Urbanisme

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Gratte-ciel vus depuis la Tour du CN à Toronto (Canada).
Vue d'un quartier de Pachuca (Mexique).

L’urbanisme désigne l'ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l'organisation et à l'aménagement des espaces urbains, en vue d'assurer le bien-être de l'homme et d'améliorer les rapports sociaux en préservant l'environnement.[1] Les personnes qui exercent ce métier sont des urbanistes.

Selon les traditions académiques, cette discipline est associée tantôt à l'architecture, tantôt à la géographie, selon l'aspect mis en avant, l'intervention urbaine ou l'étude théorique. En France, l'enseignement et la recherche universitaire dans ce champ relèvent d'une section spécifique du Conseil national des universités (24, Aménagement de l'espace, Urbanisme).

L'urbaniste Pierre Merlin précise que "les géographes ont souvent eu tendance à considérer, en France notamment, l'aménagement (et en particulier l'aménagement urbain, voire l'urbanisme) comme un prolongement naturel de leur discipline. Il s'agit en fait de champs d'action pluridisciplinaires par nature qui ne sauraient être l'apanage d'une seule discipline quelle qu'elle soit. Mais la géographie, discipline de l'espace à différentes échelles, est concernée au premier chef"[2].

Notion[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

En tant que champ disciplinaire (ou scientifique), les théories de l'urbanisme sont en étroite filiation avec les sciences humaines (géographie, aménagement, économie, science juridique, écologie, anthropologie, science politique, sociologie, linguistique, sémiologie).

En tant que champ professionnel, les pratiques et techniques de l'urbanisme découlent de la mise en œuvre des politiques urbaines (logement, transport, environnement, zones d'activités économiques et appareil commercial). Cette deuxième dimension recoupe la planification urbaine et la gestion de la cité (au sens antique du terme), en maximisant le potentiel géographique en vue d'une meilleure harmonie des usages et du bien-être des utilisateurs (résidents, actifs, touristes).

Histoire du concept[modifier | modifier le code]

La notion apparait avec l’ingénieur catalan, Ildefons Cerdà et son ouvrage Théorie générale de l'urbanisation paru en 1867[3] . Il fit son apparition en France en 1910 à la suite d'une parution dans le Bulletin de la Société neuchâteloise de géographie sous la plume de Pierre Clerget. En 1911, la Société française des urbanistes (SFU)[4] est fondée. Issue des courants humanistes et hygiénistes de la fin du XIXe siècle, cette société savante réunit depuis ses origines les urbanistes de tous modes d’exercice (public, para public et privé) sur la base de critères professionnels. Ses actions constituent une véritable force de propositions, qui se manifeste notamment dans la vision des urbanistes pour la ville du XXIe siècle et la Nouvelle Charte d’Athènes[Quoi ?]. La SFU représente les urbanistes de France au Conseil européen des urbanistes.

On demande aussi à l'urbaniste d'aider à créer des villes où il fait bon vivre en bonne santé (hygiénisme), où la violence[5],[6] et la « criminalité urbaine » trouveraient aussi peu que possible à s'exprimer ou à se développer ; sans tomber dans des modèles relevant de ce que certains auteurs ont appelé un "urbanisme de la peur"[7],[8].

En dehors des approches fonctionnelles du XXe siècle, à titre d'exemple contraire, nous pouvons évoquer la Cité-jardin développée en théorie comme en pratique par Ebenezer Howard à la fin du XIXe siècle avec la construction de deux villes en Angleterre : Letchworth et Welwyn. C'est là un modèle qui fut largement utilisé dans le contexte de la reconstruction de l'après-guerre par Henri Sellier dans le département de la Seine, à Reims, à Ternier, à Laon

C’est à partir de 1953 que l’école des beaux-arts de Paris enseigne l’urbanisme à ses étudiants. Un ouvrage de référence de Françoise Choay permet de mieux saisir les principaux enjeux de l’urbanisme, sous une forme pédagogique : Urbanisme, Utopies et réalité (1965), qui est une anthologie des différents concepts urbanistiques développés depuis plusieurs siècles.

Actuellement en France, l'échec ressenti des grandes opérations d'aménagement d'après-guerre - grandes opérations inspirées de la vision moderniste des CIAM, lesquels avaient développé la théorie du zonage (découpage du territoire en zones fonctionnellement différenciées) - cet échec pousse les théoriciens et acteurs de l'urbanisme à éviter désormais le découpage foncier arbitraire, au profit d'un projet et d'une vision globale sur le territoire.

