Muriel Pénicaud

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Muriel Pénicaud
Image illustrative de l'article Muriel Pénicaud
Fonctions
Ministre du Travail
En fonction depuis le
(2 mois et 12 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Myriam El Khomri
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Versailles (Yvelines)
Nationalité française
Diplômée de université Paris-Nanterre
université de Strasbourg

Muriel Pénicaud, née le à Versailles, est une dirigeante d’entreprise, haute fonctionnaire et femme politique française.

Elle est nommée ministre du Travail dans le gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron le .  

Biographie[modifier | modifier le code]

Muriel Pénicaud naît le 31 mars 1955 à Versailles, fille d'une mère au foyer et d'un père conseiller financier (qui deviendra ensuite agent de change). Elle est élevée dans un milieu bourgeois, au Chesnay (Yvelines)[1].

Elle fait sa scolarité au collège et au lycée Saint-Jean-Hulst, établissement privé d'enseignement catholique de Versailles[2].

Elle est mariée à Jean-Louis Pénicaud[2], et mère de deux enfants[3].

Formation[modifier | modifier le code]

Elle est titulaire d'une licence en histoire (1975)[4], d'une maîtrise en sciences de l'éducation (1976, université Paris-Nanterre)[4] et d'un diplôme d'études approfondies (DEA) en psychologie clinique (université de Strasbourg, 1980[5]).

Muriel Pénicaud a par ailleurs suivi une formation[pas clair] au sein de l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD) (1995)[6].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

De 1976 à 1985, Muriel Pénicaud est administratrice territoriale[7], d'abord au Centre de formation des personnels communaux[1], elle dirige ensuite de 1983 à 1985 une mission locale pour l'insertion des jeunes à Metz[8].

Elle entre au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle en 1985 et y occupe des fonctions de direction régionale et nationale. En 1991, elle devient membre du cabinet ministériel de la ministre, Martine Aubry, en tant que conseillère pour la formation[9],[10].

En 1993, elle entre chez Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN, qui sera une des entreprises à l'origine de Danone), ou elle devient une des responsables DRH du groupe[1].

De 2002 à 2008, elle est directrice générale adjointe du groupe Dassault Systèmes, chargée de l’organisation, des ressources humaines et du développement durable[11],[12].

De 2006 à 2009, elle est nommée première présidente de l’institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, organisme de formation des inspecteurs du travail[13], et membre du Haut conseil du dialogue social[14].

Muriel Pénicaud est cofondatrice et vice-présidente (2007) de TVDMA[15], première TV de service public académique sur le management et le droit des entreprises.

De 2008 à 2014, elle est directrice générale des ressources humaines du groupe Danone, également chargée de l’innovation sociétale, après avoir, de 1993 à 2002, occupé plusieurs fonctions de direction mondiale au sein de ce groupe  [16],[17],[18],[19]. Elle touche, entre 2012 et 2014, plus de 4,7 millions d'euros de rémunération pour cette activité[20]. Le 30 avril 2013, elle réalise par ailleurs une plus-value de 1,13 million d’euros sur ses stock options, après la hausse de la valeur des actions du groupe survenue à la suite de l’annonce de 900 suppressions d’emplois de cadres en Europe[21]. Elle est également présidente du Conseil d’Administration du Fonds Danone Écosystème depuis sa création en 2009 et jusqu’en 2014. Elle est à l’initiative de Dan’Cares[22], première couverture santé mondiale d’entreprise pour tous les salariés.

En février 2010, elle est coauteur avec Henri Lachmann, Christian Larose et Marguerite Moleux du rapport au Premier ministre Bien-être et efficacité au travail – 10 propositions pour améliorer la santé psychologique au travail [23].

En 2010, Muriel Penicaud co-créé l’événement EVE pour le développement du leadership des femmes[24].

De 2010 à 2017, elle est vice-présidente du conseil de gouvernance de l’École de droit et management des affaires de Paris II Panthéon Assas-Sorbonne Universités, et cofondatrice vice-présidente de TVDMA[25], première TV de service public académique sur le management et le droit des entreprises. 

