Allier (rivière)

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Allier
Image illustrative de l'article Allier (rivière)
Image illustrative de l'article Allier (rivière)
Caractéristiques
Longueur 425 km
Bassin 14 310 km2
Bassin collecteur Bassin de la Loire
Débit moyen 147 m3/s (Cuffy)
Régime pluvial
Cours
Source Moure de la Gardille, Margeride
· Localisation Chasseradès, France
· Altitude 1 485 m
· Coordonnées 44° 35′ 23″ N 3° 48′ 04″ E / 44.5897, 3.8011 (Source - Allier)  
Confluence Loire
· Localisation Bec d'Allier, Cuffy/Gimouille, France
· Altitude 167 m
· Coordonnées 46° 57′ 38″ N 3° 04′ 42″ E / 46.9606, 3.0783 (Confluence - Allier)  
Géographie
Principaux affluents
· Rive gauche Chapeauroux, Alagnon, Morge, Sioule
· Rive droite Dore, Senouire
Pays traversés Drapeau de la France France
L'Allier près de Pont-du-Château dans le Puy-de-Dôme
L'Allier entre les villages de Saint-Ilpize et Villeneuve-d'Allier Haute-Loire
Le bassin de l'Allier constitue le cœur de la région d'Auvergne
Allier avec le pont canal du Guétin
Pont sur l'Allier à Brioude

L'Allier (Alèir en occitan) est une rivière du centre de la France et un affluent de la Loire. Sa forme ancienne est Elaver chez César au Ier siècle avant J.C., Elaris au Ve siècle, Elarius au IXe siècle. D'une base hydronymique *El- avec suffixes -av-er.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Elle prend sa source dans la Margeride à Chasseradès sur le Moure de la Gardille (1 503 m), en Lozère, et se jette dans la Loire au bec d’Allier, près de Nevers à la limite entre le Cher et la Nièvre dans les villes de Marzy, Cuffy et Gimouille. Elle reste l’une des dernières rivières encore sauvages d'Europe et recèle une faune unique (notamment les oiseaux). Le qualificatif "sauvage" signifie que la rivière est assez libre de faire des méandres ou de s'étaler largement en surface selon son débit; par opposition, les rivières dites non-sauvages sont largement "corsetées" et contenues artificiellement dans un chenal qui les contraint à enfoncer leur lit verticalement pour créer des méandres indispensables à la régulation du débit. Cet enfoncement fait disparaître les zones humides en bordure des rivières. L'Allier est au contraire riche de zones humides cotières de faibles profondeur, de bras morts à certaines époques de l'année, de gravières, etc., permettant le développement naturel d'une faune et d'une flore riches.

Départements et principales villes traversés[modifier | modifier le code]

Principaux affluents et sous-affluents[modifier | modifier le code]

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le régime hydrologique de l'Allier est un régime pluvial soumis au climat océanique. On observe classiquement un maximum en février (245 m3⋅s-1 en moyenne mensuelle) et un minimum en août (environ 50 m3⋅s-1). À l'étiage, le débit peut descendre sous les 20 m3⋅s-1 et dépasser 2 000 m3⋅s-1 en crue. Les crues se forment lors des longs épisodes pluvieux s'étalant généralement de novembre à avril et provenant le plus souvent de l’océan Atlantique.

Débits[modifier | modifier le code]

Le débit de l'Allier a été observé sur une période de 54 ans (1955-2008), à Cuffy, localité du département du Cher, située au confluent avec la Loire[1]. À cet endroit, le bassin versant de la rivière est de 14 310 km2, soit sa totalité.

Le module de la rivière à Cuffy est de 147  m3/s.

L'Allier présente des fluctuations saisonnières de débit moyennes, avec des hautes eaux d'hiver-printemps portant le débit mensuel moyen entre 187 et 241  m3/s, de décembre à mai inclus (maximum en février), et des basses eaux d'été de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de 48 m3 au mois d'août, niveau encore appréciable, il est vrai. Mais ces moyennes mensuelles cachent des oscillations périodiques plus importantes.

Débit moyen mensuel (en m3/s)
Station hydrologique : Cuffy
(1955 - 2008)

Source : Banque Hydro - Station K3650810

Le VCN3 peut chuter jusque 15 m3, en cas de période quinquennale sèche. La valeur journalière maximale a été de 1 510  m3/s le 18 décembre 1981. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 670 et 940 m3.

