Élisabeth Badinter, en présence de Laure Menier, conservateur du château[67]. Patrick de Carolis, membre de l'Académie des beaux-arts, créateur de l'émission Des racines et des ailes, tourne une nouvelle émission télévisée Le Grand Tour pour France 3, au mois de mars 2013 à Chenonceau. La réalisation a lieu dans la chambre de Louise de Lorraine, la galerie au-dessus du Cher, le jardin de Diane de Poitiers et devant la Tour des Marques. Le thème de ce film concerne la Renaissance avec une historienne de l'art, Alexandra Zvereva, et diffusé sur la chaîne publique le 12 juin 2013[68].

Construit en 1513, le château de Chenonceau célèbre en 2013, cinq siècles d'histoire. À cette occasion, l'organisation d'événements et expositions se déroulent dans ce chef-d'œuvre architectural du Val de Loire, de mai à décembre 2013. Une année marquée également par le centième anniversaire depuis le 5 avril, de l'acquisition par la famille Menier du domaine de Chenonceau en 1913 et de son mécénat pour la sauvegarde de ce prestigieux monument[69]. Dans cette perspective, la galerie Médicis située au premier étage, est inaugurée au mois de septembre 2013 et présente des œuvres d'art, meubles, tapisseries et documents qui retracent l'histoire du château. En janvier 2014 une autre galerie est créée, celle des Attelages, dans la ferme du XVIe siècle. Elle expose une collection de voitures hippomobiles, datant de la fin du XVIIIe siècle jusqu'au début du XIXe siècle. Dans le cadre des promenades nocturnes de Chenonceau, le château fête le 19 juillet 2014 une nouvelle Appellation d'origine contrôlée qui vient d'apparaitre dans la grande famille des vins du Val de Loire, avec la qualification de Touraine-Chenonceaux[70],[71]. Cette soirée est baptisée « Dégustation sous les étoiles » et perpétue la tradition viticole de la région et plus particulièrement celle du château des Dames. Le château de Chenonceau participe aux célébrations du centenaire de la Première Guerre mondiale par une exposition dans la galerie des Dômes, à partir du 14 juillet 2014. Un hôpital militaire prend possession à l'époque des deux galeries du château dès le début des hostilités jusqu'à la fin du conflit et bénéficie des dernières innovations tant sur le plan médical, que sur les équipements. Le mobilier, les objets, photographies, documents et archives sont conservés par le Domaine depuis cent ans et permettent ainsi, une fidèle reconstitution[59],[72].

Découverte d'une salle d'art religieux[modifier | modifier le code]

Chapitres détaillés : La duchesse de Mercœur et Documentaires.

Façade Est du château de chenonceau en 1851. Au centre, appartements de Louise de Lorraine avec son oratoire particulier, avant leur disparition et localisation sur cette partie de la propriété, du couvent des Capucines au niveau des combles.

La reine Louise de Lorraine se retire à Chenonceau après l'assassinat de son époux Henri III. Ce drame la plonge dans le désespoir et elle avait pour projet, l'installation en France de l'ordre des Capucines établi à Milan en Italie. Mais sa situation précaire n'a pas permis l'achèvement de son dessein[12]. À son décès survenu le 29 janvier 1601, le château revient à sa nièce, Françoise de Lorraine (1592-1669). Sa tutelle est confiée à sa mère Marie de Luxembourg (1562-1623), duchesse de Mercœur et belle-sœur de Louise de Lorraine. Suivant les dernières volontés de Louise de Lorraine, Marie de Luxembourg favorise l'institution des Capucines qui vient de s'introduire en France à partir de 1602. Elle fait venir plusieurs de ces religieuses qui s'installent dans les combles du second étage au nord-est du château, pour fonder un couvent en attendant que la construction de leur nouvelle chapelle soit érigée dans la ville de Tours[73]. La duchesse de Mercœur doit entreprendre la même mission à Paris (se reporter au chapitre : Le couvent des Capucines). Cette communauté dispense la charité à la paroisse de Chenonceau. L'entrée principale de son cloître est défendue par un pont-levis à l'intérieur du château, fermant le couloir d'accès. Ce petit pont-levis sépare ainsi les sœurs du reste de l'habitation, pour assurer leur protection. Le couvent du château est transformé au XVIIIe siècle par Louise Dupin en logements pour les domestiques et le pont-levis disparaît par la même occasion. Mme Marguerite Pelouze reconstitue dans les combles au XIXe siècle, les salles du couvent des Capucines et le pont-levis qui en interdit l'accès est rétabli. C'est dire que les motifs religieux dans ce périmètre du château ont subi bien des altérations, si ce n'est une disparition pure et simple. Hormis la chapelle[74], les signes spirituels relatifs au séjour de la congrégation dans le monument sont donc peu nombreux.

Lorsque Laure Menier décide la restauration de Chenonceau dont l'imposant chantier s'étale sur trois années de 2009 à 2012[65], rien ne laissait présager des révélations majeures sur l'édifice. Une découverte exceptionnelle a pourtant lieu en 2011, au moment des travaux de rénovation sur la charpente et la toiture[75]. Au second étage du château, une large pièce sous comble et fermée au public, est tapissée de lambris posés depuis le XIXe siècle. Une intervention par l'intérieur est nécessaire à cause des bois fragilisés et les revêtements en menuiserie doivent être enlevés. Leur démontage ont permis de mettre à jour des décors dont certains datent du XVIIIe siècle. Les représentations picturales indiquent clairement qu'il s'agit d'un lieu de culte et il est assez rare de trouver ainsi, des motifs religieux[76]. Un décor sur bois en parfait état de conservation et qui correspond au cœur de cette salle, représente l'Annonciation symbolisée par un archange. Sur les murs, des lauriers ainsi que des rinceaux peints sur fresque. Ces motifs floraux ornementaux sont en forme de branche recourbée, munie de feuilles. Des monogrammes sont présents comme les initiales MA et IHS avec une croix. D'autres sont entrelacés et peuvent être interprétés en MA ou AM[75]. Les couleurs sont bien préservées dont un fond bleu très net mais estompé en certains endroits. Le bon état général permettra une restauration qui consiste à un nettoyage de la surface, une consolidation par injection, la protection de la polychromie par la face et la mise en œuvre d'un enduit par un ragréage de toutes les lacunes. Une reconstitution partielle est envisagée mais elle sera très limitée, afin de garder l'authenticité du site : « il n'est pas opportun de tout reconstituer. Nous ne sommes pas là pour refaire, mais pour restaurer », nous précise Marc Philippe[75], chargé des opérations.

Cette salle soulève bien des interrogations. Quelle est sa destination première ? Est-ce une chapelle dédiée à un saint particulier, une personne physique ou un événement ? Pourquoi est-elle située dans cet emplacement isolé et dissimulé, alors que le château possède sa propre chapelle ? Sa datation peut apporter des éléments de réponse. Le film de Jacques Vichet mentionne le XVIIIe siècle et le style floral pour sa seconde moitié[75]. Les événements qui peuvent expliquer la présence de cette salle, pourraient correspondre à ceux de la Révolution française. Madame Dupin fait partie de la noblesse. Elle a un sens strict de la hiérarchie des Trois ordres et n'a jamais remis en question son statut, ni le pouvoir royal, malgré son attachement aux idées des Lumières. Elle prône la tolérance et se montre généreuse envers autrui. Mais elle ne peut pas adhérer à cette Révolution qui s'enfonce dans les excès et les dérives. Louise Dupin quitte la capitale au moment des Massacres de Septembre en 1792 pour rejoindre la Touraine. Elle est accompagnée de Suzanne Dupin de Francueil, l'épouse d'Armand Vallet de Villeneuve, trésorier de la ville de Paris et Marie-Thérèse Adam, sa dame de compagnie. La Révolution frappe cruellement sa famille : au moment de la grande Terreur, son neveu, Armand Vallet de Villeneuve se suicide à la prison de la Conciergerie pour échapper à la guillotine et Marie-Aurore de Saxe, sa belle-fille, est emprisonnée au couvent des anglaises. La déchristianisation en l'An II, culmine. L'abbé Lecomte est chassé de son église et devient le régisseur de Chenonceau. Madame Dupin transforme la chapelle officielle en réserve à bois, afin de lui retirer son aspect religieux et la sauver ainsi, des destructions. Un nouveau lieu de culte à l'abri des regards en cette période troublée peut justifier la présence de cette salle et sa destination.

