Vincent Bolloré

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Vincent Bolloré
Festival automobile international 2014 - Photocall - 103.jpg

Vincent Bolloré en 2014.

Biographie
Naissance
Surnom
Le petit prince du cash-flow[1]
Il Scalatore (le grimpeur)[1]
Nationalité
Formation
Activités
Père
Conjoint
Enfant
Autres informations
Membre de
Président-directeur général du groupe Bolloré
Président du conseil de surveillance de Vivendi
Président du conseil de surveillance du groupe Canal+
Distinctions

Vincent Bolloré, né le à Boulogne-Billancourt, est un industriel et homme d’affaires français.

Président-directeur général du groupe Bolloré, il est également à la tête des conseils de surveillance de Vivendi et du groupe Canal+.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et vie privée[modifier | modifier le code]

Vincent Bolloré est issu d’une famille d'industriels bretons : fils de Michel Bolloré (1922-1997) et de Monique Follot, dont la mère, Nicole Goldschmidt[2], a beaucoup compté pour lui. Il est le père de quatre enfants issus de son union avec Sophie Fossorier : Yannick, Sébastien, Cyrille et Marie. Il est remarié[3] avec Anaïs Jeanneret.

Sa résidence principale est dans la villa Montmorency (16e arrondissement de Paris).

Ancien élève du lycée Janson-de-Sailly, il est titulaire d'un DESS de droit des affaires à l’issue duquel il obtiendra un doctorat[1] à l’université Paris X Nanterre.

Activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Groupe Bolloré[modifier | modifier le code]

Vincent Bolloré commence sa carrière en 1970 à l'âge de 18 ans, à la banque de l'Union européenne industrielle et financière, avant d'être nommé, en 1975 à l'âge de 23 ans, directeur-adjoint à la Compagnie financière Edmond de Rothschild, alliée de la famille Bolloré[1].

En 1981, il reprend avec son frère Michel-Yves Bolloré la papeterie familiale OCB, alors en grande difficulté, et la sort de sa tradition papetière en la recentrant sur les sachets à thé, puis investit dans le secteur industriel des films plastiques ultrafins utilisés dans l'industrie des condensateurs[1].

En 1992, il investit dans la compagnie de transport maritime Delmas-Vieljeux, mais cet investissement ne sera pas porteur.

Il se lance ensuite dans les médias en 2000 et dirige pendant un temps à partir de 2001 la banque d'investissement italienne Mediobanca, dont il restera actionnaire. Puis, il est présent dans la publicité et la communication avec le groupe français Havas et le britannique Aegis ainsi que la presse gratuite (Direct Matin)[1] (les parts Aegis qui seront revendues au Japonais Dentsu en juillet 2012).

En trente ans, Vincent Bolloré parvient à faire de l'entreprise groupe Bolloré un conglomérat international présent dans les secteurs de l'énergie, de l’agriculture (participations dans de nombreuses plantations d'huile de palme en Afrique, notamment au Cameroun[4], vin en France), du transport, de la logistique, du fret maritime (notamment la gestion de nombreux terminaux maritimes de conteneurs en Afrique[4]), de la publicité (Havas) ou encore des médias (Direct Matin, institut de sondage CSA). Par le biais de ses activités, en 2012 son groupe est présent dans 152 pays, emploie 55 000 personnes et réalise 10,2 milliards d'euros de chiffres d'affaires[5]. Ses activités en Afrique représentent 80 % des bénéfices de son groupe[4].

En 2011, il obtient le marché de l'Autolib' à Paris ; cela lui permet de mettre en avant la batterie au lithium-métal-polymère produite par le groupe Bolloré, qu'il souhaite étendre à d'autres systèmes urbains avec le système Bluecar, en particulier Lyon et Bordeaux en France, Indianapolis aux États-Unis et à terme des grandes métropoles asiatiques[5].

Après la revente des chaînes Direct 8 et Direct Star au Groupe Canal+ via un échange d'actions, il devient en 2012 le premier actionnaire de Vivendi[1]. Le , il remplace Jean-René Fourtou en tant que président du conseil de surveillance de Vivendi[6].

Il a prévu de prendre sa retraite le , le jour du bicentenaire de l'entreprise familiale, et de passer la main à ses quatre enfants[5].

À la tête de Canal +[modifier | modifier le code]

Le , Vincent Bolloré, déjà à la tête du conseil de surveillance de Vivendi, prend également la tête de celui de sa filiale Canal+ en tant qu'actionnaire majoritaire de Vivendi[7]. Bertrand Meheut, le président du directoire de Canal+ depuis treize ans, est remplacé par Jean-Christophe Thiery[8], président de Bolloré Media et fidèle de Vincent Bolloré[7].

