Sylvie Goulard

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Sylvie Goulard
Sylvie Goulard en 2013.
Sylvie Goulard en 2013.
Fonctions
Ministre des Armées

(1 mois et 2 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I
Prédécesseur Jean-Yves Le Drian (Défense)
Successeur Florence Parly
Député européenne

(7 ans, 10 mois et 3 jours)
Élection 7 juin 2009
Réélection 25 mai 2014
Circonscription Ouest (2009-2014)
Sud-Est (2014-2017)
Législature 7e et 8e
Groupe politique ALDE
Successeur Thierry Cornillet
Biographie
Date de naissance (52 ans)
Lieu de naissance Marseille (Bouches-du-Rhône, France)
Nationalité française
Parti politique MoDem (2007-2017)
REM (depuis 2017[1])
Diplômée de Université d'Aix-Marseille
IEP de Paris
ENA
Site web sylviegoulard.eu

Sylvie Goulard, née Grassi[2] le à Marseille, est une femme politique française, députée européenne de 2009 à 2017 et auteur de plusieurs ouvrages sur la construction et le fonctionnement de l'Union européenne.

Ancienne conseillère de Romano Prodi en sa qualité de président de la Commission européenne, Sylvie Goulard est élue députée européenne dans la circonscription Ouest de la France lors des élections européennes de 2009 puis réélue en 2014 dans la circonscription Sud-Est. Elle siège dans le groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe.

Elle est nommée ministre des Armées dans le le premier gouvernement Édouard Philippe. Citée dans l’enquête des assistants parlementaires du MoDem, elle renonce à ce poste dans le gouvernement le 20 juin 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Sylvie Goulard obtient une licence en droit de l'université d'Aix-Marseille en 1984. Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris en 1986 et de l'École nationale d'administration (ENA), promotion Liberté-Égalité-Fraternité en 1989[3].

Elle enseigne au Collège d'Europe à Bruges[4] de 2005 à 2009.

Elle étudie l'allemand dès la classe de 6e et effectue durant sa scolarité ses premiers séjours linguistiques en Allemagne[5].

Carrière administrative[modifier | modifier le code]

Sylvie Goulard travaille au ministère des Affaires étrangères de la France à la direction des affaires juridiques de 1989 à 1999. Elle fait alors partie de l'équipe française chargée de négocier la réunification de l'Allemagne.

De 1993 à 1996, Sylvie Goulard travaille au Conseil d'État, avant de retourner au service de prospective du ministère des Affaires étrangères où elle est alors chargée des questions européennes en liaison avec le service homologue allemand.

De 1999 à 2001, elle est chercheuse associée au Centre de recherches internationales (CERI)[3].

Conseillère de Romano Prodi[modifier | modifier le code]

Entre 2001 et 2004, elle est conseillère politique du président de la Commission européenne Romano Prodi[3]. Elle est notamment chargée du suivi de la Convention sur l'avenir de l'Europe présidée par Valéry Giscard d'Estaing visant à rédiger alors un projet de traité constitutionnel.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Activités au sein du Mouvement européen[modifier | modifier le code]

En 2006, elle est élue présidente du Mouvement européen-France (ME-F)[3], succédant à Pierre Moscovici qui avait été candidat à sa propre succession. Elle quitte la présidence du ME-F en 2010 afin de se consacrer à son mandat de députée européenne.

Députée européenne[modifier | modifier le code]

Romano Prodi et Sylvie Goulard lors de la conférence de presse pour le lancement du groupe Spinelli, le 15 septembre 2010.

Sylvie Goulard est élue députée européenne sur la liste du Mouvement démocrate dans la circonscription Ouest de la France lors des élections européennes de 2009[3]. Elle devient membre du groupe parlementaire de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE). Elle est élue en 2014 sur les listes centristes Les Européens (UDI-MODEM). Elle préside l'intergroupe du parlement européen Extrême pauvreté et droits de l'homme-Comité Quart Monde[6], en lien avec ATD Quart Monde.

Au Parlement, elle est membre de la commission des affaires économiques et monétaires, où elle assure les fonctions de coordinatrice pour le groupe ADLE, membre de la délégation pour les relations avec le Japon, et membre suppléant de la commission de l'agriculture et du développement rural[3] lors de la législature 2009-2014. Elle est membre suppléant de la commission des affaires constitutionnelles depuis 2014.

Le 15 septembre 2010, Sylvie Goulard cofonde, avec Daniel Cohn-Bendit, Isabelle Durant et Guy Verhofstadt le groupe Spinelli, une association de députés européens, d'universitaires et d'autres personnalités politiques qui a pour objectif de promouvoir le fédéralisme européen[7].