Les éléments entrelacés MA ou AM peints sur les murs peuvent signifier la reine de France, Marie-Antoinette ou la prière catholique en latin, Ave Maria. L'évocation en double sens de ces monogrammes dans cette pièce, n'est pas un cas isolé[77]. Il est à noter que les lettres MA en majorité, sont bien distinctes et représentées parfois avec un cœur. Il reste à déterminer si certaines parties de cette salle sont plus anciennes et remontent éventuellement au début du XVIIe siècle, au moment de l'ordre des Capucines. Les religieuses à cette époque, sont confinées dans leur couvent du second étage et la chapelle du château dans le même temps, est libre d'accès. Mais l'historien Casimir Chevalier (1825-1893) dans son œuvre érudite Histoire abrégée de Chenonceau, nous apporte des précieuses informations[73] :

« Pendant ce temps, les Capucines habitèrent les combles du château de Chenonceau, où on leur avait pratiqué des cellules, un réfectoire, une chambre capitulaire, petits, peu commodes, mais suffisants, avec une chapelle au-dessus de la voûte de la chapelle du château. Le couvent communiquait à l'appartement de la duchesse (le même que celui de la reine Louise) par un escalier dérobé qui aboutissait à son cabinet, et l'entrée ordinaire pour le service de la communauté était défendue contre les profanes par un pont à bascule. Enfin, messire Pierre Oger fut installé au château comme chapelain du couvent. »

Rappelons que lors des travaux ordonnés par Mme Pelouze au cours du XIXe siècle, les appartements de Louise de Lorraine et donc ceux de la duchesse de Mercœur sur la façade Est du château sont détruits. Casimir Chevalier connaissait parfaitement l'ancien état du château et sa transformation, pour avoir étudié sous deux propriétaires : René Vallet de Villeneuve et Madame Pelouze. Un autre historien, Robert Ranjard, confirme qu'une petite chapelle est installée au-dessus de la voûte de celle du château. De cet infime monastère, un escalier permettait de rejoindre cette seconde chapelle et conduisait également à l'ancien oratoire particulier qui jouxte la chambre de Louise de Lorraine[78]. Mais dans un cas comme dans l'autre, cette seconde chapelle est localisée dans les combles de la chapelle principale. Hors, la salle religieuse qui vient d'être découverte se situe au second étage, décentrée par rapport à la chapelle du château et en dehors du couvent des Capucines. La prudence est donc de règle quant à l'interprétation de ces données et les recherches historiques en cours viendront confirmer ou infirmer ces hypothèses. La restauration quant à elle est bien inscrite dans la programmation des travaux à venir[75].

Château des Dames[modifier | modifier le code]

L'histoire du château est marquée par les femmes qui en sont les propriétaires et les bâtisseuses, d'où son surnom de « château des Dames » :

Une pièce du château est également dédiée aux filles et belles-filles de Catherine de Médicis, la chambre des Cinq Reines, Marie Stuart, Marguerite de France, Louise de Lorraine, Élisabeth d'Autriche et Élisabeth de France.

Entrée du domaine[modifier | modifier le code]

Le domaine de Chenonceau

Allée d'honneur[modifier | modifier le code]

La grande allée d'honneur menant au château est plantée de platanes sur presque 1 km. De chaque côté de l'allée d'honneur : la ferme du XVIe siècle à droite, le Labyrinthe et les Cariatides à gauche.

La paire de sphinx du XVIIIe siècle encadrant l'allée d'honneur installée par le comte René de Villeneuve provient du château de Chanteloup à Amboise, ancien domaine du duc de Choiseul, dépecé au XIXe siècle; on voit - entre autres lieux - une paire de sphinx en pierre au départ de l'escalier d'honneur de Château-Margaux en Gironde (1810).

L'avant-cour[modifier | modifier le code]

Après avoir emprunté la grande allée bordée de platanes et passé les deux sphinx à l'entrée du château, voici l'avant-cour du domaine. À droite et bordant l'avant-cour, le bâtiment des Dômes et le musée de Cires. Au centre, devant le château, la Cour d'Honneur avec la Tour des Marques. À gauche, la Chancellerie construite au XVIe siècle qui mène au Jardin de Diane.

Jardins[modifier | modifier le code]

On compte deux jardins principaux : celui de Diane de Poitiers et celui de Catherine de Médicis, situés de part et d'autre de la tour des Marques, vestige des fortifications précédant l'édification du château actuel.

En 1565 les jardins de la rive gauche du Cher sont « nouvellement construits », comme le décrit Sonia Lesot dans son ouvrage[79] :

« La fontaine du rocher de Chenonceau construite par Bernard (Palissy) pour Catherine (de Médicis); elle était déjà existante du temps de Diane de Poitiers, et avait servi à alimenter les bassins de son parterre […] (dans) le parc de Francueil, sur la rive gauche du Cher […] fut aménagé un jardin bas en bordure du fleuve, composé de deux vastes carrés séparés d'une allée tracée dans le prolongement de la galerie, accentuant l'axe Nord-Sud déjà si fort. Le coteau était percé de grottes. »

Jardin de Diane[modifier | modifier le code]

Le jardin de Diane de Poitiers, dont l'entrée est commandée par la maison du Régisseur : la chancellerie, construite au XVIe siècle ; au pied de laquelle se trouve un embarcadère, agrémenté d'une vigne, accès indispensable à toute promenade sur le Cher.

En son centre se trouve un jet d'eau, décrit par Jacques Androuet du Cerceau dans son livre Les plus excellens bastiments de France (1576). D'une conception surprenante pour l'époque, le jet d'eau jaillit d'un gros caillou taillé en conséquence et retombe « en gerbe » vers un réceptacle pentagonal de pierre blanche.

Ce jardin est protégé des crues du Cher par des terrasses surélevées depuis lesquelles on a de beaux points de vue sur les parterres de fleurs et le château.

Jardin de Catherine de Médicis[modifier | modifier le code]

Le jardin de Catherine de Médicis est plus intime, avec un bassin central, et fait face au côté Ouest du château.

La décoration florale des jardins, renouvelée au printemps et en été, nécessite la mise en place de 130 000 plants de fleurs cultivés sur le domaine.

Architecture extérieure[modifier | modifier le code]

Le château présente en réalité deux parties :

  • Un donjon médiéval élevé sur la rive droite du Cher qui fut remanié au XVIe siècle.
  • Un corps de logis Renaissance bâti sur la rivière elle-même, constituant l'essentiel du château.

La tour des Marques[modifier | modifier le code]

La tour des Marques est le seul vestige visible de l'ancien château médiéval de la famille des Marques, rasé par Thomas Bohier en 1515. Elle correspond au donjon de l'ancienne bâtisse, constituée d'une tour ronde, ainsi que d'une tourelle abritant la cage d'escalier. Bohier va réhabiliter la tour en lui donnant un aspect plus moderne, dans le goût Renaissance, grâce au percement de larges fenêtres à meneaux, d'une porte ouvragée, de lucarnes en pierre blanche, et l'ajout d'un clocheton, dont la cloche porte la date de 1513. Il fait également installer de petites consoles sur le chemin de ronde, et recouvre l'ancienne maçonnerie de mortier, cachant ainsi les anciennes archères, mais il subsiste néanmoins des traces.

Il réalise également un perron de pierre, du type de ceux visibles aux châteaux de Bury et de Nantouillet ou encore au premier château de Chantilly, correspondant à une certaine mise en scène de l'entrée, à la mode au XVIe siècle. Enfin, Bohier fait sculpter les lettres TBK sur la tour, signifiant Thomas Bohier-Briçonnet Katherine.

Sur le côté, on peut encore apercevoir le puits, orné sur la margelle d'une chimère et d'un aigle bicéphale, emblème de la famille des Marques. Cette tour, qui a pendant un temps abrité la boutique de souvenirs, n'est désormais plus accessible au public.

Le logis Renaissance[modifier | modifier le code]

Il est constitué d'un corps de logis presque carré (22 m sur 23) de deux étages (plus un sous-sol) flanqué de tourelles d'angle, construit sur les puissantes assises de pierre de l'ancien moulin bordant naguère la rive droite.

Celui-ci est prolongé d'un corps de bâtiment de deux étages et d'un comble qui s'appuie sur la façade Sud du logis, construit par Philibert Delorme en 1560 dans un style déjà presque classique, et reposant sur un pont de cinq arches enjambant le Cher. L'étage inférieur est notamment occupé par une galerie.

