Jean-Michel Blanquer

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Jean-Michel Blanquer
Illustration.
Jean-Michel Blanquer en 2017.
Fonctions
Ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports[a]
En fonction depuis le
(3 ans, 6 mois et 8 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Jean Castex
Gouvernement Philippe I et II
Castex
Prédécesseur Najat Vallaud-Belkacem (Éducation nationale)
Patrick Kanner (Jeunesse)
Roxana Maracineanu (Sports)
Biographie
Date de naissance (55 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique LREM (depuis 2017)
Conjoint Anna Cabana (depuis 2020)
Diplômé de Université Panthéon-Sorbonne
IEP de Paris
Université Panthéon-Assas
Profession Juriste
Haut fonctionnaire

Jean-Michel Blanquer
Ministres français de l’Éducation nationale

Jean-Michel Blanquer, né le à Paris, est un juriste, haut fonctionnaire et homme politique français.

Après avoir été recteur d'académie, il est directeur général de l'enseignement scolaire auprès du ministre de l'Éducation nationale Luc Chatel sous la présidence de Nicolas Sarkozy, puis directeur de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC).

À partir de 2017, il est ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse dans les gouvernements d'Édouard Philippe. Il devient ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports au sein du gouvernement Jean Castex, en 2020.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Jean-Michel Blanquer naît le dans le 8e arrondissement de Paris, du mariage de Roland Blanquer, avocat[b], personnalité de la communauté pied-noir[2], et d'Anne-Marie Vendeuil, enseignante[3].

Il est père de quatre enfants[3]. Ses trois premiers enfants sont issus de son premier mariage en 1991 avec Sophie de Puybaudet[4]. Il divorce en 2012[5]. Après 14 ans de relation, en 2018, il se marie[6] en secondes noces avec son ancienne élève à l'Institut d'études politiques de Lille Aurélia Devos, vice-procureure et cheffe de section auprès du tribunal de grande instance de Paris[7],[8],[9] ; le couple se sépare en 2020[10]. Il est en couple avec Anna Cabana depuis l'été 2020[11],[12].

Études et diplômes[modifier | modifier le code]

Il fait sa scolarité au collège Stanislas[3], établissement privé catholique situé dans le 6e arrondissement de Paris[13]. En 1982, il y obtient un baccalauréat B[14].

En 1987, alors qu'il est étudiant à l'Institut d'études politiques de Paris, il rédige avec deux amis rencontrés au collège Stanislas, François Baroin et Richard Senghor, une « Déclaration du troisième millénaire », qui se veut une version actualisée de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789[15],[16]. Il reste ensuite proche de François Baroin, qu'il dira être son « presque frère »[13]. Il est un temps étudiant à l'université Harvard, grâce à la bourse d'excellence Lavoisier du ministère des Affaires étrangères[17].

Il est titulaire d'un diplôme d'études approfondies (DEA) de droit public, d'une maîtrise de philosophie, d'un second DEA en science politique (IEP Paris, 1989)[3],[18]. Il devient ensuite docteur en droit (université Panthéon-Assas, 1993)[19],[20] puis agrégé de droit public (1996)[3].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Attaché d'enseignement et de recherche[modifier | modifier le code]

Entre 1989 et 1991, Jean-Michel Blanquer est chercheur coopérant à l’Institut français d'études andines à Bogota, en Colombie. Il est attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l’université Panthéon-Assas de 1992 à 1994, puis maître de conférences en droit public à l’université de Tours. En 1996, il devient professeur agrégé de droit public à l’Institut d'études politiques de Lille[17], où il se lie d'amitié avec le futur directeur de l'institut, Pierre Mathiot[21]. De 1996 à 1998, il est également professeur à l'université Lille-II[17].

