Jean-Michel Blanquer

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Jean-Michel Blanquer
Jean-Michel Blanquer en 2012.
Jean-Michel Blanquer en 2012.
Fonctions
Ministre de l'Éducation nationale
En fonction depuis le
(2 mois et 6 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Najat Vallaud-Belkacem (Éducation nationale)
Patrick Kanner (Jeunesse)
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité française
Parti politique SE (DVD)
Diplômé de université Paris-I
IEP de Paris
université Paris-II
Profession juriste
haut fonctionnaire

Jean-Michel Blanquer, né le à Paris, est un juriste, haut fonctionnaire et homme politique français.

Ancien recteur d'académie et ancien directeur de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC), il est nommé ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron, le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

En 1987, il rédige avec deux amis du collège Stanislas, François Baroin et Richard Senghor, une « Déclaration du troisième millénaire », qui se veut une version actualisée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789[1],[2]. Il restera par la suite proche de Baroin, qu'il dira être son « presque frère »[3].

Il est titulaire d'une maîtrise en philosophie (université Panthéon-Sorbonne[Depuis quand ?]) et d'un diplôme d'études approfondies en science politique (IEP de Paris, 1989)[4], docteur en droit (1993, université Panthéon-Assas)[5], et agrégé de droit public (1996).

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Entre 1989 et 1991, Jean-Michel Blanquer est chercheur coopérant à l’Institut français d'études andines à Bogota en Colombie. Après son passage à l'université Harvard, il est attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’université Panthéon-Assas entre 1992 et 1994, puis maître de conférences en droit public à l’université François-Rabelais de Tours jusqu'en 1996 où il devient professeur de droit public à l’Institut d'études politiques de Lille.

En 1998, il est nommé directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL), et enseigne le droit constitutionnel, la théorie du droit et le droit communautaire à l'université Sorbonne-Nouvelle ainsi qu'à l'Institut d'études politiques de Paris. Il occupe ce poste jusqu'en 2004, année où il est nommé recteur de l'académie de la Guyane pour deux ans. En 2006, il est amené à occuper le poste de directeur adjoint du cabinet du ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Gilles de Robien, poste qu'il quitte le 21 mars 2007 pour devenir recteur de l’académie de Créteil. Sous la direction de Jean-Michel Blanquer, cette académie deviendra un laboratoire[6] où sont expérimentées différentes mesures comme les conventions d'éducation prioritaires avec Sciences Po[7], ou encore l'expérience de l'internat d'excellence de Sourdun, qu'il qualifie lui-même d'« utopie éducative concrète »[8],[9] et qu'il est chargé de développer en France.

Le 23 décembre 2009, après des controverses (il propose de payer les élèves et de recruter des enseignants hors procédure[10]), il devient le directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO) de Luc Chatel au ministère de l'Éducation nationale. Il est notamment l’inspirateur du projet de repérage des élèves présentant des risques pour les apprentissages dès la maternelle, qui provoque un tollé auprès de la communauté éducative à l’automne 2011[11],[12].

Après avoir quitté le ministère le 21 novembre 2012, il tente une candidature infructueuse à la direction de l'IEP de Paris. Sur 32 prétendants, il fait partie des trois candidats retenus par le comité de recherche[13]. Selon Patrick Fauconnier du Nouvel Obs, des universitaires membres des conseils de Sciences Po auraient subi des pressions pour voter Frédéric Mion. Par ailleurs, Jean-Michel Blanquer aurait aussi perdu des voix en ne portant pas de projet de création d'une « école d’affaires publiques ou de gouvernement » à Sciences Po, contrairement à Frédéric Mion[14]. Selon Anne-Sophie Mercier du Canard enchaîné, Jean-Michel Blanquer est considéré comme « réac » et « trop à droite »[10].

Jean-Michel Blanquer devient directeur général du groupe ESSEC en juin 2013[15].

Proche d'Alain Juppé[16] et du think tank Institut Montaigne (« une boutique qui a toujours défendu un courant libéral de l’enseignement[17] ») , il est invité en 2015 par Sens commun pour une table ronde changer l'école à Marseille [10].

Ministre de l'Éducation nationale[modifier | modifier le code]

Il est nommé ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Édouard Philippe le [11]. Son directeur de cabinet est Christophe Kerrero, ancien membre du cabinet de Luc Chatel au ministère de l'Éducation nationale ; son chef de cabinet est Christophe Pacohil, qui occupait le même poste auprès de François Baroin, dont il est un ami, au ministère de l'Économie[18].