On accède au rez-de-chaussée du corps de logis principal par un escalier suivi d'un petit pont.

Intérieurs[modifier | modifier le code]

L'entrée donne sur un vestibule central ouvrant sur quatre pièces de part et d'autre. D'un côté : une salle des Gardes, par laquelle on accède à une chapelle, la « chambre de Diane de Poitiers » et le « cabinet de travail de Catherine de Médicis ». De l'autre se trouve, un escalier donnant accès aux cuisines situées au sous-sol, la « chambre François Ier » et le « salon Louis XIV ». Au bout du vestibule, on accède à la galerie inférieure.

L'escalier, à doubles volées droites, est accessible derrière une porte qui se situe au milieu du vestibule d'entrée. Il permet d'accéder aux étages supérieurs s'ouvrant chacun sur un vestibule :

  • Le premier étage est constitué par le « vestibule Catherine Briçonnet », autour duquel se trouvent quatre chambres : « la chambre des Cinq Reines », la « chambre de Catherine de Médicis » (au-dessus de son cabinet vert), celle de César de Vendôme, et celle de Gabrielle d'Estrées (favorite d’Henri IV). Au fond de ce vestibule, se trouve là aussi une porte donnant aux pièces situées au-dessus de la galerie (celles-ci non visitables).
  • Le second étage comporte, outre le vestibule, quatre pièces dont seule « la chambre de Louise de Lorraine » est visitable.

Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]

Plan du rez-de-chaussée :
1 : Chapelle
2 : Librairie
3 : Cabinet vert
4 : Chambre de Diane de Poitiers
5 : Salle des Gardes
6 : Vestibule
7 : Salon Louis XIV
8 : Escalier
9 : Salon François I er
10 : Galerie

Vestibule[modifier | modifier le code]

Le vestibule du rez-de-chaussée est couvert par un plafond en voûtes d'ogives dont les clefs, décalées les unes par rapport aux autres, forment une ligne brisée. Les corbeilles, réalisées en 1515, représente des feuillages, des roses, des têtes d'anges, des chimères, et des cornes d'abondance.

Au-dessus des portes, dans deux niches, sont sculptés saint Jean-Baptiste, patron de Chenonceau, et une Madone italienne dans le style de Lucca della Robia. Le mobilier est composé d'une table de chasse en marbre italien. Au-dessus de la porte d'entrée, un vitrail moderne, réalisé en 1954 par Max Ingrand, représentant la légende de saint Hubert.

La salle des Gardes[modifier | modifier le code]

Au-dessus de la porte en chêne du XVIe siècle, on retrouve, sous la forme de leurs patrons, Sainte-Catherine et Saint-Thomas, les anciens propriétaires, ainsi que leur devise : « S'il vient à point, me souviendra » (comprendre : fera que l'on se souviendra de moi). Les plafonds à solives apparentes, dits « à la Française » portent les deux C entrelacés de Catherine de Médicis. Le sol est en partie recouvert de carreaux de faience polychromes de la fin du XIXe siècle, réalisés par l'atelier parisien de Léon Parvillée[80]. Ce pavement en majolique (photographie ci-dessous) est une reproduction du pavement du XVIe siècle de l'église de Brou[81].

La cheminée porte les armes de Thomas Bohier tandis que les murs sont décorés d'une suite de tapisseries des Flandres du XVIe siècle représentant la vie de château, une demande en mariage, ou encore une scène de chasse. Les coffres, gothiques et Renaissance, contenaient l'argenterie avec laquelle la Cour se déplaçait.

La chapelle[modifier | modifier le code]

On pénètre dans la chapelle à partir de la salle des Gardes, par une porte en chêne surmontée d'une statue de la Vierge. Ses vantaux représentent quant à eux le Christ et Saint Thomas et reprennent les paroles de l'Évangile selon Saint Jean : « Avance ton doigt ici », « Tu es mon Seigneur et mon Dieu ».

Mme Pelouze fit ouvrir les fenêtres couplées qui furent munies de verrières d'après les dessins d'un certain Steinheil[44]. Les vitraux détruits en 1944, ont été remplacés par des œuvres de Max Ingrand en 1954. On voit dans la loggia de droite, une Vierge à l'Enfant en marbre de Carrare par Mino da Fiesole. À droite de l'autel, une crédence ouvragée ornée de la devise des Bohier.

En 1890 le céramiste tourangeau Édouard Avisseau (1831-1911) réalisa pour le château un bas-relief La Vierge aux poissons[82].

Au mur, des peintures religieuses : La Vierge au voile bleu par Il Sassoferrato, Jésus prêchant devant Alfonso et Isabella par Alonzo Cano, un Saint-Antoine de Padoue par Murillo, et une Assomption par Jean Jouvenet. L'historien Robert Ranjard précise[83] : « L'oratoire conserve, gravées dans la pierre de ses murs, des sentences écrites en vieil écossais […] mystérieux graffitis laissés par des hôtes inconnus au temps de Diane de Poitiers ». En entrant à droite, une sentence datée de 1543 : « La colère de l'Homme n'accomplit pas la justice de Dieu », et une autre de 1546 : « Ne soyez pas vaincus par le Mal ».

Dominant la nef, une tribune royale donnant sur « la chambre des Cinq Reines », au premier étage, datant de 1521.

Cette chapelle fut sauvegardée pendant la Révolution, Madame Dupin ayant eu l'idée d'en faire une réserve de bois de chauffage.

Chambre de Diane de Poitiers[modifier | modifier le code]

La cheminée par Jean Goujon et le plafond portent les initiales de Henri II et de Catherine de Médicis entrelacées. Le « H » et le « C » forment par ailleurs malicieusement le « D » de Diane de Poitiers, la favorite de Roi. Le mobilier est composé d'un lit à baldaquin du XVIIe siècle, ainsi que de fauteuils en cuir de Cordoue. Sur la cheminée, on voit un portrait du XIXe représentant Catherine de Médicis, par Sauvage.

À gauche de la fenêtre, une Vierge à l'Enfant, par Murillo. À droite de la cheminée, une toile de l'école italienne du XVIIe siècle, Le Christ dépouillé de ses vêtements par Ribalta.

Sous ce tableau une bibliothèque aux portes grillagées abrite les archives du domaine; un document exposé porte les signatures de Thomas Bohier et Katherine Briçonnet.

Sur les murs deux tapisseries des Flandres du XVIe siècle, Le Triomphe de la Force, montée sur un char tiré par deux lions, et environnée de scènes de l'Ancien Testament. Dans la bordure supérieure, la phrase latine se traduit par « Celui qui aime de tout son cœur les dons célestes, ne recule pas devant les actes que la piété lui dicte » ; l'autre pièce est Le Triomphe de la Charité, qui, sur un char, tient dans ses mains un cœur et montrant le Soleil, entouré d'épisodes bibliques ; la devise latine se traduit par : « Celui qui montre un cœur fort dans les périls, reçoit à sa mort, comme récompense, le Salut ».

Cabinet Vert[modifier | modifier le code]

La Reine de Saba par Le Tintoret

C'est l'ancien cabinet de travail de Catherine de Médicis, pendant sa régence. On distingue sur le plafond les deux C entrelacés. Dans cette pièce est exposée une tapisserie de Bruxelles dite « à l'Aristoloche », à la fois gothique et Renaissance. Sa couleur verte d'origine a déteint au bleu. Son thème est inspiré de la découverte des Amériques, et représente une faune et une flore exotiques : faisans argentés du Pérou, ananas, orchidées, grenades, et végétaux inconnus en Europe.

Deux cabinets italiens du XVIe siècle sont disposés à côté de la porte. Au mur une collection de tableaux, dont :

Librairie[modifier | modifier le code]

Cette ancienne petite bibliothèque de Catherine de Médicis donne une vue sur le Cher; le plafond en chêne compartimenté de beaux caissons datant de 1525, de style italien, avec petites clefs pendantes, est l'un des premiers de ce type connus en France; il porte les initiales T, B, K, en référence aux Bohier.

Au-dessus de la porte on voit une Sainte-Famille d'après Andrea del Sarto[85]. Sont conservées dans cette pièce une Scène de la vie de Saint-Benoît, par Bassano, Une martyre par Le Corrège, Héliodore par Jouvenet, et deux médaillons, Hébé et Ganymède, les échansons des dieux, enlevés vers l'Olympe de l'école française du XVIIe siècle.

Galerie du Rez-de-chaussée[modifier | modifier le code]

La galerie, longue de 60 mètres, large de 6 mètres, et comportant 18 fenêtres, possède un sol carrelé de tuffeau et d'ardoise, ainsi qu'un plafond à solives apparentes, servant de salle de bal, elle fut inaugurée en 1577 lors des fêtes données par Catherine de Médicis et son fils Henri III. À chaque extrémité, deux cheminées de style Renaissance, dont l'une n'est qu'un décor entourant la porte Sud qui mène à la rive gauche du Cher.

La façade du Levant fut peinte par les décorateurs de l'Opéra de Paris pour le second acte des Huguenots[44].

La série de médaillons représentant des personnages célèbres sur les murs fut posée au XVIIIe siècle.

Chambre de François Ier[modifier | modifier le code]

Cette chambre contient la plus belle cheminée du château (refaite au XIXe siècle, ses trois niches « à baldaquins » furent ornées de statues); sur son manteau court la devise de Thomas Bohier, faisant écho à ses armes représentées sur la porte. Le mobilier se compose de trois crédences françaises du XVe siècle et d'un cabinet italien du XVIe siècle, incrusté de nacre et d'ivoire gravée à la plume, offert à François II et Marie Stuart pour leur mariage.

Sur les murs sont exposés un portrait de Diane de Poitiers en Diane Chasseresse par Le Primatice, qui l'a réalisé ici en 1556, des toiles de Mirevelt, Ravenstein, un Autoportrait de Van Dyck, le portrait d'une noble dame en Diane Chasseresse par Ambroise Dubois[86], Archimède par Zurbaran, Deux évêques de l'école allemande du XVIIe siècle, ainsi que Les Trois Grâces par Carle van Loo représentant les trois sœurs de Mailly-Nesles, qui furent successivement maîtresses de Louis XV.

Cette chambre était également celle de Madame Dupin au XVIIIe siècle, où elle rend son dernier soupir le 20 novembre 1799 (se reporter au chapitre Monsieur et madame Dupin).

Salon Louis XIV[modifier | modifier le code]

Ce salon tendu de rouge évoque le souvenir du séjour que fit Louis XIV à Chenonceau le 14 juillet 1650. Le portrait d'apparat actuel peint par Rigaud, remplace celui qui a été brûlé sous la Révolution en 1793. Le tableau original avait été offert par le Roi au duc de Vendôme en 1697, en reconnaissance de l'envoi de statues au parc du château de Versailles[17]. Le grand cadre en bois sculpté et doré par Lepautre est composé seulement de quatre énormes pièces de bois, ainsi que le mobilier recouvert de tapisserie d'Aubusson, et une console de style « Boulle ».

La cheminée de style Renaissance est ornée de la Salamandre et de l'Hermine, en référence au roi François Ier et à Claude de France. La corniche entourant le plafond à solives apparentes porte les initiales de Bohier.

Au-dessus de la console L'Enfant Jésus et saint Jean-Baptiste par Rubens fut acheté en 1889 à la vente de la collection de Joseph Bonaparte, frère de Napoléon Ier et ex-roi d'Espagne.

Le salon possède une série de portraits des XVIIe et XVIIIe siècles français, ceux de Louis XV par Van Loo, d'une princesse de Rohan, de Madame Dupin par Nattier, de Chamillard, ministre de Louis XIV, un portrait d'homme par Netscher, de Philippe V d'Espagne par Ranc, et celui de Samuel Bernard par Mignard.

L'escalier[modifier | modifier le code]

L'escalier avec voûtes en berceau « à l'antique »

Une porte en chêne du XVIe siècle donne l'accès à l'escalier, un des premiers escaliers droits, (rampe sur rampe) construit en France sur le modèle italien. Il est couvert d'une voûte dite « rampante », à nervures se coupant à angle droit. Les caissons sont ornés de figures humaines, de fruits et de fleurs (certains motifs ont été martelés à la Révolution).

Les vantaux sculptés représentent l'Ancienne Loi sous la forme d'une femme aux yeux bandés munie d'un livre et d'un bâton de pèlerin, et la Loi Nouvelle, au visage découvert et tenant une palme et un calice.

L'escalier est coupé d'un palier formant deux loggias à balustrades donnant une vue sur le Cher; au-dessus de l'une d'entre elle, un médaillon ancien représentant un buste de femme aux cheveux épars, habituel symbole de la folie.

Cuisines du sous-sol[modifier | modifier le code]

Les cuisines sont installées au sous-sol auquel on accède par un escalier situé entre la galerie et « la chambre de François Ier ». Aménagées dans les piles assises du moulin ayant précédé le château qui forme un énorme soubassement, elles sont composées de plusieurs salles, dont l'office, salle basse aux deux voûtes en croisées d'ogives comportant une cheminée, la plus grande du château. À côté se trouve le four à pain.

L'office dessert la salle à manger du personnel du château, la boucherie dans laquelle sont exposés les crochets pour suspendre le gibier et les billots pour les dépecer, ainsi que le garde-manger. Un pont se tient entre l'office et la cuisine à proprement parler. Le mobilier du XVIe siècle a été remplacé pendant la Première Guerre mondiale en un équipement plus moderne, pour soutenir les besoins de l'hôpital.

Un quai de débarquement permettant d'apporter directement des marchandises dans la cuisine, est appelé selon la légende, le Bain de Diane.

Premier étage[modifier | modifier le code]

Plan du premier étage :
1 : tribune de la chapelle
2 et 3 : cabinet des estampes
4 : chambre de Catherine de Médicis
5 : chambre des Cinq Reines
6 : vestibule de Catherine Briçonnet
7 : chambre de Gabrielle d'Estrées
8 : Escalier
9 : chambre de César de Vendôme
10 : galerie du premier étage.

Vestibule de Catherine Briçonnet[modifier | modifier le code]

Le Vestibule de
Catherine Briçonnet

Le vestibule du premier étage est pavé de petits carreaux de terre cuite marqués d'une fleur de lys traversée par une dague. Le plafond est à solives apparentes. Au-dessus des portes est disposée une série de médaillons en marbre rapportés d'Italie par Catherine de Médicis, représentant les empereurs romains Galba, Claude, Germanicus, Vitellius et Néron.

La suite de six tapisseries d'Audenarde du XVIIe siècle représentent des scènes de chasses et de « pique-nique » d'après des cartons de Van der Meulen.

Chambre de Gabrielle d'Estrées[modifier | modifier le code]

La Chambre de
Gabrielle d'Estrées

Le plafond à solives apparentes, le sol, la cheminée et le mobilier sont Renaissance. On voit près du lit à baldaquin une tapisserie des Flandres du XVIe siècle.

Les autres murs sont ornés de la tenture dite des Mois Lucas dont juin, le signe du Cancer - La tonte des moutons, juillet, le signe du Lion - La chasse au faucon, et août, le signe de la Vierge - La paie des moissonneurs; les cartons de ces tapisseries sont de Lucas de Leyde ou Lucas van Nevele.

Au-dessus du cabinet est exposée une toile de l'école florentine du XVIIe siècle représentant Sainte-Cécile, patronne des musiciens, et au-dessus de la porte, l'Enfant à l'Agneau de Francisco Ribalta.

Chambre des Cinq Reines[modifier | modifier le code]

La Chambre des Cinq Reines.

Cette chambre rend hommage aux deux filles et aux trois belles-filles de Catherine de Médicis : la reine Margot, Élisabeth de France, Marie Stuart, Élisabeth d'Autriche, et Louise de Lorraine. Le plafond à caissons du XVIe siècle arbore en effet les armoiries des cinq reines.

Le mobilier se compose d'un lit à baldaquin, de deux crédences gothiques surmontées de deux têtes de femmes en bois polychrome et d'un coffre de voyage recouvert de cuir clouté.

Aux murs, nous pouvons voir une suite de tapisseries des Flandres du XVIe siècle représentant le Siège de Troie et l'Enlèvement d'Hélène, les Jeux du cirque dans le Colisée, et le Couronnement du roi David. Une autre évoque un épisode de la vie de Samson. Sont exposés également, L'Adoration des Mages, étude pour le tableau de Rubens (musée du Prado), un portrait de la duchesse d'Olonne de Pierre Mignard, ainsi qu’Apollon chez Admète l'argonaute, dû à l'école italienne du XVIIe siècle.

