Route Centre-Europe Atlantique

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Carte détaillée du tracé de la Route Centre-Europe Atlantique
Tracé détaillé de la Route Centre-Europe Atlantique

La Route Centre-Europe Atlantique (RCEA), est un itinéraire constitué par un ensemble de routes traversant la France d’est en ouest.

Tracé[modifier | modifier le code]

Tronçon central[modifier | modifier le code]

Son tronçon central relie La Souterraine (La Croisière) à Paray-le-Monial. Il est constitué de la route nationale 145 (RN 145), de l'autoroute A71 (A71) et de la route nationale 79 (RN 79).

En 2010, le contournement nord de Montluçon et la mise à 2×2 voies de la bretelle A714 vers l’A71 sont réalisés[1].

Le 12 septembre 2011, la RN 145 est intégralement à 2×2 voies entre les autoroutes A20 (La Croisière) et A71 (nord de Montluçon), avec l’inauguration du dernier tronçon du contournement de Montluçon (3 9 km)[2].

En revanche, à l’est de l’A71, la RN 79 encore peu aménagée constitue un goulot d’étranglement particulièrement meurtrier[3] (voir le chapitre Sécurité).

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Branches Ouest[modifier | modifier le code]

À l’ouest, à Bellac, la route se sépare en deux branches : une au sud-ouest vers Confolens puis Angoulême et Saintes/Royan/La Rochelle ou Bordeaux, une autre au nord-ouest vers Poitiers et Nantes constituée par la route nationale 249 (RN 249).

En 2006, pour des raisons politiques et de coûts, la branche sud-ouest ne passe plus par Confolens mais est déviée par Limoges (échangeur de la Croisière) par l’autoroute A20 (A20), puis la route nationale 141 (RN 141) par Saint-Junien et Chabanais.

Branches Est[modifier | modifier le code]

À l’est, la route se sépare en deux branches, une à l’est vers Mâcon puis les Alpes du Nord et l’Italie, une autre au nord-est vers Chalon-sur-Saône en direction de l’est de la France et de l’Allemagne.

Ouvrages d'art[modifier | modifier le code]

Sécurité[modifier | modifier le code]

Si le taux d’accidents est situé dans la moyenne des routes nationales à 2×1 voies, il y a deux fois plus d’accidents graves sur la RCEA que sur les routes du même type. Cela est en grande partie dû au fait que cet itinéraire, traversant la France d’est en ouest, est utilisé par les poids-lourds et par de nombreux automobilistes vacanciers attirés par sa gratuité, sa fluidité (aucun feu tricolore, aucune agglomération traversée) et son tracé qui permet d'éviter les sinuosités et les déclivités du Massif central. En effet la plupart des accidents graves et/ou mortels sont des chocs frontaux entre un véhicule léger et un poids-lourd. Les 25 et 26 août 2010, deux accidents de ce type ont provoqué la mort de cinq personnes et fait trois blessés graves, le premier à Tronget[4] et le second à Besson[5].

Au 27 août 2010, 14 des 35 décès survenus sur les routes du département de l'Allier sont survenus sur la RCEA[6],[7].

En date du 2 septembre 2010, devant la gravité de la situation, le gouvernement annonce la mise en place de mesures d’urgence pour sécuriser la RCEA, avec notamment l’installation de deux nouveaux radars fixes et d’une signalisation spécifique. Le projet, d’un montant total de 400 000 €, doit être terminé d’ici octobre 2010[8].

En 2012, des travaux vont davantage sécuriser la RCEA pour un coût de 690 000 € : interdiction de dépassement des poids lourds sur les créneaux de dépassements inférieurs à 2 km, reprise d’accotements défectueux, panneaux d’annonce des créneaux de dépassement et des aires de repos, bandes visibles de nuit par temps de pluie et pose de feux clignotants orange au-dessus des panneaux indiquant le caractère bidirectionnel de la route, création de parkings pour les voitures[9].

Projet de mise au statut autoroutier[modifier | modifier le code]

Section Montmarault – Mâcon – Chalon-sur-Saône[modifier | modifier le code]

La mise au statut autoroutier concédé de la section Montmarault – Mâcon – Chalon-sur-Saône sur une longueur de 240 km a fait l'objet d'un débat public. Elle permet l'achèvement de sa mise à 2×2 voies, réclamée par les élus locaux et la population depuis plusieurs années, pour un coût de 1 100 millions d’euros[10]. Ce débat public a lieu du 4 novembre 2010 au 4 février 2011 et inclut douze réunions publiques[11]. Le compte rendu du débat a été publié par la commission particulière en mars 2011[12].

Certains tronçons de la RCEA sont prévus à péage : sur la RN 79, les échangeurs du Montet, de Montbeugny, de Molinet ou de Digoin, de Charolles-Est ou La Fourche (à Vendenesse-lès-Charolles), de La Valouze ou Le Bois Clair (à Sainte-Cécile) ; sur la RN 70 l’échangeur de Génelard ou Bonin-Bonnot. Six péages seraient implantés dont trois dans l’Allier[13].

Il est prévu de limiter la vitesse à 130 km/h voire 110 km/h sur certains tronçons, entre Montmarault et Cressanges ou entre Paray-le-Monial et Mâcon[13].

Malgré l'opposition du conseil général de Saône-et-Loire[14], le feu vert gouvernemental est donné le 28 juin 2011 pour la concession de la Route Centre-Europe Atlantique entre Montmarault et Mâcon, tronçon qui sera payant et à 2×2 voies en 2017[15],[16]. Après l’enquête d’utilité publique et l’appel d’offres pour le concessionnaire les travaux débutent fin 2013[13].

