Jean-Bernard Lévy

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Jean-Bernard Lévy
Description de l'image Jean-Bernard Lévy.jpg.
Naissance (61 ans)
Suresnes, France
Nationalité Français
Diplôme
Profession
Chef d’entreprise
Activité principale
Président-directeur général d’EDF
Autres activités
Président du conseil d'administration de l'institut Mines-Télécom
Distinctions

Jean-Bernard Lévy, né le à Suresnes est un dirigeant d'entreprise français. Président du directoire de Vivendi de 2002 à 2012, il est ensuite président-directeur général de Thales du au . Le , il est nommé président-directeur général du groupe Électricité de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Jean-Bernard Lévy est né du mariage de Claude Lévy, médecin, et de Monique Herzog, professeur agrégé. Après des études au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine, il intègre en 1973 l’École polytechnique[1],[2] puis l'École nationale supérieure des télécommunications[1],[3]. Il fait son stage de sortie de Polytechnique à Claymont, une ville de 10 000 habitants sur la côté Est des États-Unis, dans un groupe sidérurgique, Phoenix Steel Corporation[4].

De son mariage le avec la biologiste Odile Heidmann, sont nés quatre enfants[3].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Jean-Bernard Lévy commence en 1979 sa carrière de fonctionnaire à France Télécom comme ingénieur à la direction opérationnelle des télécommunications d'Angers. En 1982, il intègre la Direction générale des télécommunications comme responsable de la gestion des cadres supérieurs et des budgets de personnel, puis en tant qu'adjoint au chef du service du personnel.

À la faveur de l'alternance de 1986, il est appelé au sein du cabinet de Gérard Longuet, secrétaire d'État puis ministre délégué, chargé des Postes et Télécommunications, en qualité de conseiller technique puis de conseiller pour les affaires internationales et industrielles.

En 1988, il rejoint Matra Espace, qui devient Matra Marconi Space, comme directeur des Programmes de Satellites de Télécommunication. En 1993, Gérard Longuet l'appelle pour diriger son Cabinet en tant que ministre de l'Industrie, du Commerce extérieur et des Postes et Télécommunications[5]. Il gère alors des dossiers sensibles comme la fusion Renault-Volvo, le sauvetage de Bull, la fermeture des mines de charbon, la dérégulation des télécoms et l’attribution des premières licences de téléphonie mobile[6].

De 1995 à 1998, il est PDG de Matra Communication (Lagardère 50 %, Nortel 50 %) tout en étant directeur à la direction générale de Lagardère.

En 1998, il rejoint Oddo et Cie comme directeur général, puis de 1999 à 2002, il dirige l'activité Corporate Finance du Groupe Oddo Pinatton et préside le Collège des Associés-Gérants de Oddo Pinatton Corporate.

Vivendi[modifier | modifier le code]

Nommé directeur général de Vivendi en 2002, il prend la présidence du directoire en 2005[7],[8].

Le 2 décembre 2007, alors que Vivendi annonce l’acquisition de la société californienne Activision, qui, regroupée avec Vivendi Games, devient alors le numéro un mondial des jeux en ligne et pour consoles, Jean-Bernard Lévy se félicite de cet achat « qui marque une étape stratégique majeure pour Vivendi »[9].

En 18 mois, il mène également le rachat du bouquet satellite TPS, du label BMG et de Neuf Cegetel. Il publie en 2007 les meilleurs résultats de toute l’histoire du Groupe avec 2,9 milliards d’euros de profits pour 21 milliards d’euros de chiffre d’affaires[10].

En novembre 2008, Jean-Bernard Lévy écrit une lettre à l’Arcep dans laquelle il imagine qu’à l’horizon 2020, l’abonnement internet « inclura de nombreux services : téléphonie mobile pour le foyer, connexion haut débit pour les ordinateurs, la télévision, les téléphones mobiles, le réfrigérateur, la voiture et l’écoute illimitée de contenus musicaux »[11].

Il préside Activision Blizzard de 2009 jusqu’à son départ du groupe en juin 2012. Il est également Président du Conseil de Surveillance du Groupe Canal +.

En , il prend la direction de la filiale SFR à la suite du départ de Frank Esser[12], dans un contexte d'arrivée de Free Mobile sur le marché[13].

Thales[modifier | modifier le code]

Le , il succède à Luc Vigneron en tant que PDG du groupe d'électronique et de défense Thales[14]. Sa priorité, selon le PDG de Dassault, Charles Edelstenne, est alors de ramener la paix dans l'entreprise, dont les syndicats et l'ancien PDG Luc Vigneron étaient en conflit depuis 2009[15].