Directeur de l'IHEAL[modifier | modifier le code]

En 1998, il est nommé directeur de l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) de l'université Paris III Sorbonne-Nouvelle, et y enseigne le droit constitutionnel, la théorie du droit et le droit communautaire. En 2004, il est nommé recteur de l'académie de la Guyane pour deux ans. Puis, en 2006, il rejoint le cabinet du ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Gilles de Robien, comme directeur adjoint, poste qu'il quitte le pour devenir recteur de l’académie de Créteil, quand Xavier Darcos, dont il est proche, devient ministre. Sous sa direction, et avec l'appui du ministre, cette académie deviendra un laboratoire[13] où sont expérimentées des mesures telles qu'un microlycée pour les décrocheurs[22], les conventions d'éducation prioritaires avec Sciences Po[23] et l'internat d'excellence de Sourdun qu'il qualifie lui-même d'« utopie éducative concrète »[24],[25] et qu'il est chargé de développer en France.

Directeur général de l'enseignement[modifier | modifier le code]

Le , il devient le directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO) de Luc Chatel au ministère de l'Éducation nationale. Il est alors chargé d'élaborer et de mettre en œuvre la politique relative aux écoles, aux collèges ainsi qu'aux lycées généraux et professionnels. À l’automne 2011, lorsque le projet de repérage à la maternelle des élèves présentant des risques lors des apprentissages, dont il est l'inspirateur[26], provoque un tollé chez les syndicats, il déclare que « les professeurs sont en attente d'un outil comme ça », le projet s'inscrivant à ses yeux dans le plan de lutte contre l'illettrisme[27].

Après avoir quitté le ministère le , il tente une candidature infructueuse à la direction de l'IEP de Paris. Il fait partie des trois candidats, sur 32 prétendants, retenus par le comité de recherche[28]. Selon Patrick Fauconnier du Nouvel Obs, des universitaires membres des conseils de Sciences Po auraient subi des pressions pour voter Frédéric Mion. Jean-Michel Blanquer aurait aussi perdu des voix en ne proposant pas de projet d'« école d’affaires publiques ou de gouvernement » à Sciences Po contrairement à Frédéric Mion[29].

Jean-Michel Blanquer est nommé directeur général de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales en [30].

Il est décrit comme proche d'Alain Juppé[31] et du think tank Institut Montaigne (« qui a toujours défendu un courant libéral de l’enseignement »[32]). En 2015, il est invité par Sens commun, organisation proche de La Manif pour tous, à une table ronde à Marseille sur le thème de la réformabilité de l’école, mais ne pouvant pas s'y rendre, il se prête à une interview filmée[33].

Ministre de l'Éducation nationale[modifier | modifier le code]

Il est nommé ministre de l'Éducation nationale dans le premier gouvernement Philippe le [26]. Le portefeuille de la Jeunesse est ajouté à ses attributions le [34],[35].

Son directeur de cabinet est Christophe Kerrero, ancien membre du cabinet de Luc Chatel au ministère de l'Éducation nationale et membre de l'iFRAP. Son directeur adjoint de cabinet est Raphaël Muller, normalien, son ancien directeur de la communication à l'ESSEC, et son chef de cabinet est Christophe Pacohil, qui occupait le même poste auprès de François Baroin au ministère de l'Économie[36]. Il est le seul membre du gouvernement à avoir pratiqué le système des dépouilles annoncé par Emmanuel Macron au cours de sa campagne (changement d'une grande partie des directeurs d’administration centrale après une élection présidentielle). En effet, au moment de son arrivée, le ministre aurait rencontré tous ses directeurs et laissé à chacun la possibilité de s’associer ou non à sa ligne politique[37]. Il procède notamment au remplacement du directeur général de l’enseignement scolaire (DGESco), un poste clé de son administration[38] ; L'Opinion indique : « S’il a pu le faire, c’est qu’il connaît « la maison ». Et qu’il avait sous la main les hommes de rechange. Par ailleurs, il a fait l’inverse de ses prédécesseurs, qui à leur arrivée « faisaient tourner » les recteurs d’académie, mais laissaient en place la plupart des directeurs »[39].

Il annonce être membre de La République en marche en [40].

