Henri III de France

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Henri III
Portrait d'Henri III de France, huile sur bois, château de Versailles, après 1578
Portrait d'Henri III de France, huile sur bois, château de Versailles, après 1578
Titre
Roi de France
30 mai 15742 août 1589
(&&&&&&&&&&&0554315 ans, 2 mois et 2 jours)
Couronnement 13 février 1575,
en la cathédrale de Reims
Prédécesseur Charles IX
Successeur Henri IV
Roi de Pologne et grand-duc de Lituanie
Henryk
11 mai 157312 mai 1575
(&&&&&&&&&&&&07312 ans, 0 mois et 1 jour)
Prédécesseur Sigismond II
Successeur Étienne Ier
Biographie
Dynastie Maison de Valois
Nom de naissance Alexandre Édouard de France
Date de naissance 19 septembre 1551
Lieu de naissance Fontainebleau (France)
Date de décès 2 août 1589 (à 37 ans)
Lieu de décès Saint-Cloud (France)
Père Henri II
Mère Catherine de Médicis
Conjoint Louise de Lorraine-Vaudémont
Héritier François de France
(1574-1584)
Henri de Bourbon
(1584-1585)
Charles de Bourbon
(1585-1588)
Henri de Bourbon
(1589)
Résidence Palais du Louvre

Henri III de France Henri III de France
Monarques de Pologne
Monarques de Lituanie
Monarques de France

Henri III (19 septembre 1551 à Fontainebleau - 2 août 1589 à Saint-Cloud) fut roi de Pologne de 1573 à 1575 et roi de France de 1574 à 1589. Il est dernier roi de la dynastie des Valois.

Quatrième fils du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis, Henri n'est pas destiné à régner. Sous le règne de son frère Charles IX, il s'illustre comme chef de l'armée royale en remportant sur les protestants les batailles de Jarnac et de Moncontour. À l'âge de 21 ans, il se porte candidat pour le trône vacant de Pologne et le 11 mai 1573, il est élu sous le nom d'Henryk Walezy, roi de Pologne et grand-duc de Lituanie. Son règne ne dure pas plus d'un an, puisqu'à l'annonce de la mort de son frère, décédé sans descendant mâle, il abandonne son royaume pour lui succéder sur le trône de France.

En devenant roi de France, Henri III hérite d'un royaume divisé où son autorité n'est que partiellement reconnue. Son règne est marqué par de sérieux problèmes religieux, politiques et économiques. Quatre guerres de religion se déroulent sous son règne. Henri III doit faire face à des partis politiques et religieux soutenus par des puissances étrangères, qui finissent par venir à bout de son autorité, le parti des Malcontents, le parti des protestants et pour finir celui de la Ligue qui parvient à le faire assassiner. Il meurt à Saint-Cloud le 2 août 1589 après avoir été poignardé par le moine Jacques Clément.

Son emblème est constitué de trois couronnes symbolisant les royaumes de France et de Pologne ainsi qu'une devise qui explique la troisième couronne : « Manet ultima caelo », « La dernière se trouve au ciel. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arbre généalogique des Valois.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Henri, duc d'Anjou
Portrait par Jean Decourt (vers 1570)
Le jeune prince se fait remarquer par son élégance et l'entretien de son apparence
Blason de Henri, duc d'Anjou

Il est le quatrième fils d'Henri II, roi de France, et de Catherine de Médicis. Il est, dans un premier temps, baptisé sous le prénom d'Alexandre Édouard, et titré duc d'Angoulême, avec pour parrains le roi Édouard VI d'Angleterre et Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, futur roi de Navarre, et pour marraine l'épouse de ce dernier, Jeanne d'Albret, princesse de Viane, future Jeanne III de Navarre. En 1560, à l'avènement de son frère Charles IX, il devient duc d'Orléans. Il prend lors de sa confirmation à Toulouse, le 17 mars 1565, le prénom de son père : Henri[1]. Le 8 février 1566, il devient duc d'Anjou.

Jusqu'à la mort de son père, Henri grandit avec ses frères et sœurs aux châteaux de Blois et d'Amboise. Au sortir de la petite enfance, il est confié à deux précepteurs connus pour leur humanisme, Jacques Amyot et François de Carnavalet. C'est auprès d'eux qu'il apprend à aimer les lettres et les discussions intellectuelles.

Il exerce très tôt son rôle de prince royal. À 9 ans, il siège à côté de son frère le roi Charles IX aux États généraux de 1560. Il l'accompagne ensuite dans son grand tour de France et en 1565, à l'âge de quatorze ans, il est chargé, à l'occasion de l'entrevue de Bayonne d'aller en Espagne chercher sa sœur la reine Elisabeth.

En grandissant, il devient l'enfant préféré de sa mère Catherine de Médicis qui désire qu'Henri devienne le plus ferme appui de la royauté. À seize ans, il est nommé lieutenant général du royaume. Cette très haute charge militaire fait de lui le second du royaume après le roi son frère. Malheureusement, cette élévation subite contrarie les ambitions politiques du prince de Condé, qui convoitait également cette charge. Leur mauvaise entente pousse Condé, qui est également chef des protestants, à quitter la cour et à rouvrir les hostilités.

Henri s'investit alors personnellement durant les deuxième et troisième guerres de religion. Adroitement conseillé par Gaspard de Saulx-Tavannes, il s'illustre en remportant les batailles de Jarnac, au cours de laquelle Condé est assassiné par le capitaine des gardes du duc d'Anjou, puis de Moncontour. Henri laisse la dépouille princière être tournée en ridicule par le peuple et promenée pendant deux jours sur une ânesse, s'attirant ainsi la rancœur d'Henri Ier de Bourbon-Condé, le fils et successeur de Louis.

Les hauts faits militaires d'Henri durant la guerre ont développé sa réputation en Europe tout en attisant la jalousie du roi son frère, à peine plus âgé que lui. Sa grâce et sa popularité, ainsi que son ingérence politique, irritent Charles IX, avec qui Henri s'entend de plus en plus mal.