Le QIX 10 est de 1 100  m3/s et le QIX 20 de 1 300 m3. Quant au QIX 50, il est de 1 500 m3, soit la moitié seulement de celui de la Vienne à Nouâtre.

La lame d'eau écoulée dans le bassin de l'Allier est de 326 millimètres annuellement, ce qui est relativement égal à la moyenne d'ensemble de la France, ainsi d'ailleurs qu'à celle du bassin versant de la Vienne (319 millimètres). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à 10,3 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Crues historiques[modifier | modifier le code]

La dernière crue « importante » de l’Allier intervenue en 2003 était une crue de fréquence trentennale : un débit de 970 m3⋅s-1 avait été enregistré à Vieille-Brioude. La crue de référence pour la rivière Allier est la crue centennale de 1866 avec 2 500 m3⋅s-1 à Vieille-Brioude.

Débit de la Loire au confluent[modifier | modifier le code]

L'Allier à Vichy en amont du barrage. La ville de Vichy est à gauche

À l’amont immédiat de la confluence avec la Loire, à Nevers, quelques kilomètres en amont du Bec d’Allier, la Loire possède un débit moyen supérieur (170  m3/s) pour un bassin versant un peu plus grand (17 600 km2).

On ne possède pas encore de données détaillées en amont du confluent entre les deux puissants cours d'eau. Une nouvelle station opère depuis l'année 2000 à Imphy à une dizaine de kilomètres en amont de Nevers, mais la durée des observations y est insuffisante et aucune donnée fiable n'a été publiée à ce jour (mai 2007). Par contre, une station hydrométrique fonctionne depuis 1967 à Givry, dans la commune de Cours-les-Barres face à Fourchambault et offre une synthèse complète de tous les débits du fleuve après son confluent du Bec d'Allier[2].

Le Bec d'allier à Cuffy : confluence de l'Allier et de la Loire

Le module du fleuve y est de 320  m3/s pour un bassin versant de 32 610 km2.

Les fluctuations saisonnières de débit sont fort semblables à celles relevées sur l'Allier, avec des hautes eaux d'hiver-printemps qui font monter le débit mensuel moyen à une fourchette située entre 410 et 569  m3/s, de décembre à mai inclus (maximum en février), et des basses eaux d'été de juillet à septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de 96,7 m3 au mois d'août.

Le VCN3 du fleuve peut chuter jusque 40 m3, en cas de période quinquennale sèche.

D'autre part, la valeur maximale instantanée du débit a été de 3 400  m3/s le 6 décembre 2003, tandis que le débit journalier maximal était de 3 290 le même jour. Le QIX 10 est de 2 900  m3/s. Le QIX 20 est de 3 300, tandis que le QIX 50 passe à 3 900 m3, soit plus de deux fois le débit du Rhône à Arles.

La lame d'eau écoulée dans le bassin du fleuve à Cours-les-Barres de 310 millimètres annuellement et le débit spécifique (ou Qsp) se monte de ce fait à 9,8 litres par seconde et par kilomètre carré de bassin.

Faune[modifier | modifier le code]

Ombres au soleil

Ragondins et castors sont, entre autres, des espèces que l’on peut observer sur l’Allier. Quant au peuplement piscicole, il est particulièrement varié (truites, ombres, brochets, …). Néanmoins, la présence de très nombreux barrages sur la Loire, a entraîné la quasi disparition du saumon d’Allier (salmon salar), par absence ou inadaptation des échelles à poissons, baisse du débit et envasement des frayères, baisse du taux d’oxygène dissous, augmentation de la température moyenne, braconnage, etc. Heureusement, des efforts bénévoles nombreux tentent depuis des années la réintroduction de ce poisson mythique, à l’origine d'une tradition culturelle millénaire.

Le Conservatoire national du Saumon Sauvage installé à Chanteuge en Haute-Loire participe depuis de nombreuses années à la reproduction artificielle du saumon afin de relâcher des jeunes dans l'Allier et la Loire et fournir les fermes à saumons en Europe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Banque Hydro - Station K3650810 - L'Allier à Cuffy (Synthèse) (ne pas cocher la case « Station en service »)
  2. Banque Hydro - Station K4000010 - La Loire à Cours-les-Barres (Synthèse) (ne pas cocher la case « Station en service »)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Delaveau, Franchir l'Allier : à la découverte de 130 ponts, Éditions de la Montmarie,‎ 2009 (ISBN 978-2-915841-38-1).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]