Juste après sa nomination, l'association SOS Éducation publie une interview dans laquelle Jean-Michel Blanquer discute du jargon du socle des connaissances. D'abord disponible en ligne, celle-ci disparaît ensuite, ce qui attire l'attention des médias. À sa lecture, Paul Devin, inspecteur de l'Éducation nationale et secrétaire général du syndicat national du personnel d'inspection SNPI-FSU, y voit une future privatisation du service public[41], à travers le développement des écoles privées[42]. Le délégué général de l'association, « proche de la cathosphère » pour la journaliste du site Arrêt sur images, Juliette Gramaglia, justifie le retrait de l'interview, réalisée plusieurs semaines auparavant, par la crainte que l'image droitière de l'association ne cause du tort au ministre notamment lors des négociations avec les syndicats[43].

Ses premières mesures au ministère (notamment, le dédoublement des classes de CP dans le réseau d'éducation prioritaire) sont reçues avec enthousiasme par une partie de l'opinion, mais beaucoup de personnes interrogées doutent encore de ses capacités à réformer efficacement l'Éducation nationale dans un contexte budgétaire étriqué[44].

La première action de Jean-Michel Blanquer est de revenir sur une partie de la réforme du collège de son prédécesseur immédiat, Najat Vallaud-Belkacem, en publiant un décret qui rétablit les classes bilangues, renforce les langues anciennes, rend facultatifs les enseignements pratiques interdisciplinaires et augmente l'autonomie des établissements[45].

Peu avant la rentrée des classes 2017, il affirme vouloir que les enseignants s’appuient sur la méthode syllabique pour l'apprentissage de la lecture, et non pas sur la méthode globale[46]. La secrétaire générale du Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUIPP) s'interroge : « Est-ce de la méconnaissance ou la volonté de manipuler l'opinion en faisant croire que les enseignants appliquent la méthode globale, que l'école fait n'importe quoi et qu'on va remettre de l'ordre dans tout ça ? »[47]. Les syndicats s'interrogent également sur la mise en place matérielle du CP à 12 élèves, autre mesure phare du programme d'Emmanuel Macron appliquée dès la rentrée 2017.

En , il confirme l'interdiction du téléphone portable dans les écoles et collèges dès la rentrée 2018. Cette mesure figurait dans le programme d'Emmanuel Macron[48].

En 2018, il mène une réforme du baccalauréat général et technologique et une réforme du lycée. Elle est critiquée, notamment par le sociologue Pierre Merle, qui l'assimile à « une révolution conservatrice »[49], et entraîne des tensions avec la communauté éducative[38].

Il déploie également des unités mobiles « laïcité » dans les lycées, afin de lutter contre « la radicalisation islamiste »[50].

Jean-Michel Blanquer pense que l’existence de lycées privés sous contrat d’association avec l’État appartenant à des fonds de pension américains ne pose pas de problème en l'état et soutient l'intérêt de l'enseignement privé. Il écrivait ainsi dans son ouvrage L’École de demain. Propositions pour une éducation nationale rénovée : « L’enseignement privé pourrait être un partenaire plus important encore du service public par sa capacité à expérimenter et à accompagner certains des grands enjeux sociaux et sociétaux de notre temps »[51].

En , il annonce la suppression de 1 800 postes dans l'enseignement secondaire sur les postes administratifs, amorçant une tendance opposée à l'évolution de la démographie scolaire puisque le nombre d'élèves devrait croître de 170 000 élèves entre les rentrées 2017 et 2022[52].

