Frédérique Vidal

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Frédérique Vidal
Frédérique Vidal lors du lancement de la stratégie autisme le 6 avril 2018
Frédérique Vidal lors du lancement de la stratégie autisme le
Fonctions
Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
En fonction depuis le
(11 mois et 8 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Thierry Mandon
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Monaco
Nationalité française
Diplômée de Université Nice-Sophia-Antipolis

Frédérique Vidal, née le à Monaco, est une biochimiste, spécialisée en génétique moléculaire, professeure des universités et femme politique française.

Présidente de l’université Nice-Sophia-Antipolis de 2012 à 2017, elle est nommée ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation dans le gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron le , et demeure à ce poste après le remaniement du 19 juin.

À ce titre, Frédérique Vidal porte le projet de loi « Orientation et réussite des étudiants » (ORE), concrétisant le Plan Étudiants, présenté le 30 octobre 2017, et qui a pour objectif affiché de mettre fin au tirage au sort pour l’accès à l’enseignement supérieur, de réduire le taux d’échec en licence, et d’améliorer les conditions de vie des étudiants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Née le à Monaco, Frédérique Vidal grandit dans une famille de trois enfants, dont les parents et grands-parents exploitaient un hôtel de trente-cinq chambres à Beausoleil. Elle est la première de sa famille à obtenir son baccalauréat. Après un échec en première année de médecine, Frédérique Vidal réussi le concours d’infirmière avant de se réorienter en biochimie sur les conseils de la responsable du concours. Cette passion pour la science remonte à son enfance, où elle écoutait en boucle sur un petit livre-disque, l’histoire de Louis Pasteur[1].

Frédérique Vidal est titulaire d'une maîtrise de biochimie à l'université Nice-Sophia-Antipolis, et d'un diplôme d’études approfondies (DEA) option virologie fondamentale à l'Institut Pasteur. Elle soutient sa thèse de doctorat en sciences de la vie à l'université de Nice-Sophia Antipolis en 1993, sur le thème « Régulation de l'expression génique en fonction du cycle cellulaire et contrôle de la division cellulaire durant le développement précoce de l'embryon de souris : mise en évidence de deux nouvelles interactions ADN-protéines ». Il s'agit d'étudier les liens entre tissu génétique et division cellulaire chez un embryon animal. Elle est nommée maître de conférences en 1995.

Frédérique Vidal est mariée et mère de deux enfants.

Carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Elle commence sa carrière dans la recherche et développement dans le privé et travaille un an pour le groupe Virbac, entreprise pharmaceutique vétérinaire[2]. Spécialiste en génétique moléculaire, elle se qualifie aux fonctions de maître de conférences à l'université Nice-Sophia-Antipolis en 1994[3], puis à celles de professeure des universités en biochimie, biologie moléculaire et cellulaire en 2002[4].

Ses recherches portent sur les modifications génétiques et épigénétiques impliquées dans la différenciation germinale. Elle a identifié les causes de l'épidermolyse bulleuse, une maladie rare et a développé plusieurs modèles de souris modifiées génétiquement ce qui a lui permis de montrer le rôle essentiel des cellules de Sertoli durant le processus de spermatogenèse[5].

Elle a notamment publié un article en 1995 dans Nature Genetics, cité plus de 350 fois, identifiant des mutations impliquées dans la sténose du pylore[6],[5].

Carrière administrative[modifier | modifier le code]

De 1999 à 2003, elle est membre extérieure du conseil scientifique de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale[7].

Responsable des stages puis directrice adjointe du magistère de pharmacologie, Frédérique Vidal dirige le département sciences de la vie de l'université Nice-Sophia-Antipolis de 2005 à 2008.

De 2009 à 2012, elle est élue directrice de l’UFR de Sciences et en avril 2012, elle devient présidente de l'université Nice-Sophia-Antipolis[8],[9], fonction qu’elle occupera jusqu’à sa nomination au gouvernement en mai 2017. Sous sa présidence, des « diplômes d’établissement » en deux ans pour 4 000 € ont été instaurés, à la place de trois parcours de masters de biologie dont les tarifs étaient calqués sur ceux en vigueur, soit 256 euros. Des étudiants et enseignants-chercheurs dénoncent alors une « logique de privatisation » de formations universitaires[10].