Histoire de sa mise en pratique[modifier | modifier le code]

Le plan hippodamien a été largement utilisé par les Romains dans leur expansion coloniale en Europe et a été repris à partir du XVIIe siècle pour la construction des villes sur le continent américain notamment comme La Nouvelle-Orléans puis en Afrique du Nord au XIXe siècle avec Lyautey. Il faut aussi noter l'expérience spécifique et originale des bastides dans le Sud-Ouest de la France avec 300 à 500 établissements nouveaux créés en 200 ans sur un même et unique modèle, fait unique dans l'histoire de l'urbanisation[9]. Il existe enfin des villes qui relève d'un projet utopique à la recherche de la cité idéale comme Chandigarh en Inde avec Le Corbusier ou Auroville non loin de Pondichéry.

Typologie[modifier | modifier le code]

Dans le champ professionnel, on classe en deux catégories l'urbanisme : l’urbanisme réglementaire administratif restrictif-incitatif et l’urbanisme opérationnel d’action sur le terrain par des opérations concrètes[10].

Urbanisme réglementaire[modifier | modifier le code]

Il s'agit de créer un document d'urbanisme respectant le droit de l'urbanisme local pour l'action à entreprendre. Ce travail peut dans certains cas concerner des conurbations, plusieurs communes, afin d'obtenir une cohérence sur l'ensemble d'une agglomération (tel qu'en France pour le Schéma de cohérence territoriale SCOT ou le Plan local d'urbanisme communal ou intercommunal).

Par exemple :

Urbanisme opérationnel[modifier | modifier le code]

L’urbanisme opérationnel consiste à mettre en place les actions nécessaires à la réalisation d’un projet urbain. Il regroupe ainsi « l’ensemble des actions conduites ayant pour objet la fourniture de terrains à bâtir, la construction de bâtiments ou le traitement de quartiers et d'immeubles existants (recomposition urbaine, réhabilitation, résorption de l’habitat insalubre) ». Par cela, il se différencie de l’urbanisme réglementaire qui regroupe l’ensemble des documents thématiques et réglementaires de planification stratégique et de programmation.

Modèles d'organisation et fonctions des villes selon les urbanistes[modifier | modifier le code]

Modèles d'organisation[modifier | modifier le code]

Exemple des hexagones du modèle de Jean Reynaud

Selon Jean Reynaud

Une organisation théorique du territoire fondée sur trois facteurs et ça qu'il appelés “rayon facile de communication”. Ceux-ci donnent  une hiérarchie aux centres urbains rayonnant sur des hexagones vers des unités urbaines plus petites. Les trois facteurs sont: la sociabilité, l’économie et l’administration[11].

Selon Walter Christaller

Une hiérarchie de la répartition optimale des unités urbaines en 6 niveaux pour maximiser son utilité et profit selon trois caractéristiques:

Le marché: fréquence et rareté du produit

Le transport: distance et coût maximale que le consommateur accepte de parcourir (par rapport au coût du produit)

Modèle Christallérien

Les services d’administration: l'idée d’un équilibre pour avoir la population minimale nécessaire pour que le producteur/acteur administrative puisse assurer un volume minimal de production/revenue et faire des bénéfices.

Son modèle dits que les services de même niveau ont tendance à se regrouper (système de centralité) selon la taille de l’unité urbaine et le degré de trois caractéristiques.[12] (Voir Modèle christallérien)

Fonctions[modifier | modifier le code]

Les fonctions que les différents acteurs donnent aux unités urbaines varient selon l’organisation du tissu urbain que les urbanistes ont proposé dans les pays et à l'intérieur des agglomérations. Il y a deux types de fonctions:

Fonctions centrales: activités liées aux services  pour les populations ou les entreprises situées dans la ville. Par exemple des activités administratives ou commerciales.

Fonctions spécialisées: activités qui ont une marche plus étendue que l’aire d’influence de la ville et elles peuvent être en réseau. Par exemple les activités industrielles ou touristiques

Métier[modifier | modifier le code]

Travail[modifier | modifier le code]

L'objectif de l'urbaniste est de donner une lecture de la ville et d'un territoire. Son travail porte sur l'aménagement des espaces publics et privés, sur l'organisation du bâti et des activités économiques, la répartition des équipements (services publics), et d'une manière générale sur la morphologie de la ville et l'organisation des réseaux qui la composent.

Le travail de l'urbaniste, loin de se réduire à un aspect réglementaire, vise à mettre en forme le projet territorial des collectivités. Son rôle est d'anticiper les besoins des populations afin de proposer un développement urbain efficace sur le plan socioéconomique et durable sur le plan environnemental. Pour ce faire, il contribue à l'élaboration de documents d'urbanisme pour la collectivité territoriale concernée, en planifiant les équipements nécessaires (espaces publics, espaces verts, réseaux d'eau potable, d'assainissement, éclairage public, électricité, gaz, réseaux de communication).