En juillet 2015, une rumeur apparaît selon laquelle Vincent Bolloré souhaiterait supprimer l'émission culte de Canal+, Les Guignols de l'info, en raison de l'irrévérence du programme et de l'abus de dérision[9],[10]. D'autres médias affirment qu'il s'agit d'une décision politicienne ayant pour but de favoriser Nicolas Sarkozy dans l'élection présidentielle de 2017[11],[12],[13].

Toujours en juillet 2015, il interdit personnellement la diffusion par Canal+ du documentaire Évasion fiscale, une affaire française, qui était prévu dans l'émission Spécial Investigation, et consacrée à des pratiques d'encouragement de la fraude fiscale qu'organiserait une filiale du Crédit mutuel, la banque Pasche, basée à Monaco. Le journal Mediapart accuse l'affaire d'être « inédite dans l'histoire de Canal + » et met en cause les liens d'amitié entre Vincent Bolloré et Michel Lucas, le patron du Crédit Mutuel, ainsi que les liens d'affaires entre le Crédit Mutuel et Vivendi[14]. Selon la version de Vincent Bolloré, ce reportage a été déprogrammé à cause du fait que les informations étaient déjà sorties dans Mediapart ; il assure par ailleurs n'être jamais intervenu pour déprogrammer ce reportage. Selon lui, cette histoire aurait surtout été utilisé par certains membres de Canal+ pour éviter la diète budgétaire qu’il a appliqué à la chaîne[15].

Le , le rédacteur en chef adjoint de Spécial Investigation, Jean-Baptiste Rivoire, confie sur le plateau d’arretsurimages.net[16] que plusieurs propositions d’enquêtes ont été refusées par la direction de la chaîne. Selon lui, la direction a fait savoir qu’elle tenait « avant tout à défendre les intérêts du groupe Canal et estime qu’il est préférable d’éviter certaines attaques frontales ou polémiques à l’encontre des partenaires actuels ou futurs du groupe »[17]. Il indique également que Vincent Bolloré s’est exprimé sur cette censure le 3 septembre 2015 lors du comité d’entreprise de Canal+ : « Il a assumé en disant : "Ce n’est pas de la censure, c’est de la connerie. (…) Il ne faut pas embêter les partenaires du groupe, attaquer la BNP ou le Crédit Mutuel, c’est débile" »[17]. Ces propos figureraient dans le compte-rendu écrit du CE[17].

Selon Le Figaro, Vincent Bolloré quittera la direction de Canal + à l'été 2016. Son bilan divise les médias. Pour certains, il a sauvé Canal + qui était au bord de la faillite avant son arrivée. Pour d'autres, c'est un fiasco. Ses détracteurs rappellent la purge subie par Canal +, qui a vu le départ de plusieurs journalistes et présentateurs vedettes de la chaîne[18] et la disparition de programmes emblématiques comme le Zapping ou Spécial Investigation[19].

Le , le groupe Bolloré annonce qu’il réclame 50 millions d’euros à France 2 à la suite de la rediffusion par la chaîne le 21 juillet du reportage de Complément d’enquête consacré à l'homme d'affaires car, selon le groupe, le documentaire « porte atteinte à ses intérêts commerciaux »[20],[21]. Selon le quotidien Le Monde[22], l’assignation en justice, portée devant le tribunal de commerce de Paris, et non devant un tribunal correctionnel, met en évidence la volonté de Vincent Bolloré de défendre son image, sans contester la véracité des allégations[23] portées contre lui dans le documentaire.

Liens avec le monde politique[modifier | modifier le code]

En 2007, Vincent Bolloré met son jet privé[24] et son yacht personnel, le Paloma à la disposition de Nicolas Sarkozy, tout juste élu président de la République française. De ces faits, ainsi que du rachat par le groupe Bolloré de la SFP, qui se cumulent avec l'entrée de Vincent Bolloré dans le monde de l'édition, naissent, selon Libération, des controverses sur les commandes publiques de la SFP, et sur les activités du groupe Bolloré en Afrique[25]. Aussi, un reportage de Benoît Collombat, diffusé le 29 mars 2009 et intitulé Cameroun, l'empire noir de Vincent Bolloré, relayé par le site Mediapart[26], aboutit à un procès en diffamation, gagné par Vincent Bolloré le 6 mai 2010[27].

En septembre 2013, il annonce qu'il votera pour la candidate PS Anne Hidalgo lors des élections municipales de 2014 à Paris, rendant en même temps hommage au maire sortant Bertrand Delanoë, lequel a permis la mise en place du service de voitures électriques Autolib', dont le groupe Bolloré est l'exploitant[28],[5].