En 2013, il lance le plan "Ambition 10" qui repose sur trois piliers : la croissance, l'amélioration de la compétitivité et le développement des talents[16]. Durant son mandat, Thales connaît une croissance de 7 % en 2013[17].

EDF[modifier | modifier le code]

Le , le gouvernement annonce qu'il sera nommé à la présidence du groupe EDF[18],[19] après avis de l'Assemblée nationale et du Sénat ainsi que de l'assemblée générale extraordinaire de EDF. Le , il entre au conseil d'administration d'EDF[20]. À ce titre, il est entendu en commissions des affaires économiques de l'Assemblée nationale et du Sénat le [21],[22] puis nommé en Conseil des Ministres président-directeur-général d'EDF le [23]. Sur sa feuille de route, Jean-Bernard Lévy a notamment pour mission d'inscrire durablement le Groupe dans la transition énergétique conformément à la loi votée le 14 octobre à l'Assemblée nationale[24].

Dès son arrivée, il dote l’entreprise d’une vision à long terme avec la Stratégie CAP2030. L’objectif est alors de faire passer EDF de 28 GW de capacités renouvelables installées dans le monde à 50 GW en 2030. « Pour cela, nous pouvons encore optimiser l’utilisation du parc hydraulique existant. Nous allons aussi lancer le développement de l’éolien offshore et nous serons les premiers à mettre en service des parcs au large des côtes française », déclare-t-il dans une interview pour La Dépêche[25]. En parallèle, il se déclare en faveur d’une augmentation du prix du carbone, afin d’en décourager la consommation, le but étant « de construire un mix électrique équilibré et décarboné à coût raisonnable en s’appuyant sur des technologies complémentaires »[26].

En préparation de la COP21, Jean-Bernard Lévy explique en novembre 2015 dans une interview accordée à l’Usine nouvelle qu’il engage EDF dans une « relative décentralisation ». « EDF évolue car le modèle monolithique, centralisé, n’est pas tout. Il continue à fonctionner, mais il doit coexister avec un nouveau modèle décentralisé dans lequel les clients sont acteurs de leur production et de leur consommation »[27].

Toujours dans le cadre de la COP21, il déclare que « l’électricité bas carbone est l’une des meilleures solutions pour lutter contre le réchauffement climatique ». Concernant le futur accord sur le climat, il se prononce en faveur d’un accord « qui marquera une vraie rupture »[28].

Autres[modifier | modifier le code]

Différents mandats[modifier | modifier le code]

Il siège également aux conseils d'administration de NBC Universal depuis 2004, de Vinci de 2007 à 2015, de l'Institut Pasteur depuis 2007 et de la Société générale depuis 2009[29].

De 2007 à 2009, il est président de l'Electronic Business Group (EBG).

Il préside le conseil d'administration de l'institut Télécom puis de l'institut Mines-Télécom de 2008 à 2015[30].

Publications[modifier | modifier le code]

En 2008, Jean-Bernard Lévy, alors président du directoire de Vivendi, écrit la préface du livre de Julien Cusin, « Faut-il échouer pour réussir »[31]. Il y analyse le rapport des entreprises à l’échec et à l’erreur[32].

Il signe en en collaboration avec Xavier Niel, Stéphane Richard et Olivier Roussat une tribune dans le journal Le Monde invitant l’État français à repenser la fiscalité du numérique[33].

