Alexis Kohler

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Alexis Kohler
Illustration.
Fonctions
Secrétaire général
de la présidence de la République française
En fonction depuis le
(1 an, 2 mois et 5 jours)
Président Emmanuel Macron
Prédécesseur Jean-Pierre Jouyet
Biographie
Nom de naissance Arnaud Alexis Michel Kohler
Date de naissance (45 ans)
Lieu de naissance Strasbourg (Bas-Rhin)
Nationalité Française
Diplômé de IEP de Paris
ESSEC
ENA

Alexis Kohler, né le à Strasbourg, est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Énarque, ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici puis d'Emmanuel Macron au ministère des Finances, il est secrétaire général de l'Élysée depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et vie privée[modifier | modifier le code]

Né en 1972 à Strasbourg, il est le fils de Charles Kohler, haut fonctionnaire européen, et de Sola Hakim, avocate[1] et cousine germaine de Rafaela Aponte[2].

Le , il épouse Sylvie Schirm avec qui il a trois enfants[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Sa formation est classique : Sciences Po[4] (où il milite chez les jeunes rocardiens[3]), ESSEC promotion 1993[5], ENA (promotion Averroès (1998-2000), comme Fleur Pellerin, Audrey Azoulay ou Julien Bargeton)[6].

Premiers postes de haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Il commence son parcours à la direction générale du Trésor, à Bercy, puis il est détaché dans divers organismes, notamment au Fonds monétaire international, puis à l'Agence des participations de l'État[7]. À ce dernier poste, Martine Orange indique dans Mediapart qu'« il s’est pendant longtemps occupé des secteurs de l’aéronautique et de la défense avant de se tourner vers le secteur des transports à partir de 2010. À ce titre, il siège comme représentant de l’État aux conseils de Renault, de la RATP, d’Aéroports de Paris, du port du Havre. Mais il est aussi nommé au conseil de STX France, dans lequel l’État est actionnaire à hauteur de 33,4 % »[2].

Au ministère de l'Économie sous la présidence de François Hollande[modifier | modifier le code]

À la suite de l'élection de François Hollande, il devient directeur adjoint[1] du cabinet de Pierre Moscovici, ministre de l'Économie et des Finances.

C'est alors qu'il occupe cette fonction que Christian Eckert est l'auteur de l'amendement qui instaure la taxe sur les dividendes, qui est maintenue en dépit de doutes sur sa légalité dès 2015[8]. Le dispositif est retoqué par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) puis totalement invalidé début octobre par le Conseil constitutionnel[8]. En octobre 2017, alors qu'il apparaît que ce qui est désigné comme un « fiasco fiscal » coûtera près de 10 milliards d’euros au contribuable français et risque de faire déraper le déficit public, le gouvernement Édouard Philippe fustige l'amateurisme des responsables politiques qui ont mis cette taxe en place visant en particulier Michel Sapin, ainsi que Christian Eckert[9],[10]. Répondant aux critiques du gouvernement, Christian Eckert nie tout amateurisme juridique et pointe du doigt les responsabilités partagées avec Emmanuel Macron, alors secrétaire adjoint de l'Élysée en charge des questions budgétaires, fiscales et économiques, et d'Alexis Kohler, alors directeur adjoint du ministre de l'Économie en charge de la fiscalité des entreprises[11].

En août 2014, il devient le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy[5],[12].

Passage chez MSC et campagne d'Emmanuel Macron[modifier | modifier le code]

Lorsque Emmanuel Macron démissionne en août 2016 pour fonder En marche !, il est engagé en tant que directeur financier de la compagnie Mediterranean Shipping Company (MSC), numéro 2 mondial du fret maritime[13]. Il avait déjà demandé à rejoindre MSC après le départ de Pierre Moscovici du ministère de l'Économie en avril 2014, mais s'était vu opposer un avis défavorable de la commission de déontologie de la fonction publique[2]. En août 2016, celle-ci rend cette fois un avis favorable, Emmanuel Macron se portant garant qu’Alexis Kohler n’avait jamais traité du dossier MSC lorsqu’il était son directeur de cabinet et directeur de cabinet adjoint de Pierre Moscovici[2]. Martine Orange estime que cette affirmation n'est pas crédible et considère que « dans les faits, Emmanuel Macron a accepté de couvrir les conflits d’intérêts de son plus proche collaborateur »[2]. Selon ses informations, la commission de déontologie « n’a posé qu’un nombre très restreint d’interdictions : elle aurait limité les interdictions de contact d’Alexis Kohler aux seuls anciens membres du cabinet d’Emmanuel Macron et encore sur les sujets concernant STX »[14].

À la demande de son employeur, il s'installe à Grenoble, puis à Genève, mais continue de travailler à distance pour Emmanuel Macron, « par mails et boucles WhatsApp ». Quand débute la campagne présidentielle, il est une personnalité centrale au quartier général d'En marche ![7],[15]. De nombreux observateurs affirment qu'il exerce alors un emploi fictif chez MSC[2],[16]. Fin mars 2017, il participe à une réunion à Bercy en tant que représentant de MSC au sujet du rachat de STX France, MSC étant opposé à une reprise par le groupe public italien Fincantieri[14]. Martine Orange s'étonne de l'absence d'application du devoir de réserve, d'autant plus en tant que proche d'Emmanuel Macron qui figure alors parmi les favoris de l'élection présidentielle : « En se présentant devant ses anciens collègues et amis, Alexis Kohler ne peut pas ignorer que sa voix a plus de poids que celui d’un simple représentant d’un transporteur maritime »[14].