À partir de la rentrée 2018, un mouvement de contestation intervient contre son action. La réforme du lycée et du baccalauréat, la loi pour « une école de la confiance » et l'absence de revalorisation salariale sont au centre de la contestation[53]. Le mouvement a au début une tournure classique, s’organisant autour des syndicats enseignants et lycéens, mais, sur le modèle du mouvement des Gilets jaunes, des enseignants mènent ensuite des actions sous l'appellation des « Stylos rouges »[54]. Lors des épreuves du baccalauréat de 2019, pour la première fois depuis la création du baccalauréat, des enseignants convoqués pour assurer la surveillance des épreuves se mettent en grève[55]. Les rectorats sont donc obligés de faire appel à des étudiants, des contractuels ou du personnel administratif pour assurer le bon déroulement des épreuves[56]. Ne recevant pas de proposition de discussion, une partie des enseignants correcteurs du baccalauréat décident alors de ne pas saisir les notes dans le logiciel de remontée au niveau national[57]. La veille des résultats du baccalauréat, environ 80 000 copies manquent selon le secrétaire d'État auprès du ministre de l’Éducation nationale[53], entraînant des dysfonctionnements dans les jurys[58]. Afin que tous les élèves puissent avoir leurs résultats le , Jean-Michel Blanquer demande que les notes du contrôle continu issues du livret scolaire soient utilisées pour attribuer les notes manquantes[59].

D’ à , il est la deuxième personnalité politique la plus présente dans les matinales, avec 47 passages, derrière Yannick Jadot[60]. En , un sondage Odoxa fait état d'une forte baisse de sa popularité, indiquant que 46 % des Français ont une bonne opinion de lui, soit 16 points de moins que dix-huit mois plus tôt[61] : il s'avère particulièrement impopulaire chez les ouvriers (76 %), les salariés du public (63 %), les sympathisants de La France insoumise (62 %) et du Rassemblement national (69 %)[61]. Le même sondage indique que ses réformes sont soutenues par l’opinion publique, exceptée la réforme du lycée et du bac[61].

À la suite de l'appel de Valérie Masson-Delmotte à renforcer le contenu des programmes en connaissance du climat et de la mobilisation de jeunes pour le climat, il saisit en le Conseil supérieur des programmes pour ajouter « des contenus d’enseignement complémentaires sur les enjeux du changement climatique, du développement durable et de la biodiversité ». Le conseil auditionne des experts du climat comme Valérie Masson-Delmotte et Jean Jouzel ou François Gervais, spécialiste des supraconducteurs et climatosceptique notoire. Le Journal de l'environnement rappelle que l'accord de Paris impose aux pays signataires de prendre des « mesures pour améliorer l’éducation, la formation […] compte tenu de l'importance que revêtent de telles mesures pour renforcer l'action engagée au titre du présent accord »[62].

En octobre 2019, il prend position sur le port du voile dans la société française, alimentant une polémique[63],[64] jusqu'au sein de la majorité gouvernementale[65].

En février 2020, il nomme à la tête du réseau public Canopé Marie-Caroline Missir[66],[67], ancienne directrice du développement de digiSchool [68],[69].

Il annonce dans le même temps une consultation des 850 000 enseignants du primaire et du secondaire. Cette consultation prend la forme d'un questionnaire en ligne réalisé par l'institut de sondage privé OpinionWay, dont les résultats doivent être transmis au Conseil scientifique de l'Éducation nationale, proche du ministre. Le magazine L'Obs estime que le questionnaire « semble prendre comme présupposé que le malaise actuel des enseignants répond à des causes préexistant à l'arrivée du ministre Blanquer », et que le choix des questions comme leur libellé visent à « noyer le poisson »[70]. Selon Libération, le sondage est « ouvert à tous. Il est possible de répondre plusieurs fois, sans même être concerné par cette consultation » [71].

Son passage au gouvernement est également marqué par la fermeture des établissements scolaires dans le cadre de la pandémie de Covid-19. Durant cette période, il est mis en place des outils de travail à distance, après une formation personnelle de chaque professeur son leur temps libre, tandis que les épreuves du baccalauréat et du diplôme national du brevet sont remplacées par un contrôle continu [72]. Cependant, lorsqu'il annonce le son plan de déconfinement pour les établissements d'enseignement, il prend de court le Premier ministre : « Blanquer a fait ses annonces alors que les arbitrages n’avaient pas été validés avec Matignon et qu’on lui avait demandé de ne pas communiquer sur ce sujet »[73],[74],[75].