Le , il publie une tribune dans le journal Les Échos. Il y défend sa stratégie pour le groupe EDF basée sur l’innovation, « nos bases scientifiques, technologiques et industrielles sont le gage de notre capacité à vivre en leader de la transition énergétique »[34].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Jean-Bernard Lévy est officier de l'ordre de la Légion d'honneur et officier de l'ordre national du Mérite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b De la promotion X1973, cf. « Fiche de Jean-Bernard Lévy », sur le site de l’Association des anciens élèves et diplômés de l'École polytechnique (l’AX), Paris (consulté le 17 décembre 2015) ; y est notamment indiqué le grade de Jean-Bernard Lévy dans la fonction publique : « ingénieur en chef des télécommunications ». Ce grade met également en évidence qu'il a fait partie du corps des télécommunications et que, à sa sortie de l'École polytechnique, il est devenu ingénieur-élève de l'École nationale supérieure des télécommunications en tant que membre du corps évoqué.
  2. Ouvrir la « Page d’accueil », sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique, Palaiseau (consulté le 17 décembre 2015), sélectionner l’onglet « Catalogues de la BCX → Famille polytechnicienne », effectuer la recherche sur « Jean-Bernard Lévy », résultat obtenu : « Lévy, Jean-Bernard (X 1973) ».
  3. a et b Who's Who in France, édition 2013, p. 1396
  4. Prisma Media, « Neuf petits secrets sur le nouveau boss d’EDF, Jean-Bernard Lévy », sur Capital.fr (consulté le 6 juillet 2016)
  5. « GOUVERNEMENT Ils sont jeunes, énarques et Parisiens », sur lesechos.fr,‎ (consulté le 6 juillet 2016)
  6. Prisma Media, « Jean-Bernard Lévy, PDG de Vivendi : "Je ne suis pas bling bling, et alors ?" », sur Capital.fr (consulté le 6 juillet 2016)
  7. Edubourse.com
  8. [PDF] Rapport annuel 2010 de Vivendi
  9. Eric Leser, « Vivendi rachète Activision et devient numéro un des jeux en ligne et sur consoles », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  10. Prisma Media, « Jean-Bernard Lévy, PDG de Vivendi : "Je ne suis pas bling bling, et alors ?" », sur Capital.fr (consulté le 6 juillet 2016)
  11. « Aménagement numérique des territoires : les collectivités territoriales face aux zones blanches. Les apports du contrat de partenariat pour les réseaux d'initiative publique. », sur Sciencespo-lyon.fr,‎ (consulté le 6 juillet 2016)
  12. Jean-Bernard Lévy prend la tête de SFR, Le Figaro, 26 mars 2012.
  13. nil@nextinpact.com, « Jean-Bernard Lévy : son parcours, ses positions »,‎ (consulté le 6 juillet 2016)
  14. Thales : les cinq nouveaux défis de Jean-Bernard Lévy, la Tribune, 7 janvier 2014
  15. « Les défis de Jean-Bernard Lévy, le nouveau patron de Thales » (consulté le 6 juillet 2016)
  16. La Tribune.
  17. Avec Jean-Bernard Lévy, Thales a réappris à vendre, la Tribune, 20 février 2014.
  18. Frédéric de Monicault, « EDF : Henri Proglio sera remplacé par le patron de Thales », sur le site du quotidien Le Figaro,‎ 15 octobre 2014. (consulté le 16 octobre 2014).
  19. « EDF: Hollande choisit officiellement Lévy comme nouveau patron » , BFM TV, publié et consulté le 10 novembre 2014.
  20. Ludovic Dupin, « Henri Proglio s'en va, Jean-Bernard Lévy arrive officiellement à la tête d’EDF », sur le site du magazine L'Usine nouvelle,‎ (consulté le 23 novembre 2014).
  21. « Commission des affaires économiques : M. Jean-Bernard Lévy, dont la nomination à présidence d'EDF est envisagée » [vidéo], sur le site de l'Assemblée nationale (consulté le 25 novembre 2014).
  22. « Audition de Jean-Bernard Levy », sur le site du Sénat (consulté le 25 novembre 2014).
  23. « EDF: Jean-Bernard Lévy officiellement nommé PDG », sur le site du quotidien Ouest-France (consulté le 26 novembre 2014).
  24. (fr) « Les défis ne manquent pas pour Jean-Bernard Lévy à EDF » (consulté le 6 juillet 2016)
  25. « Jean-Bernard Lévy : «EDF est le leader européen des énergies renouvelables» » (consulté le 6 juillet 2016)
  26. lefigaro.fr, « Le président d'EDF veut un prix plus important pour le carbone » (consulté le 6 juillet 2016)
  27. « Jean-Bernard Lévy met EDF en ordre de marche pour l’après COP21 - L'Usine de l'Energie », sur www.usinenouvelle.com (consulté le 6 juillet 2016)
  28. « COP21 : "Un bon accord marquera une vraie rupture", selon Jean-Bernard Lévy - Nucléaire », sur www.usinenouvelle.com (consulté le 6 juillet 2016)
  29. [1], Société Générale.
  30. Décret le 23 septembre 2009 portant nomination du président du conseil d'administration de l'Institut Télécom
  31. webmaster, « Éditions du Palio - Faut-il échouer pour réussir ? », sur www.editionsdupalio.com (consulté le 6 juillet 2016)
  32. Julien Cusin, « Diagnostiquer une « rupture » dans le management : le cas des échecs commerciaux », Management & Avenir,‎ , p. 216–235 (ISSN 1768-5958, lire en ligne)
  33. Jean-Bernard Lévy, Xavier Niel, Stéphane Richard, Olivier Roussat, « L'Etat doit repenser la fiscalité du numérique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  34. « Transition énergétique : EDF doit aller encore plus loin », sur lesechos.fr,‎ (consulté le 6 juillet 2016)