Abbaye de Cluny

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Abbaye de Cluny
Image de l'Abbaye de Cluny
Image de l'Abbaye de Cluny

Style(s) dominant(s) Roman (Cluny III)
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1902, 1960)
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région historique Bourgogne
Coordonnées 46° 26′ 04″ N 4° 39′ 33″ E / 46.4343078, 4.659147346° 26′ 04″ Nord 4° 39′ 33″ Est / 46.4343078, 4.6591473  

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Abbaye de Cluny

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Abbaye de Cluny

L'abbaye de Cluny, en Saône-et-Loire, fut fondée le 2 septembre 909[1] ou 910 par le duc d'Aquitaine et comte d'Auvergne Guillaume Ier. Cluny est le symbole du renouveau monastique en Occident ; l'abbaye fut un foyer de réformation de la règle bénédictine et un centre intellectuel de premier plan au Moyen Âge classique. Il n'en subsiste aujourd'hui qu'une partie des bâtiments, faisant l'objet de protections au titre des Monuments historiques[2] et gérés par le Centre des monuments nationaux. Les bâtiments de l'abbaye abritent depuis la fin du XIXe siècle l'un des huit campus d'Arts et Métiers ParisTech, grande école d'ingénieurs française.

Fondation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre de Cluny.

Contexte : la France au début du Xe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 900, la France était dirigée par la dynastie carolingienne ; mais sous la pression des attaques vikings et sarrasines, l'autorité royale s'était fortement affaiblie et les princes territoriaux et les seigneurs avaient pris leur indépendance de fait. L'effacement du pouvoir royal était particulièrement prononcé au sud[3]. Dans le Mâconnais, où se trouve le site de Cluny, les seigneurs châtelains et immunistes contestèrent le pouvoir et choisirent les prélats[4]. L'Église fut prise dans le système féodal et dans l'affrontement entre moines et évêques au sujet des dîmes. Le clergé régulier fut particulièrement touché par la crise : de nombreux monastères furent victimes des raids scandinaves et de l'accaparement des aristocrates. La crise était aussi morale puisque la règle de Benoît de Nursie n'était plus respectée à la lettre. Écrite au VIe siècle, la règle bénédictine prévoyait que les moines fussent dirigés par un abbé et qu'ils partageassent leur temps entre la prière et le travail manuel. Au début du IXe siècle, Benoît d'Aniane tenta de la diffuser dans tous les monastères de l'empire carolingien. Mais le travail manuel fut délaissé au profit de la prière. Les laïcs nommèrent des abbés qui leur furent fidèles et contrôlèrent par là même les domaines fonciers des établissements réguliers.

Une abbaye bénédictine indépendante du pouvoir séculier[modifier | modifier le code]

L'abbaye fut fondée dans ce contexte, et sur le modèle de celle d'Aurillac, par une charte rédigée à Bourges le 11 septembre 909 ou 910[5], par le comte de Mâcon, Guillaume Ier, duc d'Aquitaine et comte d'Auvergne, qui la plaça sous l'autorité immédiate du pape[6]. Le comte octroya une villa située près de Mâcon à Bernon, abbé de Baume-les-Messieurs et de plusieurs monastères dans la région. Ce fut ce dernier qui choisit le site de Cluny et construisit les premiers bâtiments conventuels avec l'aide de douze moines des abbayes de Gigny et de Baume[7]. L'abbaye fut reconnue comme chef d'ordre par le pape Jean XI, sous l'abbatiat d'Odon en 931.

Guillaume renonça à tous ses droits sur Cluny et permit à l’abbé d'être choisi par les moines. Il plaça la communauté monastique sous le patronage de l'apôtre Pierre et Paul de Tarse ; Cluny passa sous la protection directe du pape (Serge III) à l'époque. Ce fut une abbaye immunitaire, c'est-à-dire qu'elle était indépendante à la fois de l'évêque et des seigneurs de la région, et elle ne devait obéissance qu'au pape. Cet élément joua un grand rôle dans le développement de l'abbaye.

