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Laurent Nuñez

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Laurent Nuñez
Illustration.
Laurent Nuñez en 2025.
Fonctions
Ministre de l'Intérieur
En fonction depuis le
(4 mois et 27 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Sébastien Lecornu
Gouvernement Lecornu II
Prédécesseur Bruno Retailleau
Préfet de police de Paris

(3 ans, 2 mois et 21 jours)
Prédécesseur Didier Lallement
Successeur Patrice Faure
Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme

(2 ans et 5 jours)
Président Emmanuel Macron
Prédécesseur Pierre de Bousquet de Florian
Successeur Pascal Mailhos
Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur

(1 an, 8 mois et 20 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Ministre Christophe Castaner
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Jacqueline Gourault (ministre)
Successeur Fonction supprimée
Directeur général de la Sécurité intérieure

(1 an, 3 mois et 24 jours)
Prédécesseur Patrick Calvar
Successeur Nicolas Lerner
Préfet de police des Bouches-du-Rhône

(2 ans, 2 mois et 21 jours)
Prédécesseur Jean-Paul Bonnetain
Successeur Olivier de Mazières
Directeur de cabinet du préfet
de police de Paris

(2 ans, 5 mois et 15 jours)
Biographie
Nom de naissance Laurent Marie Joseph Nuñez-Belda[1],[2]
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Bourges (France)
Nationalité Française
Parti politique LREM/RE (depuis 2019)[3]
Diplômé de Université de Tours
ENA
Profession Haut fonctionnaire

Laurent Nuñez, de son nom complet Laurent Nuñez-Belda, né le à Bourges (Cher), est un préfet, haut fonctionnaire et homme politique français.

Au 21 juillet 2022, il était préfet de police de Paris, après avoir été notamment coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme (2020-2022), secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner (2018-2020), directeur général de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) (2017-2018) et préfet de police des Bouches-du-Rhône (2015-2017).

Il est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Lecornu II le 12 octobre 2025.

Famille et formation

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Laurent Marie Joseph Nuñez-Belda[1],[2] est issu d'une famille de pieds-noirs d'origine espagnole ayant quitté l'Andalousie à la fin du XIXe siècle pour s'installer dans la région d'Oran, en Algérie française[4]. En 1962, deux ans avant sa naissance, ses parents sont rapatriés en France métropolitaine[5], dans la ville de Bourges. Sa mère est institutrice et son père, Jean-Marie, est architecte[6]. Laurent Nuñez grandit entouré de sa sœur jumelle et d'un frère plus jeune que lui[7].

Après un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en gestion des collectivités locales à l'université de Tours, il intègre le service économique du conseil général du Cher en 1987 puis devient inspecteur des impôts[8].

Il est admis à l'École nationale d'administration par concours interne en 1997 dans la promotion Cyrano-de-Bergerac[9].

Marié, il est père de deux filles[6].

Parcours administratif

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Laurent Nuñez intègre en 1999 le ministère de l'Intérieur à la direction générale des collectivités locales (DGCL) comme administrateur civil[10].

Muté à Vesoul (Haute-Saône) comme sous-préfet, secrétaire général de la préfecture, il découvre les problèmes liés au monde industriel (Peugeot) et rural (élevage et production laitière). En 2005, il revient au ministère de l’Intérieur, comme chef du bureau de la gestion du corps préfectoral[11].

Il est nommé à la direction du cabinet du préfet de Seine-Saint-Denis Claude Baland en 2008[6],[12],[8] puis, entre 2010 à 2012, il est sous-préfet de Bayonne, dans le Pays basque, à la suite d'Éric Morvan[13]. Il s'y familiarise à la lutte anti-terrorisme[6].

Préfectures de police de Paris et de Marseille

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Il rejoint la préfecture de police de Paris à sa nomination en tant que préfet, directeur de cabinet du préfet de police Bernard Boucault entre 2012 et 2015[14], période durant laquelle ont notamment lieu les manifestations de La Manif pour tous et les attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher[6]. Ensuite, de 2015 à 2017, il est préfet de police des Bouches-du-Rhône, où il est confronté à des règlements de comptes liés à la drogue[8]. En 2016, lors des grèves et manifestations anti-loi travail, il tente de faire évacuer les ouvriers qui bloquent le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer par des charges de CRS, l'utilisation d'un canon à eau, de gaz lacrymogènes et de flash-ball entraînant plusieurs blessés du côté des grévistes[15].

Directeur général de la Sécurité intérieure

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Dans le cadre de la réorganisation du renseignement français voulue par le président de la République Emmanuel Macron, Laurent Nuñez est nommé le à la tête de la DGSI, en remplacement de Patrick Calvar[16],[17]. À ce poste, il se distingue de son prédécesseur en menant une politique d'« ouverture », et assumant une part de communication et de pédagogie[18].

Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Intérieur

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Le , il est nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l'Intérieur dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe[19]. Il est réputé proche de son ministre de tutelle Christophe Castaner[20], formant un tandem où ce dernier assume un rôle plus politique, tandis que Laurent Nuñez intervient davantage comme expert en matière de sécurité[6] ; il travaille étroitement dans ce cadre, apparaissant notamment à ses côtés lors d’auditions au Sénat[21]. Il s'implique particulièrement dans la gestion des manifestations du mouvement des Gilets jaunes[6].

Coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme

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Le , il est nommé coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, succédant à Pierre de Bousquet de Florian[22],[23].

Préfet de police de Paris

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Le 20 juillet 2022, sur proposition du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, il est nommé préfet de police de Paris en remplacement de Didier Lallement, dont l'action avait été controversée et critiquée[14],[24].

En 2023, Laurent Nuñez prend la défense de la brigade BRAV-M, brigade créée en 2019 et mise en cause à de nombreuses reprises pour une utilisation excessive de la violence lors de la crise des gilets jaunes et responsable notamment de sept blessés graves lors du mouvement social contre la réforme des retraites la même année. Il décide également de les soutenir en payant leurs frais d’avocat, contre l’avis de ses services[25],[26]. En juillet 2023, dans la cadre de l'affaire Hedi, il soutient les propos du directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, qui estime « qu'un policier n'a pas sa place en prison » en parlant d'un policier soupçonné d’avoir roué de coups un jeune homme en marge des émeutes après la mort de Nahel Merzouk[27]. En , Laurent Nuñez émet un avis « particulièrement favorable » pour que le policier qui a tué Nahel Merzouk soit muté dans le commissariat de son choix[28].

Ces prises de positions lui valent une opinion favorable au sein de l'institution policière[25]. Selon Le Monde, « le préfet de police de Paris avait l'ambition de faire oublier la raideur de son prédécesseur, Didier Lallement. Mais face aux violences qui ont éclaté lors de la mobilisation contre la réforme des retraites depuis l’utilisation du 49.3, le haut fonctionnaire applique les mêmes méthodes musclées. Sans états d'âme. »[6]

Ministre de l'Intérieur

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Laurent Nuñez est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement Lecornu II, le [29].

En novembre 2025, suite aux révélations par des vidéos policières lors de la manifestation du à Sainte-Soline montrant des « tirs tendus » de grenades, une pratique illégale mais encouragée par la hiérarchie policière sur les vidéos et le comportement et le langage des gendarmes, Laurent Nuñez refuse de parler de « violence policière » mais condamne et demande une enquête administrative[30],[31].

Le , il dépose une plainte qu'il rend publique contre Pierre-Emmanuel Barré qui avait déclaré quelques jours plus tôt dans l'émission La Dernière sur Radio Nova que « la police et la gendarmerie c'est Daech avec la sécurité de l'emploi »[32],[33] et qu'« il y a de fortes suspicions que Laurent Nuñez soit une grosse cuve à pisse »[34],[35],[36]. Cette plainte aurait été motivée par le syndicat policier UN1TÉ qui avait demandé des « des suites judiciaires » à la suite des propos de l'humoriste[37].