L'urbanisme peut ainsi s'exercer dans un cadre privé (bureau d'études) ou dans un cadre public (collectivités territoriales ou services de l'État), dont le rôle s'apparente principalement à de l'assistance à la maîtrise d'ouvrage ou de la maîtrise d'œuvre.

L'urbanisme, compte tenu de son caractère pluridisciplinaire, intéresse plusieurs catégories professionnelles selon le domaine d'étude: des architectes, des ingénieurs, des économistes, et des juristes, des sociologues, des ingénieurs (VRD, bâtiment, génie urbain...) des géographes, des paysagistes, et même des archéologues, des historiens, des environnementalistes, des psychologues et des anthropologues, auxquels il devrait être fait appel pour l'établissement des plans d'urbanisme ou pour le lancement des opérations d'urbanisme, en fonction des moyens disponibles.

Les urbanistes travaillent à partir d'une commande publique ou privée en relation avec l'ensemble des partenaires concernés par un projet en intégrant la « gouvernance » du projet au travers les procédures de participation et de concertation mises en place par la loi et/ou le maître d'ouvrage. La loi de décentralisation de 1981 a transféré aux communes et aux regroupements de communes (communautés urbaines, communautés de communes, communautés d'agglomération, syndicats d'études...) les compétences en matière d'urbanisme qui vont de la planification (SCOT, PLU, secteur sauvegardé) à la réalisation d'aménagement de zone (lotissements, ZAC, OPAH, autorisation d'aménagement...) en passant par les divers permis et autorisations relatives au droit des sols : certificat d'urbanisme, permis de construire, permis de démolir...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.cnrtl.fr/definition/urbanisme
  2. Cf. p.369, Pierre Merlin et Françoise Choay, Dictionnaire de l'urbanisme et de l'aménagement, PUF, octobre 2010
  3. Ildefons Cerda, 1859, Teoría de la Construcción de Ciudades (Théorie sur la construction des villes). Il l’écrit pour promouvoir son projet préliminaire d’extension de Barcelone, alors que le mot 'urbanisme' n'apparait en français vers les années 1910 comme ses équivalents en allemand et en anglais, städtebau et town planning.
  4. site web de la Société française des urbanistes.
  5. Miloud, T. (2012). La ville et la violence: pour une approche anthropologique. Revue Des lettres et des Sciences Humaines et sociales, (12).
  6. Pedrazzini Y (2005) La violence des villes (Vol. 9), Éditions d'en bas.
  7. Pattaroni L & Pedrazzini Y (2010) Chapitre 11. Insécurité et ségrégation: refuser l'urbanisme de la peur. Annuels, 231-240 (résumé).
  8. Garnier J.P (2012) Un espace indéfendable: l'aménagement urbain à l'heure sécuritaire. Le Monde à l'envers.
  9. François-Xavier Tassel, « Les bastides ou la quête de la Jérusalem terrestre », in Cahiers de l’association Les Amis de Roger Girard no 4, Télètes, Paris, 2009
  10. À la suite d'une recherche et réflexion globale sur le fonctionnement et l'avenir du quartier, de la ville ou de l'agglomération dont une formalisation est faite en un diagnostic territorial, le travail en urbanisme pose les bases d'une stratégie sur l'aménagement en un ensemble jugé cohérent (politique de la ville adoptant une méthode ou un modèle déjà utilisé ou extérieur). Il pose aussi une appréhension, une image à communiquer de la ville.
  11. Marie-Claire Robic, « Cent ans avant Christaller... Une théorie des lieux centraux », Espace géographique, vol. 11, no 1, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant, p. 5–12 (DOI 10.3406/spgeo.1982.3696, lire en ligne)
  12. Lahouari KADDOURI, Structures spatiales et mises en réseaux de villes pour la régionalisation des territoires, Montpellier,


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Ville (article principal)

Thèmes[modifier | modifier le code]

Boulevard Haussmann, Paris

Aspects[modifier | modifier le code]


Exemples[modifier | modifier le code]
La Roche-sur-Yon Une des nouvelles capitales de la France fondée par Napoléon premier.
  • La Roche-sur-Yon seule ville nouvelle du dix-neuvième siècle en Europe fondée par Napoléon Bonaparte.

Elle présente un plan pentagonal organisé autour d'une vaste esplanade d'où part un tracé rectiligne qui sillonne la ville et le département de la Vendée.

Organisations professionnelles[modifier | modifier le code]

Un quartier de Łódź en Pologne
  • American Planning Association (APA)
  • Institut canadien des urbanistes (ICU)

Écoles d'ingénieurs[modifier | modifier le code]

Instituts d'urbanisme[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]