Frédérique Vidal fait aussi partie du conseil d'administration de l'observatoire de la Côte d'Azur[11].

À partir de 2013, elle est trésorière de la Coordination des Universités de Recherche Intensive Française (CURIF)[12], dont un des objectifs affichés est de « mieux faire connaître aux décideurs politiques et économiques et aux leaders d’opinion le rôle et les activités des universités de recherche intensive[13]. »

Frédérique Vidal est également membre du jury du master de virologie de l'UPMC-Paris 7-Institut Pasteur depuis 2004. Elle a été co-responsable du projet européen Tempus sur la mise en place du LMD (organisation Licence Master Doctorat) dans les Balkans de 2006 à 2009.

Experte pour le Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement supérieur (HCERES) depuis 2007, et pour l'Union Européenne dans le cadre de l'université euro-méditerranéenne (EMUNI) depuis 2010, elle est membre invité avec voix délibérative de la commission scientifique de la faculté de médecine depuis 2010, et du projet européen Tempus.

Le 22 janvier 2016, sous l’impulsion de Frédérique Vidal, l'université Nice-Sophia-Antipolis obtient le label initiative d’excellence (Idex) pour le projet UCA Jedi.

Ministre de l'Enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Le , elle est nommée ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation dans le gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron[14].

Réforme de l'accès à l'enseignement supérieur[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Parcoursup et Plan Étudiants.

Elle est chargée d'une réforme de l’accès au 1er cycle universitaire. Le projet, dénommé Plan Étudiants, est présenté à la presse le 30 octobre 2017 par le Premier ministre Édouard Philippe, Frédérique Vidal et le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Ce plan national a notamment pour objectif de modifier et d’améliorer les conditions d’accès dans l’enseignement supérieur et de transformer le 1er cycle universitaire[15].

En octobre 2012, huit inspecteurs généraux de l’Éducation nationale avaient remis un rapport d’évaluation à la ministre de l’Enseignement supérieur de l'époque, Geneviève Fioraso, sur la procédure admission post-bac. Ce rapport faisait le constat que le fonctionnement et l’utilisation de la plateforme entraînait des effets pervers. En effet, la plateforme est une source d’inquiétude pour les parents et les élèves qui sont souvent mal accompagnés et informés. L’offre importante de formations sur le site « Admission Post-Bac » (APB) a également conduit à une concentration des demandes sur une minorité d’établissements prestigieux, entraînant un désintérêt pour les établissements de proximité[16]. En 2016, la CNIL avait été saisie d’une plainte « à l’encontre du traitement APB dont l’objet est le recueil et le traitement des vœux des candidats à une admission en première année d'une formation post-baccalauréat ».

Pendant l’été 2017, l’accumulation des dysfonctionnements de la plateforme, la remise en cause du tirage au sort et le nombre important d’élèves sans affectation à l’issue de la procédure, a conduit le gouvernement à réformer le système d’admission dans l’enseignement supérieur. Dans la foulée, la présidente de la CNIL met en demeure le 28 septembre « le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d’un algorithme et de faire preuve de plus de transparence dans son utilisation »[17].

Dès juillet 2017, une concertation sociale rassemblant les acteurs majeurs de l’enseignement supérieur a été lancée. Durant trois mois, 250 acteurs de l’enseignement supérieur et de l’enseignement scolaire se sont organisés en groupes de travail avant de rendre un rapport le 19 octobre 2017, présentant une série de propositions pour l’accueil et la réussite des étudiants.

Le Plan Étudiants traduit sur le plan législatif par la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE), issu de cette concertation, est présenté à la presse le 30 octobre 2017. La réforme prévoit la création d’une nouvelle plateforme d’accès à l’enseignement supérieur, plus transparente, Parcoursup, la suppression de la sélection par le tirage au sort, ainsi que des mesures permettant de mieux accompagner les lycéens dans la construction de leur projet d’orientation[18]. La loi permet de rattacher tous les étudiants au régime général de la Sécurité sociale, de créer de nouveaux centres de santé au sein des universités et de soutenir la mobilité, c’est-à-dire d’apporter une aide financière aux étudiants qui n’étudieraient pas dans leur académie d’origine. 950 millions d’euros sont dédiés à cette réforme entre 2018 et 2022 afin d’ouvrir des places, de créer des postes dans les filières en tension et de moderniser les licences.