Très tôt, le duc d'Anjou est confronté à la politique. Plus proche des Guise que des Montmorency, il prône au sein du conseil royal - où sa mère l'a introduit - une politique de rigueur contre les protestants. Son ambition de gouverner et ses aptitudes à le faire font de lui, aux yeux de ses contemporains, un successeur potentiel très attendu. Catherine de Médicis a l'ambition de lui faire épouser une haute princesse, mais Henri n'a d'yeux que pour la belle Marie de Clèves. Tandis que la reine mère persiste à vouloir donner à son fils une couronne royale en Europe, les tractations avec Élisabeth Ire, reine d'Angleterre, échouent à cause des exigences religieuses du prince.

Durant les épisodes de la Saint-Barthélemy, Henri prend parti pour une action contre les chefs protestants : s'il n'est pas possible de prouver sa présence dans les rues au moment du massacre, il est en revanche certain que ses hommes participèrent activement au meurtre des militaires protestants[2].

En janvier 1573, le roi lui confie le commandement de l'armée pour s'emparer de la ville de La Rochelle, capitale du protestantisme français. Malgré les moyens utilisés, le siège s'avère un échec. Les pertes du côté catholique sont importantes et Henri lui-même est blessé. La trêve est sonnée quand Henri apprend de sa mère qu'il a été élu roi de Pologne.

La période polono-lituanienne[modifier | modifier le code]

La reine Catherine avait envoyé l'évêque de Valence, Jean de Monluc, en ambassade extraordinaire pour soutenir devant la Diète la candidature de son fils au trône polonais, lors des élections libres de 1573. Grâce à son talent de diplomate, Montluc réussit à la convaincre et le 11 mai 1573, Henri est élu roi de la Rzeczpospolita de Pologne-Lituanie sous le nom d'Henri de Valois (Henryk Walezy). Le 19 août 1573, une grande délégation polonaise composée de 10 ambassadeurs et 250 gentilshommes est envoyée en France pour aller le chercher. Le nouveau roi fut obligé de signer la première Pacta Conventa et Les Articles du Roi Henry (Artykuły Henrykowskie), que tous les souverains polono-lituaniens de l’avenir auront à respecter. Selon ces documents Henri devait arrêter les persécutions contre les protestants en France et estimer la tolérance religieuse en Pologne conforme avec la Confédération de Varsovie (Konfederacja Warszawska, 1573). Henri, n'étant pas pressé de quitter la France, fit traîner son départ. Il dut s'exécuter devant les exigences du roi son frère, à qui il fit ses adieux en décembre 1573.

Parti de Fontainebleau, il arrive à Cracovie le 18 février 1574 après une traversée assez difficile des pays allemands. Il est accompagné par une troupe nombreuse de gentilshommes de qualité : Albert de Gondi, Louis de Gonzague, Charles de Mayenne, François d'O

Le 21 février, le jeune prince de 23 ans est sacré roi, mais refuse d'épouser Anna Jagellon, sœur de Sigismond II Auguste, une femme quinquagénaire qu'il juge « laide ».

Il apprend par une lettre le 14 juin 1574 la mort de son frère Charles, et songe alors à quitter la Pologne. Un roi de Pologne n'a pas autant de pouvoir qu'un roi de France et Henri regrette la cour de France réputée dans toute l'Europe pour ses fêtes. Sans la permission de la diète polonaise, il s'échappe en catimini dans la nuit du 18 juin 1574 du palais royal du Wawel.

Après un interrègne de dix-huit mois, la diète élira un nouveau roi de Pologne en la personne du souverain de la Transylvanie Étienne Bathory (1575).

Retour en France[modifier | modifier le code]

Henri arrive à Vienne en Autriche, le 23 juin où il rencontre l'empereur Maximilien II. La capitale autrichienne l'accueille avec faste et il y dépense près de 150 000 écus. Il atteint ensuite l'Italie et s'y arrête plus longuement.

Louise de Lorraine (1575)

La magnificence avec laquelle la République de Venise le reçoit à son tour émerveille le jeune souverain. Il a peut-être là une brève liaison avec la courtisane Veronica Franco. Il passe ensuite à Padoue, Ferrare et Mantoue. En août, il est à Monza où il rencontre Charles Borromée qui l'impressionne vivement. À Turin, Henri III retrouve sa tante Marguerite de France, puis le duc de Savoie vient le chercher pour l'emmener à Chambéry. Il traverse donc les Alpes à bord d'une litière vitrée. Il rapporte certaines modes, notamment selon la légende celle de la fourchette[3].

Franc d'Henri III au col fraisé, argent frappé en 1582

Il arrive à Chambéry le 2 septembre 1574 où il retrouve son frère François d'Alençon et son cousin Henri de Navarre. Le 6 septembre il est accueilli à Lyon par sa mère. Il souhaite l'annulation du mariage de Marie de Clèves afin de l'épouser, mais le 30 octobre, alors qu'il vient d'arriver à Avignon, il apprend la mort de celle-ci. Cette nouvelle l'anéantit et il refuse de s'alimenter pendant dix jours.

Le 13 février 1575, Henri troisième du nom, est sacré dans la cathédrale de Reims par le cardinal de Guise. Lors du sacre la couronne de sacre, à plusieurs reprises, manque de tomber de la tête du nouveau souverain, et les célébrants oublièrent de faire jouer le Te Deum. Le 15 février, il épouse Louise de Vaudémont-Nomény, princesse de Lorraine. Il n'aura pas d'enfant de ce mariage d'amour[4].

