Plein emploi

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Le plein emploi (ou plein-emploi, les deux orthographes sont acceptées par le Larousse et le Robert) est une situation d'une zone donnée dont le chômage est réduit au chômage frictionnel (appelé aussi chômage de transition ou chômage incompressible : c'est le chômage de faible durée existant entre l'arrêt d'un emploi et le début d'un autre). Il n'existe alors pas de difficulté particulière à trouver un emploi. Cette situation correspond selon certains à un taux de chômage inférieur à 5 % au sens du BIT, pour d'autres le plein-emploi n'existe que lorsque le taux de chômage global est marginal : moins de 1 %.

Le plein-emploi peut concerner l'économie entière, ou bien seulement certains marchés du travail (par exemple, le marché des artisans qualifiés), lorsque le passage d’un marché du travail à l'autre est faible.

La Charte des Nations unies affirme le "plein emploi" dans son Article 55 en Chapitre IX[1].

Historique et situations de plein emploi[modifier | modifier le code]

Article connexe : Taux de chômage.

La Grande Dépression a été marquée par des situations parfois dramatiques de chômage et de pauvreté.

On considère souvent que les pays développés étaient en situation de plein emploi au cours des Trente Glorieuses. Le chômage a ensuite fortement augmenté, particulièrement en Europe mais aussi aux états unis. La situation en 2013 du chomâge en europe [2], et aux états Unis [3]montre qu'un retour au plein emploi n'est vraisemblablement pas à envisager dans une perspective de court terme dans les contextes politiques actuels.

Les théoriciens du plein emploi[modifier | modifier le code]

Le terme de plein emploi apparaît pour la première fois en 1913 sous la plume de Arthur Cecil Pigou.

Sans être le théoricien du plein emploi, Keynes est cependant le premier à définir clairement le concept, dès 1936.

Politique économique pour le plein emploi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politiques de l'emploi.

Le plein emploi est un objectif affiché par tous les gouvernements, mais les méthodes pour y parvenir diffèrent radicalement, ainsi que la place de cet objectif dans l'ordre des priorités (par rapport à la lutte contre l'inflation, la croissance économique, la réduction des inégalités de revenu, etc.).

Des économistes libéraux mettent parfois en doute la possilibité en France de réaliser la réforme de l'État-providence qu'ils jugent nécessaire.

Débat sur le plein emploi[modifier | modifier le code]

Les débats sur la possibilité d'atteindre le plein emploi ont toujours existé pendant les périodes où il n'était pas atteint. Certains politiques se sont résignés à abandonner les objectifs de plein emploi, alors que d'autres le considèrent comme un choix politique. Ainsi certains se demandent si le plein emploi n'est pas une idée dépassée alors que d'autres cherchent de nouveaux moyens de l'atteindre ou de s'en approcher.

Le plein emploi serait-il impossible ?[modifier | modifier le code]

Certains marxistes[réf. nécessaire], en se référant essentiellement à l'exemple de certains pays européens[réf. nécessaire], considèrent que le plein emploi est maintenant impossible.

Ceux qui pensent que la balance penche en faveur d'un sous-emploi chronique souhaitent repenser le modèle de fonctionnement des sociétés humaines qui jusqu’à présent reposent sur la notion de plein emploi. La solution passerait par une augmentation de la productivité et une baisse du temps de travail, afin d'augmenter le temps libre qui permettrait de faire croître la consommation, la création et le lien social. Certains proposent en parallèle la mise en place d'un revenu universel perçu par tous, pouvant être complété pour ceux qui le choisiraient par un travail rémunéré (salarié ou indépendant).

Pour l'économiste Bernard Friot, spécialiste des systèmes de protection sociale, nous n'avons jamais été si proches du plein emploi[4].

Plein emploi et progrès technique[modifier | modifier le code]

L'idée d'un progrès technique destructeur d'emplois a toujours existé, et a parfois entraîné des resistances. Si ce progrès engendre en effet l'inutilité de certains métiers ou la forte hausse de leur productivité, il permet de créer un certain nombres d'opportunités de création de nouveaux biens et services. La mondialisation et les délocalisations ne seraient que des causes mineures du sous-emploi, l'ensemble du monde étant confronté au même problème et aux mêmes opportunités.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Charte des Nations unies, Chapitre IX: Coopération économique et sociale internationale, Article 55, 1
  2. Le monde - 4 mars 2013
  3. http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/06/07/nouvelle-hausse-du-chomage-aux-etats-unis_3426218_3234.html
  4. Entretien avec Bernard Friot : La révolution du salaire à vie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]