Lors de la fondation, le comte imposa enfin le respect de la règle bénédictine et attendit que les moines priassent pour son Salut :

« Je fais ce don stipulant qu'un monastère régulier devra être construit à Cluny […], dont les moines vivront en communauté selon la règle du bienheureux Benoît.[…] Que soit ainsi établi en cet endroit un asile de prières où s'accompliront fidèlement les vœux et les oraisons. Que soit ainsi recherché et poursuivi, avec une volonté profonde et une ardeur totale, le dialogue avec le ciel. Que des prières, des demandes et des supplications y soient sans cesse adressées au Seigneur tant pour moi que pour tous ceux dont j'ai précédemment évoqué la mémoire[8]. »

Construction de l'abbaye[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Cluny fut construite en plusieurs étapes, numérotées par K-J. Conant.

Cluny I[modifier | modifier le code]

L'abbé Bernon, premier abbé de Cluny, commença la construction de l'abbatiale Cluny I en 910. Cluny I fut terminée sous son successeur Odon et dédicacée avant 927[9].

Cluny II[modifier | modifier le code]

Le complexe monastique de Cluny II est connu grâce aux descriptions du Liber Tramitis, un coutumier des années 1035-1040[10]. Le quatrième abbé de Cluny (954-994), Maïeul de Cluny, construit Cluny II à partir de 963, pour remplacer le bâtiment précédent, devenu trop étroit ; l'église abbatiale fut consacrée en 981[11]. Cluny II se caractérise par un chevet complexe avec plusieurs absidioles et une galilée (avant-nef), située à l'ouest. Le développement du chevet témoigne de l'essor de la liturgie et des pèlerinages. À la croisée du transept (étroit) et du vaisseau central (large), s'élevait un haut clocher, du type de celui qui subsiste à Chapaize. Cette disposition du clocher au-dessus de la croisée devint la règle quasi absolue pour toutes les églises romanes de la région.

Cluny III[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cluny III.
Reconstitution de l'abbatiale Cluny III

L'ensemble de Cluny III est connu par d'anciens plans[12].

La construction de Cluny III, débuta vers 1080 sous l'abbatiat de Hugues de Semur. L'expansion de l'Ordre, le nombre de moines sans cesse croissant assistant aux offices, et les chantiers imposants ouverts dans toutes les abbayes rivales, voire simples prieurés, rendirent obsolète l'abbatiale de Maïeul, décrite comme « bergerie étroite et vétuste » dans la Vie de Saint Hugues par Geilon vers 1115. En 1088 eut lieu la pose symbolique d'une première pierre. En 1095, le pape Urbain II consacra deux pierres d'autel et 3 chapelles au milieu du chantier. La nef fut fermée et dédicacée en 1130, mais l'édifice était loin d'être achevé : le bras nord du transept, les tours et l'avant-nef furent, au mieux, commencés à cette date. Interrompu au cours de la deuxième moitié du XIIe siècle, le chantier reprit au début du XIIIe siècle et vit l'achèvement de l'immense avant-nef en 1220 par l'abbé Rolland Ier de Hainaut, de style gothique. L'abbatiale devint alors, pour trois siècles, le plus grand édifice religieux d'Occident (187 mètres de long[13]), jusqu'à la reconstruction de la basilique Saint-Pierre de Rome en 1506.

Plan de l'abbaye de Cluny (selon Viollet-le-Duc)

Le plan de l'édifice est en forme de croix archiépiscopale : il y a deux transepts. Le grand transept, dont un bras subsiste aux trois quarts, était long à lui seul comme une petite cathédrale. Il était surmonté de trois clochers : Le « Clocher de l'eau bénite » surplombe toujours le bras sud, le « Clocher des Bisans » surplombait le bras nord, et enfin le « Clocher du chœur », le plus imposant de tout l'édifice, couronnait la croisée centrale. Plus loin vers l'est, au milieu du chœur, se trouvait un petit transept, appelé « transept matutinal », qui subsiste aussi en partie. Son croisillon central était surmonté d'une tour, dite « Tour des lampes », dont la fonction est mal définie : elle comportait en effet un tambour octogonal sans aucune ouverture, surmonté d'une flèche.

