Saint-pourçain (AOC)

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Centre
Désignation(s) Centre
Appellation(s) principale(s) saint-pourçain
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 28 mai 2009
Pays Drapeau de la France France
Région parente vallée de la Loire
Sous-région(s) Bourbonnais
Localisation Allier
Climat tempéré océanique dégradé sous influence continentale
Sol sable et gravier, argilo-calcaire et granitique
Superficie totale 800 ha
Superficie plantée 640 hectares
Nombre de domaines viticoles 1 cave coopérative
17 caves indépendantes
Cépages dominants gamay N, pinot noir N, chardonnay B, sacy B et sauvignon B
Vins produits rouges, rosés et blancs
Production 30 000 hl
Pieds à l'hectare minimum 4 000 pieds par ha
Rendement moyen à l'hectare 55 à 66 hl/ha[1]

Le saint-pourçain[2] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Saint-Pourçain-sur-Sioule, dans le département de l'Allier. On rattache son aire de production au vignoble de la vallée de la Loire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

On estime l'existence de ce vignoble bien antérieure à la présence de César en Gaule[réf. nécessaire].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

On retrouve dans un texte bachique du Moyen Âge, découvert par Achille Jubinal (Nouveau recueil de contes, dits, fabliaux et autres pièces inédites des XIIIe, XIVe et XVe siècles) dans un poème intitulé La Desputoison du Vin et de l'eau, une référence aux vins de Saint-Pourçain, qui indique :

« Por ce nommés sui Saint-Porçain
Car je sui saint, bon, cler et sain. »

Le vin de Saint-Pourçain était servi à la table des rois de France Capétiens dès le XIIIe siècle ainsi qu'à la cour des papes à Avignon (une cour qui en consommait de 60 à 120 hectolitres par an). Il fut servi lors des fêtes données par le roi Saint Louis à Saumur en 1241 lorsque Alphonse de Poitiers fut armé chevalier et investi des comtés d'Auvergne et du Poitou. Lors du sacre de Philippe de Valois en 1328, les habitants de Reims eurent droit à un festin arrosé de saint-pourçain. Les qualités de ce vignoble sont vantées par l'évêque de Paris Guillaume d'Auvergne au XIIIe siècle. Sous Philippe Auguste le poète Henri d'Andelys dans son histoire la bataille des vins énumère les plus grands vins blancs de l'époque et place en troisième position le saint-pourçain après les vins de Beaune et de Saint-Émilion. Les ducs de Bourbon et comtes de Forez appréciaient bien évidemment ce vin, noble produit des terres de leur duché et comté.
Il était transporté à Paris par bateaux (gabarres) qui remontaient l'Allier puis la Loire des ports de la Chaise (commune de Monétay-sur-Allier) et de Chatel-de-Neuvre. Arrivés à Briare ou Gien, après un court charroi, la marchandise suivait alors les cours du Loing puis ceux de la Seine pour être déchargée sur la place de Grève de la Capitale. On démontait alors les bateaux pour réutiliser le bois pour le chauffage. Pour rejoindre Avignon, on acheminait les tonneaux par charroi jusqu'à Chalon-sur-Saône puis par bateaux en suivant la Saône et le Rhône.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Le géographe du roi Charles IX, Nicolas de Nicolay fait l'éloge de ce vin dans son ouvrage Description générale du Bourbonnais en 1569 ou Histoire de cette province en citant notamment les coteaux de la Chaise (commune de Monétay-sur-Allier) comme la terre où sont produits les meilleurs vins blancs de la région. Il parle du grand vignoble Saint Pourcinois mais aussi des vins de Verneuil, de Louchy et de La Chaise ce qui tenterait à prouver qu'ils existaient à cette époque des vignobles distincts. Cela est confirmé dans l'ouvrage la France pittoresque de 1835 d'Abel Hugo lorsqu'il mentionne et cette fois-ci au XIXe siècle les vins de Chantelle, d'Herisson, de Souvigny et de Segange près de Moulins. On réalise alors à quel point la culture de la vigne était étendue dans le département.

La présence de l'Allier facilite grandement le développement du vignoble permettant à la production d'être acheminée et vendue en grande quantité à Paris. Au XVIIIe siècle les départs de bateaux des ports de la Chaise de Monétay-sur-Allier, Châtel-de-Neuvre et Moulins vers la capitale sont quotidiens. La construction du canal de Briare a rendu plus rapide le trajet. Le vignoble atteint à la fin de ce siècle plus de 8 000 hectares. Mais c'est aussi à cette époque que les meilleurs crus du vignoble saint-pourcinois vont être concurrencés par ceux de Bourgogne (même si François Ier et Louis XIV en leur temps appréciaient déjà beaucoup les bons vins de Beaune). On reproche alors aux vins rouges ordinaires d'être teints (la fleur de sureau était utilisée à cet effet par certains vignerons), de manquer de consistance et de corps et d'être trop chers. Parfois on soupçonne même des additions d'eau (les bateliers durant le transport remplaçant ainsi discrètement ce qu'ils avaient illégalement consommé). (Pierre Mondanel in l'Ancienne batellerie de l'Allier et de la Dore, 2001)

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1852 le canton de Saint-Pourçain possédait un vignoble de 1 152 hectares. Mais la vigne s'étendait bien au delà de ce canton, jusqu'à Moulins et Souvigny au nord, Chantelle et Herisson à l'est, culture dans ces cantons aujourd'hui disparue depuis la crise du phylloxera. Dans la seconde partie du XIXe siècle et jusqu'au début du XXe siècle, le vin de Saint-Pourçain va connaître des moments difficiles en raison de la concurrence des autres vignobles de Bourgogne et de Bordeaux avec l'arrivée du chemin de fer. Dorénavant ces vins sont vendus eux aussi dans la capitale. Arrive ensuite la crise du phylloxera. Le domaine viticole diminue. Les vignerons diversifient leur production et parfois leurs activités pour maintenir leur niveau de vie. Rares sont ceux qui vont pouvoir continuer exclusivement à produire seulement du vin. Les parcelles victimes du phylloxera souvent ne sont pas replantées.

