Myriam El Khomri

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Myriam El Khomri
Myriam El Khomri en 2014.
Myriam El Khomri en 2014.
Fonctions
Ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle
et du Dialogue social

(1 an, 8 mois et 8 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls II
Bernard Cazeneuve
Prédécesseur François Rebsamen
Successeur Muriel Pénicaud (Travail)
Secrétaire d'État à la Politique de la Ville

(1 an et 7 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls II
Prédécesseur Najat Vallaud-Belkacem
Successeur Hélène Geoffroy
Adjointe au maire de Paris[N 1]
[1]
(6 ans, 5 mois et 11 jours)
Élection 16 mars 2008
Réélection 30 mars 2014
Maire Bertrand Delanoë
Anne Hidalgo
Biographie
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Rabat (Maroc)
Nationalité française
marocaine
Parti politique Parti socialiste (depuis 2002)
Diplômé de université Bordeaux IV
université Panthéon-Sorbonne
Profession assistante parlementaire

Myriam El Khomri, née le à Rabat, est une femme politique française.

Membre du conseil national du Parti socialiste à partir de 2008, elle est conseillère de Paris dans le 18e arrondissement entre 2008 et 2014.

Le , elle est nommée secrétaire d'État à la Politique de la Ville puis, le , ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. C'est à ce titre qu'elle porte la Loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels adoptée en août 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et vie familiale[modifier | modifier le code]

Myriam El Khomri est née le 18 février 1978 à Rabat. Son père est marocain, gérant d'une boutique de reprographie à Bordeaux, et sa mère est bretonne, professeur d'anglais, en coopération au Maroc à sa naissance[2],[3]. À ce titre, elle jouit des nationalités marocaine et française.

Jusqu'à l'âge de neuf ans, elle vit à Tanger[4]. Elle s’installe ensuite avec sa famille à Thouars (Deux-Sèvres) puis à Mérignac, près de Bordeaux[5]. Au collège Monséjour situé à Bordeaux Caudéran, elle siège au conseil général des jeunes de Gironde. Elle passe son baccalauréat scientifique à l’âge de 17 ans.

Mariée à un informaticien originaire du Médoc[6],[7], elle a deux filles[8].

Études et formation[modifier | modifier le code]

En 1995, elle étudie le droit public à l’université Bordeaux IV[4]. Elle finance ses études avec des bourses et en occupant plusieurs emplois[5].

En 1999, elle emménage à Paris et poursuit ses études de droit à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne, où elle obtient un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) de science politique (administration du politique) en 2001[4]. Elle co-rédige un mémoire de fin d’études sur « les Maisons de Justice et du Droit »[9].

Pour obtenir un stage, elle écrit à trois hommes politiques, dont Claude Bartolone, alors ministre délégué à la Ville[5]. Elle effectue ainsi son stage de fin d’études au ministère délégué à la Ville[10]. Claude Bartolone la recommande à Annick Lepetit, alors maire du 18e arrondissement de Paris, dont elle devient la collaboratrice[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 2001, lors de l’élection de Bertrand Delanoë, elle rejoint, en tant que collaboratrice, la mairie du 18e arrondissement de Paris où elle est chargée des questions relatives à la prévention, la sécurité et la toxicomanie. Elle participe cette même année à l’élaboration du contrat local de sécurité du 18e arrondissement. En 2004, elle participe à l'élaboration du plan « crack du nord-est parisien » de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT)[11].

Après le 21 avril 2002, Myriam El Khomri adhère au Parti socialiste. Elle siège au conseil national du parti à partir de 2008, puis au bureau national à partir de 2012 ; elle est nommée secrétaire nationale du Parti socialiste chargée des questions de sécurité en mai 2014[12].

Élue parisienne[modifier | modifier le code]

En mars 2008, elle est élue dans le 18e arrondissement de Paris, sur la liste Daniel Vaillant-Bertrand Delanoë. Elle est depuis membre du Conseil de Paris et de 2008 à 2011, adjointe au maire, chargée de toutes les questions relatives à la protection de l'enfance et de la prévention spécialisée, puis du au [1], date de son entrée au gouvernement, adjointe au maire chargée de toutes les questions relatives à la prévention et à la sécurité[13],[3]. Le 21 avril 2008, elle est nommée représentante du Conseil de Paris au conseil d'administration du centre d’action sociale de la Ville de Paris puis le 10 mai 2008 au conseil de surveillance de l'hôpital de pédiatrie et de rééducation de Bullion et le 26 mai 2008 au comité de surveillance des pupilles de la Ville de Paris.