De 2011 à 2014, elle est nommée administratrice du Groupe Orange et présidente du comité de gouvernance et de responsabilité sociale et environnementale[26]. A ce titre, elle gagne près de 128 000 euros de jetons de présence[20].

De 2013 à 2015, elle est également membre du conseil d’administration de la SNCF et présidente du comité transports et logistique. De 2015 à 2017, elle est membre du conseil de surveillance[27].

En 2013-2014, elle est présidente du conseil d'administration d'AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement)[13]. En mars 2014, elle est nommée membre du comité de pilotage des 34 plans de la Nouvelle France industrielle, placé sous l'autorité du Premier ministre. En 2014, Muriel Pénicaud est présidente du Conseil national Éducation économie (CNEE).

En mai 2014, Muriel Pénicaud devient ambassadrice déléguée aux investissements internationaux et directrice générale d'Ubifrance, en remplacement de Véronique Bédague-Hamilius, qui est nommée directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon[28]. Elle a la charge d'assurer la fusion entre l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) et Ubifrance. En fusionnant les deux entités, en janvier 2015, Muriel Pénicaud devient la première directrice générale de Business France, agence nationale au service de l'internationalisation de l'économie française. « Muriel Penicaud laisse un bilan social plutôt catastrophique ». La DRH, la directrice de la communication et son chef de cabinet ont quitté leur poste et seraient en arrêt-maladie. Le directeur financier serait aussi parti. Il lui est reproché de s'être « davantage souciée d'être dans les voyages officiels que de gérer sa boutique. Et d'avoir augmenté indûment certains membres de son comité exécutif »[29]. Selon le journal Libération, Muriel Pénicaud augmente de 28,8 % le salaire du directeur financier (151 680 € par an). Le salaire du DRH est augmenté de 20,6 % (150 840 € par an). Et Muriel Pénicaud n'oublie pas d'augmenter son propre salaire de directrice générale (225 000 € par an), ce qui la classe comme la « troisième personne la mieux payée parmi la trentaine d’Etablissements publics à caractère industriel et commercial »[28].

De 2014 à 2017, elle est administratrice d’Aéroports de Paris [26].

Action ministérielle[modifier | modifier le code]

Elle est nommée ministre du Travail le 17 mai 2017[30]. Elle est alors chargée d'une réforme du code du travail[31].

Réforme pour le renforcement du dialogue social[modifier | modifier le code]

La première des 6 grandes réformes est celle sur le code du travail dont le texte le texte est adopté le 6 juillet 2017 en commission des Affaires sociales[32]. Le projet de loi d’habilitation est ensuite adopté en première lecture le 13 juillet à l’Assemblée nationale. À partir du 24 juillet, il est en débat au Sénat.

Controverses[modifier | modifier le code]

Business France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Business France.

De janvier 2015 à mai 2017, Muriel Pénicaud est directrice générale de Business France, agence nationale au service de l'internationalisation de l'économie française. En mars 2017, une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris, vise cette agence[33]. Cette enquête concerne l’organisation d'une soirée de promotion des start-up françaises, organisée autour d’Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, à Las Vegas le 6 janvier 2016[34],[35] en marge du Consumer Electronics Show. Le parquet de Paris ouvre en juillet 2017 une information judiciaire pour favoritisme et recel de favoritisme. Elle est confiée au juge Renaud Van Ruymbeke[36].

Danone : plus-value lors d'un plan social[modifier | modifier le code]

Muriel Pénicaud, directrice des ressources humaines du groupe Danone revend, en 2013, ses stock-options reçues en 2009, réalisant ainsi une plus-value de 1,13 million d'euros, alors qu'un plan social a lieu[37].