Fortune[modifier | modifier le code]

En 2012, Vincent Bolloré est la 11e fortune de France, avec 3,610 milliards d'euros selon Challenges[29]. En 2015, il est classé 9e, avec 11,140 milliards d'euros[30].

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g AFP, « Financier habile, Vincent Bolloré a bâti un empire très diversifié », sur dhnet.be,‎ (consulté le 19 juillet 2014)
  2. Irène Inchauspé, Jean-François Jacquier et Étienne Mary, « Le Français qui veut se payer l'Italie », Le Point.fr,‎ (lire en ligne)
  3. http://www.telerama.fr/monde/21352-le_raz_de_maree_bollore.php
  4. a, b et c « "Complément d'enquête" : France 2 se penche sur "l'ami" Vincent Bolloré », 20 minutes.fr, 7 avril 2016 (consulté le 8 avril 2016).
  5. a, b, c et d Cédric Pietralunga, « Vincent Bolloré - L'opportuniste », M, le magazine du Monde, semaine du 19 octobre 2013, pages 65-72.
  6. « Comment Vincent Bolloré met au pas la maison Vivendi », Challenges.fr, 11 juillet 2014.
  7. a et b « Vincent Bolloré prend officiellement le contrôle de Canal+ et écarte Bertrand Méheut », 20minutes.fr, 3 septembre 2015 (consulté le 8 avril 2016).
  8. « Qui est Jean-Christophe Thiery, le nouveau patron de Canal+ ? », 20minutes.fr, 3 septembre 2015 (consulté le 10 mai 2015).
  9. Les Guignols de l'Info dans le viseur de Bolloré sur lefigaro.fr
  10. "Les Guignols", premières victimes de Vincent Bolloré à Canal+ ? sur ozap.com
  11. Les Guignols menacés : derrière Bolloré, l'ombre de Sarkozy sur le nouvelobs.com
  12. "Les Guignols" : Bolloré est-il la marionnette de Sarkozy ? sur lepoint.fr
  13. L’arrêt des « Guignols », « un signal déplorable » selon la presse sur lemonde.fr
  14. Fabrice Arfi, « A Canal+, Vincent Bolloré censure un documentaire sur le Crédit Mutuel », sur mediapart.fr,‎ (consulté le 2 septembre 2015)
  15. Le Figaro.fr, « Vincent Bolloré : "La diète à Canal+ était nécessaire" »,‎ (consulté le 23 juin 2016)
  16. « "Bolloré et Hollande ont un intérêt conjoint à étouffer l'investigation" », émission d'arretsurimages.net du 12 février 2016 (consulté le 8 avril 2016).
  17. a, b et c « Volkswagen, YouTube, renseignement... Un journaliste énumère les enquêtes retoquées par Canal+ », 20minutes.fr, 15 février 2016 (consulté le 8 avril 2016).
  18. Fanny Ménéghin, « Vincent Bolloré quitte la présidence de Canal+ et intègre son fils au conseil de surveillance de la chaîne », sur Les Inrocks.com (consulté le 29 juin 2016)
  19. « À Canal+, le passé a décidé de refaire surface », Benjamin Meffre, Ozap.com, 28 juin 2016.
  20. « Le groupe Bolloré réclame 50 millions d'euros à France 2 après la rediffusion du "Complément d'enquête" consacré à son patron », Francetvinfo.fr avec AFP, 22 juillet 2016.
  21. « Le “Complément d'enquête” qui déplaît tant à Vincent Bolloré est disponible en replay », Télérama.fr, 21 juillet 2016.
  22. « Le groupe Bolloré réclame 50 millions d’euros à France 2 pour avoir rediffusé "Complément d’enquête" », Le Monde.fr, 22 juillet 2016.
  23. « Voilà ce qui rend fou Bolloré et le pousse à réclamer 50 millions à France 2 », Capital.fr, 22 juillet 2016.
  24. Sarkozy est arrivé à Louxor avec Carla Bruni, Le Nouvel Obs, 25 décembre 2007
  25. Bolloré laisse passer le papier gommé, Libération p. 28, 6 juin 2007.
  26. « Enquête sur la face cachée de l'empire Bolloré », sur mediapart.fr, Mediapart, 2 février 2009
  27. Bolloré : France Inter condamné pour diffamation, Arrêt sur images, 6 mai 2010
  28. « Bolloré vote Hidalgo », in Le Figaro, samedi 14 / dimanche 15 septembre 2013, page 6.
  29. Classement des 500 premières fortunes de France.
  30. « Les classements de Challenges : Vincent Bolloré », sur Challenges
  31. « Décret du Journal Officiel du 10 avril 2009 »
  32. « Pluie de médailles à Paris », ivoire.telediaspora.net, 14 février 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]