Aurélien Rousseau

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Aurélien Rousseau
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Fonctions
Directeur de cabinet du Premier ministre
depuis le
Maître des requêtes au Conseil d'État
depuis
Conseiller municipal de Saint-Hilaire-de-Brethmas
depuis
Directeur général
Agence régionale de santé d'Ile-de-France (d)
-
Christophe Devys (d)
Président-directeur général
Monnaie de Paris
-
Directeur adjoint de cabinet du Premier ministre (d)
-
Gilles Gateau (d)
Thomas Fatome (d)
Biographie
Naissance
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AlèsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Conjoint
Autres informations
Distinctions

Aurélien Rousseau, né le [1] à Alès, est un haut fonctionnaire français, membre du Conseil d’État et dirigeant d'établissement public.

Historien de formation, Aurélien Rousseau est ancien élève de l’ENA. Il a exercé plusieurs années à la Ville de Paris, notamment au cabinet du Maire de Paris Bertrand Delanoë et de 2015 à 2017 auprès des Premiers ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve dont il fut le directeur adjoint de cabinet et conseiller social. Le 25 juillet 2018, il est nommé Directeur Général de l’Agence régionale de santé Île-de-France (ARS IDF) et pilote la politique de santé en région, notamment pendant deux crises sanitaires successives, celle de l’incendie de Notre-Dame et celle du Covid-19. Il quitte ses fonctions en août 2021 à sa demande et réintègre le Conseil d’État son corps d’origine. Il est par ailleurs depuis la rentrée 2021 professeur associé à l'École des hautes études en sciences sociales où il conduit un séminaire sur la transformation de l'État[2].

En mai 2022, il devient directeur de cabinet de la Première ministre Élisabeth Borne.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Académie[modifier | modifier le code]

Petit-fils d'Eugène Daufès[3], président du comité local de Libération de Saint-Hilaire-de-Brethmas[4], Aurélien Rousseau est professeur certifié d'histoire-géographie. Il commence sa carrière professionnelle comme professeur d’histoire-géographie à Bondy en Seine-Saint-Denis[5]. De 2017 à 2020, il a enseigné à l’école urbaine de Sciences po, où il assurait un cours de droit de la ville au sein du master « Stratégies territoriales et urbaines »[6]. Il a dû interrompre cette collaboration pour se consacrer à la lutte contre la pandémie de COVID.

Il est membre du Conseil de l’ordre des arts et des lettres.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille à l'engagement communiste, il rejoint lui-aussi ce parti lorsqu'il est enseignant en Seine-Saint-Denis[7]. Il participe à la campagne des élections municipales de Paris en 2001, à l'issue de laquelle il rejoint le cabinet de Pierre Mansat, élu adjoint au maire. Il participe à ses côtés à l'ouverture de la Ville de Paris vers les collectivités d'Île-de-France, qui se concrétisera notamment dans les projets d’évolution de la gouvernance du Grand Paris.

Il quitte la Ville de Paris après avoir réussi le concours d'entrée de l'ENA (promotion Willy Brandt). Diplômé en 2009, il rejoint le Conseil d’État comme rapporteur à la dixième chambre de la section du contentieux. Il traite du contentieux des libertés publiques et notamment du champ « informatique et libertés ».

Le ministre de la culture Frédéric Mitterrand lui confie deux missions pendant cette période : une mission relative au développement du livre numérique en France (2010)[8] et une mission sur les dispositifs de soutien à mettre en œuvre en faveur des librairies indépendantes (2012)[9].

Aurélien Rousseau quitte le Conseil d’État en 2012 pour faire son retour à la Ville de Paris en tant que directeur adjoint du cabinet de Bertrand Delanoë, alors Maire de Paris, puis à partir de 2014 comme secrétaire général adjoint. Outre les sujets liés au Grand Paris, il est chargé du pilotage des politiques de logement et de développement économique, et de la coordination des directions qui interviennent sur l’espace public.

Il rejoint en le cabinet du Premier ministre Manuel Valls comme directeur de cabinet adjoint et conseiller social[10]. Il y suit en particulier les affaires sociales parmi lesquelles les questions de santé, ainsi que l’éducation, la culture et l’agriculture. Il est l’interlocuteur des syndicats pendant la période d’élaboration de la loi travail[11],[12]. Il poursuit ses fonctions auprès de Bernard Cazeneuve, qui succède à Manuel Valls au poste de Premier ministre le .