Elle participe à l'inauguration de la place des-Droits-de-l'enfant à Paris (14e arrondissement de Paris, angle des rues de la Tombe-Issoire et d’Alésia) avec l’UNICEF à l’occasion du 20e anniversaire de la Convention relative aux droits de l'enfant (CIDE)[14].

Le 16 juin 2010, à l'occasion de la clôture des États généraux de la Protection de l'enfance organisés par Nadine Morano, alors ministre de la Famille, elle interpelle le gouvernement, sur la politique gouvernementale de protection des enfants, aux côtés de cinq autres conseils généraux franciliens (conseils généraux de Paris, de l'Essonne, du Val-de-Marne, du Val-d'Oise, de la Seine-et-Marne et de la Seine-Saint-Denis) par une déclaration commune, qu'elle signe aux côtés de Claire-Lise Campion, Pierre Coilbault, Viviane Gris, Pascal Popelin, Danièle Querci, tous élus de ces départements[15].

Elle démissionne de ces trois postes le 7 février 2011, date à laquelle elle est nommée représentante du Conseil de Paris au conseil d'administration de l'association « Paris - Aide aux victimes », à la commission consultative de gestion de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, à la commission consultative de sécurité et d’accessibilité de la préfecture de police, à la commission départementale de la sécurité des transports de fonds de Paris, à la commission départementale des systèmes de vidéosurveillance de Paris, à la commission locale d’action sociale de la préfecture de police, au conseil départemental de sécurité civile de Paris, au conseil d'administration de la fondation Louis Lépine, et enfin à la commission départementale de la sécurité routière de Paris[16]. Elle élabore le schéma départemental de la protection de l'enfance et de la prévention spécialisée pour les années 2010-2014, créé des structures d’accueil pour les mineurs isolés étrangers[11].

Elle soutient Martine Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011. Lors des élections législatives de 2012, elle est la suppléante de Christophe Caresche, député de la 18e circonscription de Paris[17].

Lors de la campagne des élections municipales de 2014 à Paris, elle est l'une des porte-paroles d'Anne Hidalgo. Pressentie par cette dernière pour prendre la succession de Daniel Vaillant à la mairie du 18e arrondissement de Paris, le maire sortant lui préfère Éric Lejoindre. Elle est reconduite dans ses fonctions de maire-adjointe[18]. Le 5 avril 2014, elle est élue vice-présidente de la commission permanente du Conseil de Paris[19].

Elle se rapproche de François Hollande au début de l’été 2014[20].

Secrétaire d'État chargée de la Ville[modifier | modifier le code]

Elle est nommée, à partir du , secrétaire d'État à la Politique de la Ville dans le deuxième gouvernement Manuel Valls[21], portefeuille assumé précédemment par Najat Vallaud-Belkacem (en tant que ministre des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports), et placée sous la responsabilité de Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Elle quitte alors ses fonctions exécutives de la mairie de Paris le [1]. Elle est la benjamine du gouvernement[22].

La politique ayant été définie par la loi construite par François Lamy dans le deuxième gouvernement Jean-Marc Ayrault, elle concentre son action sur de la communication[23]. Elle fait sa première apparition publique à Nantes le à l'occasion de la fondation du collectif « Pas sans nous », coordination de groupes de quartiers populaires[24] puis multiplie les déplacements sur le terrain, notamment dans les communes dirigées par le Front national[22]. Le 2 septembre 2015, cette fonction est reprise directement par Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.

Ministre du Travail[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée ministre du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social[25], après la démission de ce poste de François Rebsamen, maire de Dijon.

Sa nomination « surprise » fait s'interroger l'opposition et la presse sur sa compétence[26] — durant un entretien diffusé à la radio, il est apparu qu'elle ne savait pas combien de fois un CDD était renouvelable — et son expérience pour ce ministère réputé difficile[27] et de premier plan. Comme lors de sa nomination au secrétariat d'État chargée de la Ville, elle fait l'objet de commentaires critiques, parfois racistes et sexistes, sur les réseaux sociaux[28],[29].