La nef était encadrée par quatre collatéraux et la voûte s'élevait à 33 mètres au-dessus du sol[13].

Histoire de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des abbés de Cluny.

L'apogée (Xe ‑ XIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ordre de Cluny.

Pendant l'abbatiat d'Odon de Cluny (927-942), Cluny obtint le droit de battre monnaie et un grand nombre de monastères bénédictins se rassemblèrent sous son autorité[14]. Il met en place la bibliothèque et l'école.

Pendant les quarante années d'abbatiat de Saint Mayeul, ses liens avec le Saint-Empire favorisèrent l'extension de l’« Ecclesia Cluniacensis » vers l'est. Il fut certainement l'un des conseillers écoutés d'Hugues Capet, duc puis Roi des Francs, ce qui lui permit de réformer des monastères et d'y placer des abbés réguliers. Enfin, il poursuivit les relations qu'Odon avait nouées avec la papauté.

Sous l'abbatiat d'Odilon (994-1049), Cluny devint un seigneur et privilège d’exemption octroyé par le pape Grégoire V en 998 ; il permit à la communauté clunisienne d'être indépendante de l'évêque de Mâcon. Il fut étendu par la suite par Jean XIX en 1024. L'abbatiat de Pons de Melgueil (1109-1122) fut marqué par les crises internes de l'ordre clunisien, dues à la concurrence de l'érémitisme et de nouveaux ordres (cisterciens et chartreux). Le 6 mars 1058, le pape Étienne IX confirma le privilège monétaire de Cluny. Les statuts d’Hugues V de Cluny (1199-1207) organisèrent un chapitre généralement annuel. L'ordre clunisien était structuré en un réseau de « provinces ». À son apogée, l'Église de Cluny comptait environ 10 000 moines répartis dans 1200 établissements[15] du Nord de l’Angleterre à l’Espagne, en passant par l'Italie et le Saint-Empire Romain Germanique.

Le succès de Cluny, qui essaima dans toute la Chrétienté latine, était dû à son émancipation du pouvoir seigneurial et épiscopal, mais aussi à l'action de ses abbés, qui connurent une longévité exceptionnelle. Sa situation géographique, à la charnière entre Europe du Nord et du Sud, entre royaume de France et Empire, était également favorable

L'abbaye s'enrichit rapidement grâce aux dons des fidèles. Elle était un lieu de pèlerinage (plus de mille reliques y étaient vénérées[16]). Alphonse VI octroie une rente annuelle de 100 000 deniers clunisiens vers 1077[17]. Les autres revenus de l'abbaye provenaient des droits seigneuriaux et banaux qu'elle prélevait et des sommes versées par les prieurés de son réseau.

Cluny, un centre majeur de culture[modifier | modifier le code]

L'abbaye constituait un foyer intellectuel et culturel important du Xe au XIIe siècle : c'est Odon qui rassembla les premiers manuscrits de la bibliothèque en rapportant des livres provenant de Saint-Martin de Tours[18]. Les ouvrages conservés à Cluny se multiplièrent rapidement grâce à l'activité du scriptorium : on en connaît le nombre (570) grâce au grand catalogue (XIe et XIIe siècles)[19]. La bibliothèque conservait des œuvres patristiques et des maîtres carolingiens, parmi lesquels Jean Scot Erigène[20]. Sous l'abbatiat de Pierre le Vénérable, elle était plus importante que celle du Mont Cassin, en Italie[21]. On pouvait y trouver des textes latins (Tite-Live, Ovide, Cicéron), mais aussi des livres de médecine ou de musique.