En 2010, elle est rapporteuse du Parlement européen sur la création d'un Comité européen du risque systémique (CERS). Elle demande des règles et des contrôles plus stricts des marchés financiers, notamment sur les entités de dimension européenne[8].

En 2011, elle est rapporteuse d’un des textes composant le paquet « gouvernance économique » (« 6 pack ») ; son travail porte en particulier sur les sanctions à appliquer aux États de la zone euro violant leurs obligations européennes. Elle introduit dans le débat la question des euro-obligations, incitations qu'elle considère comme nécessaires pour compléter les dispositifs de sanctions. Elle défend l’idée de créer un « dialogue économique » entre les États et la Commission, qui aurait lieu en public au Parlement européen afin que tous les gouvernements puissent faire valoir publiquement leurs vues[9].

Fin 2012, Sylvie Goulard et Mario Monti, Premier ministre italien, publient De la Démocratie en Europe[10]. Les auteurs disent partir d'un constat (« Les Européens voudraient être aussi forts que si l’Europe était unie, conserver autant de souveraineté nationale que si elle ne l’était pas. Cette contradiction est devenue intenable ») et proposent de « voir plus loin ».

Parallèlement à sa fonction de députée européenne, elle a travaillé en tant que consultante au sein de l’Institut Berggruen sur la gouvernance, Council for the Future of Europe (organisme à but non lucratif), un think-tank basé aux États-Unis[11].

En 2016, Sylvie Goulard a également été rapporteuse sur le rôle de l'Union dans le cadre des institutions et organes internationaux dans le domaine financier, monétaire et réglementaire.  Elle réclame davantage d’action au niveau mondial, et d’influence européenne, dans les enceintes globales de régulation économique[12].

Fin 2016, elle se présente face à Guy Verhofstadt pour être la candidate du groupe ADLE à la prochaine élection du président du Parlement européen[13]. Étant la seule femme à se porter candidate, elle dénonce à cette occasion « le fait qu'aucune institution européenne ne soit dirigée par une femme »[14]. Guy Verhofstadt est finalement reconduit à son poste.

Elle soutient Emmanuel Macron, candidat du parti En marche !, pour l'élection présidentielle de 2017[15]. Elle organise la rencontre entre le candidat à la présidentielle et la chancelière allemande Angela Merkel[16].

Éphémère ministre des Armées[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée ministre des Armées du gouvernement d'Édouard Philippe. Elle est la deuxième femme à exercer cette fonction, après Michèle Alliot-Marie de 2002 à 2007. Après les élections législatives de juin 2017, elle demande à ne pas être reconduite au gouvernement, « pour être en mesure de démontrer librement [sa] bonne foi » si l'enquête visant le MoDem conduisait à vérifier les conditions d'emploi de ses assistants parlementaires[17],[18].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée à Guillaume Goulard, conseiller d'État, et mère de trois enfants.

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Sylvie Goulard est une europhile convaincue. Elle commence à s'impliquer sur ce sujet lors des négociations sur la réunification de l'Allemagne[19].

Dans le classement des parlementaires européens les plus influents, elle se distingue au 9e rang notamment par sa capacité à s'exprimer dans les médias allemands[20].

Brexit[modifier | modifier le code]

Pendant les négociations portant sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, après le vote majoritaire en faveur du OUI au référendum, elle dénonce un royaume « très désuni » en raison des disparités géographiques et sociales du vote, et une instrumentalisation politique[21].

Adhésion de la Turquie[modifier | modifier le code]

Sylvie Goulard est peu favorable à une adhésion de la Turquie à l'Europe. Dans son essai intitulé Le Grand Turc et la République de Venise, préfacé par Robert Badinter, elle explique ses réticences à l'égard du projet d’adhésion de la Turquie à l’UE : « Et évidemment pas dans le but de préserver une Europe blanche et catholique, mais bien parce que les conditions politiques et économiques n’étaient pas réunies », précise-t-elle. Cette adhésion est d'autant plus remise en question qu'elle est liée au conflit syrien. Elle souligne à ce sujet une gestion hasardeuse de la crise migratoire syrienne, en pointant la « dérive des institutions européennes qui ne fonctionnent pas correctement »[22].