Régulièrement, des tribunes critiquent l'action du ministre, ou, plus rarement, la soutiennent[76],[77]. Elles émanent de maires[78], d'enseignants[79],[80],[81],[82],[83] et d'universitaires[84],[85],[86], d'inspecteurs d'académie[87], d'associations[88], de syndicats et partis politiques[89],[90],[91], et d'artistes[92]. En , un collectif de cadres de l'éducation nationale, le « Groupe Grenelle » entend dénoncer « un système éducatif détourné de ses fondements républicains » et critique le projet « réactionnaire » du ministre, à qui il reproche « un double discours permanent »[93],[94].

En octobre 2020, après l'assassinat de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, il affirme sur Europe 1 et au Sénat que que « l’islamo-gauchisme fait des ravages à l’université », soutenant qu'il existe « des courants islamo-gauchistes très puissants dans les secteurs de l’enseignement supérieur qui commettent des dégâts sur les esprits ». La Conférence des présidents d'université (CPU) fait alors part de « l'émotion suscitée » par les propos du ministre[95]. Dans une tribune du Monde, une centaine d'universitaires dénoncent au contraire « les frilosités de nombre de leurs pairs sur l’islamisme » et les « idéologies indigénistes, racialistes et décoloniales » et soutiennent les propos du ministre de l'Éducation[96]. Ils sont à leur tour dénoncés, ainsi que Jean-Michel Blanquer, par deux tribunes parues dans les colonnes du même journal rassemblant à elles deux plus de deux mille signatures d'universitaires et de chercheurs[97],[98].

Polémique sur le financement du syndicat Avenir lycéen[modifier | modifier le code]

En novembre 2020, Mediapart révèle que Jean-Michel Blanquer et son ministère ont attribué deux subventions de 65 000  en 2019 puis 30 000  en 2020 (le versement de cette dernière étant suspendu après les révélations de Mediapart[99]) au syndicat lycéen à la ligne pro-gouvernementale « Avenir lycéen », dont la plupart des membres sont également adhérents des Jeunes avec Macron, pour un congrès qui ne se tiendra pas, et de nombreuses dépenses (hôtels luxueux, restaurants étoilés, matériel électronique onéreux) paraissant injustifiées au regard des statuts et objectifs de l'association[100].

À la suite de ces révélations, le président du syndicat ainsi que sept dirigeants démissionnent, dont aucun ne fait cependant partie des personnes citées par Mediapart comme ayant bénéficié des fonds de l'association[101]. Le ministère, qui n'a pas tenu compte des avertissements écrits de certains des membres du syndicat, annonce à la suite de la publication de cet article qu'il diligente une enquête[99],[102]. Mediapart publie ensuite les écrits qui « prouvent que le ministère de l’éducation nationale a été informé des dérapages financiers au sein d’Avenir lycéen »[103]. Dans un autre article, le journal révèle, documents et témoignages à l'appui, que, contrairement à ce qu'assure le cabinet du ministre, « Jean-Michel Blanquer a […] personnellement échangé avec plusieurs dirigeants du syndicat […] sur des projets politiques en cours » et a donné personnellement son approbation pour la création de l'association[104].

Ces accusations sont confortées par une enquête de Libération qui révèle « comment la structure, officiellement apolitique, a été créée fin 2018 et pilotée depuis la Rue de Grenelle pour servir les intérêts du ministère et contrecarrer la mobilisation contre la réforme du bac »[105]. L'enquête révèle également qu'à plusieurs reprises en 2018, et dans plusieurs académies, notamment celle de Créteil et d'Orléans-Tours, les rectorats ont fait pression sur des élèves élus aux Conseils académiques de la vie lycéenne (CAVL) afin que ceux-ci relaient sur les réseaux sociaux des textes écrits par les services de communication du rectorat, et leur ont demandé de mentionner le syndicat Avenir lycéen, avant même la déclaration en préfecture de ce syndicat soutenu financièrement et techniquement par le ministère de l'Éducation nationale[105]. Après les dénégations du ministère, Libération publie les preuves de cette implication[106].