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sarah Belouezzane, Denis Cosnard, « Muriel Pénicaud, des convictions à l’épreuve de la réforme du droit du travail », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Muriel PENICAUD », sur Copains d'avant (consulté le 28 juillet 2017)
  3. Prisma Média, « Muriel Pénicaud - La biographie de Muriel Pénicaud avec Voici.fr », sur Voici.fr (consulté le 28 juillet 2017)
  4. a et b « Qui est Muriel Pénicaud, la nouvelle ministre du Travail ? », sur europe1.fr,
  5. http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/muriel-penicaud-ex-conseillere-martine-aubry-nommee-ministre-du-travail-1255759.html
  6. Le JDD, « Muriel Pénicaud, le dialogue social pour méthode », sur www.lejdd.fr (consulté le 13 juillet 2017)
  7. Arrêté JORF 1978.
  8. « Michel Abhervé  » Blog Archive  » De la direction de la Mssion locale de Metz au Ministère du Travail : le parcours de Muriel Pénicaud », sur www.alternatives-economiques.fr (consulté le 19 juillet 2017)
  9. JORF 255,TEFC9204830A.
  10. Agefi 25.2.2008.
  11. Site institutionnel Danone.
  12. Communiqué de presse Dassault Systèmes.
  13. a et b Liaisons sociales mai 2006
  14. JORF du 31 décembre 2008
  15. « http://www.tvdma.org/ »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 18 mai 2017).
  16. Communiqué de presse Danone du 19 février 2008.
  17. Stratégies Newsletter no 5034, La Tribune avril 2008.
  18. « Une pro du Social pour doper les RH de Danone », Liaisons sociales, avril 2008.
  19. Le Nouvel Observateur 20 novembre 2011. Oriental Morning Post 3 mars 2011.
  20. a et b « La juteuse plus-value boursière de Muriel Pénicaud chez Danone », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  21. « Stocks-options. La ministre du Travail touche le pactole sur le dos des emplois », sur humanite.fr,
  22. « Qui est Muriel Pénicaud la nouvelle ministre du Travail? », sur Le Huffington Post (consulté le 19 juillet 2017)
  23. user BO, « Rapport sur le bien-être et l'efficacité au travail - Etre Bien au Travail », sur www.etre-bien-au-travail.fr (consulté le 19 juillet 2017)
  24. « Femmes chefs d'entreprise, ensemble depuis 70 ans pour un leadership partagé! - EVE », sur www.eveprogramme.com (consulté le 19 juillet 2017)
  25. « Web TV TVDMA | Ecole de Droit et Management de Paris », sur mba-pantheon-assas.com (consulté le 19 juillet 2017)
  26. a et b « Muriel Pénicaud, ministre du travail - Carnet des décideurs », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  27. « Décret du 29 juin 2015 portant nomination au conseil de surveillance de la SNCF », sur Légifrance, .
  28. a et b http://www.liberation.fr/france/2017/06/27/penicaud-a-business-france-faste-et-controverses_1579995
  29. http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170518.OBS9564/muriel-penicaud-celle-par-qui-la-reforme-du-code-du-travail-arrive.html
  30. « DIRECT - Annonce de la nomination du Gouvernement », sur Gouvernement.fr (consulté le 17 mai 2017).
  31. Jean-Christophe Chanut, « Réforme du code du travail : baptême du feu à l'Assemblée pour Muriel Penicaud », latribune.fr, 10 juillet 2017.
  32. Bertrand Bissuel, « Laurent Pietraszewski, un manageur à l’Assemblée nationale », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  33. « Communiqué de presse du 21 mai 2014 »
  34. « Business France : « Libération » révèle de nouveaux éléments qui fragilisent la défense de Muriel Pénicaud », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  35. « Las Vegas : Muriel Pénicaud a informé son comité d'audit avec un rapport tronqué », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  36. http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/07/14/soiree-de-las-vegas-ce-que-savait-muriel-penicaud_5160533_1653578.html
  37. « Muriel Pénicaud a-t-elle profité d'un plan social pour réaliser une plus-value de 1,13 million d'euros? », sur BFM TV,
  38. Décret du 30 janvier 2008 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  39. Voir sur legifrance.gouv.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]