Chambre de Catherine de Médicis[modifier | modifier le code]

La chambre de Catherine de Médicis

La chambre de Catherine de Médicis est meublée d'un ensemble du XVIe siècle ainsi que de tapisseries des Flandres du XVIe siècle retraçant la vie de Samson, remarquables par leurs bordures peuplées d'animaux symbolisant des proverbes et des fables comme L'écrevisse et l'huître, ou L'habileté est supérieure à la Ruse. La cheminée et le sol de tomettes sont d'époque Renaissance.

Dominant la pièce, une peinture sur bois, L'éducation de l'amour par Le Corrège.

Cabinet des Estampes[modifier | modifier le code]

Ces petits appartements, ornés d'une cheminée de la fin du XVIIIe siècle dans la première pièce, d'une autre du XVIe siècle dans la seconde, présentent une importante collection de dessins et d'estampes représentant le château datant de 1560 pour le plus ancien, du XIXe siècle pour les plus récents.

La Galerie du premier étage[modifier | modifier le code]

La Galerie Haute sous Catherine de Médicis est divisée en appartements par des cloisons dont l'usage vraisemblable est destiné aux domestiques du château. Elle est reliée directement à la Grande Galerie du rez-de-chaussée par deux escaliers à vis, situés à l'extrémité opposée. La seule décoration est celle des deux cheminées sculptées d'esclaves enchaînés, qui se font face. Le château expose annuellement dans cette galerie depuis 1980, les œuvres des artistes contemporains.

Chambre de César de Vendôme[modifier | modifier le code]

Cheminée peinte de
la chambre de
César de Vendôme

Le plafond à solives apparentes est soutenu par une corniche décorée de canons. La cheminée Renaissance fut peinte au XIXe siècle aux armes de Thomas Bohier. La fenêtre ouvrant à l'Ouest est encadrée par deux grandes cariatides de bois du XVIIe siècle. Les murs sont tendus d'une suite de trois tapisseries de Bruxelles du XVIIe siècle illustrant le mythe antique de Déméter et Perséphone : Le voyage de Déméter, Perséphone aux Enfers, Déméter donne les fruits aux humains, et Perséphone revenant passer six mois par an sur la Terre.

On voit à gauche de la fenêtre, en face du lit à baldaquin du XVIe siècle, un Saint-Joseph par Murillo.

Deuxième étage[modifier | modifier le code]

Plan du deuxième étage :
1, 2, 3, 4, 5, 7 : Salles fermées
6 : Vestibule du deuxième étage
8 : Escalier
9 : Chambre de Louise de Lorraine
10 : Comble de la galerie (fermé)

Vestibule du deuxième étage[modifier | modifier le code]

Le Vestibule du second étage

Ce vestibule, qui conserve des traces de la restauration menée au XIXe siècle par Roguet, disciple de Viollet-le-Duc constitue un document décoratif.

Sur le mur une tapisserie de la manufacture (disparue) de Neuilly XIXe siècle symbolisant le Cher, sur laquelle figure une gondole vénitienne, fait référence à celle que fit transporter jusqu'à Chenonceau, Madame Pelouze afin d'y organiser en 1886 la célèbre « fête vénitienne » évoquée par Paul Morand.

Les deux crédences et le pavage au sol sont d'époque Renaissance.

Chambre de Louise de Lorraine[modifier | modifier le code]

La chambre de Louise de Lorraine, reflète le deuil de la femme d'Henri III. On y remarque la couleur noire dominante des lambris, les peintures macabres, le prie-Dieu tourné vers la fenêtre et les décorations religieuses évoquant le deuil. Louise est alors entourée de religieuses qui vivent à Chenonceau comme dans un couvent. Toujours vêtue de blanc, comme le veut la tradition pour une veuve de roi de France, elle sera surnommée « la Reine Blanche ».

Sa chambre a été reconstituée à partir du plafond d'origine orné de larmes d'argent, de cordelières de veuves, de couronnes d'épines et de la lettre λ, lambda, initiale de Louise de Lorraine, entrelacée du H de Henri III. L'atmosphère pieuse de la pièce est soulignée par le Christ à la couronne d'épines et d'une scène religieuse peinte sur bois du XVIe siècle qui orne la cheminée.

Chenonceau et les arts[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques Rousseau par Maurice Quentin de La Tour
Exposition de 2012 :
Rousseau heureux à Chenonceau.

Le château expose principalement dans la galerie Haute depuis 1980, les œuvres des artistes contemporains ou des expositions historiques[87].

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Marguerite Yourcenar consacre un essai ou étude historique : « Le ton général est celui de l'amertume, sinon de la satire, en présence de ce gaspillage qu'on nomme l'ordre des choses (Mémoires d'Hadrien) [...] je pourrais en détacher une vingtaine de pages consacrées au portrait psychologique d'une femme de la Renaissance et de son milieu, Louise de Lorraine [...] Le sujet est l'histoire financière et juridique d'un château exposé à toutes les vicissitudes politiques et sociales qui se sont produites au cours de quatre siècles »[90].
  • L'auteur du roman français Les Effacés - Bertrand Puard - utilise le château sous le nom de « Château d'Al-Rayyan » dans le tome 4. Un plan détaillé du château (l'usage des différentes pièces a cependant été changé dans certains cas) ainsi qu'une photo du véritable bâtiment sont accessibles au début du livre.

Peinture[modifier | modifier le code]

  • Albert Marquet représente la façade nord du château dans une huile sur toile, non datée[91].

Arts de la table[modifier | modifier le code]

  • La manufacture Cristal de Sèvres a donné le nom de Chenonceaux à un modèle de service de verres de table[92].

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Collection, Les plus beaux châteaux de France : Chenonceau. Film réalisé par Jacques Vichet et Blue Bird productions à Paris. Format : DVD, produit par LCJ Éditions. Date de sortie : 15 novembre 2013. Durée : 52 minutes.
    Commentaires d'Olivier Farines et voix de Michel Roy. Principaux intervenants : Élisabeth Reynaud (écrivain), Arnaud de Saint-Jouan (responsable des bâtiments de France), Marc Philippe (restaurateur), Pascal Genisson (chef d'hôte au château de Chenonceau). Chapitre détaillé : Découverte d'une salle d'art religieux.

Sources[modifier | modifier le code]

« Notice no PA00097654 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Sites internet[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Se reporter au chapitre Bibliographie.
  • Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p.

Articles[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Crédit photographique[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean Buon (préf. Michelle Perrot), Madame Dupin : Une féministe à Chenonceau au siècle des Lumières, Joué-lès-Tours, Éditions La Simarre,‎ 16 janvier 2014, 224 p. (ISBN 978-2-36536-027-2, présentation en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article[93]
  • Élisabeth Reynaud, Louise de Lorraine : la reine blanche de Chenonceau, Paris, Éditions Ramsay, coll. « Biographie »,‎ 4 mai 2011, 205 p. (ISBN 978-2-81220-024-3)
  • Jean des Cars, La véritable histoire des châteaux de la Loire, Éditions Plon,‎ 22 octobre 2009, 330 p. (ISBN 978-2-25920-901-4) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Élisabeth Reynaud, Chenonceau : le château des plaisirs, Paris, Éditions Télémaque, coll. « Grand document »,‎ 7 mai 2009, 288 p. (ISBN 978-2-75330-084-2)
  • Sonia Lesot et Henri Gaud, Chenonceau : Des jardins de la Renaissance, Éditions Gaud,‎ 13 mai 2005, 166 p. (ISBN 978-2-84080-120-7) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Christiane Gil, Les Dames de Chenonceau, Paris, Éditions Pygmalion, coll. « Les grandes dames de l'histoire »,‎ 18 septembre 2003, 192 p. (ISBN 978-2-85704-875-6) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean-Pierre Babelon (photogr. Jean-Pierre Godeaut), Chenonceau, Paris, Éditions Adam Biro, coll. « Essais »,‎ 15 juin 2002, 216 p. (ISBN 978-2-87660-342-4) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Le magazine de la Touraine, Du haut d'un clocher : Chenonceaux… et Chenonceau, vol. 56,‎ octobre 1995, p. 3 à 21
  • Axelle de Gaigneron, Ivan Cloulas, Hélène Gédouin, Jean Guillaume et Bernard Voisin (préf. Alain Decaux), Connaissance des Arts : Chenonceaux, vol. 37 : Hors-série, Paris, Société française de promotion artistique,‎ avril-juin 1993, 68 p. (ISSN 0293-9274) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Cécile Catherine, Les châteaux de la Loire, Ouest-France,‎ janvier 1991, 125 p. (ISBN 978-2-73730-809-3)
  • Hilaire Dufour, « Chenonceaux sous la Révolution française », Le Magazine de la Touraine, no 17,‎ janvier 1986, p. 73
  • Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean Guillaume, Gazette des Beaux-Arts : Chenonceaux avant la construction de la galerie,‎ 1969, p. 20 à 47
  • Marguerite Yourcenar, « Ah, mon beau château », Le Figaro littéraire,‎ 2 décembre 1961
  • Jules Vacquier, Les anciens châteaux de France : La Touraine, Amboise, Chenonceau, Ussé - notices historiques et descriptives, Paris, F. Contet,‎ 1928
  • Albert Maumené, La vie à la campagne,‎ 15 décembre 1901, « Le château de Chenonceau », p. 355 à 361 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves, Paris, Éditions Georges Charpentier et Ci,‎ 1886, 338 p. (lire en ligne), « Château de Chenonceau », p. 73 à 77
  • Gaston de Villeneuve-Guibert, Le portefeuille de madame Dupin : Dame de Chenonceaux, Paris, Éditions Calmann-Lévy,‎ 20 janvier 1884, 606 p. (lire en ligne)
  • Charles de Grandmaison, Bulletin de la Société archéologique de Touraine : Château de Chenonceau, fin des constructions, janvier 1521, Tours,‎ 1871-1873, p. 508 à 510
  • Casimir Chevalier, Histoire abrégée de Chenonceau, Lyon, Éditions Alphonse Louis Perrin et Marinet,‎ mai 1879, 361 p. (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Casimir Chevalier, Les Jardins de Catherine de Médicis à Chenonceau, Tours, Éditions Ladevèze,‎ 1868
  • Casimir Chevalier, Histoire de Chenonceau, ses artistes, ses fêtes et ses vicissitudes, Lyon, Éditions Perrin,‎ 1868
  • Casimir Chevalier, Les archives royales de Chenonceau, Paris, Éditions Jacques Techener,‎ 1864
  • Casimir Chevalier, La Vigne, les jardins et les vers à soie à Chenonceau au XVIe siècle, Tours, Éditions Ladevèze,‎ 1860
  • Augustin Prince Galitzin, Inventaire des meubles, bijoux et livres estant à Chenonceaux le huit janvier MDCIII (1603) : précédé d'une histoire sommaire de la vie de Louise de Lorraine, reine de France, suivi d'une notice sur le château de Chenonceaux, Paris, Éditions Jacques Techener,‎ 1856, 146 p. (lire en ligne)
  • Jacques 1er Androuet du Cerceau, Le premier et le second volume des plus excellents bastiments de France, Paris,‎ 1576 - 1579 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

A Jean Babou de la Bourdaisière (1511-1569), Comte de Sagonne, grand bailli de Touraine et grand maître d'artillerie de France. Fils de Philibert Babou de la Bourdaisière, surintendant des finances de François Ier, et de Marie Gaudin. Il se marie le 26 décembre 1539 à Blois, avec Françoise Robertet, Dame d'honneur successivement, de Catherine de Médicis, de Marie Stuart et de Louise de Lorraine. Leur fille est Françoise Babou de La Bourdaisière et leur petite-fille Gabrielle d'Estrées.

B Formé par l'architecte Félix Thomas, Charles Toché (Nantes, 1851 - Paris, 1916) séjourne en 1893 à Tunis puis en 1908 à Venise, copie les maîtres anciens et rencontre Édouard Manet. Il expose à la galerie Georges Petit à Paris, une série de cartons aquarellés de ses fresques allégoriques pour le château qui le font connaître. Six de ses vues de Venise (1908-1909) sont exposées au Musée de Nantes, en 2009 et 2012 (cf. bibliographie). L'écrivain Paul Morand fait la connaissance de Charles Toché à Venise en 1909 et le décrit ainsi[54] :

« Personnage resté très Mac-Mahon. Il continuait à peindre la fresque comme l'on peignait à Venise trois siècles auparavant […] bel homme, il avait séduit la propriétaire de Chenonceaux, lui faisant donner des fêtes vénitiennes où erraient des gondoles amenées de la piazetta […] il redescendait notre escalier en fredonnant quelque Ombra adorata, frisant une moustache de reître à la Roybet. »

C'est à Chenonceau qu'il rencontre Gustave Flaubert, se lie d'amitié avec lui et illustre sa Tentation de Saint-Antoine[94]. Il expose au Petit Palais à Paris en 1887, travaille à l'Exposition Universelle en 1889, décore en 1895 le foyer de l'opéra de Nantes, ainsi - entre autres établissements parisiens - que « Le Chabanais », célèbre maison close de l'époque fréquentée par le prince de Galles, futur Édouard VII, où le peintre tient une table ouverte pendant un an, d'où le sobriquet malicieux de « Pubis de Chabanais » donné par les élèves des Beaux-Arts[95].

En 1896 Toché réalise le décor du restaurant bordelais « Le Chapon Fin », ainsi qu'un portrait à l'aquarelle en pied du négociant bordelais Paul Promis (1832-1898), fils du propriétaire de Château-Giscours et lui-même propriétaire du château Rabaud-Promis, campé avec son chien devant l'esplanade des Quinconces à Bordeaux[96].