Direction de la Monnaie de Paris[modifier | modifier le code]

Aurélien Rousseau est nommé président-directeur général de la Monnaie de Paris le [13],[14]. Il assure l’ouverture, après plusieurs années de travaux, du site parisien du 11 quai de Conti tout en assurant une ambitieuse programmation d’art contemporain sous l’égide de Camille Morineau, avec les expositions Gupta[15] ou Grayson Perry, et engage un plan de transformation particulièrement centré sur les activités industrielles de l'entreprise. Il poursuit par ailleurs la politique de développement des marchés à l’exportation[16],[17].

Direction de l'Agence régionale de santé Île-de-France[modifier | modifier le code]

Agnès Buzyn, ministre de la santé et des solidarités, lui confie en une mission de pilotage de la concertation sur les enjeux des ressources humaines à l’hôpital[18]. Ce rapport s’inscrit dans le cadre de la stratégie de transformation du système de santé initiée par la Ministre, et les préconisations qui y sont formulées seront largement reprises dans le plan Ma Santé 2022.

Le , Aurélien Rousseau est nommé directeur général de l'Agence régionale de santé Île-de-France[19] par le conseil des ministres à la suite de Christophe Devys[20]. Il prend ses fonctions le [21]. Il est notamment chargé de mettre en œuvre dans la région les orientations du plan Ma Santé 2022, dont il est membre du comité de pilotage national. Il fait face à deux crises importantes au printemps 2019 : le mouvement de grève dans les services d'urgence[22] et la gestion des conséquences de l'incendie de Notre-Dame de Paris[23].

Gestion de la crise sanitaire liée à l’épidémie du SARS COV-2[modifier | modifier le code]

À compter de la fin , l'ARS Île-de-France devient l’un des acteurs majeurs de la crise sanitaire dans la région la plus touchée par la première vague en lien avec le ministère des Solidarités et de la Santé qu'Olivier Véran dirige à compter du .

Aurélien Rousseau prend des mesures notamment sur l'association de l'hospitalisation privée, la mobilisation de renforts venus de toute la France, un dispositif de pilotage assuré par l'ARS Île-de-France, la mise en place d’un circuit logistique de soutien aux établissements pour la fourniture de masques.

Il doit faire face, en lien avec l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris et son directeur général, Martin Hirsch, à l’intensité de la crise en Île-de-France qui conduit le système hospitalier tout proche de la saturation lors de la première semaine d’.

Il doit également assurer la montée en puissance à la fin de l’été de tout le dispositif de tests avec une explosion de la demande créant de fortes tensions au cours notamment des mois de septembre et début octobre.

Reprenant l’esprit du premier Plan régional de santé (PRS) porté par Claude Evin, Aurélien Rousseau est convaincu du poids des inégalités de santé dans l’épidémie[24] et impulse une politique massive de dépistages dans les quartiers populaires pour accompagner le déconfinement. À l’occasion du lancement du Ségur de la santé, il défend la nécessité de renforcer les politiques de santé publique, notamment de prévention, pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales, fortement mises en lumière pendant l’épidémie.

Lors de la deuxième vague, l’ARS Île-de-France va profiter des effets induits par la gestion de l'épidémie et tirer les leçons de la 1ère vague en souhaitant encore mieux articuler les professionnels de ville et l’hôpital[25]. Aurélien Rousseau dira que « la crise du covid est un accélérateur formidable de changement du système de santé »[26]. L'enjeu est de fluidifier le passage des patients de la ville vers l'hôpital et d'organiser la sortie. Pour cela, un certain nombre d'initiatives dans les territoires sont prises. L'ARS joue un rôle d'animation en proposant notamment des protocoles permettant aux acteurs de santé de cadrer leurs interventions respectives

[27]

Le 7 juillet 2021, il annonce son départ de l'ARS évoquant une décision « mûrement réfléchie, très intime », « il faut aussi savoir entendre les petits signaux, ne pas se croire à l’abri des ennuis de santé […] On se croit souvent plus fort ou on veut tenir au nom de l’intérêt supérieur de la mission mais ce n’est pas toujours possible. »[28].