Elle est chargée de présenter début 2016 un projet de loi controversé réformant la législation relative au travail, avec notamment une flexibilisation du temps de travail, les bases du futur « compte personnel d’activité », des mesures sur la médecine du travail et des dispositions sur la restructuration des branches professionnelles[30]. La ministre envisage d'intégrer au projet de loi des dispositions pour protéger les travailleurs indépendants des plates-formes collaboratives comme Uber[31]. Le projet de loi intègre l'essentiel du projet de loi dit « Nouvelles opportunités économiques » préparé par Emmanuel Macron[32][réf. insuffisante].

Elle a pour directeur de cabinet Pierre-André Imbert, qui occupait déjà ce poste auprès de François Rebsamen. D'après la journaliste Martine Orange, il « a été imposé à la ministre du travail par Manuel Valls, à son arrivée », et aurait commencé de rédiger le projet de loi Travail dès les vacances de Noël 2015 en collaboration avec Matignon, sans que Myriam El Khomri n'en connaisse le contenu[33].

Elle participe à la création de la Grande École du Numérique[34].

Elections législatives de 2017[modifier | modifier le code]

Le , elle est investie par les militants pour les élections législatives de 2017 à Paris avec 89 voix contre 84 à sa rivale Afaf Gabelotaud[35]. Pendant la primaire citoyenne de 2017, elle soutient Manuel Valls[36]. Pour le premier tour de l'élection présidentielle de 2017, elle assume « des divergences avec Benoît Hamon » mais se dit « loyale à [son] parti » et indique qu'elle n'aura « aucune expression publique qui pourrait nuire » à Benoît Hamon[20]. Elle appelle à voter pour Emmanuel Macron au second tour[37]. La République en marche ! ne lui oppose pas de candidat lors des législatives qui suivent[38] malgré la mobilisation de militants du parti contre cette hypothèse[39]. Elle annonce vouloir « porter les valeurs de la gauche au sein de la majorité présidentielle »[40] et affronte notamment Pierre-Yves Bournazel, candidat LR qui dit également soutenir « la majorité présidentielle »[41]. Elle est battue à l'issue du second tour, avec 53,6 % contre 46,4 %.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Chargée de la protection de l'enfance et de la prévention spécialisée (2008-2011) puis de la sécurité et de la prévention (2011-2014).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Myriam El Khomri », Ville de Paris (consulté le 4 septembre 2014).
  2. a et b Pascal Nivelle, « Myriam El-Khomri. Son nouveau pari », liberation.fr, (consulté le 9 décembre 2014).
  3. a et b « Biographie », sur ville.gouv.fr, (consulté le 27 août 2014).
  4. a, b et c « Myriam El Khomri, l'autre Marocaine du gouvernement Valls 2 », sur h24info.ma, (consulté le 27 août 2014).
  5. a, b et c Nicolas Michel, « Myriam El Khomri, surveiller et prévenir », sur jeuneafrique.com, (consulté le 27 août 2014).
  6. « Qui est la nouvelle ministre ? », sur puretrend.com, (consulté le 7 septembre 2015).
  7. Marc de Boni, « Cinq choses à savoir sur Myriam El Khomri », sur lefigaro.fr, (consulté le 7 septembre 2015).
  8. Candice Nedelec, « Myriam El Khomri: espoir de la politique », sur gala.fr (consulté le 27 août 2014).
  9. « Qui est Myriam El Khomri, la nouvelle secrétaire d’État à la Politique de la ville ? », sur le site de Roland Castro, (consulté le 27 août 2014).
  10. Matthieu Guillemard-Falconetti, « Myriam El Khomri (PS) : "J'ai beaucoup d'estime pour Daniel Vaillant et Bertrand Delanöe" », sur Le Lab (Europe 1), .
  11. a et b « Une adjointe de la Ville au gouvernement », sur le site de la mairie de Paris, (consulté le 28 août 2014).
  12. « Biographie de Myriam El Khomri ».
  13. Le la politique de la ville et l’intégration s'ajoutent à ses compétences.
  14. Adèle, « Inauguration de la place des Droits de l’Enfant dans le 14e arrondissement », sur evous.fr, (consulté le 27 août 2014).