Ce fut à Cluny que Raoul Glaber rédigea la plus grande partie de ses Histoires à partir de 1031. Les abbés furent aussi des auteurs : Odon de Cluny produisit une Vie de Géraud d’Aurillac. Les moines clunisiens écrivirent aussi des récits hagiographiques. La chancellerie de l'abbaye produisit plusieurs cartulaires ainsi que les coutumes de l'établissement. Le Guide du pèlerin fut sans doute écrit par Aymeri Picaud au XIIe siècle à Cluny[22].

Cluny était aussi un centre d'études de premier ordre. Le droit romain était resté vivant par l'étude de fragments de textes juridiques datant du règne de Justinien Ier[23]. Les thèses néoplatoniciennes y survécurent et nourrirent la réflexion sur l'organisation de la société. Les chapiteaux du déambulatoire de l'abbatiale de Cluny III figuraient les arts libéraux, autrement dit les disciplines enseignées au Moyen Âge. Enfin de l'abbaye sortirent des personnages éminents tels que le pape Urbain II.

Hôtes illustres[modifier | modifier le code]

Ont séjourné à Cluny :

Déclin et destruction des bâtiments[modifier | modifier le code]

Du XIIe siècle à la Révolution[modifier | modifier le code]

À partir du XIIe siècle, Cluny connut des difficultés financières importantes, provoquées en grande partie par la construction de la troisième abbatiale. La charité aux pauvres augmenta les dépenses. Le rayonnement de l'abbaye s'affaiblit progressivement devant la montée d'autres ordres religieux (Cisterciens, puis Mendiants au XIIIe siècle). La mauvaise gestion des terres, la réticence des filiales à payer le cens annuel furent autant de sources de revenus en moins. L'établissement lèva des emprunts et finit par s'endetter auprès de ses créanciers, marchands de Cluny ou Juifs de Mâcon[24]. Les conflits avec les prieurés se multiplièrent et l'autorité du pape devint plus pesante. Au XIVe siècle, le pape nommait fréquemment les abbés. Les crises de la fin du Moyen Âge et les guerres de religion au XVIe siècle affaiblirent un peu plus l'abbaye. Les moines vivaient dans le luxe et ne furent plus qu'une soixantaine au milieu du XVe siècle[25]. À partir du concordat de Bologne en 1516, le roi choisit l'abbé de Cluny.

En 1789, l’abbaye devint bien national à la suite du décret du 2 novembre 1789 qui mit les biens de l’Église à la disposition de la Nation. La période révolutionnaire fut fatale à l'ensemble des bâtiments monastiques et à son église. Les révolutionnaires détruisirent le bâtiment qui était en bon état à l'aide de mines dès 1791 en ayant préalablement vendu tapisseries et mobiliers, ainsi que les objets du culte. Les archives furent brûlées en 1793 et l'église fut livrée aux pillages. Le domaine de l'abbaye fut vendu en 1798 pour 2,14 millions de francs. Le 8 mai 1810 on fit exploser la façade et le grand portail. L'abbaye servit de carrière de pierres jusqu'en 1813 pour les maisons du bourg. Il ne reste actuellement que 8 % de l'édifice initial.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le 11 août 1944, la ville est bombardée et une bombe dégage la place devant l'avant-nef.

Sauvegarde et protections[modifier | modifier le code]

Dès les années 1820-1830 dans la chapelle Jean de Bourbon, la ville de Cluny abrite son premier dépôt lapidaire autour des chapiteaux du rond-point. Un musée est ouvert en 1886 au palais Jean de Bourbon.
Aujourd'hui, il ne reste que des bâtiments construits aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment un cloître, ainsi qu'une petite partie de l'abbatiale dite Cluny III. De cette dernière ne subsistent que les bras sud du grand et du petit transept, ainsi que le clocher de l'Eau bénite, qui coiffe le croisillon sud du grand transept. On peut voir aussi les restes des tours des Barabans, qui encadraient le portail, et les parties basses de l'avant-nef. Tout cela représente moins de 10 % de la surface de Cluny III qui fut la plus grande église de l'Occident jusqu'à la construction de Saint-Pierre de Rome, cinq siècles plus tard. L'abbaye abrite depuis 1901 un centre Arts et Métiers ParisTech (anciennement ENSAM) formant des ingénieurs des Arts-et-Métiers.

