Claude Guillaumin (artiste)

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Pépin en 1868 (lithographie d'A. Bocquet pour L’Éclipse).

Claude Guillaumin[1], né à Moulins (Allier) le 11 août 1842[1] et mort à Paris le 11 mars 1927[2], est un peintre et caricaturiste français connu sous le pseudonyme d’Édouard Pépin[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Caricature dreyfusarde pour Le Grelot du 19 décembre 1897.

Claude Guillaumin n'est pas en parenté avec le peintre Armand Guillaumin[2]. Il est le fils d'un menuisier de Moulins[1], Jean Guillaumin[4]. Ce dernier fit partie des républicains de l'Allier condamnés à la déportation en Algérie lors de la répression des soulèvements contre le Coup d’État du 2 décembre 1851[5] et fut ruiné par cet exil[6]. Cet événement marqua profondément le jeune Claude Guillaumin, qui devint un ennemi acharné du bonapartisme et de toutes les formes de despotisme.

Sous le pseudonyme de Pépin, il fit ses débuts de caricaturiste à la fin du Second Empire à La Lune (dès 1866), à La Rue de Jules Vallès (1867-1868), puis à L’Éclipse, trois publications où sa signature côtoyait celle d'André Gill. À plusieurs reprises, les dessins de Pépin durent remplacer, à la une de L’Éclipse, les caricatures politiques de Gill refusées par la censure[7].

Au début de la Troisième République, Pépin commença à dessiner dès 1875 pour Le Grelot, dont il réalisa la plupart des couvertures entre 1876 et 1879, remplaçant ainsi Alfred Le Petit. Ensuite, Pépin rédigea et dessina Le Lampion de Berluron, un succédané de La Lanterne de Boquillon qui commença à paraître à partir de 1879 sous la direction de Pascal Lange de La Petite République, journal auquel Pépin fournissait également des dessins. En novembre 1881, Guillaumin (alias Pépin, alias Berluron) devint propriétaire et directeur de cette revue satirique[8] dans laquelle il laissa libre cours à son anticléricalisme militant.
Il appartenait en effet au milieu anticlérical entourant Léo Taxil, dont il illustra la revue L'Anti-clérical (à partir de 1881) ainsi que le pamphlet La Vie de Jésus (1882).
Pendant cette même décennie, ses dessins furent également publiés dans Le Troupier.

Au milieu des années 1880, Pépin retrouva sa place de dessinateur attitré du Grelot. Républicain radical, il y réalisa des charges féroces contre les monarchistes, les catholiques, les boulangistes (notamment Henri Rochefort) et les socialistes.
Malgré des premières caricatures très virulentes voire antisémites d'Alfred Dreyfus (unes du Grelot des 11 novembre 1894 et 26 septembre 1896), Pépin rejoignit finalement le camp dreyfusard, auquel s'opposait la plupart de ses cibles de prédilection. Exprimant clairement son point de vue dès la fin de l'automne 1897, il entra ainsi progressivement en désaccord avec l'antidreyfusisme du directeur du Grelot, J. Madre, qui le renvoya en août 1899 à cause d'une caricature du général Mercier. Pépin décida alors de fonder son propre hebdomadaire satirique, Le Fouet, qui parut entre le 15 octobre 1899 et le 27 mai 1900.
Il envoya aussi des dessins au supplément illustré du Petit Rouennais entre 1901 et 1902. Par la suite, il aurait abandonné la caricature politique[2].

Élève et disciple d'Henri Harpignies, Pépin fut également artiste-peintre et, à l'instar de son maître, réalisa surtout des paysages du Bourbonnais (environs d'Hérisson, bords de l'Aumance, de l'Œil et de la Sioule, Cosne-sur-l'Œil, Ébreuil et ses environs, Chantelle et ses ravins ...), qu'il signait de son pseudonyme (Pépin E.)[2]. En 1890, il exposa au Salon Le chantier du père Gazut[9]. Il peignit aussi quelques études de la Puisaye et, en 1917, les bords du Cher aux environs de Montrichard[2].
Ayant longtemps résidé dans le 18e arrondissement de Paris (au no 6 de la rue Ramey[10]), il peignit des vues du vieux Montmartre. Parmi ces œuvres, deux études sur bois représentant l'ancienne place de l'Abreuvoir et l'ancienne rue des Rosiers (avec la tour en bois de Malakoff en 1871, à l'emplacement actuel du Sacré-Cœur) ont été données par les fils de l'artiste au musée Carnavalet[2].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c État civil de Moulins : acte de naissance (no 440) de Claude Guillaumin, né le 11 août 1842 à sept heures du soir, place de l'Horloge (consultable en ligne sur le site des Archives départementales de l'Allier).
  2. a, b, c, d, e et f « Notice sur le peintre Cl.-Edouard Guillaumin » (cf. bibliographie).
  3. A ne pas confondre avec le sculpteur parisien Édouard-Félicien-Alexis Pépin, élève de Cavelier.
  4. Jean Guillaumin est né le 10 novembre 1816 à Villeneuve-sur-Allier. Il n'est pas mort avant 1868, puisqu'on le retrouve à cette date chez son fils, à Paris, au no 42 de la chaussée du Maine (cf. Le Figaro, 20 juin 1868, p. 2).
  5. Pascal Duprat, Les Tables de proscription de Louis Bonaparte et de ses complices, t. II, Liège, Redouté, 1852, p. 20.
  6. Jules Vallès, « Lettre d'un diffamé », Le Figaro, 20 juin 1868, p. 2.
  7. Jean Valmy-Baysse, André Gill, l'impertinent, Paris, éditions du Félin, 1991, p. 95.
  8. Le Lampion de Berluron, 3e année, no 107, 13 novembre 1881.
  9. Salon de 1890 - Catalogue illustré, Ludovic Baschet, Paris, 1890, p. 33, no 1878.
  10. Adresse indiquée dès 1881 dans Le Lampion de Berluron et mentionnée en 1890 dans le livret du Salon.
  11. La Rue, 26 octobre 1867.
  12. La Rue, 4 janvier 1868.
  13. L’Éclipse, 7 février 1869.
  14. Le Lampion de Berluron, 19 février 1882.
  15. Le Grelot, 2 décembre 1888.
  16. Le Grelot, 14 septembre 1890.
  17. Le Grelot, 21 décembre 1890.
  18. Le Grelot, 24 avril 1892.
  19. Le Grelot, 3 juillet 1892.
  20. Le Grelot, 27 novembre 1892.
  21. Le Grelot, 1er janvier 1893.
  22. Le Grelot, 2 juillet 1893.
  23. Le Grelot, 10 septembre 1893.
  24. Le Grelot, 11 mars 1894.
  25. Le Grelot, 1er décembre 1895.
  26. Le Grelot du 1er mars 1896.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Notice sur le peintre Cl.-Edouard Guillaumin », Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, t. 34, novembre-décembre 1931, p. 271-272.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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