Vendange à Saint-Pourçain, au début du XXe siècle

La production chute. Les riches familles viticoles voient leur capital décliner rapidement et celles qui dominaient parfois des villages entiers ne s'en remettront pas. On peut encore prendre conscience de cette richesse en observant l'habitat viticole très présent dans les villages de la région et notamment la traditionnelle maison de vigneron dont la taille, l'utilisation des matériaux (pierre de taille et briques polychromes en frise), la toiture à quatre pans et la cave, sont autant de signes de la richesse de l'activité depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle.

Depuis son classement AOVDQS par le décret du 20 décembre 1951 (modifié par celui du 23 mai 2000), des efforts ont été menés par les viticulteurs pour améliorer l'encépagement et moderniser les méthodes de culture et de vinification.

Aujourd'hui le vignoble de Saint-Pourçain s'étend sur 640 hectares et 19 communes et sa production est classée en appellation d'origine contrôlée AOC depuis le 28 mai 2009. Le comité National Vin de l'INAO a validé le cahier des charges, et par conséquent a attribué l'AOC au saint-pourçain.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Il s'étend au sud de Moulins sur la rive gauche de l'Allier.

Vignobles de la vallée de la Loire

Orographie[modifier | modifier le code]

Altitude : 250 à 400 mètres. Orientation : sud-est.

Géologie[modifier | modifier le code]

Trois types de sols composent le vignoble : sable et gravier, argilo-calcaire et granitique[3].

Climatologie[modifier | modifier le code]

Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Le vignoble s'étend sur dix-neuf communes de l'Allier, de part et d'autre de Saint-Pourçain-sur-Sioule.

Besson, Bransat, Bresnay, Cesset, Chantelle, Chareil-Cintrat, Châtel-de-Neuvre, Chemilly, Contigny, Deneuille-lès-Chantelle, Fleuriel, Fourilles, Louchy-Montfand, Meillard, Monétay-sur-Allier, Montord, Saulcet et Verneuil-en-Bourbonnais.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Les vins blancs sont issus principalement du chardonnay B, complété par du tressalier, une variété indigène du sacy B cultivée uniquement à Saint-Pourçain, et accessoirement par du sauvignon B. Les vins rouges sont issus des cépages gamay N et pinot noir N.

Méthodes culturales et réglementation[modifier | modifier le code]

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

La route des vins permet d'aller à la rencontre des viticulteurs, qu'ils soient vignerons indépendants ou regroupés au sein de l'Union des vignerons.

Il y a dix-huit caves indépendantes. La coopérative, l'Union des Vignerons, regroupent 130 viticulteurs et vinifie près des deux tiers des vins de Saint-Pourçain.

Type de vins et gastronomie[modifier | modifier le code]

Les vins blancs sont issus du chardonnay (50 % minimum) et du tressalier (20 % minimum à 40 % maximum). L'ensemble de ces deux cépages doit représenter au moins 90 % de l'encépagement. Le sauvignon peut être utilisé comme cépage accessoire. Ces vins présentent une couleur jaune paille. Ils sont secs, vif, assez tendre. Ils ont une bonne tenue en bouteille.

Les vins rouges sont issus du gamay (40 % minimum) et du pinot noir (25 % minimum). L'assemblage de ces deux cépages est obligatoire. Ces vins présentent une belle robe rubis, et sont assez légers. Ils sont fins, pleins en bouche, avec des arômes de fruits secs. Ils ont une bonne tenue en bouteille (jusqu'à 5 ans).

Les vins rosés sont issus exclusivement du gamay. Ils sont secs, et assez fins.

Commercialisation[modifier | modifier le code]

La production annuelle est de 7 400 hl pour les blancs, 5 000 hl pour les rosés, et de 18 700 hl pour les rouges. Depuis 1987, l'Union des vignerons réalise un vin rouge primeur vendu dans une bouteille décorée par un dessinateur (le premier fut Piem) qui a pris pour nom « La Ficelle ». Actuellement, un blanc primeur est également dégusté à cette occasion.

Patrimoine viticole[modifier | modifier le code]

La conservation du patrimoine et des traditions du vignoble est assurée par le Musée de la Vigne et du Terroir, situé dans la maison du bailli à Saint-Pourçain, et, en ce qui concerne les anciens cépages et leur culture, par le Conservatoire de la vigne et du vin, à Chareil-Cintrat, près du château de Chareil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret du 20 octobre 2009
  2. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine
  3. Guide Vert Solar : Vins de France. (Page n°239 sur Saint pourçain)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Blin, Christophe Prouteau et Jean-Marie Durivault, Pays de la Loire, des côtes du Forez au pays Nantais, Collection Guide des vins Gilbert et Gaillard, Éditions Solar, Paris, 1991 (ISBN 226301747X)
  • Michel Mastrojanni : Les Vins de France (guide vert solar). Éditions Solar, Paris 1992 - 1994 - 1998, (ISBN 2-263-02796-3)
  • Pierre Citerne, Antoine Paillet, Le Saint-Pourçain, patrimoine du vin, Nouvelles Édtions Loubatières, Portet-sur-Garonne,‎ 2013 (ISBN 978-2-86266-691-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]