Kenneth John Conant[modifier | modifier le code]

En 1926 l'archéologue américain Kenneth John Conant commence ses recherches sur l'abbatiale. À partir de 1927 il reprend les fouilles menées avant la première guerre mondiale par Edmond Malo, architecte en chef des Monuments historiques pour la Bourgogne. Ses fouilles se poursuivirent jusqu'en 1950 financées par la Medieval Academy of America[26]. Conant publia sa monographie avec les dessins de restitutions en 1968. À propos de cet édifice il écrivit que « c'était un témoin de l'art roman supérieur à tout autre »[27]. Dès 1938-1940, une maquette est réalisée à partir des hypothèses de Conant: les parties disparues sont restituées en volume au moyen d'une armature métallique. Cette maquette est exposée à la Cité de l'architecture et du patrimoine, dans la section consacrée à la Bourgogne romane.

Le projet Gunzo[modifier | modifier le code]

En 2009 les Arts et Métiers ParisTech entreprennent une campagne de numérisation de Cluny III dans le cadre du projet Gunzo[28]. Cela a abouti a une reconstitution virtuelle en 3D de l’ensemble du bâtiment. En 2012, une exposition au musée du Moyen Âge « Cluny 1120 au seuil de la major ecclesia » est consacré à ce travail[29].

L'ancienne abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[2]. Il s'agit d'un classement très vaste, comprenant de nombreux éléments architecturaux (dépendances, palais, tours, murs d'enceinte, bâtiments communs, écuries, etc. L'ensemble est un site archéologique inscrit le 25 mars 1941[30]. La tour Fabri fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 29 janvier 1902[2]. Enfin, le terrain près de la tour des Fromages fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 5 septembre 1960.

Le manuscrit retrouvé de Cluny[modifier | modifier le code]

Le manuscrit retrouvé de Cluny (vue partielle)

À la Révolution, en 1798, l'abbaye fut vendue pour servir de carrière de pierres, ses archives furent brûlées et la bibliothèque inestimable des moines bénédictins fut saccagée. Avec les autres manuscrits, le traité de l'organisation monastique De Institutis coenobiorum, recopié d'après un texte du Ve siècle du moine Jean Cassien, fut confié au collège de la ville, puis disparut. Tout au long du XIXe siècle, la BnF racheta ce qu'elle put sur le marché. Un maigre extrait de quatre pages se trouve en la possession de la bibliothèque municipale de Mâcon. Mais le texte principal est introuvable.

En avril 2008, dans un catalogue de l'Hôtel Drouot, une pièce présentée comme datant du XIIe siècle et sans origine géographique fut mise en vente et repérée par un ancien conservateur général des manuscrits de la BnF. Après une rapide enquête sur les bases de données du ministère de la Culture, notamment la « Base enluminures » et le catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques, le spécialiste acquit la conviction qu'il s'agissait du fameux manuscrit. Acheté par un acquéreur privé pour 53 000 euros, l'État parvient in extremis à faire jouer son droit de préemption[31].

Neuf-cents ans après avoir été écrit, ce manuscrit disparu depuis plus de deux siècles, produit par un moine copiste de l'abbaye de Cluny entre 1075 et 1100, a rejoint les collections de la BnF[32].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de l'Abbaye de Cluny.

Armes de l'abbaye de Cluny : « de gueules, à deux clefs d'or en sautoir, traversées d'une épée en pal, à lame d'argent, la poignée d'or en pointe. » La clef et l'épée font référence respectivement à saint Pierre et saint Paul, auxquels l'abbaye est consacrée. Les clefs en sautoir seraient une faveur papale.