Décorations

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Notes et références

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  1. a b et c Décret du 29 janvier 2025 portant promotion à titre exceptionnel dans l'ordre national de la Légion d'honneur (lire en ligne)
  2. a et b Who's Who in France en ligne : https://www.whoswho.fr/biographie/laurent-nunez-belda-29675 « Laurent Nuñez-Belda ». Page consultée le 15 décembre 2018.
  3. « Laurent Nuñez bientôt encarté à RE », sur FIGARO (ISSN 0182-5852, consulté le ).
  4. « Laurent Nunez, patron de la DGSI et nouvel homme fort du renseignement », sur lejdd.fr, (consulté le )
  5. Eric Hacquemand, « Laurent Nuñez... vu de l’Intérieur », sur parismatch.com, (consulté le )
  6. a b c d e f g et h « Laurent Nuñez, un préfet de police au garde-à-vous », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. « Laurent Nunez, patron de la DGSI et nouvel homme fort du renseignement », sur lejdd.fr, (consulté le )
  8. a b et c « Laurent Nuñez, de la DGSI à la place Beauvau », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. « Laurent Nunez nommé préfet de police des Bouches-du-Rhône », sur leparisien.fr, .
  10. Dominique Bayle-Siot, « Laurent Nuñez, nouveau sous-préfet de l'arrondissement de Bayonne », Sud Ouest,‎ (ISSN 1760-6454, lire en ligne, consulté le ).
  11. « Laurent Nuñez, nouveau sous-préfet de l’arrondissement de Bayonne », sur sud-ouest.fr, (consulté le ).
  12. décret du 20 novembre 2007 - JO du 21 novembre 2007, sur legifrance.gouv.fr
  13. « Laurent Nunez, ancien sous-préfet de Bayonne devrait prendre la tête de la DGSI », sur LaRepubliqueDesPyrenees (consulté le ).
  14. a et b « Laurent Nuñez succédera à Didier Lallement à la tête de la préfecture de police de Paris », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  15. « Déblocage de la raffinerie de Fos-sur-Mer: "On s'est fait tirer dessus au flash-ball" », sur BFMTV (consulté le ).
  16. « Le préfet Laurent Nuñez devrait être nommé directeur général de la sécurité intérieure », sur destimed.fr, (consulté le ).
  17. décret du 22 juin 2017.
  18. Jean-Michel Décugis, Éric Pelletier et Jérémie Pham-Lê, « Laurent Nuñez : l’expert de Castaner », sur leparisien.fr, (consulté le )
  19. « Laurent Nuñez nommé bras droit de Christophe Castaner au ministère de l’intérieur », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  20. Jean-Michel Décugis, « Christophe Castaner et Laurent Nuñez, premiers flics de France », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  21. « Laurent Nuñez, l'autre ministre de l'Intérieur », sur lejdd.fr (consulté le ).
  22. « Laurent Nuñez, ex-secrétaire d’État à l’intérieur, va diriger la task force antiterroriste de l’Élysée », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. « Les coulisses de la nomination de Laurent Nunez à la tête de la "task force" antiterroriste de l'Elysée », sur Europe 1 (consulté le ).
  24. « Laurent Nunez succède officiellement à Didier Lallement à la tête de la Préfecture de police à Paris », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. a et b Gouvernement Lecornu II: Laurent Nuñez, un discret au ministère de l'Intérieur, RFI, 13/10/2025
  26. Violences policières : quand Laurent Nuñez aide financièrement des agents de la Brav-M poursuivis, Libération, 28/06/2024
  27. La rédaction, « "Un policier n'a pas sa place en prison" : les propos du patron de la police jugés "gravissimes" à gauche », sur France Inter, (consulté le )
  28. Fabien Leboucq et Ismaël Halissat, « L’avis «particulièrement favorable» du préfet de police de Paris pour que le policier qui a tué Nahel Merzouk soit muté dans le commissariat de son choix », sur Libération (consulté le )
  29. « EN DIRECT - Gouvernement Lecornu II : Dati confirmée, Farandou au Travail, Nuñez à l'Intérieur… », RTL, (consulté le ).
  30. Laurent Nuñez : "Évidemment que je ne suis pas du tout content des propos et des gestes" de gendarmes à Sainte-Soline, France Inter, 6 novembre 2025.
  31. Sainte-Soline : Laurent Nuñez demande une enquête administrative sur l’action des gendarmes, 5 novembre 2025.
  32. AFP, « Nuñez dépose plainte contre un humoriste qui a comparé la police à Daesh », 20 Minutes, (consulté le ).
  33. AFP, « Laurent Nuñez porte plainte contre Pierre-Emmanuel Barré, humoriste de Radio Nova qui a comparé les forces de l'ordre à Daech », sur Franceinfo.fr, (consulté le ).
  34. Loïse Delacotte, « Sur Nova, Guillaume Meurice et les humoristes répondent à Laurent Nunez : « Une preuve de travail bien fait » », sur Le HuffPost, .
  35. Ugo Pascolo, « Sketch sur Radio Nova qui compare la police et Daech : «On s'est sentis salis avec mes collègues, c'est 5 minutes de vomi anti-flic», lâche Jean-Christophe Couvy », Europe 1, .
  36. Quentin Gérard, « Police comparée à Daesh sur Radio Nova : «On s'est sentis salis avec tous mes collègues» », Le Journal du dimanche, .
  37. Jules Blaster, « Cher Laurent Nuñez - Boxing Day #57 », sur blast-info.fr, (consulté le ).
  38. « Laurent Nuñez fait commandeur de la Légion d'honneur par Emmanuel Macron », sur leberry.fr (consulté le )
  39. Décret du 15 mai 2015 - JO du 16 mai 2015.
  40. Décret du 14 novembre 2006 portant promotion et nomination.
  41. « De Sarkozy à Macron, les réseaux de Laurent Nuñez, le préfet qui rêvait d'être élu - 29/07/2022 », sur La Lettre A, (consulté le ).
  42. « Marseille: cérémonie de départ du préfet de police Laurent Nuñez nommé à la tête de la DGSI », sur destimed.fr, (consulté le )
  43. « Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses no 06 du 9 décembre 2024 p. 17 », sur legifrance.gouv.fr (consulté le )
  44. « Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses no 06 du 9 décembre 2024 p. 12 », sur legifrance.gouv.fr (consulté le )
  45. [1] Médaille pénitentiaire - Laurent Nūnez.
  46. « BOE.es - Documento BOE-A-2019-13825 », sur boe.es (consulté le ).
  47. [2] Croix d'Officier de l'Ordre de l'Aigle Aztèque - Laurent Nūnez.
  48. « Le CIO décerne à Laurent Nuñez et à Nicolas Ferrand l'Ordre olympique pour leur engagement exceptionnel en faveur des Jeux Olympiques de Paris 2024 », sur olympics.com, (consulté le )

Pour approfondir

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Articles connexes

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Liens externes

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