Juste après sa nomination, l'association SOS Éducation « très lié à Sens commun (mouvement politique) », publie une interview dans laquelle Jean-Michel Blanquer discute du jargon du socle des connaissances[10]. D'abord disponible en ligne, celle-ci disparaît ensuite, ce qui attire l'attention des médias. A sa lecture, Paul Devin, inspecteur de l’Éducation nationale et secrétaire général SNPI-FSU, y voit une future privatisation du service public[19], à travers le développement des écoles privées[20]. Le délégué général de l'association, « proche de la cathosphère » pour la journaliste du site arretsurimages.net, Juliette Gramaglia, justifie le retrait de l'interview, réalisée plusieurs semaines auparavant, par la crainte que l'image droitière de l'association ne cause du tort au ministre notamment lors des négociations avec les syndicats[21].

La première action de Jean-Michel Blanquer est de revenir sur une partie de la réforme du collège de sa prédécesseure en publiant un décret qui rétablit les classes bilangues, renforce les langues anciennes, rend facultatifs les enseignements pratiques interdisciplinaires et augmente l'autonomie des établissements[22].

Travaux[modifier | modifier le code]

Son mémoire de DEA[23] analyse les lois Savary sur l’éducation et leur conformité avec les grands principes constitutionnels. Ses séjours en Amérique latine, et notamment en Colombie où il vit de 1989 à 1991, l’amènent à publier des travaux sur la décentralisation et les nouvelles constitutions adoptées sur ce continent. Son travail de thèse intitulé « les méthodes du juge constitutionnel » porte sur le Conseil constitutionnel français[24]. Il met en évidence une théorie de la hiérarchie des normes qui aboutit à une mise en cause de la notion de bloc de constitutionnalité pour lui préférer celle de système de références au travers d’une analyse de l’influence constitutionnelle et des processus de décision du juge. La constitution de la Ve République est analysée comme la résultante de l’histoire constitutionnelle française depuis 1789 en utilisant les critères de la théorie du régime mixte[25].

En parallèle, Jean-Michel Blanquer développe une réflexion sur un autre terrain avec Changer d’ère[26] qui semble renouer avec une interprétation dialectique de l’histoire, en particulier en insistant sur le dépassement du critère du bien par le critère du vrai dans l’histoire du droit à partir de la fin du XVIIIe siècle. Ce paradigme entre en crise avec la Seconde Guerre mondiale pour laisser place à un paradigme plus difficile à définir, qui amène l’auteur à développer une théorie esthétique. À la croisée du travail de constitutionnaliste et de l’analyse philosophique, cet ouvrage permet de déceler une évolution vers une réflexion sur la succession de paradigmes juridiques et sur les ambivalences de la notion contemporaine d’État de droit. Pour l’auteur, le jus-naturalisme a donné naissance au positivisme, qui s’est retourné contre lui. Le même processus se produit avec l’État de droit, qui donne naissance à ce qu’il nomme la « société de droits », une réalité contraire au concept d’État de droit où une pluralité d’acteurs poursuivent des stratégies différentes devant une pluralité de juridictions, de droits et de procédures.[réf. nécessaire]

Il publie en 1999 avec Olivier Beaud un ouvrage collectif sur la responsabilité des gouvernants[27], qui montre une préoccupation concrète de l’évolution de la notion de responsabilité politique dans les systèmes constitutionnels contemporains. Ces travaux recoupent certains phénomènes pointés au titre de la société de droits : la pénalisation de la vie publique et plus globalement le risque de dilution de la distinction clé entre droit privé et droit public.

D’autre part ses nombreux articles sur l’Amérique latine montrent un intérêt particulier pour ce territoire, qu’il considère comme très significatif de l’évolution institutionnelle et constitutionnelle de la post modernité.[réf. souhaitée]