Ces révélations provoquent une vague d'indignation chez les organisations de jeunesse et les parlementaires de gauche, notamment LFI, PCF et socialiste, qui appellent à signer une proposition de résolution pour créer une commission d’enquête parlementaire sur l’activité du syndicat Avenir lycéen et ses liens avec l’exécutif[107],[108],[109],[103], tandis que des députés LREM apportent leur soutien au ministre dans une tribune[110].

Travaux[modifier | modifier le code]

Son mémoire de diplôme d'études approfondies[111] analyse les lois Savary sur l’éducation et leur conformité avec les grands principes constitutionnels. Son travail de thèse intitulé « les méthodes du juge constitutionnel » porte sur le Conseil constitutionnel français[112]. Il met en évidence une théorie de la hiérarchie des normes qui aboutit à une mise en cause de la notion de bloc de constitutionnalité pour lui préférer celle de système de références au travers d’une analyse de l’influence constitutionnelle et des processus de décision du juge. La constitution de la Cinquième République est analysée comme la résultante de l’histoire constitutionnelle française depuis 1789 en utilisant les critères de la théorie du régime mixte[113].

En parallèle, Jean-Michel Blanquer développe une réflexion sur un autre terrain avec Changer d’ère[114]. Il publie en 1999 avec Olivier Beaud un ouvrage collectif sur la responsabilité des gouvernants[115].