Le début d'un règne marqué par la guerre[modifier | modifier le code]

Henri III
Portrait équestre d'avènement (1574)
Le roi apparaît sur un fond de ruines comme l'élu qui restaurera la France

Dès son avènement, Henri III est confronté à la guerre menée par Henri de Montmorency comte de Damville, dit roi du Languedoc. À la Cour, il doit faire face aux complots fomentés par son frère François d'Alençon, qui mène le parti « des Malcontents », et le roi de Navarre, le futur Henri IV, lesquels finissent par s'enfuir de la cour et prendre les armes. Tandis qu'Alençon s'allie avec le parti protestant, le roi de Navarre retourne à la religion calviniste. La campagne qui s'engage alors est désastreuse pour le roi. Le prince de Condé a fait appel au fils du comte palatin du Rhin Jean Casimir, qui vient avec ses mercenaires menacer Paris. Malgré la victoire du duc de Guise à Dormans sur l’avant-garde, Henri III doit s'incliner. Le 6 mai 1576, il accorde l'édit de Beaulieu, autrement appelé la paix de Monsieur dont son frère François est le principal gagnant. Henri III lui accorde le titre de duc d'Anjou. Les protestants obtiennent quant à eux de très nombreux avantages, ce qui renforce la rancœur des catholiques et contribue à faire naître les premières ligues.

Humilié, Henri III ne cherche qu'à reprendre sa revanche. Il doit tout d'abord réunir à la fin de l'année les États généraux à Blois dans le but de combler les déficits budgétaires causés par la guerre. Sous la pression des députés catholiques, Henri III décide de reprendre la guerre contre les protestants. Auparavant, il a pris soin de se réconcilier avec son frère qui, comblé de bienfaits, marche à ses côtés. Henri de Montmorency se rallie également à la cause royale. Ainsi débute la 6e guerre de religion dont le déroulement aura lieu principalement en Languedoc. La ville de Montpellier, prise par les protestants, voit sa citadelle rasée par les troupes catholiques. Le 17 septembre 1577, la paix de Bergerac est signée entre les belligérants et l'édit de Poitiers restreint quelque peu les libertés accordées aux protestants dans l'édit précédent.

Une puissance encore fragile[modifier | modifier le code]

La flotte française se fait écraser par la flotte espagnole le 26 juillet 1582 aux Açores

Henri III laisse à sa mère Catherine de Médicis le soin de parfaire la paix. Elle effectue un séjour à Nérac où elle réconcilie le couple Navarre et signe le 28 février 1579, un édit accordant aux protestants trois places de sûreté en Guyenne et onze places en Languedoc, pour une durée de six mois. Elle entame ensuite un grand tour du royaume de France. Les efforts de la reine-mère n'empêchent pas la guerre de se rallumer très brièvement. En 1580, la 7e guerre de religion appelée « Guerre des Amoureux », éclate en France. Elle sera de très courte durée et le frère du roi François, duc d'Alençon et d'Anjou négocie la paix du Fleix le 26 novembre 1580. Les négociateurs prévoient une trêve de six ans.

Toujours sur les conseils de sa mère, Henri III soutient les ambitions du duc d'Alençon aux Pays-Bas, tout en le désavouant devant l'ambassadeur espagnol. Conscient des fragilités du pays, le roi ne veut pas se risquer à un conflit ouvert avec l'Espagne. Ses relations avec Philippe II d'Espagne sont alors au plus bas. En 1582, La France soutient Antoine, prétendant au trône du Portugal, alors que Philippe II occupe le pays. Commandée par Philippe Strozzi, la flotte française est lourdement mise en échec à la Bataille des Açores, permettant l'annexion de l'Empire portugais par l'Espagne. Les Français sont exécutés sans pitié et Strozzi trouve la mort.

La même année, les Français échouent également aux Pays-Bas avec la retraite désastreuse de François d'Anjou. Après la furie d'Anvers, le prince français doit se retirer faute de moyens, ce qui amène les Espagnols à reprendre le contrôle de la Flandre, qu'ils avaient perdu. Devant la montée en puissance de l'Espagne, Henri III resserre plus que jamais l'alliance avec la reine d'Angleterre et reçoit l'ordre de la Jarretière.

Sa façon de gouverner[modifier | modifier le code]

Henri III est un chef d'État qui aime prendre connaissance des affaires du royaume et entend être au courant de tout. Dans son conseil, il s'entoure de juristes compétents, comme le comte de Cheverny, ou Pomponne de Bellièvre.

À la cour, il aime promouvoir des hommes de noblesse moyenne, à qui il va donner de très hautes responsabilités. Henri III veut s'appuyer sur ces hommes neufs pour régner. Sa cour voit donc apparaître des favoris qui connaissent, grâce au roi, une fortune fulgurante et qu'on va appeler vulgairement les mignons. Le roi a l'intention d'avoir autour de lui des hommes qui lui sont complètement dévoués. Pour concrétiser ce projet, il crée, en 1578, l'Ordre du Saint-Esprit, un ordre de chevalerie très prestigieux qui rassemble autour de la personne royale, les gentilshommes les plus distingués de la haute société.

Le roi aime impressionner ses sujets et organise des fêtes somptueuses, comme celles données en l'honneur du duc de Joyeuse en 1581. À cette occasion, on donne à la cour le somptueux Ballet comique de la reine. Le roi donne également d'importantes sommes d'argent, en récompense, aux serviteurs les plus zélés. Toutes ces dépenses, fortement critiquées ne manquent pas d'approfondir la dette du royaume, mais, pour le roi, qui n'hésite pas à emprunter d'importantes sommes au Grand Prévôt Richelieu (père du cardinal de Richelieu) ou au financier Scipion Sardini, la restauration de la puissance royale demeure la priorité.

Par ailleurs, Henri III organise plusieurs réformes importantes, notamment des réformes monétaires devant régler les problèmes financiers du royaume. Il rend aussi l'étiquette de la cour plus stricte, préfigurant ainsi celle de Versailles un siècle plus tard. Comme Louis XIV plus tard, il cherche à mettre sa majesté en valeur. C'est ainsi qu'apparaissent les barrières qui empêchent les courtisans de s'approcher de la table et du lit royal.

