Sibeth Ndiaye

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Sibeth Ndiaye
MH-Sibeth (cropped).jpg
Sibeth Ndiaye en 2009.
Biographie
Naissance
Nationalités
Française (depuis ), SénégalaiseVoir et modifier les données sur Wikidata
Domicile
Formation
Activités
Militante politique, conseillère en communicationVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Fara Ndiaye
Mère
Autres informations
A travaillé pour
Conseil général de la Seine-Saint-Denis (en), ministère de l'Économie et des Finances, La République en marcheVoir et modifier les données sur Wikidata
Partis politiques
Membre de

Sibeth Ndiaye, née le à Dakar au Sénégal, est une conseillère en communication et militante politique franco-sénégalaise.

Chargée des relations de presse d'Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle[1], elle le suit à l’Élysée après son élection[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Sibeth Ndiaye est née le [4] au quartier du Plateau de Dakar[5]. Elle possède les nationalités sénégalaise et française (naturalisation en juin 2016)[6]. Son prénom évoque les reines combattantes de la Casamance et signifie « qui a gagné beaucoup de combats » en langue diola[7].

Son père Fara Ndiaye a participé à la création du Parti africain de l'indépendance avant de devenir numéro deux du Parti démocratique sénégalais d'Abdoulaye Wade[8] et membre de l'Assemblée nationale. Sa mère Mireille Ndiaye, décédée en 2015, est une haute magistrate qui a présidé la chambre pénale de la Cour de cassation du Sénégal puis a été présidente du Conseil constitutionnel de 2002 à 2010[9],[8]. Pour Sibeth Ndiaye, son enfance « s’est nourrie du récit de la lutte pour les indépendances à laquelle [ses] parents, étudiants venus des colonies, ont participé[10] ». Ses trois sœurs vivent en Afrique, l'une à Lomé (Togo), l’autre entre Lagos (Nigeria) et Abidjan (Côte d'Ivoire), l’aînée à Dakar[8].

Formation[modifier | modifier le code]

Après avoir passé son adolescence au Sénégal jusqu'à l'obtention de son brevet à l’institution Jeanne d’Arc de Dakar[8], Sibeth Ndiaye s'inscrit au lycée Montaigne de Paris, puis étudie la philosophie politique à l'université Paris-Diderot (Paris-VII) de 2004 à 2006, puis obtient un Master 2 professionnel, économie publique - protection sociale, à l'université Panthéon-Sorbonne (Paris-I) en 2006 – 2007[11].

Politique[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses études, Sibeth Ndiaye milite au sein de l'UNEF de 1999 à 2006 et est administratrice de La Mutuelle des étudiants de 2003 à 2008[11]. Elle adhère au Parti socialiste en réaction à l'accession de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle de 2002[12]. Avec Ismaël Emelien, Stanislas Guérini et Benjamin Griveaux, elle fait partie de l'équipe de campagne de Dominique Strauss-Kahn pour la primaire PS de 2006[13].

Résidant à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, elle est directrice de la campagne de Mathieu Hanotin lors des élections cantonales de 2008 sur le canton de Saint-Denis-Sud[7]. Membre du courant strauss-kahnien, Martine Aubry la nomme secrétaire nationale du PS chargée de la petite enfance en 2009[6] : « Elle ne m’a convaincue qu’au dernier moment, dit-elle. J’ai beaucoup réfléchi avant d’accepter. Je voulais avoir l’assurance de ne pas être la potiche de service (...) Je parais moins dangereuse du fait que je ne suis pas française. Au moins, je ne risque pas de briguer une place d’élue[7]. » Sa nomination est alors critiquée en raison de sa nationalité par Georges Sali, le responsable local du PS de Saint-Denis[14], section qu'elle jugeait alors « clanique[7] ».