Après sa nomination comme secrétaire général de l'Élysée, il annonce qu'il se déportera pour toutes les questions qui pourraient concerner MSC ; Martine Orange indique que « pourtant, selon nos informations, il semble que le secrétaire général de l’Élysée, même s’il est resté en coulisses, ait gardé un œil très vigilant sur le dossier »[2]. Elle relève notamment que la position de MSC sur le dossier STX, défendue à Bercy par Alexis Kohler en mars 2017, est celle du nouveau gouvernement[14].

Anticor, association de lutte anticorruption, dépose plainte contre Alexis Kohler le pour « prise illégale d’intérêts » et « trafic d’influence », en raison de ses liens avec l’armateur italo-suisse MSC[17]. Le Parquet national financier indique avoir ouvert une enquête avant même cette plainte ; le palais de l’Élysée annonce qu’il rejette « des soupçons totalement infondés »[18].

Secrétaire général de l'Élysée[modifier | modifier le code]

Il est nommé secrétaire général de l'Élysée le [12],[19],[20],[21], et prépare le passage de relais avec le secrétaire général sortant, Jean-Pierre Jouyet[22]. Il est proche d'Édouard Philippe, qu'Emmanuel Macron connaît peu lorsqu'il le nomme Premier ministre[23].

D'après Le Monde, « le président de la République, son secrétaire général et son conseiller spécial (Ismaël Emelien) concentrent tous les pouvoirs. À trois, ils dirigent la France »[24].

Il supervise notamment les nominations des directeurs d'administration centrale les plus cruciales ; d'après Libération, « Alexis Kohler a la main haute et forte sur les nominations à Bercy »[25].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Alexis Kohler », sur Who'sWho
  2. a, b, c, d, e, f et g Martine Orange, « Alexis Kohler, un mensonge d’Etat à l'Elysée », sur Mediapart, (consulté le 4 mai 2018).
  3. a et b Vincent Nouzille, « Les hommes du président », Le Figaro Magazine, semaine du 17 novembre 2017, pages 46-54.
  4. « Alexis Kohler », sur SciencesPo Alumni
  5. a et b « Alexis Kohler, nommé directeur de cabinet d'Emmanuel Macron », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  6. « Alexis Kohler, un Strasbourgeois au secrétariat général de l'Elysée si Macron est élu ? », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ (lire en ligne)
  7. a et b « Qui est Alexis Kohler, le nouveau secrétaire général de l'Elysée ? », francetvinfo.fr, (consulté le 14 mai 2017)
  8. a et b Quand l'annulation de la taxe sur les dividendes vire au règlement de comptes, challenges.fr, 24 octobre 2017
  9. TAXE SUR LES DIVIDENDES : QUI EST LE VRAI COUPABLE ?, capital.fr, 26 octobre 2017
  10. Taxe sur les dividendes: avant "l'affaire d'Etat", des années de bazar fiscal, lexpansion.lexpress.fr, 25 octobre 2017
  11. Taxe sur les dividendes: Le "scandale d'État" peut-il se retourner contre Macron?, huffingtonpost.fr, 24 octobre 2017
  12. a et b Paul Chaulet, « Qui est Alexis Kohler, pressenti comme secrétaire général de l'Elysée? », L'Express,‎ (lire en ligne)
  13. « En poste à Genève, il est pressenti pour rejoindre Macron à l’Elysée », Tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  14. a, b, c et d Martine Orange, « Conflit d’intérêts: la réunion qui trahit le numéro 2 de l’Elysée », sur Mediapart, (consulté le 13 mai 2018).
  15. « Alexis Kohler Le bras droit discret », Libération,‎ (lire en ligne)
  16. Antton Rouget, « Campagne de Macron: les riches heures du bénévole Alexis Kohler », mediapart.fr, (consulté le 25 mai 2018)
  17. Yann Bouchez, Denis Cosnard, Philippe Jacqué et Cédric Pietralunga, « Alexis Kohler, le bras droit d’Emmanuel Macron, visé par une plainte d’Anticor », sur lemonde.fr, (consulté le 4 juin 2018).
  18. Caroline Piquet, « Le secrétaire général de l'Élysée visé par une enquête du parquet national financier », sur lefigaro.fr, (consulté le 4 juin 2018).
  19. Arrêté du portant nomination à la présidence de la République (NOR : PREX1714467A), dans Journal officiel de la République française, no 114 du , texte no 1 (extrait du Journal officiel électronique authentifié [PDF]).
  20. Nathalie Raulin, « Alexis Kohler Le bras droit discret », Libération,‎ (lire en ligne)
  21. Raphaël Legendre, « Kohler, Strzoda, Etienne, Emelien : premières nominations pour le président Macron », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  22. Cédric Pietralunga, « Emmanuel Macron cultive le secret sur ses premières décisions », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  23. Bastien Bonnefous, Solenn de Royer et Matthieu Goar, « Edouard Philippe-Emmanuel Macron, un couple inédit avide de recomposition », sur lemonde.fr, (consulté le 16 mai 2017).
  24. Solenn de Royer, « Emmanuel Macron, Alexis Kohler, Ismaël Emelien : ce trio qui dirige la France », sur lemonde.fr, (consulté le 7 août 2017).
  25. Laure Bretton, « Haute administration : Macron ajuste la pression », sur liberation.fr, (consulté le 24 décembre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]