Décorations[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Avec Dario Fajardo, La decentralizacion en Colombia, estudios y propuestas, Ediciones IFEA/UNC, Bogotá, 1991.
  • Michel Baroin, les secrets d’une influence. Plon, Paris, 1992.
  • Avec Jérôme Cordelier, Le Sérail, histoire d’une promotion de l’ENA. Librairie académique Perrin, Paris, 1995.
  • Changer d’ère : progrès, déclin, transformation. Descartes et compagnie, Paris, 1996.
  • Dir. avec Christian Gros, La Colombie à l’aube du troisième millénaire, IHEAL, Paris, 1996.
  • Dir. avec Olivier Beaud, La Responsabilité des gouvernants, Descartes et compagnie, Paris, 1999.
  • Avec Hélgio Trinidade Helgio, Les Défis de l’éducation en Amérique latine, IHEAL, Paris, 2000.
  • Les Études de la documentation française : Amérique latine, 2002.
  • Avec Isidoro Cheresky, De la ilusión reformista al descontento ciudadano: las elecciones en Argentina, 1999-2001, Homo Sapiens ediciones, Rosario IHEAL, Paris, Instituto de Investigaciones Gino Germani (Universidad de Buenos Aires, Facultad de Ciencias Sociales), 2003.
  • Avec Hélène Quanquin, René Rémond, Willibald Sonnleitner et Christine Zumello, Voter dans les Amériques, 2005, 360 p.
  • Avec Fernando Carrillo Flórez et Willibald Sonnleitner, Explorando los territorios del voto: hacia un atlas electoral de Centroamérica. CAUDAL, Guatemala, CEMCA, México, 2006.
  • L'école de la vie. Pour que chacun puisse réussir, Paris, Odile Jacob, 2014, 310 p.
  • L’École de demain : Propositions pour une Éducation nationale rénovée, Paris, Odile Jacob, 2016, 152 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lemonde.fr/archives/article/1987/02/04/la-declaration-de-1789-revue-et-corrigee-par-trois-jeunes-parisiens_4021681_1819218.html.
  2. http://www.lemonde.fr/archives/article/1989/07/25/droits-de-l-homme-des-jeunes-de-quatre-vingts-pays-tentent-de-rediger-la-declaration-universelle-du-troisieme-millenaire_4140411_1819218.html.
  3. http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/10/22/jean-michel-blanquer-hyper-recteur_1257413_3224.html.
  4. http://www.sciences-po.asso.fr/profil/jeanmichel.blanquer89.
  5. Avec une thèse intitulée Les Méthodes du juge constitutionnel et dirigée par Jacques Robert.
  6. Le Monde, "Jean-Michel Blanquer, hyper-recteur", 5 novembre 2009
  7. Libération, « L'Académie cobaye du gouvernement fait sa rentrée », 2 septembre 2009
  8. Le Monde, « Sourdun, un internat d'excellence pour élèves ordinaires », 16 septembre 2009
  9. Marie-Sandrine Sgherri, « Éducation : l'excellence hors de prix », Le Point,‎ (lire en ligne)
  10. a, b, c et d Anne-Sophie Mercier, « Jean-Michel Blanquer. Le score enseignant. », Le Canard enchaîné,‎
  11. a et b Mattea Battaglia et Aurélie Collas, « Jean-Michel Blanquer, un spécialiste marqué à droite à l’éducation nationale », lemonde.fr, (consulté le 17 mai 2017)
  12. « L'évaluation en maternelle suscite un tollé », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  13. « Les conseils de Sciences Po Paris proposent Frédéric Mion comme directeur », sur europe1.fr, (consulté le 10 juin 2017)
  14. « Frédéric Mion : cet inconnu qui va devoir calmer Sciences Po », sur nouvelobs.com, (consulté le 10 juin 2017)
  15. Jean-Michel Blanquer va prendre la direction de l'ESSEC, nouvelobs.com, 15 mai 2013
  16. http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/05/17/jean-michel-blanquer-un-ministre-de-l-education-classe-a-droite_1570160
  17. http://www.liberation.fr/france/2017/06/07/education-le-liberal-institut-montaigne-maitre-a-penser-de-macron_1575198 Ismaël Halissat
  18. Ellen Salvi, « Matignon, Elysée, ministères... Les cabinets verrouillés du nouveau pouvoir », sur Mediapart, (consulté le 17 juillet 2017).
  19. Julien Rebucci, « Les Inrocks - En cachette, la sulfureuse association SOS Education efface tous ses liens avec le nouveau ministre de l'Education nationale », sur Les Inrocks, (consulté le 5 juin 2017)
  20. Marie-Estelle Pech, « La mystérieuse interview disparue du ministre de l'Éducation nationale », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  21. « En cachette, la sulfureuse association SOS Éducation efface tous ses liens avec le nouveau ministre de l'Éducation nationale », sur arretsurimages.net, (consulté le 16 juin 2017)
  22. « La réforme du collège sera enterrée le 8 juin »
  23. BLANQUER, Jean Michel, Les freins constitutionnels aux politiques publiques : les politiques publiques d’éducation, Mémoire de DEA : Études politiques, dirigé par J.L. Quermonne, IEP de Paris, 1989.
  24. BLANQUER Jean-Michel, Les méthodes du juge constitutionnel, Thèse de doctorat en droit public, dirigée par Jacques Robert, Paris 2, 1993.
  25. BLANQUER, Jean Michel, « L’ordre constitutionnel d’un régime mixte, le sens donné à la Constitution par le Conseil constitutionnel », Revue du droit public et de la science politique en France et à l’étranger, no 5-6,1998, PP. 1526-1540.
  26. BLANQUER, Jean-Michel, Changer d’ère : progrès, déclin, transformation. Descartes et compagnie, Paris, 1996. 116P.
  27. BLANQUER, Jean Michel, BEAUD Olivier, La responsabilité des gouvernants, Descartes et compagnie, Paris, 1999. PP7-14.
  28. http://www.legiondhonneur.fr/shared/fr/promo/lh/jo20110422lhpromotionpaque.html

Liens externes[modifier | modifier le code]