Cependant, l'aménagement de cet axe connait un nouveau rebondissement fin juin 2013. Suite à l'ajournement du SNIT par le gouvernement Jean-Marc Ayrault, la commission Mobilité 21 présidée par le député Philippe Duron retient seulement 10 projets d'infrastructures nouvelles ou à rénover durant la période 2014-2020[17]. La mise à 2×2 voies des nationales 70, 79 et 80 est alors désignée comme prioritaire et son montant est évalué entre 650 millions et 1 milliard d'euros.

Frédéric Cuvillier, ministre délégué auprès du ministre de l'Écologie, rend public les modalités de l'aménagement de ces portions le 11 juillet 2013[18]. Ce nouveau plan prévoit la concession de la RN79 partie Allier, avec une fin des travaux fin 2020. Les route nationale 70 (RN70) et RN79 partie Saône-et-Loire seront quant à elles sécurisées sur fonds publics, en raison de l'impossibilité juridique de concession, aucun itinéraire alternatif aux normes n’existant dans ce département. Leur mise à 2×2 voies sera progressive, se déroulera en 3 phases avec pour objectif un aménagement de 70 % du tracé linéaire avant fin 2025 :

  • Phase 1 : Période 2014-2019 ;
  • Phase 2 : Période 2020-2025 ;
  • Phase 3 : Après 2025.

Section Limoges - Poitiers - Nantes[modifier | modifier le code]

Le doublement de l'axe reliant la route nationale 147 (Limoges - Poitiers) à Nantes, par la RN 249, est quant à lui un long serpent de mer. En 2013 néanmoins, le ministre des transports annonce une étude de faisabilité sur l'aménagement de cet axe accidentogène, avec comme perspectives opposées une 2 × 2 voies gratuite et une autoroute concédée, entre Bressuire, le sud de Poitiers et La Souterraine voire Limoges[19],[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Magazine Route Actualité no 185, page 65, juillet-août 2010
  2. Fabrice Redon, « A20 et A71 enfin reliées en deux fois deux voies », La Montagne,‎ 12 septembre 2011, p. 5
  3. « La RCEA, une route particulièrement meurtrière », sur tf1.fr, Journal de 13 heures de TF1,‎ septembre 2010 (consulté le 7 septembre 2010)
  4. « Accident dans l'Allier : Un père et son bébé tués », sur libertaland.com,‎ août 2010
  5. « Accident près de Moulins sur la RCEA : Un père et ses deux enfants tués », sur libertaland.com,‎ août 2010
  6. « (Document PDF) », sur lamontagne.fr
  7. « 22 morts en huit mois sur la RCEA : stop ! », sur lamontagne.fr,‎ août 2010
  8. « RCEA : des mesures d’urgence vont être déployées », sur lasemainedelallier.fr
  9. « 690.000 € alloués à la RCEA », La Montagne,‎ 18 avril 2012, p. 7 (éditions de l’Allier)
  10. [PDF] Communiqué des décisions de la CNDP du 7 avril 2010
  11. [PDF] Communiqué des décisions de la CNDP du 6 octobre 2010
  12. [PDF] Compte rendu du débat public élaboré par Claude Brévan, présidente de la CPDP, avec la collaboration des membres de la commission : Jean-Yves Audouin, Jean-Louis Cherel, Martine Lafon-Lehmans et Denis Viala. - CPDP - 29 mars 2011
  13. a, b et c Pierre Raynaud, « La RCEA en route pour la 2 x 2 voies en 2018 », La Montagne,‎ 23 avril 2010, p. 5 - Dossier Route Centre Europe Atlantique
  14. « La justice refuse la tenue d’un référendum sur la RCEA en Saône-et-Loire », La Gazette N°39/2097 du 17 octobre 2011, page 16.
  15. [PDF] COMMUNIQUE DE PRESSE - Aménagement de la RCEA pour le développement des territoires et l’amélioration des conditions de sécurité de circulation
  16. Décision du 24 juin 2011 consécutive au débat public sur le projet d'accélération de la mise à 2 × 2 voies de la route Centre Europe Atlantique entre Montmarault et Mâcon―Chalon-sur-Saône par mise en concession autoroutière - Légifrance
  17. Rapport Mobilité 21 sur developpement-durable.gouv.fr, juillet 2013
  18. [PDF] Modalités de l'aménagement de la RCEA, sur developpement-durable.gouv.fr, juillet 2013
  19. France 3 Limousin - Du nouveau sur l'axe routier Bressuire/Poitiers/Limoges, 15 juin 2013
  20. France 3 Poitou-Charentes - Avenir RN147- RN149 : 2 x 2 voies ou autoroute ?, 22 juin 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Raynaud, Fabrice Redon, Sandrine Thomas et al., « RCEA, la route de la honte », La Montagne,‎ 21 avril 2011, 48 p.
    Hors-série de la RCEA consacré essentiellement à la portion située dans le département de l’Allier.
    Historique, débat public, concession ; prévention routière ; interviews des présidents de conseils généraux de l’Allier Jean-Paul Dufrègne et de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, de l’ancien préfet Pierre Monzani, mais également le problème de la traversée de Montbeugny (témoignages d’habitants près de la RCEA), situation économique du département de l’Allier et interview du président de la Chambre de commerce et d'industrie de Moulins-Vichy ; vie des entreprises (Sicagieb, PSA Peugeot-Citroën, Fromagerie Terres d’or) ; accueil de la population après la mise en service de la RCEA à 2×2 voies à Lamaids ; historique de la RCEA dans la Creuse ; interview du père fondateur de la route André Chandernagor.

Liens externes[modifier | modifier le code]