C Le 6 juin 1928, un procès oppose Gaston Menier et sa belle-sœur, Hélène Thyra Seillière, veuve depuis 1913 de son frère Henri, acquéreur de Chenonceau. Selon le testament de son frère, Gaston doit racheter la part d'Hélène Thyra Seillière, légataire d'Henri. Mais celle-ci ne reçoit qu'une infime partie du montant que son beau-frère aurait dû lui verser, du fait que Gaston a sous-évalué la valeur des sociétés. La Cour d'Appel de Paris par son arrêt du 5 décembre 1929, rejette la demande de Mme veuve Menier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. Consulter le site de la vallée de la Loire et ses châteaux : « Château de Chenonceau ».
  3. Citation extraite du site officiel de la France : « Château de Chenonceau sur France.fr »
  4. Voir également sur le même site : « Patrimoine et histoire sur France.fr »
  5. Keren Lentschner, « À qui appartient le château de Chenonceau », Le Figaro, Paris,‎ 12 août 2008 (lire en ligne)
  6. « Notice no PA00097654 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves, Paris, Éditions Georges Charpentier et Cie,‎ 1886 (1re éd. 1881), 338 p. (présentation en ligne, lire en ligne), « Château de Chenonceau », p. 73
  8. a, b, c, d et e Jean-Pierre Babelon (photogr. Jean-Pierre Godeaut), Chenonceau, Paris, Éditions Adam Biro, coll. « Essais »,‎ 15 juin 2002, 216 p. (ISBN 978-2-87660-342-4), p. 17 à 33
  9. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Thomas et Catherine Bohier », p. 31
  10. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Diane de Poitiers », p. 88 à 90
  11. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Catherine de Médicis », p. 114 à 116
  12. a et b Casimir Chevalier, Histoire abrégée de Chenonceau, Lyon, Éditions Alphonse Louis Perrin et Marinet,‎ mai 1879, 361 p. (lire en ligne), « La reine Louise et les créanciers de Catherine de Médicis », p. 254
  13. a, b, c et d Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., chap. IX (« La duchesse de Mercœur »), p. 151 à 160
  14. a et b Casimir Chevalier, Histoire abrégée de Chenonceau, Lyon, Éditions Alphonse Louis Perrin et Marinet,‎ mai 1879, 361 p. (lire en ligne), « La duchesse de Mercœur et les huissiers », p. 256 à 262
  15. a, b et c Casimir Chevalier, Histoire abrégée de Chenonceau, Lyon, Éditions Alphonse Louis Perrin et Marinet,‎ mai 1879, 361 p. (lire en ligne), « L'exil à Chenonceau », p. 263 à 269
  16. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Les Vendôme et les Condé », p. 166
  17. a, b, c et d Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Monsieur et Madame Dupin », p. 203 à 205
  18. Casimir Chevalier, Histoire abrégée de Chenonceau, Lyon, Éditions Alphonse Louis Perrin et Marinet,‎ mai 1879, 361 p. (lire en ligne), chap. XX (« La maison de Vendôme et le prince de Condé »), p. 282 à 283
  19. Son arrière petite-fille sera Aurore Dupin, plus connue sous le nom de George Sand.
  20. Francine Markovits, Montesquieu : Le droit et l'histoire, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèque des philosophies »,‎ 24 novembre 2008, 232 p. (ISBN 978-2-71162-155-2, lire en ligne), p. 131
  21. Antoine-Alexandre Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, vol. 2, Imprimerie Bibliographique (Paris),‎ 1806, 678 p. (lire en ligne), p. 136
  22. L'édition que Claude Dupin a détruit est celle des Réflexions sur l'esprit des lois. L'auteur publie en 1752, une nouvelle version plus modérée : Observations sur l'Esprit des lois, et cette critique n'a pas fait l'objet d'un sort identique.
  23. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Monsieur et Madame Dupin », p. 185
  24. a et b Jean Buon (préf. Michelle Perrot), Madame Dupin : Une féministe à Chenonceau au siècle des Lumières, Joué-lès-Tours, Éditions La Simarre,‎ 16 janvier 2014, 224 p. (ISBN 978-2-36536-027-2, présentation en ligne), « Après les belles années, les années sombres », p. 102 à 105
  25. a, b et c Archives municipales : État civil - registres paroissiaux. Mairie de Chenonceaux. 1 place de la Mairie 37150 Chenonceaux.
  26. Son nom et sa signature apparaissent dans les registres paroissiaux de Chenonceaux, à partir du mois de septembre 1787.
  27. Jean Buon (préf. Michelle Perrot), Madame Dupin : Une féministe à Chenonceau au siècle des Lumières, Joué-lès-Tours, Éditions La Simarre,‎ 16 janvier 2014, 224 p. (ISBN 978-2-36536-027-2, présentation en ligne), « Son fils Jacques-Armand, un enfant trop gâté », p. 87
  28. Chantal de la Véronne, Histoire du Blanc : des origines à la Révolution de 1789, t. VI, Poitiers, Éditions Mémoires de la société des antiquaires de l'Ouest (no 4),‎ 1962 (réimpr. 2012 aux Éditions Alice Lyner), 234 p., p. 40 à 42
  29. Lucienne Chaubin, Marie-Josèphe Duaux-Giraud et Chantal Delavau-Labrux, Le Blanc : vingt siècles d'histoire, Le Blanc, Éditions de l'Office municipal de la culture, des arts, des loisirs et Éditions Royer, coll. « Archives d'histoire locale »,‎ 1er janvier 1983, 206 p. (ISBN 2-9501444-0-3), « Les Dupin au Blanc », p. 171 à 173
  30. Francesca Lacour, Châteauroux, La Crèche, Geste Éditions, coll. « Petite histoire »,‎ 12 octobre 2012, 174 p. (ISBN 978-2-36746-010-9), « Une cité lainière », p. 57
  31. Le comte Antoine de Horn (1722-1767), contrairement à ce que beaucoup d'auteurs écrivent, n'est pas un fils naturel de Louis XV. Se reporter à l'ouvrage de Joseph Valynseele, Les Bâtards de Louis XV et leur descendance, en collaboration avec Christophe Brun, Éditions Perrin, 1991.
  32. L'année 1782, généralement admise, n'est pas correcte. Émile Aron de l'Académie de Touraine, mentionne le 11 septembre 1792, comme date d'emménagement définitif de Mme Dupin à Chenonceau. Consulter à ce propos le document PDF : « Bretonneau et sa légende ».
  33. Un certificat de résidence délivré à Madame Dupin, le 10 février 1793 par la commune de Bléré indique bien qu'elle réside à Chenonceau depuis le 11 septembre 1792.
  34. a et b Jean Buon (préf. Michelle Perrot), Madame Dupin : Une féministe à Chenonceau au siècle des Lumières, Joué-lès-Tours, Éditions La Simarre,‎ 16 janvier 2014, 224 p. (présentation en ligne), « La Révolution, la préservation de Chenonceau », p. 112
  35. Gaston de Villeneuve-Guibert, Le portefeuille de madame Dupin : Dame de Chenonceaux, Paris, Éditions Calmann-Lévy,‎ 20 janvier 1884, 606 p. (lire en ligne), « Madame Dupin », p. 33
  36. Suzanne, Madeleine Dupin de Francueil est la fille de Louis Dupin de Francueil et de Suzanne Bollioud de Saint-Jullien. Elle est l'épouse du neveu de Mme Dupin, Pierre Armand Vallet de Villeneuve.
  37. Casimir Chevalier, Histoire abrégée de Chenonceau, Lyon, Éditions Alphonse Louis Perrin et Marinet,‎ mai 1879, 361 p. (lire en ligne), chap. XXII (« Travaux et acquisitions des Dupin 1733-1788 »), p. 309
  38. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Monsieur et Madame Dupin », p. 195
  39. Archives du château de Chenonceau : décès de Louise de Fontaine-Dupin, registre no 91, pièce no 1 bis.
  40. Jean Buon (préf. Michelle Perrot), Madame Dupin : Une féministe à Chenonceau au siècle des Lumières, Joué-lès-Tours, Éditions La Simarre,‎ 16 janvier 2014, 224 p. (ISBN 978-2-36536-027-2, présentation en ligne), « Épilogue », p. 119
  41. Pour l'écrivain Jean des Cars, le tombeau de Louise Dupin serait un cénotaphe. Consulter l'ouvrage de Jean des Cars, La véritable histoire des châteaux de la Loire, Éditions Plon,‎ 22 octobre 2009, 330 p. (ISBN 978-2-25920-901-4)
  42. Michel Laurencin (ill. Georges Pons), Dictionnaire biographique de Touraine, Chambray-lès-Tours, Éditions C.L.D.,‎ 1990, 632 p. (ISBN 978-2-85443-210-7, notice BnF no FRBNF35287344), « Pierre-Fidèle Bretonneau », p. 126 (Madame Dupin et Marie-Thérèse Adam)
  43. Marie-Thérèse Adam décède à Chenonceaux, le 13 janvier 1836.
    Source - Archives municipales : État civil - acte de décès - Mairie de Chenonceaux. 1 place de la Mairie 37150 Chenonceaux.
    Marie-Thérèse Adam est née à Paris, le 13 novembre 1755. L'année 1753 avancée par des ouvrages, est erronée. Source - Archives de Paris : État civil - acte de naissance reconstitué - Archives de Paris 18 boulevard Sérurier 75019 Paris
  44. a, b, c, d et e Albert Maumené, La vie à la campagne,‎ 15 décembre 1901, « Le château de Chenonceau », p. 355 à 361.
  45. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Madame Pelouze », p. 226, 228, 229 et 232
  46. Michel Guerrin, « Photo - Découverte de chefs d'œuvre du XIXe siècle : identification d'une collection », Le Monde,‎ 21 avril 1994, p. XII
    Après deux ans de recherches, en 1994 des chefs-d'œuvre de la photographie du XIXe siècle sont mis à jour au Musée des Monuments Français par l'historienne d'art Anne de Mondenard. Les photographies du château de Chenonceau en 1851 par Gustave Le Gray sont retrouvées à ce moment-là.
