Christian Blanc

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Christian Blanc
Christian Blanc, en 2007.
Christian Blanc, en 2007.
Fonctions
Député de la 3e circonscription des Yvelines

(1 an 10 mois et 14 jours)
Législature XIIIe
Prédécesseur Colette Le Moal
Successeur Henri Guaino

(5 ans 4 mois et 3 jours)
Législature XIIe et XIIIe
Prédécesseur Anne-Marie Idrac
Successeur Colette Le Moal
Secrétaire d'État chargé du
Développement de la Région capitale

(2 ans 3 mois et 16 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement Fillon II
Prédécesseur Poste créé
Successeur Michel Mercier (indirectement)
Biographie
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Talence, France
Parti politique Nouveau Centre
Diplômé de IEP de Bordeaux
Profession Haut fonctionnaire
Chef d'entreprise

Christian Blanc, né le à Talence (Gironde), est un haut fonctionnaire, chef d'entreprise et homme politique français.

Ancien préfet, il a travaillé dans le monde de l'entreprise, dirigeant la RATP de 1989 à 1992, Air France de 1993 à 1997, la banque Merrill Lynch France de 2000 à 2002.

Proche de Michel Rocard, il est élu député apparenté UDF de la 3e circonscription des Yvelines à partir de 2002. Membre du Nouveau Centre, Christian Blanc occupe, du au , le poste nouvellement créé de secrétaire d'État chargé du Développement de la région capitale. Peu après des révélations sur ses achats de cigares sur des fonds du ministère, il démissionne du gouvernement et reprend son siège de député.

Études et parcours[modifier | modifier le code]

Christian Blanc est le fils de Marcel Blanc, résistant, franc-maçon haut gradé, premier adjoint socialiste au maire de Bordeaux à la Libération et négociant en fruits exotiques. Il effectue ses études à Bordeaux, au lycée Montesquieu, puis intègre l'Institut d'études politiques de Bordeaux. Lauréat Zellidja en 1960[1] ; il est l'un des principaux responsables de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), où il se lie avec Michel Rocard, et préside à la fin de sa scolarité la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF), de 1964 à 1965. À cette époque, il adhère aux thèses de l'extrême gauche, soutient le FLN algérien et participe en compagnie de Marc Kravetz et de Pierre Goldman à une session de formation révolutionnaire et de guérilla à Cuba pendant l'été 1967[2].

Haut fonctionnaire[modifier | modifier le code]

Grâce à François Bloch-Lainé, il entre dans une filiale de la Caisse des dépôts, puis au ministère de la Jeunesse et des Sports comme chef de bureau. En septembre 1974, il rejoint le parti socialiste où il dirige de 1978 à 1980 le cabinet de Michel Rocard[2].

De 1981 à 1983, il est directeur de cabinet du commissaire européen Edgard Pisani, puis préfet, commissaire de la République des Hautes-Pyrénées, de 1983 à 1984[3]. Christian Blanc est ensuite secrétaire général de la Nouvelle-Calédonie auprès d'Edgard Pisani, alors délégué du gouvernement sur le territoire, puis préfet de Seine-et-Marne de 1985 à 1989[3].

En 1988, il retourne en Nouvelle-Calédonie en tant que chef de la « Mission du dialogue » envoyée par le gouvernement français dans le but de trouver une solution politique au conflit qui secoue l'île. Il négocie les accords de Matignon, adoptés par référendum en novembre 1988.

Dirigeant d'entreprises[modifier | modifier le code]

Christian Blanc prend ensuite, pendant trois ans, la présidence de l'entreprise publique RATP. Il démissionne de son poste en 1992, lorsque le gouvernement refuse de le soutenir pour instaurer le service minimum dans l'entreprise[4]. Durant sa présidence, la décision de créer la ligne Meteor a été prise[5].

Il devient PDG d'Air France en 1993, alors que la société traverse une grave crise. Il participe au redressement de l'entreprise[6], en faisant notamment adopter un plan de sauvetage par référendum interne. En 1997, il propose un nouveau plan de restructuration et de modernisation de la compagnie qui est refusé en bloc par les organisations syndicales du groupe. Christian Blanc demande alors l'arbitrage du gouvernement qui n'appuie pas clairement son projet. Faute du soutien du Premier ministre de l'époque Lionel Jospin et après un désaccord stratégique avec le ministre des Transports, Jean-Claude Gayssot, sur le rythme de la modernisation de l'entreprise aéronautique, il démissionne en 1997[4].

À la suite des recommandations de Jacques Chirac auprès du milliardaire Rafik Hariri, il devient conseiller du groupe aérien libanais Middle East Airlines en 1998-1999[7]. Il s'investit également dans Action contre la faim dont il est administrateur entre 1999 et 2001, période pendant laquelle il préside deux startups : Skygate, qui développe un récepteur satellitaire de petite taille[8], et Harmonie. Il se retrouve également à la tête de la startup Karavel, qui racheta le site Promovacances[9].

