Charles III de Bourbon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Connétable de Bourbon.
Charles III de Bourbon
Charles III de Bourbon, gravure de Thomas de Leu
Charles III de Bourbon, gravure de Thomas de Leu
Titre
Comte de Montpensier, Dauphin d'Auvergne, Comte de Clermont, Comte de Sancerre, seigneur de Mercœur, seigneur de Combraille.
14961523
Prédécesseur Gilbert de Montpensier
Successeur Domaine royal
(saisie pour lèse-majesté).
Duc de Bourbon, Duc d'Auvergne, Comte de Clermont, Comte de la Marche, Comte de Forez, prince de Dombes, et Seigneur de Beaujeu.
1505[1]1521
1521[2]1523
Prédécesseur Suzanne de Bourbon
Successeur Domaine royal
Saisie pour lèse-majesté.
Biographie
Dynastie Maison de Bourbon-Montpensier
Date de naissance 17 février 1490
Lieu de naissance Montpensier
Date de décès 6 mai 1527 (à 37 ans)
Lieu de décès Rome
Père Gilbert de Montpensier
Mère Claire de Gonzague
Conjoint Suzanne de Bourbon
Enfant(s) François (comte de Clermont)
deux jumeaux

Charles III de Bourbon

Charles III de Bourbon, né le 17 février 1490 à Montpensier, mort le 6 mai 1527 à Rome, fut comte de Montpensier, de Clermont et dauphin d'Auvergne de 1501 à 1523, puis duc de Bourbon, d'Auvergne, comte de Forez, de la Marche et sire de Beaujeu de 1505 à 1521. Il fut également connétable de France de 1515 à 1521. On le nomme également le connétable de Bourbon, et il est le dernier des grands féodaux français pouvant s'opposer au roi lui-même.

Famille[modifier | modifier le code]

Il était fils de Gilbert, comte de Montpensier, de Clermont et dauphin d'Auvergne, et de Claire de Gonzague. Les comtes de Montpensier formaient la branche cadette de la famille des ducs de Bourbons ; le duc Pierre II et sa femme Anne de France (Anne de Beaujeu), n'ayant qu'une seule fille de santé fragile, se lièrent au jeune Charles dont Anne assura l'éducation. Il finit par épouser en 1505 sa cousine Suzanne de Bourbon (1491-1521), fille et héritière de Pierre II, duc de Bourbon et d'Auvergne, comte de Forez et de la Marche et sire de Beaujeu, prince souverain de la principauté de Dombes, et d'Anne de France. Ce mariage fit de lui le seigneur le plus riche de l'époque.

Pierre II décédé, sa veuve Anne, fille du roi Louis XI et ancienne Régente de France pendant la minorité de son frère Charles VIII, espérait que le duché échapperait par ce mariage aux menées de Louise de Savoie, mère du nouveau roi François Ier, qui voulait mettre la main sur les riches terres des Bourbon.

Mais en 1523, menacé par François Ier, le connétable dut quitter ses terres incognito, trouvant refuge auprès de l'empereur Charles Quint.

Les époux eurent :

Généalogie simplifiée[modifier | modifier le code]

 
 
 
 
 
Jean Ier
duc de Bourbon
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Charles Ier
duc de Bourbon
 
 
 
Louis Ier
comte de Montpensier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Marguerite
X Philippe II
duc de Savoie
 
Pierre II
duc de Bourbon
X Anne de France
 
Gilbert
comte de Montpensier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Louise de Savoie
X Charles d'Orléans
duc d'Angoulême
 
Suzanne
duchesse de Bourbon
 
Charles III
duc de Bourbon
 
 
 
 
 
François Ier
roi de France

Au service du roi de France[modifier | modifier le code]

En 1507, il accompagna Louis XII à Gênes, qui envisageait alors une quatrième expédition en Italie. Celle-ci s'engagea en 1509 et il combattit les Vénitiens à Agnadel. En 1512, le roi le fit gouverneur du Languedoc et l'envoya combattre Ferdinand II d'Aragon qui menaçait la Navarre. En 1515, il défendit la Bourgogne contre Maximilien Ier de Habsbourg, il dirigea une armée à Marignan. François Ier conquit alors le Milanais et le nomma connétable et vice-roi du Milanais. Il défendit le Milanais contre les Impériaux, remporta quelques succès, mais fut rappelé en France en mars 1516. Il fut remplacé à Milan par le maréchal de Lautrec.

Le changement de camp[modifier | modifier le code]

Le mariage orchestré par Anne de France fut une vaine entreprise, car les deux époux n'eurent pas d'enfants viables. En 1521, sa femme Suzanne mourut et Louise de Savoie, mère de François Ier, revendiqua les fiefs des Bourbons, en tant que petite-fille du duc Charles Ier de Bourbon. Le procès qui s'ensuivit dura des mois et tourna en défaveur de Charles. Le parlement de Paris était sur le point de remettre les biens des Bourbons à Louise de Savoie, en dépit de la jurisprudence, du contrat de mariage et l'intervention d'Anne de France qui vivait toujours retirée à Chantelle. Les affronts envers le connétable se multiplièrent également, si bien que sa position devint rapidement intenable. Le connétable engagea des négociations avec Charles Quint et fut finalement poussé à s'enfuir (1523). Ses biens, soit le dernier grand fief médiéval, couvrant tout le nord du Massif Central, furent confisqués pour trahison et finalement rattachés au domaine royal en 1531.

Humilié et pourchassé, il parvint à quitter le pays et fut nommé lieutenant général de l'Empereur Charles Quint en Italie ; il combattit les Français, remporta la bataille de la Sesia où fut tué Bayard. Il envahit ensuite la Provence et assiégea Marseille, mais une armée de secours l'obligea à lever le siège. Il battit et fit prisonnier François Ier lors de la bataille de Pavie en 1525.

L'empereur, refusant de sacrifier la paix aux ambitions de son encombrant général, le déçut également. Le connétable exigeait en effet, en plus de la restitution de ses biens et de ceux de sa femme, une dispense d'hommage vis-à-vis du roi de France, l'érection de la Provence en principauté souveraine et un mariage avec l'une des sœurs de l'empereur. Dépité, il retourna en Italie avec peut-être l'espoir de s'y tailler une principauté. Incapable de tenir l'armée impériale qui n'était plus payée depuis des mois, malgré la mise en gage de sa vaisselle et de ses bijoux, il mit le siège devant Rome, mais il mourut atteint d'un coup d'arquebuse en pleine poitrine pendant l'assaut en 1527[3]. La ville fut prise et pillée pendant près d'un an.

Il ne laissa pas d'enfants, ses trois fils étant morts en très bas âge.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par contrat de mariage
  2. Par la mort de sa femme
  3. John Julius Norwich, Histoire de la Méditérranée, Perrin 2008, p.369

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Inspiration littéraire[modifier | modifier le code]

  • Michel de Grèce, Le Rajah Bourbon, Paris, Jean-Claude Lattès, 2007, 207 p., roman historique (ISBN 978-2-7096-2922-5)
  • Philippe Banquet, Mystères à l'Italienne, éditions Fortuna, 2011, 350 p., roman d'aventures inspiré en bonne partie par le Connétable.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :