Stéphane Travert

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Stéphane Travert
Illustration.
Stéphane Travert en 2017.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(27 jours)
Circonscription 3e de la Manche
Législature XIVe, XVe (Cinquième République)
Groupe politique LREM
Prédécesseur Grégory Galbadon

(5 ans, 1 mois et 1 jour)
Élection 17 juin 2012
Réélection 18 juin 2017
Groupe politique SRC
Prédécesseur Alain Cousin (UMP)
Successeur Grégory Galbadon (REM)
Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation

(1 an, 3 mois et 25 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Jacques Mézard
Successeur Didier Guillaume
Conseiller régional de Normandie

(1 an, 11 mois et 19 jours)
Élection 13 décembre 2015
Président Hervé Morin (UDI)
Successeur François Dufour (EÉLV)
Conseiller régional de Basse-Normandie

(5 ans, 9 mois et 5 jours)
Élection 21 mars 2010
Président Laurent Beauvais (PS)
Biographie
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Carentan (Manche)
Nationalité Française
Parti politique PS (1988-2017)
LREM (depuis 2016)
Profession Cadre commercial

Stéphane Travert, né le à Carentan (Manche), est un homme politique français.

Membre du Parti socialiste (PS) de 1988 à 2017, il en est un cadre local et national à partir des années 2000. Il est élu député dans la 3e circonscription de la Manche lors des élections législatives de 2012. Alors qu'il est situé à l'aile gauche du PS, il se rapproche d'Emmanuel Macron comme rapporteur de son projet de loi et devient en octobre 2016 délégué d'En marche !, devenu La République en marche.

Il est réélu député lors des législatives de 2017, puis nommé ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation dans le second gouvernement d'Édouard Philippe. Il est de nouveau député depuis octobre 2018.

Il est également conseiller régional de Basse-Normandie de 2010 à 2015, puis conseiller régional de Normandie de 2016 à 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, famille et études[modifier | modifier le code]

Natif de Carentan, il grandit à La Haye-du-Puits[1] où son père est syndicaliste chez Force ouvrière durant sa carrière à l'imprimerie Cauchard[2]. Il est diplômé d’une école de commerce et titulaire d’un BTS d’action commerciale[2]. À la fin de ses études, il revient dans la Manche, un département auquel il se dit « viscéralement attaché »[1]. Sur le plan professionnel, il indique avoir commencé sa carrière dans l’industrie, avant de devenir chef de cabinet du député-maire de Caen, Philippe Duron[1]. Marié à une professeure de français, il est père de deux enfants[3].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Il adhère au PS à l'âge de 18 ans et occupe le poste de premier secrétaire de la fédération de la Manche entre 2002 et 2003, puis à partir de 2005. À cette même date, il devient membre du bureau national du PS[2]. Il milite pour le “non” au référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe[4]. Lors du congrès de Reims en 2008, il soutient Benoît Hamon puis Martine Aubry[2]. Henri Emmanuelli est présenté comme « son parrain en politique »[5].

Député de la XIVe législature[modifier | modifier le code]

Il est élu député dans la 3e circonscription de la Manche en 2012 en battant le député sortant Alain Cousin (UMP)[6]. Il rejoint en 2014 le camp des frondeurs en ne votant pas la confiance au Premier ministre Manuel Valls[7]. Il ne vote pas de nombreux textes économiques ou budgétaires comme la sécurisation de l'emploi ou le pacte budgétaire européen[2]. En mai 2014, Mediapart le situe à l'« aile gauche du PS, tendance Hamon »[4].

Il est l'un des premiers à soutenir Emmanuel Macron, qu'il rencontre en septembre 2014, à l'occasion de sa visite de l'usine d'Acome à Mortain[5]. À la fin de l’année 2014, il est désigné rapporteur de son projet de loi[2],[8], contre l'avis de Bruno Le Roux, président du groupe socialiste[9]. Il est nommé délégué du mouvement En marche ! le 26 octobre 2016[10].

Conseiller régional de Basse-Normandie puis de Normandie[modifier | modifier le code]

Il est élu conseiller régional de Basse-Normandie lors des élections régionales de 2010[11]. Tête de liste du PS dans la Manche lors des élections régionales de 2015 en Normandie[12], il est élu conseiller régional[11]. Il démissionne du conseil régional en décembre 2017[13].

Député de la XVe législature[modifier | modifier le code]

Candidat à un nouveau mandat lors des élections législatives, il est réélu député de la Manche le . Le PS ne lui oppose pas de candidat[11]. Son suppléant est Grégory Galbadon.

Au début de la législature, son nom circule pour la présidence du groupe La République en marche et pour celle de l'Assemblée[5].

Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation dans le second gouvernement Édouard Philippe[14], dont la formation suit les élections législatives. Il succède à Jacques Mézard, nommé ministre de la Cohésion des territoires en remplacement de Richard Ferrand.

Ses rapports avec Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, sont conflictuels[15]. Moins d'une semaine après sa nomination, il annonce vouloir revenir sur la législation interdisant, sauf dérogation, les insecticides de la famille des néonicotinoïdes à partir de septembre 2018 mais sa déclaration est contredite par Matignon et par Nicolas Hulot[2]. Alors qu'il est chargé de conduire les États généraux de l'alimentation, Libération indique qu'il défend une « vision très agro-industrielle et productiviste du secteur »[16]. En novembre 2017, il déplore « une défaite pour l'Europe » lorsque les 28 États membres de l'Union européenne échouent à s'accorder sur l'avenir du glyphosate lors d'un premier vote sur son renouvellement, alors que la France a mis son veto et que Nicolas Hulot s'en dit « fier » ; quelques jours plus tard, il se dit « heureux » de l'accord européen pour reconduire l'utilisation du glyphosate sur cinq ans : le même jour, Emmanuel Macron puis Matignon lui donnent tort[17].

En septembre 2017, une dizaine de députés de La République en marche ! menés par Jean-Baptiste Moreau écrivent à Emmanuel Macron pour exprimer leur mécontentement à l'égard de Stéphane Travert, à qui ils reprochent de ne pas les avoir assez associés aux États généraux de l'alimentation alors en cours ; celui-ci leur présente alors ses excuses[18]. Il fait l'objet de critiques en 2018 pour la loi sur « l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agroalimentaire », qu'il fait adopter et qui est jugée très favorable aux industriels de l'agroalimentaire par certains observateurs[19],[20]. Il est amené à démentir vivement sa proximité avec les lobbies, qui lui est régulièrement reprochée[20].

La démission de Nicolas Hulot du gouvernement lui est en partie imputée[20]. Il est remercié quelques semaines plus tard, à l'occasion du remaniement : L'Usine nouvelle estime que « sa proximité avec les lobbies, ses hésitations sur le glyphosate et la démission de Nicolas Hulot lui auront été fatales »[20]. Lors de son dernier conseil des ministres, Emmanuel Macron lui rend hommage pour sa fidélité et indique compter sur lui pour la suite du mandat[21].

Retour à la députation[modifier | modifier le code]

Son nom est régulièrement cité parmi les personnalités pressenties pour prendre la succession de Christophe Castaner comme délégué général de La République en marche, ou évoqué comme nouveau cadre du parti, sa bonne connaissance des appareils politiques et des élus locaux étant présentée étant présentée comme un atout[21],[22],[23].

Mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

  • Conseiller régional de Normandie, depuis le [24]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Biographie sur son site personnel.
  2. a b c d e f et g « 5 choses à savoir sur Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture remis à sa place par Nicolas Hulot », sur lci.fr, (consulté le 21 août 2017).
  3. Éric Hacquemand, « Stéphane Travert, le laboureur de Macron », Paris Match, semaine du 15 au 21 février 2018, pages 34-35.
  4. a et b Mathieu Magnaudeix, « Paroles de députés socialistes: «C'est un immense gâchis, tout est anéanti» », sur Mediapart, (consulté le 21 août 2017).
  5. a b et c Carole Barjon, « Le casse-tête de Macron : à qui confier les clés de l'Assemblée ? », sur nouvelobs.com, (consulté le 5 mars 2018).
  6. « Législatives : Stéphane Travert (PS) élu, le sortant Alain Cousin battu ! ».
  7. « Stéphane Travert, un Normand taiseux pour amadouer les agriculteurs », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  8. « Comment Macron met son réseau de parlementaires En marche pour la présidentielle », sur francetv info, (consulté le 28 mai 2016).
  9. « Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  10. « Stéphane Travert parmi les délégués du mouvement d’Emmanuel Macron, En marche ! », sur paris-normandie.fr, Paris-Normandie (consulté le 26 octobre 2016).
  11. a b et c Martin Guimier, « Remaniement: Qui est Stéphane Travert, le nouveau ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation? », sur 20minutes.fr, (consulté le 21 août 2017).
  12. Tête de liste PS dans la Manche
  13. « Stéphane Travert quitte le conseil régional », sur ouest-france.fr, (consulté le 23 août 2018)
  14. « EN DIRECT. Remaniement: nouveaux ministres gouvernement Philippe quinquennat Macron », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  15. Jean-Jérôme Bertolus, « Nicolas Hulot et Stéphane Travert, une cohabitation électrique », sur L'Opinion.fr (consulté le 1er novembre 2017).
  16. Coralie Schaub, « A la ferme bio, Hulot met les formes », sur liberation.fr, (consulté le 1er novembre 2017).
  17. Olivier Pérou, « Glyphosate : un couac nommé Stéphane Travert », sur lepoint.fr, (consulté le 4 janvier 2018).
  18. Étienne Baldit, « Des députés LREM écrivent à Macron pour "quasiment demander la tête" du ministre Stéphane Travert », sur Le Lab, (consulté le 19 septembre 2017).
  19. « Alimentation : une loi à la sauce lobbys », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  20. a b c et d Adeline Haverland, « Les trois dossiers qui ont fait chuter Stéphane Travert », sur L'Usine nouvelle.com, (consulté en 31 novembre 2018).
  21. a et b Michaël Darmon, « LREM : un ticket Marlène Schiappa-Stéphane Travert pour prendre la tête ? », sur europe1.fr, (consulté en 31 novembre 2018).
  22. Nathalie Raulin, « A LREM, la castagne de l’après-«Casta» », sur liberation.fr, (consulté en 31 novembre 2018).
  23. Marie-Pierre Haddad, « DIAPORAMA - La République En Marche : qui pour succéder à Christophe Castaner ? », sur rtl.fr, (consulté en 31 novembre 2018).
  24. « Stéphane Travert », sur gouvernement.fr (consulté le 23 juillet 2018)
  25. Décret n°2002-88 du 17 janvier 2002 relatif à l'ordre du Mérite maritime

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]