La Ligue[modifier | modifier le code]

Henri III
Portrait par François Quesnel (vers 1588)
Marqué par les malheurs de son temps, le roi adopte une vie austère et consacrée à la prière. En respectant la liturgie romaine, le roi et sa chapelle assistaient quotidiennement aux offices de la liturgie des Heures, à partir de cinq heures du matin, selon les bréviaire romain et missel romain[5]

La paix relative qui s'est installée pendant quelques années dans le royaume est minée lorsque François, le frère du roi, meurt de tuberculose en 1584 sans enfant. Henri III lui-même ne parvient pas à en avoir. Enceinte au début de son mariage, la reine Louise n'a eu que de faux espoirs. La dynastie des Valois est donc condamnée à s'éteindre. Selon la loi salique, l'héritage de la couronne reviendrait à la maison de Bourbon dont le chef, protestant, est Henri, roi de Navarre. Pour les catholiques, l'accession au trône d'un huguenot est rédhibitoire; même la réconciliation entre le roi de France et le roi de Navarre est inacceptable.

Le duc de Guise, craignant l'arrivée sur le trône d'Henri de Navarre, signe avec l'Espagne un traité secret. Contre 50 000 écus mensuels, le duc s'engage à empêcher Henri de devenir roi de France et à placer plutôt le cardinal de Bourbon, catholique, sur le trône.

Sous la pression de la Ligue et de son chef, le très populaire duc de Guise, Henri III se voit contraint de signer le traité de Nemours le 7 juillet 1585. Le roi s'y engage à « bouter les hérétiques hors du royaume » et à faire la guerre à Henri de Navarre, son propre héritier. La huitième et dernière guerre de religion commence. Elle est appelée « Guerre des trois Henri », car Henri de Guise, Henri III de France, et Henri III de Navarre en sont les trois belligérants.

Le 20 octobre 1587, à la Bataille de Coutras, les troupes catholiques du roi dirigées par le duc de Joyeuse se heurtent à celles d'Henri de Navarre, en route depuis La Rochelle pour rallier une armée de 35 000 huguenots qui doit marcher sur Paris. Pour l'armée catholique, la confrontation tourne à la catastrophe : 2 000 de ses soldats y périssent, alors qu'Henri de Navarre n'en perd que quarante. Le duc de Joyeuse est tué, ainsi que son frère Claude de Saint-Sauveur.

Les ambitions de la Ligue catholique et l'ampleur du mouvement qu'elle représente font ombrage au roi qui la prend en haine. Henri III tente par tous les moyens de freiner son expansion. Très vite, un fossé se creuse entre lui et les milieux catholiques urbains. Les catholiques lui reprochent son manque de vitalité et d'utilité dans la guerre contre les protestants. Henri III, en effet, est plus préoccupé des ambitions de la Ligue que des protestants. L'image du roi, ridiculisé par les pamphlets de la Ligue et par les sermons des curés parisiens, se détériore considérablement dans les milieux populaires. Le 8 mai 1588, le duc de Guise, malgré l'interdiction qui lui en avait été faite, entre à Paris. Craignant une prise de pouvoir des ultra-catholiques, Henri III fait, le 12 mai, entrer les Suisses et les Gardes-Françaises dans la capitale, ce qui déclenche une insurrection[6]. C'est la journée des barricades. Le 13 mai 1588, le roi quitte Paris pour Chartres.

Le 1er août 1588, Catherine de Médicis et Henri de Guise se rendent à Chartres et demandent au roi de revenir à Paris. Il refuse. Dissimulant son intention de se débarrasser de la Ligue, il signe à Rouen l'édit d'Union qui fait siennes les intentions de la Ligue. Dans le but d'obtenir des crédits pour poursuivre la guerre, il convoque les États généraux à Blois et congédie les membres de son conseil les plus fidèles, Bellièvre, Cheverny et Villeroy. Même le duc d'Épernon, bête noire de la Ligue, est officiellement disgracié.

Jacques Clément, ligueur fanatique, assassine le roi d'un coup de couteau

Le 23 décembre au matin, il fait assassiner[7] le duc de Guise et le lendemain, son frère le cardinal de Guise, jugé aussi dangereux que son frère, à coups de hallebarde. À Blois, il fait arrêter les ligueurs et les membres de la famille des Guise. Le 5 janvier 1589, il est au chevet de sa vieille mère qui meurt dans la nuit. L'assassinat du duc de Guise provoque le soulèvement immédiat de la France ligueuse. À Paris, la Sorbonne délie de son serment de fidélité le peuple de France, alors que les prêcheurs appellent au meurtre. Toutes les villes et les provinces suivent, à l’exception de Tours, Blois et Beaugency, proches du roi, et Bordeaux (tenue par Matignon), Angers (d’Aumont) et le Dauphiné (d’Ornano)[8]. Isolé, traqué par le duc de Mayenne près d’Amboise, Henri III se voit contraint de se réconcilier et de traiter avec le roi de Navarre le 3 avril 1589. Les deux hommes (Henri III et Henri de Navarre futur Henri IV) se rencontrent au Plessis-les-Tours le 30 avril 1589. Troupes royales et troupes protestantes s'unissent alors pour combattre la Ligue. Les royalistes se rallient peu à peu, et permettent aux rois de France et de Navarre de faire campagne pour aller assiéger Paris, plongé dans un délire fanatique[9]. Les deux rois ont réuni une armée de plus de 30 000 hommes qui s'apprête à assiéger la capitale. Paris est alors défendue par 45 000 hommes de la milice bourgeoise, armée par le roi d'Espagne Philippe II.

Mort[modifier | modifier le code]

Le 1er août 1589, Henri III, installé à Saint-Cloud dans l'attente du siège de Paris, est assassiné par Jacques Clément, dominicain ligueur. Alors que celui-ci vient de le poignarder, le roi s'exclame : « Méchant moine, tu m'as tué ! »[10]. Après une lente et douloureuse agonie, il décède au matin du 2 août 1589. Son cousin Henri de Navarre lui succède sous le nom d'Henri IV.

Henri III est le dernier souverain de la Maison capétienne de Valois, laquelle régna sur la France de 1328 à 1589.

Le mystère Henri III[modifier | modifier le code]

« Ce Roy étoit un bon prince, s’il eût rencontré un meilleur siècle. »[11] Ce sont les mots utilisés par le chroniqueur Pierre de L'Estoile à la mort du roi pour rappeler qu'en dépit de sa personnalité particulière et de l'explosion de haine qu'il a pu susciter, Henri III avait aussi ses qualités. Aujourd'hui encore, sa personnalité fait l'objet de discussions, notamment à propos de sa sexualité.

Sa personnalité[modifier | modifier le code]

Bal à la cour des Valois
Le roi tient deux bals par semaine au Louvre

Henri III est un homme de contrastes qui présente plusieurs facettes : celle d'un homme fier aux manières distinguées et solennelles, mais aussi celle d'un homme extravagant qui aime les divertissements et ses plaisirs. Sa personnalité est complexe. Son apparente douceur cache un esprit nerveux et inflexible.

Henri III est un homme élégant qui incarne la grâce et la majesté d'un roi. Il apprécie la mode et ses extravagances (boucles d'oreilles et fraise imposante). C'est aussi un homme d'une grande douceur qui abhorre la violence et évite toute confrontation belliqueuse. Il délaisse les activités physiques, bien qu'il soit une des plus fines lames du royaume. Son dégoût de la chasse et des activités guerrières, privilèges des nobles, comme son goût pour la propreté et l'hygiène, lui valent des critiques acerbes de la part de ses contemporains, dont beaucoup considèrent que c'est un comportement efféminé.

Éduqué dans un milieu humaniste, le roi encourage le monde des lettres en soutenant financièrement des écrivains (Desportes, Montaigne, Du Perron). Il s'adonne lui-même à la philosophie et malgré son hostilité aux protestants fait venir l'imprimeur Estienne à Paris.

Henri III est un roi plus apte à s'affairer dans son cabinet avec ses ministres qu'à guerroyer sur un champ de bataille. Ce qui ne l'empêcha point de faire plusieurs campagnes militaires et de rester ferme, donnant l'ordre d'exécuter à coups de pistolet le prince de Condé à Jarnac. C'est un homme très intelligent, qui fait généralement preuve de mansuétude vis-à-vis de ses adversaires et des villes rebelles qu'il reconquiert, recherchant des solutions diplomatiques, ce qui lui vaut parfois quelques revers.

Henri III est un homme pieux, profondément catholique. Avec l'âge, sa piété se développe. Les malheurs qui l'accablent à la fin de son règne lui donnent parfois un goût pour le macabre. Il s'adonne de manière ostentatoire aux processions des pénitents. De nature nerveuse, le roi est un grand malade. Henri III croit que ses malheurs (dont l'absence d'héritiers) et ceux de son royaume sont causés par ses péchés. Il passe donc son temps à se mortifier dans des monastères où, pendant quelques jours, il prend une retraite spirituelle.

Ses maîtresses[modifier | modifier le code]

Henri III et Louise de Lorraine. Estampe populaire du XIXe siècle

Les contemporains d'Henri III nous ont décrit le roi comme un homme aimant beaucoup les femmes. Si celles-ci furent assez peu connues, c'est qu’Henri III ne leur conféra jamais le titre de maîtresse officielle.

Dans sa jeunesse, Henri III se fait remarquer par une fréquentation assidue des femmes, au point que sa réputation et sa santé, en pâtissent[12]. En 1582, un ambassadeur italien disait : « Le roi a aussi eu quelques maladies pour avoir fréquenté dans sa jeunesse trop familièrement les femmes »[13].

Ses maîtresses les plus célèbres sont Louise de La Béraudière (de plus de vingt ans son aînée), Mme d’Estrées (mère de Gabrielle d’Estrées) et Renée de Rieux, issues de la moyenne noblesse[14]. Il fréquente également lors de son périple italien qui le ramène de Pologne en juin 1574, Veronica Franco, une courtisane vénitienne fort renommée à l'époque. À la même date, il entretient aussi une relation platonique avec la princesse de Condé, Marie de Clèves, pour qui il éprouva une passion démesurée. Sa mort survenue brutalement le 30 octobre 1574 amena le roi à prendre un deuil particulièrement ostensible qui étonna la cour.

Après son mariage avec Louise de Lorraine, les aventures d’Henri III se firent plus discrètes. Par respect pour son épouse qu’il aimait, il organisait ses rendez-vous avec les dames galantes, à l’écart du palais, dans des hôtels particuliers parisiens. Fait exceptionnel, Henri III avait choisi Louise de Lorraine pour sa beauté et son esprit et non pas pour des raisons politiques, comme c’était le cas pour la plupart des mariages royaux. Louise de Lorraine tenait une place très importante dans la vie sentimentale et spirituelle du roi. Un jour que Catherine de Médicis entra dans ses appartements sans se faire annoncer, elle la surprend en intimité sur les genoux de son mari[15]. Cette intimité quasi-exceptionnelle du couple royal n'empêche toutefois pas le roi de poursuivre ses aventures furtives avec une multitude de jeunes filles belles et enjouées (mesdemoiselles d’Assy, de La Mirandole, de Pont, de Stavay, ou encore une des sœurs de Gabrielle d’Estrées[16]). Louise de Lorraine et Catherine de Médicis, toutes les deux fort pointilleuses sur la moralité à la cour, avaient alors suffisamment d’influence sur le roi pour faire chasser ces maîtresses d’un jour.

Ses favoris[modifier | modifier le code]

Vision romantique de l'assassinat du duc de Guise, par Duprat, peintre du XIXe siècle. Cette scène rassemble divers élément qui ont fait la « légende rose » d'Henri III. Sur la droite, se trouvent deux mignons rendus ridicules par leur attitude maniérée et leur costume de couleur jaune et rose. L'artiste n'a pas omis de mettre entre les mains de l'un d'entre eux un bilboquet, qui donne au personnage un caractère frivole. La scène n'a rien d'historique, d'une part à cause de la présence de ces deux figures théâtrales, pur produit de l'imagerie populaire, et d'autre part, par le mépris ici manifesté au cadavre du duc de Guise.

Longtemps, l'image véhiculée d'Henri III a été indissociable de celle de ses favoris plus couramment appelés mignons[17], terme pourtant déjà en vogue au XVe siècle[18]. Au XIXe siècle, c'est un thème à la mode et plusieurs peintres et auteurs romantiques s'y sont essayés. Henri III est alors décrit et représenté entouré d'éphèbes efféminés, aux costumes excentriques et grotesques. Cette image caricaturale du roi est encore très répandue.

À cause des nombreux témoignages sur le côté entreprenant d'Henri III auprès des femmes, l'homosexualité stricte du roi longtemps véhiculée a été remise en cause par quelques historiens[19]. Une source importante qui évoque des aventures masculines est une source partisane, celle du diplomate savoyard Lucinge. Cet ennemi de la France avait écrit que le roi a été initié aux amours masculines par René de Villequier[20]. Les autres textes allusifs à l'homosexualité sont des pamphlets rédigés par des ligueurs radicaux, des calvinistes intransigeants ou encore par des membres du parti des Malcontents dans l'entourage du frère du roi François d'Angoulême ayant perdu la faveur royale[21] qui promeut alors des hommes nouveaux appartenant à la « noblesse seconde »[22] du royaume dans l'entourage du dernier Valois. Le raffinement des costumes, les nouvelles pratiques de cour, l'accès plus restreint au roi sont autant d'éléments qui irritent la haute-noblesse traditionnelle et remettent en cause le mode de gouvernementalité qui prévalait jusqu'au milieu du XVIe siècle selon lequel le roi gouvernait par conseil de sa noblesse. Les écrivains comme L'Estoile ou Brantôme, pourtant connus pour leurs informations scabreuses n'accordent aucun crédit à ces rumeurs et mettent en exergue, quant à eux, la passion du roi pour les femmes. D'Aubigné et Ronsard, par contre, n'hésitent pas nombre de fois dans des vers à brocarder le roi sur le sujet :

« Le roi comme l’on dit, accole, baise et lèche
De ses poupins mignons le teint frais, nuit et jour ;
Eux pour avoir argent, lui prêtent tour à tour
Leurs fessiers rebondis et endurent la brèche. »[23]

L'ambiguïté de l'image d’Henri III trouve peut-être également son explication dans la propagande particulièrement violente, suscitée contre lui par la Ligue. L'appel au soulèvement a été accompagné dans les derniers mois de son règne, d'une violente vague de calomnies destinées à pervertir l'image du roi dans l'esprit des Français. Le changement de dynastie n'a pas vraiment permis d'établir le portrait le plus impartial de ce roi attaqué et l'image trouble d'Henri III a continué de se perpétuer. En dépit des efforts de la reine Louise et de la duchesse d'Angoulème pour obtenir un soutien en faveur du défunt roi, ni Henri IV, trop soucieux de complaire aux Guise, ni l'Église n’examinèrent objectivement la vie privée de ce roi, ni ne cherchèrent même à punir les coupables de son assassinat.

En l'état actuel des recherches, il est donc impossible de conclure à la seule homosexualité du roi, de même qu'à sa stricte hétérosexualité au sens moderne de ces termes. Les perceptions contradictoires quant à la sexualité d'Henri III se retrouvent dans les œuvres de fiction : si, dans le roman La Reine Margot d'Alexandre Dumas, le prince est décrit comme hétérosexuel, l'adaptation cinématographique du roman réalisée en 1954 par Jean Dréville le représente, sous les traits de Daniel Ceccaldi, comme un homosexuel efféminé, tandis que la version suivante, réalisée en 1993 par Patrice Chéreau et où il est interprété par Pascal Greggory, en fait un pervers décadent, avant tout homosexuel mais également attiré par les femmes (en l'occurrence par sa sœur Marguerite).