Religieux célèbres sortis de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Abbayes et prieurés dépendants[modifier | modifier le code]

(liste chronologique non exhaustive)

Photographies[modifier | modifier le code]

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Œuvres de fiction sur Cluny[modifier | modifier le code]

  • Didier Alcante, Luca Malisan, Paolo Francescutto, "La Conjuration de Cluny", 2010, Glénat

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le 2 septembre 909, selon la date proposée par le grand historien de Cluny Guy de Valous, dans : Histoire de la Bourgogne, Collectif sous la direction de Jean Richard, Privat, 1978. [lire en ligne]
  2. a, b et c « Notice no PA00113220 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Delort 1990, p. 248
  4. Delort 1990, p. 249
  5. Dominique Iogna-Prat, article « Cluny », 2002, p. 305
  6. Acte de fondation de Cluny le 11 septembre 909, par Guillaume d'Aquitaine Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, t.1, A. Bernard, A. Bruel (éd.), Paris, 1876, p. 124-128.clionautes.org. Texte latin http://fruehmittelalter.uni-muenster.de/cce/php/view.php?bb=0112
  7. Gerhards 1992, p. 7
  8. Acte de fondation de Cluny le 11 septembre 909 par Guillaume d'Aquitaine Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, t.1, A. Bernard, A. Bruel (éd.), Paris, 1876, p. 124-128 - Texte latin http://fruehmittelalter.uni-muenster.de/cce/php/view.php?bb=0112
  9. Ghislain Brunel et Élisabeth Lalou, Sources d'histoire médiévale, Paris, Larousse,‎ 1992 (ISBN 2037410042), p. 106
  10. Dom Anselme Davril, Éric Pallazo, La vie des moines au temps des grandes abbayes, Hachette, 2000, (ISBN 2012354507[à vérifier : ISBN invalide]), p.236
  11. Delort 1990, p. 179
  12. Dominique Barthélémy, L’ordre seigneurial, XIeXIIe siècle, Seuil, 1990, p. 74.
  13. a et b Gerhards 1992, p. 46
  14. Gerhards 1992, p. 18
  15. Gerhards 1992, p. 14
  16. Gerhards 1992, p. 48
  17. Gerhards 1992, p. 49
  18. Delort 1990, p. 253
  19. Dom Anselme Davril, Éric Pallazo, La vie des moines au temps des grandes abbayes, Hachette, 2000, (ISBN 2012354507[à vérifier : ISBN invalide]), p. 187.
  20. Delort 1990, p. 254
  21. Gerhards 1992, p. 41
  22. Gerhards 1992, p. 42
  23. Delort 1990, p. 55
  24. Gerhards 1992, p. 78-79
  25. Gerhards 1992, p. 85
  26. Marquardt Janet T., Merllié Christine. Un romantique à la recherche du passé : K. J. Conant à Cluny. In: Cahiers de civilisation médiévale. 48e année (n°192), Octobre-décembre 2005. La médiévistique au XXe siècle. [Bilan et perspectives.] pp. 327-340.
  27. Écrit dans son rapport à l'Académie médiévale d'Amérique de 1940, p.6.
  28. http://www.datar.gouv.fr/gunzo-un-projet-remonter-le-temps
  29. Exposition « Cluny 1120 au seuil de la major ecclesia » du 28 mars au 2 juillet 2012 http://www.musee-moyenage.fr/
  30. Site archéologique 71 137 8 AH, dit « Cluny III ». Source : « Notice no PA00113220 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  31. « Un manuscrit de Cluny de 900 ans restitué à la BnF », 2 juillet 2009. Lire en ligne l'article sur GénéInfos
  32. http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/lettre/LI%20171_020609.pdf
  33. musée du diocèse de Lyon

