Ordre de la Visitation

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L’ordre de la Visitation Sainte-Marie est l’ordre religieux des visitandines. Celui-ci fut fondé en 1618 par saint François de Sales et sainte Jeanne de Chantal à Annecy.

Histoire[modifier | modifier le code]

  •  : Après une année de noviciat sous la conduite de François de Sales, les quatre femmes de cette petite communauté font profession de foi.
  •  : La Communauté quitte la « maison de la Galerie » devenue trop petite pour accueillir plus de 14 personnes (sœurs, pauvres et malades). Jeanne de Chantal décide d'acquérir la maison Nycollin, proche et située entre le couvent et le Thiou. Cependant très vite l'affluence des vocations conduit Jeanne de Chantal à chercher à ouvrir un deuxième couvent ; elle tente en vain de racheter la « maison de la Galerie ». Cependant, les sœurs réussiront à la racheter en 1657.
  • À compter du , les sœurs visitent les malades de la ville. Cette présence de religieuses dans les rues et taudis de la ville (« dans le monde ») est mal vue par les autorités ecclésiastiques en pleine contre-Réforme. Cette orientation apostolique sera abandonnée en 1615 et la clôture progressivement imposée.
  • François de Sales ne parvient pas à surmonter les objections de Denis-Simon de Marquemont, cardinal archevêque de Lyon et accepte bien malgré lui la stricte clôture papale pour ses religieuses, sa vision ayant été : « Une simple congrégation de femmes sans vœux perpétuels, non cloîtrées, actives, ouvertes à toutes les personnes, infirmes, voire malades ; afin de s’occuper à l’extérieur des pauvres, des malades et des indigents. La rigueur de cet institut impliquerait une vie spirituelle développée, avec pour corollaires l’obéissance, la complaisance mutuelle, la douceur, le respect des règles fondées sur l’humilité, la chasteté, la pauvreté. »
  • De 1615 à 1616, il rédige donc les Constitutions de l’Ordre et fait de la Visitation un Ordre cloîtré. Ces constitutions seront approuvées par bulle papale d’Urbain VII le .
  • 1615 : Fondation du Second monastère de l’Ordre à Lyon. Dès lors, Jeanne de Chantal est appelée supérieure et fondatrice partout en France, elle est élue supérieure douze fois dans neuf communautés. Elle visite et entretient des relations épistolaires avec le plus grand nombre de monastères.
  • 1624 : Les premières Mères commencent la rédaction du Coutumier qui sera imprimé à la fin de l’année.
  • De 1626 à 1627, elle met en forme et rédige ses réponses qui seront imprimées en 1628 avec ordre formel qu’elles ne sortent jamais des monastères.
  •  : La question d’une supérieure générale est soumise aux évêques de France. Réunis au Parloir du Premier de Paris, ils se rangent derrière la volonté de saint François de Sales pour l’autonomie des monastères.
  • En 1636, à Annecy, un deuxième monastère, Saint-Joseph, est créé place aux Bois. D'autre biens sont achetés dans les alentours de la maison Nycollin, avec comme ambition de constituer un véritable grand monastère.
  • En 1657, les sœurs réussissent à racheter la « maison de la Galerie » qui deviendra un lieu de retraite avant d'accueillir un pensionnat de jeunes filles jusqu'à la Révolution française.
  • En août 1792, l’ordre de la Visitation, comme tous les ordres religieux, est interdit en France. Les 129 communautés françaises sont dispersées en 1793. Les sœurs tentent alors de s'enfuir vers l'Italie en emportant avec elles les reliques de François de Sales et de Jeanne de Chantal mais sont rattrapées à une quinzaine de kilomètres à Duingt. Elles sont autorisées à continuer leur voyage, mais les reliques sont confisquées et rapportées à Annecy.
  • Le , quatre sœurs sont de retour à Annecy et s'installent dans la « maison Recordon », rue Saint-Claire, dans l'ancien hôtel Bagnoréa, en attendant la construction du nouveau monastère, sur un terrain situé entre les actuelles rues Royale, de la Poste, Vaugelas et de la Gare. Après 4 années de travaux les sœurs peuvent s'installer dans leur nouveau monastère. Mais construit à la hâte et à l'économie, il devra subir de nombreux travaux qui dureront jusqu'en août 1878[3].

L'Ordre, qui a connu 356 fondations, compte aujourd'hui 155 monastères actifs. On peut estimer à 80 000 le nombre des visitandines au cours des siècles dont 3 000 actuellement vivant en prière. À Annecy, la communauté regroupe une quinzaine de sœurs cloîtrées qui vivent de la fabrication d'hosties, de la réalisation de broderies et de recettes.

Spiritualité - Spécificités[modifier | modifier le code]

L'ordre voulu par François de Sales, apôtre du Sacré-Cœur et de la douceur, accueille toutes les femmes quelle que soit leur condition. Contrairement aux autres ordres en expansion au début du XVIIe siècle, les femmes âgées, les veuves, les malades et les handicapées peuvent être acceptées. La règle n'impose aucune contrainte aux femmes de plus faible complexion.

Autre spécificité voulue par saint François de Sales qui, comprenant l'influence que les évêques pouvaient avoir sur les communautés religieuses, souhaite que chaque monastère soit autonome et libre de ses décisions face à l'évêque du lieu qui assiste par contre aux grandes décisions de la communauté dont l'élection de la supérieure pour 3 ans.

Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), visitandine à Paray-le-Monial, fut la propagatrice avec saint Claude de la Colombière du culte au Sacré-Cœur de Jésus.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les visitandines portent un écu « d'or, au cœur de gueules, percé de deux flèches d'or empennées d'argent, passées en sautoir au travers du cœur, chargé d'un nom de Jésus et de Marie d'or (IHS et MA superposés), enfermé d'une couronne d'épines de sinople, les épines ensanglantées de gueules, une croix de sable fichée dans l'oreille du cœur[4]. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Picaud et Jean Foisselon, Au cœur de la Visitation : Trésors de la vie monastique en Europe. 400e anniversaire de l'ordre, Paris, Somogy Éditions d'Art,‎ 2010, 300 ill., 288 p. (ISBN 9782757203613)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce premier couvent fut détruit au XIXe siècle pour céder la place à l'hôpital.
  2. L'évêque de Genève, chassé de Genève, devenue la « Rome des protestants », avait alors choisi de s'installer à Annecy.
  3. L'Essor savoyard du 13 mai 2009, page 8
  4. Le 16 juin 1611, saint François de Sales écrivait à sainte Jeanne de Chantal : « Dieu m'a donné cette nuit la pensée que notre maison de la Visitation est; par sa grâce, assez noble et assez considérable pour avoir ses armes, son blason, sa devise et son cri d'armes. J'ai donc pensé qu'il nous faut prendre pour armes un cœur unique, percé de deux flèches, enfermé dans une couronne d'épines, ce pauvre cœur servant dans l'enclavure à une croix qui le surmontera, et sera gravé des sacrés noms de Jésus et de Marie. »