Titulature complète[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arlette Jouanna (dir.), Histoire et dictionnaire des guerres de religion, 1559–1598, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1998, p. 962.
  2. Nicolas Le Roux, La faveur du roi, Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589), Seysse, Champ Vallon, 2001, p. 85. Voir également Denis Crouzet, La nuit de la Saint-Barthélemy. Un rêve perdu de la Renaissance, Fayard, 1994, p. 406-407. L'italien Fhilippo Cavriana est le seul contemporain à signaler la présence du duc d'Anjou dans les rues (à la tête de troupes et de pièces d'artillerie)
  3. Elisabeth Latrémolière, exposition « Festins de la Renaissance » du 7 juillet au 21 octobre 2012, Château Royal de Blois
  4. Fêtes et Crimes à la Renaissance : La Cour d’Henri III Exposition présentée par Pierre-Gilles Girault, mise en ligne le 18 juillet 2010
  5. http://books.google.fr/books?id=cSeyAAAAMAAJ&pg=PA182 Abbé Étienne Oroux, Histoire ecclésiastique de la cour de France, tome II, p. 182 - 195, Paris 1777.
  6. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p. 348
  7. Des historiens considèrent qu'il a été non pas assassiné mais exécuté dans le château de Blois par les « Quarante-cinq » (les gardes personnels du roi), le duc de Guise étant accusé de crime de lèse-majesté. Cela fait débat car il n'a pas eu droit à un procès.
  8. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p. 352
  9. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p. 353
  10. L'Histoire de France pour les nuls, Jean-Joseph Julaud, p. 287
  11. Journal de Henri III par Pierre de l’Estoile - Collection des mémoires relatifs a l’histoire de France - Alexandre Petitot – Paris - 1825 - Books Google
  12. Pierre Chevallier, Henri III : roi shakespearien, Paris, Fayard, 1985, p. 442.
  13. Lorenzo Priuli dans Pierre Champion, p. 709.
  14. Pierre Chevallier, op. cit., p. 442. ; Quid 2005, p. 753.
  15. Pierre Chevallier, op. cit., p. 448.
  16. Pierre Chevallier, Op. cit., p. 446 ; Quid 2005, p. 753.
  17. François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois, et autres fadaises, l'Histoire de France sans les clichés, p. 250
  18. Philippe Contamine, « Pouvoir et vie de cour dans la France du XVe siècle : les mignons », in Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Volume 138, Numéro 2, 1994, p. 541-554.
  19. Dans son étude sur le duc d’Anjou, Pierre Champion s'est fondé sur la correspondance des ambassadeurs espagnols du début des années 1570. Il nous apprend que des jeunes hommes avaient tenté en vain de corrompre Charles IX, que François d'Alençon avaient des « mœurs épouvantables », mais rien concernant Henri d'Anjou, hormis ses nombreuses aventures féminines.
  20. « Il a été imbu par lui du vice que la nature déteste (...) Je dirai seulement que le cabinet a été un vrai sérail de lubricité et de paillardise, une école de sodomie où se sont achevés les sales ébats que tout le monde a pu savoir. » Pierre Chevallier, op. cit., p. 366.
  21. Sur ces éléments, voir Nicolas Le Roux, La faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547-vers 1589), Seyssel, Champ Vallon, 2001, 805 p.
  22. Cf. Jean-Marie Constant, La noblesse en liberté, XVIe-XVIIe siècles, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2004, 294 p.
  23. Pierre de Ronsard, Adieu, « Cons rondelets » in Adieu, 1585.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources imprimées
  • Lettres de Henri III, roi de France, recueillies par Pierre Champion, publiées avec des compléments, une introduction et des notes pour la Société de l'Histoire de France (Legs Pierre Champion) par Michel François.
    • Tome I, 1557 - août 1574, Paris, Librairie C. Klincksieck, 1959, 386 p.
    • Tome II, 1er septembre 1574 - 6 août 1576, Paris, Librairie C. Klincksieck, 1965.
    • Tome III, 6 août 1576 - 10 mai 1578 et addenda, Paris, Librairie C. Klincksieck, 1972, 536 p.
    • Tome IV, 11 mai 1578 - 7 avril 1580, avec la collaboration de Bernard Barbiche et Henri Zuber, Paris, Librairie C. Klincksieck, 1984, 376 p.
    • Tome V, 8 avril 1580 - 31 décembre 1582, édition établie par Jacqueline Boucher, Paris, Honoré Champion, 2000.
    • Tome VI, 4 janvier 1583 - 20 mars 1585, édition établie par Jacqueline Boucher, Genève, Droz, 2006.
  • Pierre de L'Estoile, Registre-journal du règne de Henri III, édition établie par Madeleine Lazard et Gilbert Schrenck, Genève, Droz, coll. « Textes littéraires français », 1992-2003, 6 volumes.
  • René de Lucinge, sieur des Allymes, Lettres sur la cour d'Henri III en 1586, texte établi et annoté par Alain Dufour, Genève, Droz / Paris, Minard, , coll. « Textes littéraires français », 1966, 340 p., [compte rendu en ligne].
  • Jacqueline Vons (éd.), « Rapport d'autopsie du roi Henri III par le chirurgien Jacques Guillemeau », extrait de : Jacques Guillemeau, Les Œuvres De Chirurgie, Rouen, 1649, chez Jean Viret, François Vaultier, Clement Malassis et Jacques Besonge [De l’imprimerie de Pierre Maille], p. 857, [lire en ligne].
  • Pierre du Marteau (1666) « Recueil de diverses pièces servant a l'istoire de Henry III., Roy de France et de Pologne », augmente en cette nouvelle édition. - Cologne (numérisé par Google)
Biographies
  • Pierre Champion :
    • La jeunesse d'Henri III, 2 tomes, Paris, Bernard Grasset, 1941-1942.
    • Henri III, roi de Pologne, Paris, Bernard Grasset, 1943, 323 p., [compte rendu en ligne].
  • Philippe Erlanger, Henri III, Paris, Gallimard, coll. « Leurs figures », 1948, 314 p., [compte rendu en ligne].
  • Pierre Chevallier, Henri III : roi shakespearien, Paris, Fayard, 1985.
  • Jean-François Solnon, Henri III : un désir de majesté, Perrin, 2001.
  • Michel Pernot, Henri III, le roi décrié, Paris, Éditions de Fallois, 2013.
Études portant sur des aspects particuliers du règne
  • Jacqueline Boucher :
    • Société et mentalités autour de Henri III, Lille, Atelier Reproduction des thèses, Université de Lille III, 1981, 4 vol.  Réédition : Paris, Honoré Champion, coll. « Bibliothèque littéraire de la Renaissance », série 3, LXVII, 2007, 1 vol. , 1282 p., [compte rendu en ligne].
    • La cour de Henri III, Rennes, Ouest France, coll. « De mémoire d'homme : l'histoire », 1986, 224 p., [compte rendu en ligne].
  • Christiane Lauvergnat-Gagnière, « Snobs et Lettrés à la Cour de Henri III », in Bulletin de l'Association d'études sur l'humanisme, la réforme et la renaissance, 1982, vol. 15, no 15-2, p. 48-55, [lire en ligne].
  • Robert Sauzet (dir.), Henri III et son temps : actes du Colloque international du Centre de la Renaissance de Tours, octobre 1989, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « de Pétrarque à Descartes », 1992, 336 p.
  • Xavier Le Person :
    • « « Les larmes du roi » : sur l'enregistrement de l'Édit de Nemours le 18 juillet 1585 », in Histoire, économie et société, no 3, 1998, p. 353-376, [lire en ligne].
    • « Practiques » et « practiqueurs » : la vie politique à la fin du règne d'Henri III (1584-1589), Genève, Droz, 2002.
    • « « Practiques » et « practiqueurs » au temps d'Henri III », in Histoire, économie et société, no 3, 3e trimestre 2003, p. 349-365, [lire en ligne].
    • « Les « practiques » du secret au temps de Henri III », in Rives méditerranéennes, 17, 2004, [lire en ligne].
  • Nicolas Le Roux :
    • « Courtisans et favoris : l'entourage du prince et les mécanismes du pouvoir dans la France des guerres de religion », in Histoire, économie et société, no 3, 1998, p. 377-387, [lire en ligne].
    • La Faveur du roi. Mignons et courtisans au temps des derniers Valois (vers 1547 - vers 1589), Seyssel, Champ Vallon, coll. « Époques », 2001, 805 p., [compte rendu en ligne].
    • « La cour dans l'espace du palais. L'exemple de Henri III », in M. -F. Auzepy, Joël Cornette (dir.), Palais et Pouvoir, de Constantinople à Versailles, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2003, p. 229-267, [lire en ligne].
    • Un Régicide au nom de Dieu. L'assassinat d'Henri III, Paris, Gallimard, coll. « Les journées qui ont fait la France », 2006, [compte rendu en ligne].
  • Sylvie Daubresse, « Henri III au parlement de Paris : contribution à l'histoire des lits de justice », in Bibliothèque de l'école des chartes, no 159-2, 2001, p. 579-607, [lire en ligne].
  • Isabelle de Conihout, Jean-François Maillard et Guy Poirier (dir.), Henri III mécène des arts, des sciences et des lettres, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), 2006.
  • Pierre-Gilles Girault et Mathieu Mercier (dir.), Fêtes & Crimes à la Renaissance. La cour d'Henri III, Somogy éditions d'art, 2010.
  • Isabelle Haquet, L'Énigme Henri III. Ce que nous révèlent les images, Paris, Presses universitaires de Paris Ouest, 2011 (Prix de thèse Paul Ricœur 2011 de l'université Paris Ouest Nanterre La Défense).