Matignon[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé directeur de cabinet d'Élisabeth Borne, à la suite de la nomination de cette dernière comme première ministre[29].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

En 2020, il est élu conseiller municipal de Saint-Hilaire-de-Brethmas[30].

Publications[modifier | modifier le code]

Articles et contributions à des ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Une collection politique ?, en coll. catalogue d’exposition, Paris, 2002.
  • La décentralisation depuis 1945, en coll., LGDJ, Paris, 2005[31].
  • Paris-banlieues, conflits et solidarités, sous la direction d’Annie Fourcaut, Paris, 2007[32].
  • « La Banlieue, mythe politique français », avec Hugo Bevort, in Esprit, Paris, 2013 (mars-avril)[33].
  • « Pierre Tissier, un homme de l’État », avec Matthieu Schlesinger in Faire des choix ? Les fonctionnaires dans l'Europe des dictatures, 1933-1948, sous la direction de Marc Olivier Baruch, Paris, 2014[34].
  • « Les deux visages d’un trésor », in Paris, théâtre des opérations, sous la direction de Sylvain Venayre, Le Seuil, Paris, 2018[35].

Rapports[modifier | modifier le code]

  • Pour un livre numérique créateur de valeurs, rapport de la mission confiée à Christine Albanel par le Premier ministre, la Documentation française, Paris, 2010[36].
  • Soutenir les librairies pour consolider l’ensemble de la chaîne du livre, rapport de la mission confiée par Frédéric Mitterrand, Paris ,2012[37].
  • Transformer les conditions d’exercice des métiers dans la communauté hospitalière, rapport de la mission confiée par Agnès Buzyn, Paris, 2018[38].

Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

  • Traces, interprétée par la compagnie Le petit théâtre de pain à la Scène nationale de Bayonne, 2009[39]
  • Le Siphon, interprétée par la compagnie Le petit théâtre de pain à la Scène nationale de Bayonne, 2012[40]

Roman[modifier | modifier le code]

Essai[modifier | modifier le code]

  • La Blessure et le Rebond : Dans la boîte noire de l'État face à la crise, Paris, Odile Jacob, , 320 p. (ISBN 9782415003029)

Décorations[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié avec Marguerite Cazeneuve, conseillère de Emmanuel Macron pour les retraites et la santé, fille du député LREM Jean-René Cazeneuve et sœur de Pierre Cazeneuve, conseiller technique auprès du chef de cabinet de l'Élysée[42]. Il a trois enfants[43].

Références[modifier | modifier le code]