En mars 2008, elle est nommée cheffe du service presse de Claude Bartolone, nouvellement élu président du conseil général de la Seine-Saint-Denis[7], puis y devient chargée de mission en 2010[4]. En 2012, elle est chargée de mission presse et communication au cabinet d'Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif et garde ces fonctions quand Emmanuel Macron lui succède à Bercy[4]. Quand ce dernier fonde En marche !, après quelques jours de réflexion et l'insistance d'Alexis Kohler[15]. , elle l'y suit comme conseillère presse et communication[9], séduite par « la volonté de transcender les clivages existants, la tentative audacieuse pour essayer autre chose, et le sentiment que ça ne pouvait plus continuer comme avant[12] ». Dorénavant mère de trois filles, elle emménage à Paris[8]. Elle soutient Martine Aubry lors des primaires de la gauche pour l'élection présidentielle de 2012.

Elle se fait connaître du grand public par le documentaire de Yann L'Hénoret Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire diffusé sur TF1 le lendemain du second tour de l'élection présidentielle, le , dans lequel elle apparaît, selon L'Obs, « comme l'un des personnages clefs du premier cercle qui entoure et conseille le candidat[9] ». Le , elle assiste à l'investiture du nouveau président[16] et devient conseillère presse pour les affaires nationales auprès de Sylvain Fort, chargé de la communication de l'Élysée[3].

Après la communication erratique de la présidence Hollande, Sibeth Ndiaye participe au verrouillage de la communication élyséenne. Elle parvient à faire déménager la salle de presse de l'Élysée, installée depuis Valéry Giscard d'Estaing dans la cour du Palais, malgré l'opposition acharnée de l'association de la presse présidentielle, « ce qui lui permet de marquer des points auprès du président » selon Le Figaro[17]. Elle accompagne Emmanuel Macron seulement lors de ses déplacements à risques[17]. Elle exige des employés de l'Élysée de ne pas se répandre en indiscrétions, et s'occupe du choix des journalistes accrédités dans les déplacements.

Les sondages de popularité d'Emmanuel Macron accusant une forte baisse durant l'été 2017, et sa distance avec la presse étant critiquée, le pôle communication de l’Élysée est alors renforcé par la nomination au 1er septembre du journaliste Bruno Roger-Petit[18],[17]. Le Figaro indique qu'elle est « un temps affaiblie » par cette nomination et « entre avec lui dans une concurrence feutrée mais acharnée. Une bataille dont elle est sortie vainqueur »[17].