  47. Le mariage a lieu à Paris le 3 décembre 1857 dans le 10e arrondissement ancien. Source : Archives de Paris : État civil - Acte de mariage reconstitué. Cote du document : V3E/M791. Archives de Paris 18 boulevard Sérurier 75019 Paris.
  48. Trois enfants sont nés du mariage de l'ingénieur, industriel et collectionneur Daniel Wilson (1789-1849) et son épouse Antoinette-Henriette Casenave : Marguerite le 24 mai 1836, Marie-Anne le 23 juillet 1838 et Daniel, le 6 mars 1840.
  49. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Madame Pelouze », p. 231
  50. Ces boiseries seront de nouveau démontées et permettront la réalisation de la chambre de Louise de Lorraine, reconstituée sur la façade ouest du château.
  51. Jean Guillaume, Chenonceau, vol. 37 : Hors-série, Paris, Connaissance des arts,‎ avril-juin 1993, 68 p. (ISSN 0293-9274), p. 31
  52. La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 41, 23 novembre 2012, p. 196.
  53. Voir sur le site du Ministère de la culture et de la communication : Charles Toché (1851-1916)
  54. a et b Paul Morand, Journal d'un attaché d'ambassade, 1916-1917, Éditions Gallimard, coll. « Blanche »,‎ 13 juin 1996 (1re éd. 1963), 468 p. (ISBN 978-2-07074-162-5), p. 17 à 18.
  55. Le Petit Parisien, « Les tribunaux : Le château de Chenonceaux », Le Petit Parisien, no 4453,‎ 6 janvier 1889, p. 4 (lire en ligne)
  56. Mention marginale dans l'acte de naissance du comte de Castellane. État civil - acte no 29 en date du 15 octobre 1875, commune de Juigné-sur-Sarthe.
  57. Correspondance d'Henri Menier à son épouse Hélène Thyra Seillière, consulter : La famille Menier et Chenonceau
  58. Biographie d'Hélène Thyra Seillière (1880-1973) femme de lettres, consulter :
    Rencontre avec Henri Menier
    Dictionnaire des auteurs luxembourgeois
  59. a et b Pascal Landré, « 1914 : et Chenonceau devint un hôpital militaire », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Tours,‎ 19 juillet 2014 (lire en ligne)
  60. Lire l'article : Jacques Menier, aviateur de guerre
  61. Olivier Pouvreau, « Ces tableaux de la guerre rendus à leurs propriétaires », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 15 février 2013 (lire en ligne).
    Article relatif à la restitution par l'État français d'un tableau de Franz Karl Palcko conservé au Musée des Beaux-Arts de Tours au petit-fils du collectionneur autrichien Richard Neumann.
  62. Connaissance des arts, Chenonceau, vol. 37 : Hors-série, Paris, Société française de promotion artistique,‎ avril-juin 1993, 68 p. (ISSN 0293-9274), p. 51 à 52
  63. Stéphanie Leclair De Marco, « Laure Menier », Valeurs actuelles,‎ 23 septembre 2008 (lire en ligne)
  64. Isabelle Rivère, Élisabeth II : dans l'intimité du règne, Paris, Éditions Fayard,‎ 16 mai 2012, 358 p. (ISBN 978-2-21363-687-0)
  65. a et b Ivan Roullet, « Le chantier du siècle est terminé à Chenonceau », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 7 mars 2012 (lire en ligne)
  66. Jonathan Perrin, « Expo : Rousseau heureux à Chenonceau », Histoire pour tous,‎ 7 juin 2012 (lire en ligne)
  67. Ivan Roullet, « Élisabeth Badinter à Chenonceau pour une rose », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 15 juin 2012 (lire en ligne)
  68. La Nouvelle République du Centre-Ouest, « Patrick de Carolis à Chenonceau », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 13 avril 2013 (lire en ligne)
    Pascal Landré, « Quand Patrick de Carolis se promène en Touraine », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ 12 juin 2013 (lire en ligne)
  69. Château de Chenonceau : site officiel
  70. La Nouvelle République du Centre-Ouest, « L'accueil au château du touraine-chenonceaux », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Tours,‎ 6 juillet 2014 (lire en ligne)
  71. La Nouvelle République du Centre-Ouest, « Dégustation sous les étoiles à Chenonceau », La Nouvelle République du Centre-Ouest, Tours,‎ 15 juillet 2014 (lire en ligne)
  72. Ch. L., « Château de Chenonceau : la guerre 14-18 revisitée », France 3 Centre,‎ 22 juillet 2014 (lire en ligne)
  73. a et b Casimir Chevalier, Histoire abrégée de Chenonceau, Lyon, Éditions Alphonse Louis Perrin et Marinet,‎ mai 1879, 361 p. (lire en ligne), « L'exil à Chenonceau », p. 264
  74. Se reporter au chapitre : La chapelle.
  75. a, b, c, d et e Documentaire : Chenonceau. Un film réalisé par Jacques Vichet et produit par Blue Bird productions à Paris. Format : DVD, produit par LCJ Éditions. Collection Les plus beaux châteaux de France. Date de sortie : 15 novembre 2013. Durée : 52 minutes. Commentaires d'Olivier Farines et voix de Michel Roy. Principaux intervenants : Élisabeth Reynaud (écrivain), Arnaud de Saint-Jouan (responsable des bâtiments de France), Marc Philippe (restaurateur), Pascal Genisson (chef d'hôte au château de Chenonceau).
  76. Le film de Jacques Vichet avance l'hypothèse que cette pièce est une seconde chapelle. Le fait d'invoquer sa superposition par rapport à celle du château est sous-entendue que cette salle se situe au second étage du logis renaissance. Détail intéressant, l'historien Casimir Chevalier en 1879, dans son ouvrage Histoire abrégée de Chenonceau, page 264, mentionne : « une chapelle au-dessus de la voûte de la chapelle du château ».
  77. Lire à ce propos l'article du site de l'Amie du vieux Bruyères : « Le monogramme « AM » ».
  78. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., chap. IX (« La duchesse de Mercœur »), p. 156 à 157
  79. Sonia Lesot et Henri Gaud, Chenonceau : Des jardins de la Renaissance, Gaud,‎ 13 mai 2005, 166 p. (ISBN 978-2-84080-120-7), p. 102
  80. Atelier également auteur de la reproduction du pavement Renaissance de la chapelle Sainte-Croix de la Cathédrale Saint-Mammès de Langres
  81. Thierry Crépin-Leblond, Images du pouvoir : Pavements de faïence en France du XIIIe siècle au XVIIe siècle, Paris, Éditions de la Réunion des Musées Nationaux,‎ 23 juin 2000, 199 p. (ISBN 978-2-71184-047-2, présentation en ligne)
  82. Sophie Guillot de Suduiraut, Poteries décoratives à Tours au XIXe siècle, catalogue de l'exposition "La céramique dans la région Centre de l'époque gallo-romaine au XXe siècle, octobre 1980 à décembre 1982, p. 113.
  83. Robert Ranjard, Le secret de Chenonceau, Tours, Éditions Gibert-Clarey,‎ 8 juin 1976 (1re éd. 1950), 256 p., « Le château des Bohier », p. 45
  84. Original au musée des Beaux-arts de Lyon, aucun tableau de Jean Jouvenet localisé à Chenonceau n'est cité par Antoine Schnapper dans le catalogue raisonné de Jean Jouvenet.
  85. L'original, connu sous le nom de La Madone Borghèse (Galerie Borghèse); l'œuvre conservée à Chenonceau est listée par John Shearman comme la douzième copie sur treize connues (cf. Andrea del Sarto, Oxford, 1965, vol. II, no 45, p. 235).
  86. En fait, sans doute, de Claude Deruet.
  87. Voir le chapitre sur le site de Chenonceau : « Programmation culturelle et artistique »
  88. Archives Départementales d'Indre-et-Loire : « Le séjour de Jean-Jacques Rousseau au château de Chenonceau »
  89. Sur Catherine de Médicis, Édition dite du Furne, vol.15 des Études philosophiques, p. 477, 479, 480, 498, 500, 530 et passim jusqu'à 580
  90. Marguerite Yourcenar, lettres des 2 et 19 novembre 1961 à Hans Paeschke (Tome III de sa Correspondance 1961-1963 - Gallimard, 2011, p. 129, 130 et 141).
  91. Cette œuvre est exposée en vente publique à Marseille le 30 mars 2012.
    La Gazette de l'Hôtel Drouot, « Albert Marquet », La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 12,‎ 23 mars 2012, p. 176
  92. Maisons de Campagne, « 100% fêtes pour un Noël enchanteur », Maisons de Campagne, no 79,‎ novembre-décembre 2012, p. 24 et 105
  93. 2014 : Jean Buon est un ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm à Paris et professeur honoraire de physique à la faculté des sciences d'Orsay. Le mercredi 26 juin 2013, Jean Buon tient une conférence à Tours, organisée par la Société archéologique de Touraine, sur le thème : « Madame Dupin, la Dame de Chenonceau : après les belles années, les années sombres ».
  94. Se reporter à la base « Joconde » du ministère de la Culture, juillet 2009
  95. Venises (Gallimard, 1971, p. 44 et 45), Journal d'un attaché d'ambassade, 1916-1917 (idem. 1963, p. 17 et 18) et E.Bénézit, Dictionnaire des peintres, etc. Grund, 1955, p. 328
  96. Ce tableau est en vente aux enchères publiques à Paris, le 7 juin 2013 (voir la reproduction en couleur dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 21 du 31 mai 2013, page 102.