Après une première lecture à l’Assemblée nationale en décembre 2017 puis au Sénat en février 2018, la Commission mixte paritaire se réunit le 13 février 2018 pour réexaminer le projet de loi ORE. Le 15 février 2018, le Parlement vote en faveur des conclusions de la CMP et adopte définitivement le projet de loi ORE[19] qui consacre la réussite du Plan Étudiants.

L'opposition à la réforme conduit cependant au blocage de plusieurs universités par des étudiants, comme l'université Toulouse-Jean-Jaurès, le centre Pierre-Mendès-France ou l'université Paris-VIII.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.madame.lefigaro.fr « Frédérique Vidal je n’avais pas de plan de carrière »,
  2. « Frédérique Vidal, de Monaco à Valrose - Monaco Hebdo », Monaco Hebdo,‎ (lire en ligne).
  3. « Listes de qualification aux fonctions de maître de conférences arrêtées en 1994 par les sections du Conseil national des universités », sur legifrance.gouv.fr, .
  4. « Liste de qualification aux fonctions de professeur des universités arrêtée en 2002 par les sections du Conseil national des universités », sur legifrance.gouv.fr, .
  5. a et b « Ce que Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, a apporté à la science », sur Le Huffington Post (consulté le 26 mai 2017)
  6. (en) Frédérique Vidal, Daniel Aberdam, Corinne Miquel et Angela M. Christiano, « Integrin β4 mutations associated with junctional epidermolysis bullosa with pyloric atresia », Nature Genetics, vol. 10, no 2,‎ , p. 229–234 (DOI 10.1038/ng0695-229, lire en ligne).
  7. cnews.fr, « La composition du gouvernement », (consulté le 17 mai 2017).
  8. « Frédérique Vidal investie présidente de l'Université », sur nicematin.com, (consulté le 17 mai 2017).
  9. « Frédérique VIDAL: biographie et actualités sur EducPros », sur letudiant.fr (consulté le 17 mai 2017).
  10. « A l’université de Nice, des masters à 4 000 euros qui passent mal », sur Le Monde.fr (consulté le 25 avril 2018)
  11. « Conseil d'Administration », sur oca.eu, (consulté le 18 mai 2017)
  12. « Historique | CURIF », sur www.curif.org (consulté le 20 mai 2017)
  13. « Missions | CURIF », sur www.curif.org (consulté le 20 mai 2017)
  14. Camille Stromboni, « Frédérique Vidal, une universitaire nommée ministre de l’enseignement supérieur », sur lemonde.fr, (consulté le 18 mai 2017).
  15. www.enseignementsup-recherche.gouv.fr; Rubrique « Enseignement supérieur », Onglet « Orientation dans l'enseignement supérieur » puis « Plan Étudiants » : « Le Plan Etudiants, accompagner chacun vers la réussite », http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid122054/le-plan-etudiants-accompagner-chacun-vers-la-reussite.html, 1ère publication : 30.10.2017 - Mise à jour : 13.12.2017 (consulté le 20 février 2018).
  16. Ministère de l'Éducation nationale, « Analyse de l'orientation et des poursuites d'études des lycéens à partir de la procédure admission post-bac », Ministère de l'Éducation nationale, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  17. « « Admission Post-Bac (APB) : mise en demeure pour plusieurs manquements | CNIL. », sur CNIL (consulté le 20 février 2017)
  18. ESR : enseignementsup-recherche.gouv.fr, « Le Plan Étudiants : accompagner chacun vers la réussite - ESR : enseignementsup-recherche.gouv.fr », sur www.enseignementsup-recherche.gouv.fr (consulté le 22 mars 2018)
  19. « Le Parlement a adopté définitivement la réforme de l'accès à l'université », sur www.europe1.fr (consulté le 22 mars 2018)
  20. « Décret du 12 juillet 2013 portant promotion et nomination », sur legifrance.gouv.fr, .

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]