Il est président de la banque d'affaires Merrill Lynch France entre 2000 et 2002. Présent au World Trade Center de New York le , il échappe aux attentats car il est sorti fumer un cigare hors du bâtiment[4].

En septembre 2014, la compagnie aérienne tunisienne Syphax Airlines désigne Christian Blanc au poste de PDG[10], succédant au fondateur Mohamed Frikha qui se lance dans l'élection présidentielle tunisienne[11]. Deux mois plus tard, il est destitué de ses fonctions, Syphax Airlines s'étant fait épinglé par la direction générale de l'aviation civile tunisienne (DGAC) pour ne pas avoir opéré toutes les démarches administratives nécessaires à l'embauche d'un dirigeant étranger[12].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Christian Blanc en 2010.

Il fait partie de l'équipe de Michel Rocard dans les années 1970, contribuant notamment à son élection à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine[13]. D'après Michèle Cotta, Christian Blanc entretient auprès des journalistes le sentiment de rupture entre Michel Rocard et le premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand[14].

Michel Rocard puis Édith Cresson lui ont proposé d'intégrer le gouvernement, mais il a refusé, préférant demeurer à la RATP[15].

Briguant un siège de député dans la 3e circonscription de Paris lors des élections législatives de 2002, sous l'étiquette « Énergies démocrates », il recueille 9,63 % des voix[16]. Six mois plus tard, Christian Blanc se présente à une élection législative partielle, provoquée par la démission d'Anne-Marie Idrac, nommée à la présidence de la RATP, dans la 3e circonscription des Yvelines. Élu au premier tour, il rejoint le groupe UDF à l'Assemblée nationale, en tant qu'apparenté.

En 2003, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin lui confie une mission sur le développement économique. Six mois plus tard, il remet un rapport intitulé Pour un écosystème de la croissance[17], dans lequel il recommande entre autres la création de pôles de compétitivité. Cette recommandation sera suivie d'effets puisque le gouvernement lance un appel à projets visant à créer de tels pôles dès octobre 2004. En revanche, les réformes de l'organisation de l'Université et de la Recherche publique qu'il préconise dans ce même rapport ne seront pas mises en œuvre.

Il appelle à la démission de Jacques Chirac en 2006, pour « accélérer les réformes » et en finir avec l'« immobilisme »[18]. La même année, il lance avec Alain Lambert (UMP) et Jean-Marie Bockel (PS) un « comité d’action pour la modernisation de la France », en faveur d'une modernisation « globale et cohérente » de l'économie et de la société française, en insistant sur le « péril de la dette » et sur la nécessité de la croissance[19]. Il participe à la Commission Pébereau, qui chiffre la dette publique française à 2 000 milliards d'euros[20].

Christian Blanc apporte son soutien à Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle de 2007[21] et rejoint le Parti social libéral européen (futur Nouveau Centre) au moment des élections législatives, lors desquelles il est réélu au premier tour, avec le soutien de l'UMP[22]. Entre 2002 et 2007, il est président du mouvement politique « Énergies démocrates » et fondateur d'« Énergies 2007 », mouvements favorables à la réforme de l'État et à une intégration européenne plus poussée.

Vice-président du Nouveau Centre au sein de son organisation provisoire, il se présente aux élections municipales de 2008 au Chesnay contre le maire sortant divers droite, Philippe Brillault. Dans le cadre d'une triangulaire, sa liste réunit 36,28 % suffrages exprimés, devancée par celle du maire sortant.

Secrétaire d'État au Grand Paris (2008 - 2010)[modifier | modifier le code]

Nommé secrétaire d'État chargé du Développement de la région capitale le , Christian Blanc cède son siège de député à sa suppléante, Colette Le Moal. Il est chargé du projet de loi sur le « Grand Paris », voté en mai 2010, qui prévoit notamment un réseau de métro automatique autour de Paris.

En , Le Canard enchaîné révèle que sa situation fiscale fait l'objet d'un examen approfondi par le fisc, alors qu'habituellement la situation fiscale des ministres est examinée, et le cas échéant régularisée, à leur entrée en fonction[23]. L'hebdomadaire satirique révèle peu de temps après que Blanc a fait acheter sur le budget de son secrétariat d'État pour 12 000 € de cigares en dix mois, information largement reprise par la presse[24]. Il déclare soupçonner son ancien chef de cabinet Guillaume Jublot, licencié fin mai 2010, d'avoir fourni ces informations au Canard enchaîné[25]. Prévenu de la publication de l'article, il rembourse 3 500 euros correspondant, selon ses dires, à sa « consommation personnelle », puis sur instruction de François Fillon, il se résout finalement à rembourser l'intégralité de la somme[26]. Ainsi, mis en difficulté au sein du gouvernement par cette affaire[27], comme son collègue Alain Joyandet, lui aussi au centre d'une polémique, il annonce, sur instruction de Nicolas Sarkozy et François Fillon[28], sa démission du gouvernement le [29]. L'opposition et une partie de la presse analysent cet évènement comme une manœuvre visant à faire baisser la pression médiatique dans l'affaire Woerth-Bettencourt[30],[31]. L'UMP, dément un tel lien[32]. Les fonctions occupées par Christian Blanc sont transférées à Michel Mercier, ministre de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire[33].