  15. [PDF]Politique gouvernementale de protection des enfants : déclaration commune des Conseils généraux de Paris, de l’Essonne, du Val-de-Marne, du Val-d’Oise, de la Seine-et-Marne, et de la Seine-Saint-Denis, 16 juin 2010.
  16. « Désignation de personnalités qualifiées et de représentants du Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal, dans divers organismes », sur le site de la mairie de Paris, (consulté le 27 août 2014).
  17. Anne-Sophie Lechevallier, « Myriam El Khomri - La rue lui en fait voir de toutes les couleurs », Paris Match, semaine du 24 au 30 mars 2016, pages 50-53.
  18. Sonya Faure et Willy Le Devin, « El Khomri, l’évidence parisienne », liberation.fr, (consulté le 9 septembre 2014).
  19. « Fiche élu - Myriam El Khomri », paris.fr, consulté le 3 mai 2015.
  20. a et b Laure Bretton, « Myriam El Khomri, touchée, pas coulée », sur liberation.fr, (consulté le 19 mai 2017).
  21. « La composition du gouvernement Valls II dévoilée », Le Figaro, 26 août 2014.
  22. a et b Marc de Boni, « Cinq choses à savoir sur Myriam El Khomri », lefigaro.fr, 2 septembre 2015.
  23. Sylvia Zappi, « Au ministère de la ville, le bilan mitigé de Myriam El Khomri », Le Monde, 3 septembre 2015.
  24. Thomas Saint-Cricq, « Politique de la ville: des acteurs des quartiers populaires lancent «Pas sans nous» », sur mediapart.fr, (consulté le 9 septembre 2014).
  25. « Myriam El Khomri, la nouvelle ministre du Travail, a du pain sur la planche », europe1.fr, 2 septembre 2015.
  26. « Myriam El Khomri face à Jean-Jacques Bourdin en direct », sur BFMTV (consulté le 6 janvier 2016).
  27. Alexandre, « Ministre du Travail : Myriam El Khomri hérite d'une mission particulièrement difficile », huffingtonpost.fr du 2 septembre 2015 (consulté le 4 septembre 2015).
  28. Marion Dautry, « Gouvernement Valls 2 : Myriam El Khomri victime d'attaques racistes sur Twitter », rtl.fr du 28 août 2014 (consulté le 3 septembre 2015).
  29. « Vallaud-Belkacem, les insultes et la nausée », libération.fr du 3 septembre 2014, (consulté le 3 septembre 2015).
  30. Derek Perrote, « Code du travail : El Khomri présentera sa loi en mars », lesechos.fr, (consulté le 6 janvier 2016)
  31. Marie Bellan et Derek Perrotte, « Travailleurs indépendants : El Khomri veut faire payer les plate-formes Internet », lesechos.fr, (consulté le 6 janvier 2016)
  32. Saveria Rojek, « Vers une fusion de la loi Macron 2 et de la loi El Khomri ? », publicsenat.fr, (consulté le 6 janvier 2016)
  33. Martine Orange, « L'ombre portée de l'Europe sur la loi travail », sur Mediapart, (consulté le 12 juin 2016).
  34. « Interview : Myriam El Khomri fait le point sur la Grande École du Numérique - Blog du Modérateur », Blog du Modérateur,‎ (lire en ligne)
  35. Nicolas Maviel, « Législatives : les militants PS ont choisi Myriam El Khomri », leparisien.fr, (consulté le 11 décembre 2016).
  36. http://www.lejdd.fr/Politique/Primaire-de-la-gauche-pour-qui-votent-les-ministres-831985
  37. « Cazeneuve El Khomri et Le Foll appellent à voter Macron au second tour », sur europe1.fr, (consulté le 19 mai 2017).
  38. Manon Rescan et Enora Ollivier, « Législatives : une cinquantaine de circonscriptions sans candidat LRM », sur lemonde.fr, (consulté le 19 mai 2017).
  39. Alexandre Boudet, « Législatives 2017 à Paris 18e: El Khomri à l'origine de la première fronde locale pour Emmanuel Macron? », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 19 mai 2017).
  40. http://www.lemonde.fr/politique/live/2017/05/19/en-direct-posez-vos-questions-sur-la-campagne-des-legislatives_5130197_823448.html
  41. Tristan Quinault Maupoil, « Législatives : ces candidats LR qui refusent de s'opposer au gouvernement », sur lefigaro.fr, (consulté le 19 mai 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Fiche de secrétaire d'État et ses actions sur le site officiel du gouvernement
  • Fiche sur le site du Conseil de Paris