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le Grand Turc et la République de Venise, Fayard, 2004[3] Prix du livre pour l’Europe 2005[réf. nécessaire].
  • Le Partenariat privilégié, alternative à l’adhésion en collaboration avec Rudolf Scharping, Karl-Theodor zu Guttenberg, Pierre Defraigne, Carlo Altomonte, Lucas Delattre, Note bleue de la Fondation Schuman no 38, 6 décembre 2006[réf. souhaitée]
  • Le Coq et la Perle, Seuil, février 2007[3]
  • L'Europe pour les nuls, First, 2007 ; 3e édition, 2014 Prix du Livre européen de l'essai 2009.
  • Il faut cultiver notre jardin européen, Seuil, juin 2008[24]
  • Francis Fontaine, Brune de Bodman (collaboratrice) et Sylvie Goulard (collaboratrice), La Mondialisation pour les nuls, Paris, First édition, coll. « Pour les nuls », , XX-325 p., 23 cm (ISBN 978-2-7540-0778-8, notice BnF no FRBNF42232419)
  • De la démocratie en Europe, avec Mario Monti, Flammarion, 2012
  • Europe : amour ou chambre à part, Flammarion, 2013, coll. « Café Voltaire »
  • Goodbye Europe, Flammarion, 2016

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sylvie Goulard », sur Europarl (consulté le 6 mai 2017).
  2. Biographie sur son site officiel.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Sylvie Goulard », sur la base de données des députés au Parlement européen.
  4. Sylvie Goulard, site du Collège d'Europe
  5. « Sylvie Goulard, la pédagogue de l'Europe », sur lhemicycle.com,  : « Lorsqu’on l’interroge sur sa passion pour la construction européenne, Sylvie Goulard a cette réponse étonnante : “J’ai simplement eu la chance d’apprendre l’allemand dès la 6e.” Et d’évoquer, avec un plaisir non feint, ses séjours réguliers chez sa correspondante à Bielefeld, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, “au sein d’une famille qui [lui] a tant appris”. »
  6. Voir sur atd-quartmonde.org.
  7. Sébastien Maillard, « Vers des contre-sommets fédéralistes », La Croix, 15 septembre 2010.
  8. Sylvie Goulard, « L'Europe doit réguler la finance, par Sylvie Goulard », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. « Septembre 2011 - Gouvernance économique : les grandes lignes du rapport de Sylvie Goulard », sur europarlement.touteleurope.eu,
  10. Site de la députée, décembre 2012.
  11. « Les petits « à-côtés » des eurodéputés français », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. « "It's global policy, stupid" | Sylvie Goulard », sur sylviegoulard.eu (consulté le 22 février 2017).
  13. Aline Robert, « Sylvie Goulard candidate à la présidence du Parlement européen », euractiv.fr, 25 novembre 2016.
  14. Virginie Le Guay, « Présidence du Parlement européen : La candidature surprise de Sylvie Goulard », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  15. « Pourquoi je soutiens Emmanuel Macron », sylviegoulard.eu.
  16. « Gouvernement Macron : quels ministres, quel Premier ministre en cas de victoire ? », L'Internaute,‎ (lire en ligne).
  17. http://www.bfmtv.com/politique/la-ministre-des-armees-sylvie-goulard-quitte-le-gouvernement-1190287.html#content/contribution/edit
  18. « Remaniement : Sylvie Goulard va quitter le gouvernement », Arthur Berdah et Marcelo Wesfreid, Le Figaro.fr, 20 juin 2017.
  19. Renaud Honoré, « Sylvie Goulard, une europhile à la tête des armées », sur www.lesechos.fr, (consulté le 19 mai 2017)
  20. « La liste 40 eurodéputés plus influents pour 2017 », sur lacroix.fr, (consulté le 5 mai 2017).
  21. « Brexit : pour Sylvie Goulard, "la liberté, ça ne consiste pas à dire merde à la terre entière" », sur europe1.fr, (consulté le 5 mai 2017) : « Ce n'est pas seulement un échec de l'Europe, c'est aussi un problème de développement social et économique du Royaume-Uni. Londres, la grande agglomération qui va bien, a majoritairement voté pour l'Europe. Les régions beaucoup plus défavorisées, les anciens bassins miniers, les zones industrielles où il y a moins d'avenir, les personnes d'un certain âge assez inquiètes ont plutôt contre le maintient dans l'Union européenne. ».
  22. « Crise des migrants : "L'Europe n'a pas de poids diplomatique" selon l'eurodéputée Sylvie Goulard », sur rtl.fr, .
  23. Remis le par l'ambassadrice d'Allemagne en France, Susanne Wasum-Rainer.
    « Sylvie Goulard décorée par l'Allemagne », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 20-dimanche 21 juin 2015, p. 34.
  24. Fabien Cazenave, « Il faut cultiver notre jardin européen, de Sylvie Goulard. L’Union pour la Méditerranée ou la chronique d’un malentendu », Le Taurillon, 6 mai 2008.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]