Il retrouve automatiquement son mandat de député un mois après son départ du gouvernement, le [34]. Il décide de pas se représenter aux élections législatives de 2012.

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cérémonies annuelles, Cérémonie 2008 », sur Fondation Zellidja, via web.archive.org (consulté le 25 octobre 2015).
  2. a et b Michel Faure, L'inclassable Christian Blanc, Michel Faure, L'Express, 4 novembre 1993
  3. a et b « Biographie de Christian Blanc », sur lci.tf1.fr (consulté le 25 octobre 2015).
  4. a, b et c « Le cigare qui avait sauvé Christian Blanc », Libération,‎ (consulté le 7 juillet 2010)
  5. François Lamarre, « Météor : harmonie en sous-sol », sur Lesechos.fr,‎ (consulté le 25 octobre 2015).
  6. Jean Watin-Augouard, Histoires de marques, éditions d'organisation (ISBN 2708126571), page 28
  7. Denis Fainsilber, « Christian Blanc installe un de ses proches aux commandes de Middle East Airlines », sur Lesechos.fr,‎ (consulté le 25 octobre 2015).
  8. Pascal Riche, « Christian Blanc. En Hollande, l'ex-PDG d'Air France pilote un projet dans les nouvelles technologies. », sur Liberation.fr,‎ (consulté le 25 octobre 2015).
  9. Jean-Jacques Manceau, « Karavel, la start-up gagnante de Christian Blanc »,‎ (consulté le 25 octobre 2015).
  10. « Syphax Airlines : Christian Blanc, ex-PDG d'Air France, va piloter la compagnie », sur Tourmag.com,‎ (consulté le 25 octobre 2015).
  11. François Duclos, « Syphax Airlines enrôle Christian Blanc, réduit Montréal », sur Ait-journal.fr,‎ (consulté le 25 octobre 2015).
  12. « Syphax Airlines: Mohamed Ghelala remplace Christian Blanc », sur Webmanagercenter.com,‎ (consulté le 25 octobre 2015).
  13. Michèle Cotta, Cahiers secrets de la Ve République, tome II (1977-1986), Fayard, 2008, p.  195.
  14. Michèle Cotta, Cahiers secrets de la Ve République, tome II (1977-1986), Fayard, 2008, p. 192.
  15. http://www.lemonde.fr/archives/article/1992/04/21/la-ratp-dans-la-tornade-blanc_3911621_1819218.html#9K8gIJcZ7zTFAXRP.99 François renard, « La RATP dans la tornade Blanc », Le Monde, 21 avril 1992.
  16. Élections législatives de 2002 - résultats dans la 3e circonscription de Paris sur le site du ministère de l'Intérieur.
  17. « Pour un écosystème de la croissance », mai 2004.
  18. « Partez M. le président, Le Monde, 14 janvier 2006.
  19. « Rencontre avec Christian Blanc, député président du mouvement Energies 2007 », Bondy Blog, 18 décembre 2006.
  20. [PDF] Rapport de la commission Pébereau
  21. « Christian Blanc : Je choisis Sarkozy », Le Figaro, 25 janvier 2007.
  22. Élections législatives de 2007 - résultats dans la 3e circonscription des Yvelines sur le site du ministère de l'Intérieur.
  23. « Epinglé par le Canard, Blanc s'explique sur sa feuille d'impôts », site de LCI-TF1, 9 juin 2010.
  24. « Blanc a reçu 12.000 € de cigares », dépêche AFP reprise par Le Figaro, 16 juin 2010.
  25. « Christian Blanc se défend : “Comment j'ai été trahi” », Le Figaro, 22 juin 2010.
  26. «Fillon exige de Christian Blanc qu’il rembourse ses achats de cigares», France Info, 23 juin 2010.
  27. (en) French officials resign amid spending scandals, Los Angeles Time, 5/7/210.
  28. « Double démission au sommet », site de LCI-TF1, 4 juillet 2010.
  29. « Joyandet et Blanc quittent le gouvernement », Le Figaro, 5 juillet 2010.
  30. « Blanc/Joyandet, simples fusibles ? », Le Journal du dimanche, 4 juillet 2010.
  31. « Après les démissions de Blanc et Joyandet, Woerth peut-il tenir ? », Le Monde, 5 juillet 2010.
  32. Démissions de Blanc et Joyandet : "pourquoi l'Elysée couvre Woerth ?", TF1 News, 4/7/2010.
  33. « Le secrétaire d'État abandonne le chantier du Grand Paris au milieu du gué », Les Échos, 5 juillet 2010.
  34. « Christian Blanc retourne à l’Assemblée nationale », Le Parisien, 6 août 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]