Son ton et ses méthodes, parfois jugés directs voire brutaux, ont fait l'objet de plusieurs commentaires. Selon L'Express, Sibeth Ndiaye n'hésite pas à « [appeler] les médias quotidiennement quand on a des divergences d'interprétation » si un article déplaît[19]. Son comportement fait l'objet de plusieurs articles dans France Télévisions, Les Inrocks ou L'Express faisant état des pressions qu'elle avait exercées sur les journalistes dont les articles lui déplaisaient (« C’est pas du travail de journaliste, c’est du travail de sagouin ! » l'entend-on dire à un journaliste dans le film Macron : les coulisses d’une victoire), jusqu'à les mettre sur liste noire. Pour « protéger le président », aurait-elle affirmé, « j’assume parfaitement de mentir »[20],[21]. En août 2017, Le Canard Enchaîné rapporte que Sibeth Ndiaye, interrogée, par un journaliste, sur la réalité de la mort de Simone Veil, aurait répondu par SMS, « Yes, la meuf est dead ». Sibeth Ndiaye dément, assurant que « le SMS est totalement faux ». Selon le journal, l'Élysée « cherche désormais à “muscler” la communication, et à mettre Sibeth Ndiaye sous tutelle »[22],[23],[24]. Ibrahima Diawadoh N'Jim, ancien conseiller de Manuel Valls, estime pour sa part, dans une tribune en ligne publiée dans le journal Le Monde, que la polémique qui a suivi « relève d’un racisme insidieux encore bien présent en France[25] ». Le Monde interroge également sa manière de communiquer avec les journalistes lors du salon de l'agriculture en 2019, « sur un mode fait d’injonctions et de menaces ». Sa personnalité fera également l'objet d'un édito, sujet à controverse, de Christophe Barbier[26].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Giulietta Gamberini, « Les femmes du président Macron », sur La Tribune (consulté le 21 mai 2017)
  2. Abel Mestre, « « Génération CPE » : de l’UNEF au pouvoir », sur Le Monde.fr (consulté le 22 mai 2017)
  3. a et b Diane Malosse, « La garde rapprochée de Macron à l'Élysée », Le Point,‎ (lire en ligne, consulté le 6 juin 2017)
  4. a b et c « Sibeth Ndiaye », voici.fr (consulté le 9 mai 2017)
  5. « Sibeth Ndiaye, la tête qui dépasse dans Macron, les coulisses d’une victoire », ouest-france.fr, 9 mai 2017
  6. a et b « Portrait : Sibeth Ndiaye, la Sénégalaise incontournable de la campagne d'En marche ! - JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 9 mai 2017)
  7. a b c d et e Dominique Sanchez, « Sibeth N'Diaye, nouvelle génération rose », Le Journal de Saint-Denis, numéro 771, (consulté le 9 mai 2017)
  8. a b c d et e Salma Niasse et Pierre Lepidi, «Sibeth Nidaye, gardienne de l'image d'Emmanuel Macron», Le Monde, (consulté le 11 mai 2017)
  9. a b et c « 6 choses à savoir sur Sibeth Ndiaye, la responsable com de Macron », sur nouvelobs.com, (consulté le 9 mai 2017)
  10. « Sibeth Ndiaye : « La pire phrase pour moi, c’est "on ne peut pas faire autrement" » », sur elle.fr, (consulté le 12 mai 2017)
  11. a et b « Sibeth Ndiaye », linkedin.com (consulté le 9 mai 2017)
  12. a et b « Interview : Sibeth Ndiaye, la Sénégalaise en marche avec Emmanuel Macron - JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 9 mai 2017)
  13. Mariana Grépinet, « Stanislas Guérini. Un inconnu à la tête des marcheurs », Paris Match, semaine du 28 novembre au 5 décembre 2018, p. 50.
  14. Dominique Sanchez, « Sali national », Le Journal de Saint-Denis, numéro 772, (consulté le 9 mai 2017)
  15. Corinne Lhaïk, « Dans la tourmente, enquête sur la bande à Macron », sur lexpress.fr, (consulté le 4 novembre 2018)
  16. « EN IMAGES. À l'Élysée, Emmanuel Macron entouré de sa famille et ses proches », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mai 2017)
  17. a b c et d François-Xavier Bourmaud et Marcelo Wesfreid, « Rivoisy, Kohler, Emelien... Ils composent la garde rapprochée de Macron », sur lefigaro.fr, (consulté le 27 octobre 2018).
  18. « Bruno Roger-Petit nommé porte-parole de l’Elysée », lemonde.fr, (consulté le 30 août 2017)
  19. Stéphanie Marteau, « Silence radio au Château: comment Macron verrouille sa com' », lexpress.fr, (consulté le 2 août 2017)
  20. « Mensonges, pressions : les étranges méthodes de Sibeth Ndiaye pour “défendre” Macron », Les Inrocks,‎ (lire en ligne)
  21. Nowenstein, « Lettre à Sibeth Ndiaye, la conseillère du président qui assume de mentir pour le défendre. », (consulté le 21 février 2019)
  22. Eléanor Douet, « “Yes, la meuf est dead” : quand Sibeth Ndiaye confirme la mort de Simone Veil », sur rtl.fr,
  23. « “Yes, la meuf est dead” : Marlène Schiappa vole au secours de Sibeth NDiaye », L'Express,‎ (lire en ligne)
  24. [« “Yes, la meuf est dead” : Sibeth Ndiaye violemment arrachée de son piédestal », Marianne,‎ (lire en ligne)
  25. Ibrahima Diawadoh N’Jim, « Ce qu’on reproche à Sibeth Ndiaye, c’est d’être une femme noire qui a réussi », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  26. «Un rap pour Macron imaginé par Christophe Barbier provoque le malaise sur Twitter»


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]