Aller au contenu

Emmanuelle Wargon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Emmanuelle Wargon
Illustration.
Emmanuelle Wargon en 2023.
Fonctions
Présidente de la Commission de
régulation de l'énergie
En fonction depuis le
(1 an, 10 mois et 8 jours)
Prédécesseur Jean-François Carenco
Ministre déléguée chargée du Logement

(1 an, 10 mois et 14 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Jean Castex
Ministre Barbara Pompili
Gouvernement Castex
Prédécesseur Julien Denormandie
Successeur Olivier Klein (indirectement)
Présidente du Conseil national
de Territoires de progrès

(10 mois et 8 jours)
Élection
Prédécesseur Yves Durand
Conseillère régionale d'Île-de-France

(1 an, 1 mois et 15 jours)
Élection 27 juin 2021
Circonscription Val-de-Marne
Président Valérie Pécresse
Groupe politique Majorité présidentielle (TdP)
Secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire

(1 an, 8 mois et 20 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Ministre François de Rugy
Élisabeth Borne
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Sébastien Lecornu
Successeur Fonction supprimée
Biographie
Nom de naissance Emmanuelle Stoléru
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Française
Parti politique TdP (2020-2022)
RE (depuis 2022)
Père Lionel Stoléru
Conjoint Mathias Wargon
Diplômée de HEC Paris
IEP de Paris
ENA
Profession Haut fonctionnaire
Représentante d'intérêts

Emmanuelle Wargon (prononcé : [emanɥɛl vaʁɡɔ̃])[1], née Stoléru le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une haute fonctionnaire, lobbyiste et femme politique française.

Après avoir occupé différents postes administratifs au ministère de la Santé, elle rejoint le groupe Danone en qualité de directrice de la communication et des affaires publiques, ce qui l'a amenée à exercer des activités de lobbying industriel, entre autres sur des sujets touchant l'environnement.

En , elle est nommée secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Entre et , elle est ministre chargée du Logement dans le gouvernement Jean Castex. Elle a été présidente du conseil national de Territoires de progrès, parti social-démocrate de la majorité présidentielle, de 2021 à 2022.

Défaite aux élections législatives de juin 2022, elle est nommée à la tête de la Commission de régulation de l'énergie par décret présidentiel en août 2022.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Emmanuelle Stoléru naît le à Neuilly-sur-Seine[2] (Hauts-de-Seine). Elle est issue d'une famille juive française[3] : ses grands parents sont des réfugiés juifs roumains[3]. Son père Lionel Stoléru (1937-2016), polytechnicien, est professeur d'économie et secrétaire d'État de 1976 à 1981 sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing puis de 1988 à 1991 sous la seconde présidence de François Mitterrand. Sa mère (1944-2009) est énarque et administratrice de la ville de Paris[4]. Emmanuelle Stoléru est une enfant unique[4].

Elle se marie à Mathias Wargon, chef des urgences au centre hospitalier Delafontaine de Saint-Denis[5],[6], avec qui elle a trois enfants, nés entre 1998 et 2004[7].

Formation[modifier | modifier le code]

Elle effectue ses études secondaires au lycée Molière de Paris[7].

Elle est diplômée de l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC Paris, promotion 1992), de l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences-Po) et de l'École nationale d'administration (ENA, promotion Marc-Bloch - même promotion que celle de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe[8]).

Carrière dans le public[modifier | modifier le code]

Elle commence sa carrière professionnelle en 1997 comme auditrice à la Cour des comptes, avant de devenir, en 1999, rapporteuse devant les commissions de déontologie[9].

Nommée, en 2001, conseillère technique auprès de Bernard Kouchner, ministre déléguée à la Santé, elle rejoint en 2002 l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé en qualité d'adjointe au directeur général[10],[11].

Promue, en 2005, conseillère référendaire à la Cour des comptes, elle est, à partir de 2006, directrice déléguée à la coordination et au contrôle interne d'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP)[réf. nécessaire].

De 2007 à 2010, elle est directrice de cabinet de Martin Hirsch, alors Haut-commissaire aux Solidarités actives contre les pauvretés dans le gouvernement Francois Fillon[2]. Elle est ensuite secrétaire générale des ministères sociaux (Santé, Travail, Sport) jusqu'en 2012[2], puis déléguée générale à la Formation professionnelle et à l'Emploi au ministère du Travail de 2012 à 2015[2].

Danone[modifier | modifier le code]

Elle quitte la fonction publique en 2015 pour rejoindre la multinationale Danone.

Elle est « directrice de la communication et des affaires publiques », c'est-à-dire lobbyiste[8] chargée de défendre les intérêts de Danone auprès des pouvoirs publics [12]. Elle intervient notamment pour défendre l'huile de palme[13].

Secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

Le , lors du remaniement du gouvernement Philippe II, alors qu'Emmanuelle Wargon est encore employée chez Danone, elle est nommée secrétaire d'État à l'Écologie auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, où elle succède à Sébastien Lecornu[14].

Ce dernier, promu ministre des Collectivités territoriales, était notamment chargé des questions d'énergie[2].

Le , elle est désignée avec Sébastien Lecornu pour animer le « grand débat national », organisé afin de sortir de la crise engendrée par le mouvement des Gilets jaunes[15].

Ministre du Logement[modifier | modifier le code]

Le , elle est promue ministre délégué chargé du Logement auprès de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili dans le gouvernement Jean Castex[16].

Lors des élections régionales de 2021 en Île-de-France, elle se présente sur la liste de Laurent Saint-Martin dans le département du Val-de-Marne, arrivée en cinquième position avec 11,6 % des voix[17].

Le , elle annonce être candidate aux élections législatives de juin 2022 dans la huitième circonscription du Val-de-Marne avec l'investiture de la coalition Ensemble (LREM)[18]. Elle est éliminée dès le premier tour en se plaçant en troisième position.

Commission de régulation de l'énergie[modifier | modifier le code]

Le , elle est proposée par l'Élysée pour présider la Commission de régulation de l'énergie (CRE, instance chargée d'assurer le bon fonctionnement des marchés du gaz et de l'électricité). Ce projet de nomination doit être avalisé par l'Assemblée nationale et le Sénat[19]. Une majorité de parlementaires s'oppose à cette nomination sans parvenir à réunir la majorité qualifiée qui est d'« au moins trois cinquièmes des suffrages exprimés » nécessaire pour l'annuler. Elle est officiellement nommée le 17 août 2022[20],[21],[22],[23].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Controverses quant à la possibilité de conflits d'intérêts[modifier | modifier le code]

De nombreux journaux soulignent sa condition d'« ex-lobbyiste en chef » en matière environnementale du groupe Danone, qui l'a amenée à défendre l'huile de palme ou les OGM, ce qui interroge sur le pouvoir des lobbies dénoncé par Nicolas Hulot lors de sa démission d'[8],[12],[24]. De plus, cette succession de hautes fonctions public-privé-public est à nouveau critiquée comme étant un cas de « rétro-pantouflage », comme celui de sa consœur au ministère de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson auparavant employée chez Veolia[25].

Son ministre, François de Rugy indique que « ce qui serait gênant, ce serait si elle disait aujourd'hui, en tant que secrétaire d'État, « nous allons développer l'huile de palme en France », alors que ce n’est pas notre politique »[26]. Elle fait remarquer que son statut d'ancienne représentante d'intérêts est une « force » pour l'ambition écologique portée par le ministère. Elle souligne « [qu'elle est] une femme libre et une haute fonctionnaire attachée à l'intérêt général »[27]. Elle déclare : « Je me déporterai si je suis en situation de conflit d'intérêts »[28].

Critique de la maison individuelle[modifier | modifier le code]

En octobre 2021, en tant que ministre du Logement, Emmanuelle Wargon estime que la maison individuelle plébiscitée par les ménages français, est devenue un « non sens écologique, économique et social », et défend plutôt les « maisons de villes groupées ». Cette déclaration suscite des critiques, certains notant qu'elle est elle-même propriétaire d'une maison de 150 m2 dans une « ville cossue » du Val-de-Marne. En réaction, la ministre dénonce une « caricature » faite de ses propos[29],[30],[31],[32],[33].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Bienvenue en politique : À ceux qui sont tentés de renoncer, Calmann-Lévy, , 432 p. (ISBN 978-2-7021-8417-2).
  • Olivier Burot et Emmanuelle Wargon (Préface), Territoires durables, Editions PC, , 80 p. (ISBN 978-2-3781-9018-7).

Décorations[modifier | modifier le code]

Le , Emmanuelle Wargon est nommée au grade de chevalier dans l'ordre national du Mérite[34].