Personnalités du règne d'Henri III (1574 - 1589)[modifier | modifier le code]

La famille :

Les Grands :

Les proches :

Les conseillers et serviteurs de l'État :

Les hommes de loi :

Les financiers :

Les hommes des arts et des lettres  :

Les ennemis :

Dans les arts[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Opéra[modifier | modifier le code]

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

  • L'Assassinat du duc de Guise, film français réalisé en 1897.
  • L'Assassinat du duc de Guise (1908), film français réalisé par André Calmettes. Rôle interprété par Charles Le Bargy.
  • L'Assassinat d'Henri III (1912), film français réalisé par Henri Desfontaines.
  • La Reine Margot (1954), film français réalisé par Jean Dréville. Rôle interprété par Daniel Ceccaldi. Ceccaldi incarne un prince outrageusement efféminé et maniéré, dans la veine comique. Également dépeint comme un comploteur brouillon ligué avec Henri de Navarre, le personnage du duc d'Anjou reprend ainsi des traits et caractères propres à François, duc d'Alençon (personnage absent de cette version cinématographique mais tenant un rôle plus important que celui de son frère aîné dans le roman d'Alexandre Dumas).
  • Si Paris nous était conté (film, 1955), film français réalisé par Sacha Guitry qui relate les grandes pages de l'Histoire de France. Une scène est consacrée à l'assassinat du roi Henri III (interprété par Jean Weber) par le moine Jacques Clément.
  • La Dame de Monsoreau (1971), feuilleton télévisé français réalisé par Yannick Andréi. Rôle interprété par Denis Manuel. Dans cette adaptation du roman d'Alexandre Dumas, Manuel interprète un roi intelligent, conscient de ses devoirs et soucieux de la dignité de sa charge bien que velléitaire et prompt au découragement face aux cabales des Guises et de son frère cadet François, duc d'Alençon. Confronté à cette succession de complots et de crises politiques, Henri III préfère se reposer entièrement sur son bouffon et confident Chicot ainsi que sur sa mère, Catherine de Médicis. Quant aux supposées tendances homosexuelles et possessives du roi vis-à-vis de ses mignons, elles sont illustrées par une scène où il surprend les époux Saint-Luc au lit, ce qui vaut sa disgrâce à François d'Espinay. Ce dernier se réfugie en Anjou dont le gouverneur, Louis de Bussy d'Amboise (Nicolas Silberg) se moque du souverain en évoquant le choc occasionné par cette liaison hétérosexuelle.
  • La Reine Margot (1994), film français réalisé par Patrice Chéreau. Rôle interprété par Pascal Greggory.
  • Elizabeth (1998), film britannique réalisé par Shekhar Kapur. Rôle interprété par Vincent Cassel. Alors duc d'Anjou, Henri est l'un des prétendants à la main de la reine d'Angleterre (Cate Blanchett). Cependant, à l'opposé du viril duc de Foix (personnage interprété significativement par Éric Cantona), le prince Valois n'est qu'un personnage maniéré et sans-gêne ; son goût pour le travestissement finit d'ailleurs par détourner Élisabeth Ire de son projet d'alliance matrimoniale. Par ce portrait de prétendant falot, le film contribue à l'idéalisation de son héroïne en dédouanant la « reine vierge » de la responsabilité de la rupture. En réalité, Henri et Élisabeth ne se sont jamais rencontrés ; c'est le frère cadet d'Henri, François, qui débarqua en Angleterre en tant que prétendant de la reine. De même, ni Henri, ni François ne séjournèrent en Écosse afin d'y rencontrer Marie de Guise (jouée par Fanny Ardant), décédée plusieurs années avant le début des négociations matrimoniales.
  • La Courtisane (1998), film américain réalisé par Marshall Herskovitz. Rôle interprété par Jake Weber.
  • La Dame de Monsoreau (2008), téléfilm français réalisé par Michel Hassan d'après l'œuvre d'Alexandre Dumas père, France 2.
  • La Princesse de Montpensier (2010), film français réalisé par Bertrand Tavernier, d'après la nouvelle éponyme de Madame de Lafayette. Le duc Henri d'Anjou, futur Henri III, y est interprété par Raphaël Personnaz.

Littérature[modifier | modifier le code]

Henri III apparait d'abord comme duc d'Anjou, puis comme roi de Pologne, et enfin comme roi de France dans la série de romans historiques d'Alexandre Dumas qui commence par La Reine Margot, 1845, La Dame de Monsoreau, 1846, Les Quarante-Cinq, 1847.

Il apparait également dans certains volumes de Fortune de France de Robert Merle dont Le Prince que voilà.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]