Il publie en 2015 avec Marc Milet un ouvrage sur deux grands juristes du début du XXe siècle, L’invention de l’État : Léon Duguit, Maurice Hauriou et la naissance du droit public moderne (Odile Jacob)[116].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Avec Dario Fajardo, La decentralizacion en Colombia, estudios y propuestas, Ediciones IFEA/UNC, Bogotá, 1991.
  • Michel Baroin, les secrets d'une influence. Plon, Paris, 1992.
  • Avec Jérôme Cordelier, Le Sérail, histoire d'une promotion de l'ENA. Librairie académique Perrin, Paris, 1995. Il s'agit pour l'ENA de la promotion 1957-1959 « Vauban » d'où furent notamment issus Jacques Chirac, Bernard Stasi et Jacques Friedmann.
  • Changer d'ère : progrès, déclin, transformation. Descartes & Cie, Paris, 1996.
  • Dir. avec Christian Gros, La Colombie à l'aube du troisième millénaire, IHEAL, Paris, 1996.
  • Dir. avec Olivier Beaud, La Responsabilité des gouvernants, Descartes & Cie, Paris, 1999.
  • Avec Hélgio Trinidade Helgio, Les Défis de l'éducation en Amérique latine, IHEAL, Paris, 2000.
  • Les Études de la documentation française : Amérique latine, 2002.
  • Avec Isidoro Cheresky, De la ilusión reformista al descontento ciudadano: las elecciones en Argentina, 1999-2001, Homo Sapiens ediciones, Rosario IHEAL, Paris, Instituto de Investigaciones Gino Germani (Universidad de Buenos Aires, Facultad de Ciencias Sociales), 2003.
  • Avec Hélène Quanquin, René Rémond, Willibald Sonnleitner et Christine Zumello, Voter dans les Amériques, 2005, 360 p.
  • Avec Fernando Carrillo Flórez et Willibald Sonnleitner, Explorando los territorios del voto: hacia un atlas electoral de Centroamérica. CAUDAL, Guatemala, CEMCA, Mexico, 2006.
  • L'école de la vie. Pour que chacun puisse réussir, Paris, Odile Jacob, 2014, 310 p.
  • Avec Marc Milet, L'invention de l'État : Léon Duguit, Maurice Hauriou et la naissance du droit public moderne, Paris, Odile Jacob, 2015
  • L'École de demain : Propositions pour une Éducation nationale rénovée, Paris, Odile Jacob, 2016, 152 p.
  • La Colombie, PUF, coll. « Que sais-je ? », no 4091 paru le .
  • Construisons ensemble l'école de la confiance, Odile Jacob, 2018.
  • Quelle école voulons-nous ? La passion du savoir, Jean-Michel Blanquer et Edgar Morin, Odile Jacob, 2020.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le portefeuille de la Jeunesse est officiellement ajouté le 16 octobre 2018. Celui des Sports est ajouté le 6 juillet 2020.
  2. Roland Blanquer (1924-2010), avocat à la cour d'appel de Paris, membre en 2006 du Haut Conseil des rapatriés auprès du Premier ministre, est mort en 2010, il était alors président de l'Académie des sciences d’outre-mer[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur academieoutremer.fr.
  2. « Décès de Maitre Roland Blanquer - [Comité de liaison (CLAN-R)] », sur clan-r.org (consulté le 27 mai 2020).
  3. a b c d e et f Who's Who in France, édition 2015, p. 316.
  4. Who's Who in France, édition 2013, p. 308.
  5. Mentions marginales de l'extrait d'acte de naissance en mairie de Paris 8e, année 1964, acte no 899.
  6. « Qui est Aurélia Devos, la femme de Jean-Michel Blanquer ? », sur gala.fr, .
  7. « Qui est Aurélia Devos, la nouvelle femme de Jean-Michel Blanquer ? », sur pureactu.com, .
  8. « Lesbiographies.com ».
  9. « ens.fr ».
  10. Esther Buitekant, « Jean-Michel Blanquer séparé de sa femme Aurélia Devos », sur le site du magazine Gala, (consulté le 26 juin 2020).
  11. « Le ministre Jean-Michel Blanquer en couple avec la chroniqueuse Anna Cabana ? La direction de BFMTV réagit », sur ladepeche.fr, .
  12. « Anna Cabana en couple avec Jean-Michel Blanquer ? BFM TV défend son éditorialiste », sur gala.fr, .
  13. a b et c Elise Vincent, « Jean-Michel Blanquer, hyper-recteur », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 5 janvier 2018).
  14. « Pour son baccalauréat, Jean-Michel Blanquer avait pris une option bien surprenante », sur huffingtonpost.fr, .
  15. « La Déclaration de 1789 revue et corrigée par trois jeunes Parisiens », sur lemonde.fr, Le Monde, .
  16. « Droits de l'Homme. Des jeunes de quatre-vingts pays tentent de rédiger la déclaration universelle du troisième millénaire », sur lemonde.fr, Le Monde, .
  17. a b et c « Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, deux ministres pour l'Éducation nationale et l'Enseignement supérieur », EducPros,‎ (lire en ligne, consulté le 5 janvier 2018).
  18. SUDOC 096923105.
  19. Avec une thèse intitulée Les méthodes du juge constitutionnel et dirigée par Jacques Robert.
  20. SUDOC 041526929.
  21. « Bac : le père de la réforme répond aux lycéens en colère », sur L'Obs (consulté le 4 mars 2019).
  22. « Jean-Michel Blanquer, ministre à tout prix », sur leparisien.fr, (consulté le 2 avril 2019).
  23. « L'Académie cobaye du gouvernement fait sa rentrée », Libération,‎ (lire en ligne).
  24. Le Monde, « Sourdun, un internat d'excellence pour élèves ordinaires », 16 septembre 2009
  25. Marie-Sandrine Sgherri, « Éducation : l'excellence hors de prix », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 5 juin 2017).
  26. a et b Mattea Battaglia et Aurélie Collas, « Jean-Michel Blanquer, un spécialiste marqué à droite à l’éducation nationale », lemonde.fr, (consulté le 17 mai 2017).
  27. « L'évaluation en maternelle suscite un tollé », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 4 juin 2017).
  28. « Les conseils de Sciences Po Paris proposent Frédéric Mion comme directeur », sur europe1.fr, (consulté le 10 juin 2017).
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  30. Jean-Michel Blanquer va prendre la direction de l'ESSEC, nouvelobs.com, 15 mai 2013
  31. « Jean-Michel Blanquer, un ministre de l'éducation classé à droite », Libération,‎ (lire en ligne).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • Claude Meunier-Berthelot (préf. Didier Rochard), Blanquer n'est pas celui que vous croyez, Saint-Nicolas-de-Port, Le Verbe Haut, .

Liens externes[modifier | modifier le code]