Le , elle est nommée au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  2. a b c d et e Rémi Barroux, « Emmanuelle Wargon, des questions sociales à l’écologie, en passant par Danone », Le Monde,‎ .
  3. a et b Mathilde Siraud, « Emmanuelle Wargon, la bonne élève qui veut exister », Le Point,‎ (lire en ligne)
  4. a et b « Lionel Stoleru », sur annales.org.
  5. Stéphanie Marteau, « Ma grande gueule m’a coûté une partie de ma carrière » : Mathias Wargon, l’urgentiste pugnace au langage fleuri, Le Monde, 18 avril 2020.
  6. Virginie Bloch-Lainé (photogr. Cyril Zannettacci), « Mathias Wargon, à pleins tubes », Libération,‎ (lire en ligne).
  7. a et b Virginie Malingre, « Emmanuelle Wargon, la fonceuse du grand débat », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  8. a b et c Robin Korda, « Emmanuelle Wargon, une lobbyiste à l’Ecologie », sur Le Parisien, .
  9. « Arrêté du 7 mars 1999 portant nomination à la commission prévue à l'article 5 du décret no 95-168 du 17 février 1995 modifié relatif à l'exercice d'activités privées par des fonctionnaires ou agents non titulaires ayant cessé temporairement ou définitivement leurs fonctions et aux commissions instituées par l'article 4 de la loi no 94-530 du 28 juin 1994. NOR: FPPA9900042A », JORF, no 63,‎ , p. 3891 (lire en ligne).
  10. « Arrêté du 31 juillet 2002 portant détachement (Cour des comptes). NOR: CPTE0200046A », JORF, no 180,‎ , p. 13279 (lire en ligne).
  11. L'ensemble des nominations de Mme Wargon (Emmanuelle) peuvent être repérés dans le répertoire des "Nominations au Journal officiel de la République française" (consulté le 17 juillet 2019).
  12. a et b Beatrice Parrino, « Emmanuelle Wargon, une lobbyiste à l'Écologie », sur lepoint.fr, .
  13. Pierre Lann, « Laminée aux législatives, désavouée par les parlementaires, Emmanuelle Wargon recasée par Macron », sur www.marianne.net, .
  14. « Décret du 16 octobre 2018 relatif à la composition du Gouvernement ».
  15. « Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu animeront le grand débat national », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  16. « Qui est Emmanuelle Wargon, la nouvelle ministre du Logement ? », sur LCI (consulté le ).
  17. Wally Bordas, Régionales et départementales 2021 : quel score ont obtenu les ministres candidats, lefigaro.fr, 20 juin 2021.
  18. Emmanuelle Wargon: «Je suis candidate aux législatives».
  19. « L'ex-ministre Emmanuelle Wargon proposée à la tête de la CRE », sur www.connaissancedesenergies.org (consulté le ).
  20. « L'ancienne ministre du logement Emmanuelle Wargon validée à la tête de la Commission de régulation de l'énergie, malgré l'opposition d'une majorité de parlementaires », sur Franceinfo, (consulté le ).
  21. Pierre Lann, « Laminée aux législatives, désavouée par les parlementaires, Emmanuelle Wargon recasée par Macron », sur www.marianne.net, (consulté le ).
  22. « Emmanuelle Wargon officiellement nommée à la tête du régulateur de l'énergie », sur Le Figaro, .
  23. « L’ex-ministre Emmanuelle Wargon nommée à la tête du régulateur de l’énergie malgré l’opposition d’une majorité de parlementaires », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. « Emmanuelle Wargon, une lobbyiste qui défend l'huile de palme chez Macron », sur nouvelobs.com, .
  25. Coralie Schaub, « Emmanuelle Wargon, l'ex-lobbyiste en chef de Danone à la Transition écologique », sur liberation.fr, (consulté le ).
  26. BFMTV, « Huile de palme: François de Rugy défend sa secrétaire d'État Emmanuelle Wargon », sur BFMTV (consulté le ).
  27. François Geffrier, « Avec Emmanuelle Wargon à l'Écologie, Danone fait-il son entrée au gouvernement ? », Europe 1,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  28. Alain Auffray et Coralie Schaub, « Emmanuelle Wargon : «Je me déporterai si je suis en situation de conflit d’intérêts» », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  29. Guillaume Errard, « La maison, un "non-sens", pour la ministre du Logement », Le Figaro, 16-17 octobre 2021, p. 10.
  30. Guillaume Errard, « Fin des maisons individuelles: la ministre du Logement crée la polémique », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  31. Maxime François, « La maison individuelle, «non-sens écologique» : les professionnels du logement agacés par les propos de la ministre », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  32. Jade Grandin de l'Eprevier et Matthieu Deprieck, « Emmanuelle Wargon, la ministre du Logement, se heurte au rêve du «pavillon avec jardin» », sur lopinion.fr, (consulté le ).
  33. Stéphane Kovacs et Fabien Paillot, « Plongée dans la France des maisons individuelles », Le Figaro,‎ , p. 17 (lire en ligne).
  34. Journal officiel de la République française, « Version électronique authentifiée publiée au JO n° 0271 du 22 novembre 2015 », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ) : « Ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social […] Mme Wargon, née Stoléru (Emmanuelle, Jeanne), déléguée générale à l'emploi et à la formation professionnelle au ministère ; 18 ans de services ».
  35. Décret du 29 décembre 2022 portant nomination.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]