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Barret, La Mémoire et l'Écrit : l'abbaye de Cluny et ses archives (Xe ‑ XVIIIe siècle), 2004, [lire en ligne].
  • Anne Baud, Cluny, un grand chantier médiéval au cœur de l'Europe, Paris, Picard, 2003 (ISBN 9782708406957).
  • Armand Bénet et Jean-Louis Bazin, Archives de l'abbaye de Cluny : inventaire général publié d'après les manuscrits inédits des Archives départementales de Saône-et-Loire, Mâcon, imprimerie de Protat frères, 1884, [lire en ligne].
  • Louis M. J. Chaumont, Histoire de Cluny : depuis les origines jusqu'à la ruine de l'abbaye (2e éd., considérablement augmentée), Paris, J. de Gigord, 1911, [lire en ligne].
  • Conant, Kenneth J., Cluny. Les églises et la maison du chef d'Ordre. 1968
  • François Cucherat, Cluny au onzième siècle. Suivi d'un fragment du Mémoire présenté à l'Académie de Mâcon : son influence religieuse, intellectuelle et politique, Mâcon, Académie de Mâcon, 1851, [lire en ligne].
  • Robert Delort, La France de l’an Mil, Paris, éditions du Seuil,‎ 1990 (ISBN 2020115247)
    En particulier la notice p. 343-344 sur l'architecture de Cluny II et III.
  • Agnès Gerhards, L'Abbaye de Cluny, éditions Complexe,‎ 1992 (ISBN 2870274564)
  • Dominique Iogna-Prat, article « Cluny », dans Claude Gauvard, Alain de Libera, Michel Zink (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge, PUF, Paris, 2002, p. 305-306.
  • Prosper Lorain, Histoire de l'abbaye de Cluny: depuis sa fondation jusqu'à sa destruction à l'époque de la Révolution française, Paris, Sagnier et Bray, 1845, [lire en ligne].
  • Prosper Lorain, Essai historique sur l'abbaye de Cluny : suivi de pièces justificatives, Dijon, Popelain, 1839, [lire en ligne].
  • Janet T. Marquardt, « Un Romantique à la recherche du passé : K. J. Conant à Cluny », Cahiers de civilisation médiévale 48 (2005), 327-340 ; From Martyr to Monument: The Abbey of Cluny as Cultural Patrimony, Newcastle, Cambridge Scholars Publishing, 2007.
  • G. Melville, « Cluny après “Cluny”. Le treizième siècle : un champ de recherches », in Francia, 17/1 (1990), p. 91-124.
  • Marcel Pacaut, L’Ordre de Cluny (909-1789), Paris, Fayard, 1986 (ISBN 9782213017129).
  • J.-Henri Pignot, Histoire de l'Ordre de Cluny depuis la fondation de l'abbaye jusqu'à la mort de Pierre le Vénérable, tome 1, Paris, Durand, 1868, [lire en ligne].
  • Guy de Valous, Le Monachisme clunisien des origines au XVe siècle, Paris, A. Picard, 1935 ; 2e éd., augm., Paris, Picard, 1970.
  • Neil Stratford, Hartmut Atsma, Françoise Bercé, Quitterie Cazes, Cluny 910-2010 - Onze siècles de rayonnement, Éditions du Patrimoine, Paris, 2010, 487 p., (ISBN 978-2-7577-0112-6)
  • Histoire Antique et Médiévale, Cluny,1120. Au seuil de la Major Ecclesia, Hors-série no 30, mars 2012, éditions faton (hors-série paru pour l'exposition « Cluny, 1120. Au seuil de la Major Ecclesia » au Musée de Cluny du 28 mars 2012 au 2 juillet 2012).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Site du projet Gunzo: Cluny s'exprime à travers les nouvelles technologies
  2. (fr), (en) Fédération des Sites Clunisiens
  3. (fr) L'office de tourisme de Cluny
  4. (fr) Le centre ENSAM qui occupe actuellement le site de l'abbaye de Cluny
  5. (fr), (de), (it), (es) Projets de recherche, bibliographie, sources sur l'histoire de l'ordre de Cluny Site très complet de l'université de Muenster en Allemagne.
  6. (fr), (en), (es) Monuments et sculptures de Cluny
  7. (fr) Reconstitution virtuelle de Cluny III
  8. (fr), (en) informations pratiques pour la visite de l'abbaye