Nathalie Loiseau

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Nathalie Loiseau
Image illustrative de l'article Nathalie Loiseau
Fonctions
Ministre chargée des Affaires européennes
En fonction depuis le
(2 mois et 29 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Marielle de Sarnez
Directrice de l'École nationale d'administration

(4 ans, 8 mois et 18 jours)
Prédécesseur Bernard Boucault
Successeur Patrick Gérard
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Française
Parti politique SE
Diplômée de INALCO
IEP de Paris

Nathalie Loiseau, née le à Neuilly-sur-Seine, est une haut fonctionnaire et femme politique française.

Une grande partie de sa carrière a été exercée au sein du ministère français des Affaires étrangères. Durant ses vingt-six ans de diplomatie, elle a été amenée à intervenir sur tous les continents. Elle était notamment porte-parole de l'ambassade de France aux États-Unis pendant la guerre d'Irak de 2003, et a géré les tensions induites par le refus de la France de s'associer aux forces américaines. En novembre 2011, elle est devenue directrice générale de l'administration du Quai d'Orsay[1]. Puis, en 2012, elle s'est vu confier la direction de l'École nationale d'administration à Strasbourg[2], dont elle n'est cependant pas issue.

Elle est nommée ministre chargée des Affaires européennes dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe, sous la présidence d'Emmanuel Macron, le 21 juin 2017[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Nathalie Loiseau passe son bac à 16 ans au lycée Carnot et est diplômée de Sciences Po Paris (1983), puis de l'Institut national des langues et civilisations orientales, où elle a étudié le chinois,[4].

En 1986, elle s'inscrit au concours des affaires étrangères et est reçue. Ses missions au sein du ministère commencent. Elle est notamment en poste à Jakarta, de 1990 à 1992, et y rencontre son futur mari, aujourd’hui à l’Agence française de développement[2]. Elle est ensuite secrétaire d’ambassade en Indonésie, au Sénégal et au Maroc. À Dakar, elle donne naissance à son premier garçon puis de ses jumeaux à Paris, et se lie d’amitié avec la femme de lettres Catherine Clément[2]. Elle aura un quatrième garçon durant son séjour aux États-Unis.

En 2002, elle devient chef du service de presse et porte-parole à l’ambassade française à Washington d'août 2002 à juillet 2007. Lors de la guerre d’Irak, en 2003, l'administration et l'opinion publique américaine deviennent relativement hostiles à la France qui ne s'est pas associée à cette opération. Nathalie Loiseau et l'ambassadeur, Jean-David Levitte réagissent. « Bush, le Congrès et le troisième pouvoir étaient contre nous. Et tous les gourous de la com nous conseillaient de laisser passer », explique Jean-David Levitte a posteriori. « Avec Nathalie, qui dirigeait le service de communication, nous avons décidé de riposter. Et nous avons gagné. Tout ce temps, elle est restée d’un calme et d’une sérénité à toute épreuve. Elle a du sang-froid »[2]. Initiative inhabituelle[5], Jean-David Levitte et Nathalie Loiseau rédigent ensemble une lettre ouverte via le Washington Post[6]. La campagne anti-française se calme[6].

En 2007, elle devient sous-directrice de l'Afrique du Nord au Quai d'Orsay, puis en 2008 directrice adjointe de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, date à laquelle elle est élue à la tête de l'Association syndicale des agents d'Orient (ASAO) où elle s'illustre par ses positions en faveur de la lutte contre les discriminations. En 2009, elle est nommée directrice des ressources humaines au ministère des Affaires étrangères et européennes. Françoise Nicolas, fonctionnaire du Quai d’Orsay en poste au Bénin de 2008 à 2010, la tient pour responsable des persécutions qu'elle estime avoir subies de la part du ministère des Affaires étrangères après avoir dénoncé des malversations financières à l'ambassade de France au Bénin[7].

En novembre 2011, elle se voit confier par Alain Juppé la fonction de directrice générale de l'administration au ministère des Affaires étrangères. Une fonction éminente dans un ministère réputé « phallocrate »[6]. Fin août 2012, en vacances dans le Béarn avec son mari et ses garçons, elle apprend qu’elle est débarquée de ce poste au Quai d’Orsay. « Le fait du prince Laurent Fabius », croit savoir une de ses amies diplomates. « Dans le jeu des chaises musicales, elle s’est retrouvée sans chaise. Un coup de massue pour elle »[2].

Enfin, le 3 octobre 2012, elle est nommée directrice de l’École nationale d’administration (ENA). L'ancienne responsable des ressources humaines, au Quai d'Orsay, veut « prêter attention aux élèves et leur enseigner le management. Ils sont intelligents, mais cela ne suffit pas à faire d'eux de bons managers. »[6]. Elle s’attelle également à réformer les concours d'entrée pour limiter les discriminations[8].

Elle est nommée ministre chargée des Affaires européennes dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe, sous la présidence d'Emmanuel Macron, le 21 juin 2017[9].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Catholique pratiquante, Nathalie Loiseau est la mère de quatre enfants[10].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marianne Gomez, Denis Peiron, « Nathalie Loiseau, une féministe catholique au Quai d’Orsay », sur La Croix,
  2. a, b, c, d et e Pascale Nivelle, « Nathalie Loiseau. Femme d’État », sur Libération,
  3. « Remaniement: Qui est Nathalie Loiseau, nouvelle ministre chargée des Affaires européennes? », sur 20 minutes,
  4. Véronique Forge, « La directrice de l’ENA, Nathalie Loiseau: une ambition au féminin », sur Business O Féminin,
  5. Pascal Riché, « M. Bush, je vous fais une lettre... », sur Libération, ,
  6. a, b, c et d Benoît Floc’h, « Nathalie Loiseau, une diplomate à l'ENA », sur Le Monde,
  7. La redaction de Mondafrique, « "Nathalie Loiseau m'a Tuer" », Mondafrique, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  8. Benoît Floc’h, « L'ENA s'apprête à réformer ses trois concours d'entrée », sur Le Monde,
  9. Esther Paolini, « Nathalie Loiseau, de l'ENA aux Affaires européennes », sur Le Figaro,
  10. Denis Peiron, « À la tête de l’ENA, Nathalie Loiseau bouscule les conformismes », sur La Croix,

Liens externes[modifier | modifier le code]