  1. BNF 16687327.
  2. « Journal Officiel », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  3. https://www.midilibre.fr/2021/10/18/aurelien-rousseau-dirigeait-lars-ile-de-france-pendant-le-confinement-9859568.php
  4. https://www.midilibre.fr/2016/12/29/saint-hilaire-de-brethmas-la-place-de-la-fontaine-sera-rebaptisee,1446443.php
  5. Chloé Hecketsweiler et Solenn de Royer, « Covid-19 : les « tristes printemps » d’Aurélien Rousseau », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. https://www.sciencespo.fr/ecole-urbaine/fr/stu/equipe-enseignante.html
  7. Chloé Hecketsweiler et Solenn de Royer, « Covid-19 : les « tristes printemps » d’Aurélien Rousseau », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  8. Aurélien Rousseau et Laurent Ladouari, « Pour un livre numérique créateur de valeurs », Rapport,‎ (Lire en ligne)
  9. Aurélien Rousseau, « Soutenir la librairie pour consolider l’ensemble de la chaîne du livre : une exigence et une responsabilité partagées », Rapport,‎ (Lire en ligne)
  10. « Aurélien Rousseau officiellement nommé directeur adjoint de cabinet,... », sur www.aefinfo.fr (consulté le )
  11. Laure Bretton, « Aurélien Rousseau Le démineur de Matignon », sur Libération (consulté le )
  12. « Qui est Aurélien Rousseau, nouveau dir cab' d’Élisabeth Borne ? », sur www.marianne.net,
  13. « Arrêté du 6 mai 2017 portant détachement (Conseil d'Etat) », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  14. Jean-Christophe Castelain, « Le directeur adjoint du cabinet de Bernard Cazeneuve prend la présidence de la Monnaie de Paris », sur Le Journal Des Arts (consulté le )
  15. « Subodh Gupta à la Monnaie de Paris : une oeuvre de métal et de rêve », sur Franceinfo, (consulté le )
  16. « Aurélien Rousseau, un social et un modernisateur à la Monnaie de Paris », sur LEFIGARO (consulté le )
  17. « Comment la Monnaie de Paris gère sa mutation », sur Les Echos, (consulté le )
  18. Aurélien Rousseau, « Transformer les conditions d’exercice des métiers dans la communauté hospitalière », Rapport,‎ (Lire en ligne)
  19. « Agence régionale de santé Ile-de-France : la santé avance en Île-de-France », sur www.iledefrance.ars.sante.fr (consulté le )
  20. « Décret du 25 juillet 2018 portant nomination du directeur général de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France : M. ROUSSEAU (Aurélien) », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  21. « Aurélien Rousseau prend la tête de l’Agence régionale de santé Île-de-France », sur www.iledefrance.ars.sante.fr (consulté le )
  22. Eric Favereau, « Aurélien Rousseau : «Notre système de santé est arrivé au bout d’une logique» », sur Libération (consulté le )
  23. « Pollution au plomb : pas « d’alerte rouge » liée à l’incendie de Notre-Dame, selon l’Agence de santé », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  24. « « Ségur de la santé » : « La crise sanitaire et sociale doit amener à un rebond » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. Nathalie Raulin, « Covid : «80% de déprogrammation ce lundi, c’est trop» », sur Libération (consulté le )
  26. « Aurélien Rousseau (ARS Ile-de-France) : « La crise du Covid est un accélérateur formidable de changement du système de santé » », sur Les Échos, (consulté le )
  27. « protocole ville hopital »
  28. Par Carole Sterlé et Nolwenn Cosson et Marcelo Wesfreid Le 7 juillet 2021 à 12h05, « Pourquoi le patron de la lutte anti-Covid en Ile-de-France quitte son poste », sur leparisien.fr, (consulté le )
  29. « Alexis Kohler reconduit comme secrétaire général de l’Elysée, Aurélien Rousseau nommé directeur du cabinet à Matignon : suivez notre direct politique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  30. Chloé Hecketsweiler, Solenn de Royer, « Covid-19 : les « tristes printemps » d’Aurélien Rousseau », sur Le Monde,
  31. La décentralisation depuis 1945 (ISBN 978-2-275-02662-6, lire en ligne)
  32. « Créaphis - Paris/Banlieues, conflits et solidarités », sur www.editions-creaphis.com (consulté le )
  33. Hugo Bevort et Aurélien Rousseau, « La Banlieue, mythe politique français », Esprit, vol. Mars/Avril, no 3,‎ , p. 83–97 (ISSN 0014-0759, lire en ligne, consulté le )
  34. Marc Olivier Baruch, Faire des choix ? Les fonctionnaires dans l'europe des dictatures 1933-1948, Paris, La documentation française, (lire en ligne)
  35. « Sous la direction de Sylvain Venayre. Paris, théâtre des opérations. 30 promenades à travers l’histoire. | Le blog » (consulté le )
  36. Aurélien Rousseau et Laurent Ladouari, « Pour un livre numérique créateur de valeurs », Rapport,‎ (lire en ligne)
  37. « Soutenir la librairie pour consolider l’ensemble de la chaîne du livre : une exigence et une responsabilité partagées », Rapport,‎ (lire en ligne)
  38. Aurélien Rousseau, « Transformer les conditions d’exercice des métiers dans la communauté hospitalière », Rapport,‎ (lire en ligne)
  39. PTDP, « TRACES… – Le Petit Théâtre de Pain » (consulté le )
  40. PTDP, « LE SIPHON – Le Petit Théâtre de Pain » (consulté le )
  41. Agathe Auproux, « Aurélien Rousseau, "Boucle d'or", au Passage », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne, consulté le )
  42. Emmanuelle Souffi, « Marguerite Cazeneuve, la tête pensante de la réforme des retraites d’Emmanuel Macron », Le Journal du Dimanche,‎ (lire en ligne)
  43. Solenn de Royer, « Aurélien Rousseau, un ex-communiste nommé directeur du cabinet d’Elisabeth Borne », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]