Roxana Maracineanu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Roxana Maracineanu
Informations
Nages Dos
Période active 1991-2004
Nationalité Drapeau : France Française
Naissance (42 ans)
Lieu Bucarest (Roumanie)
Taille 1,65 m
Club Mulhouse Olympic Natation
Entraîneur Lionel Horter
Records
Grand bassin • 50 m dos : 29 s 61
• 100 m dos : 1 min 1 s 10
• 200 m dos : 2 min 10 s 25
Palmarès
Jeux olympiques 1
Ch. du monde grand bassin 1
Ch. d'Europe grand bassin 1 1 2

Roxana Maracineanu, née le à Bucarest en Roumanie, est une nageuse française, spécialiste des épreuves de dos. Vice-championne olympique lors des Jeux olympiques de 2000 à Sydney, elle devient la première française championne du monde de natation en remportant le 200 mètres dos des mondiaux de 1998 de Perth. Elle remporte également un titre européen, lors des championnats d'Europe de 1999. Elle compte également trois autres médailles européennes.

Après sa carrière sportive, elle occupe de nombreuses années un poste de consultante, à la radio et à la télévision au sein du groupe France Télévisions.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Née à Bucarest, elle pratique dans son enfance la gymnastique[1]. Son père, grâce à un contrat de coopérant, part travailler en Algérie, emmenant sa famille. Ils peuvent ensuite rejoindre la France où ils demandent l'asile politique[1]. C'est à Blois, dans un centre de transit, qu'elle apprend le français[1], puis effectue ses études secondaires à Mulhouse[2].

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Représentant le Mulhouse Olympic Natation dont l'entraîneur est Lionel Horter, elle obtient ses premiers titres de championne de France sur 100 mètres et 200 mètres en 1991 lors des championnats d'été[N 1]. Elle obtient de nouveau les titres du 100 mètres en été 1992, en 1994 lors des deux éditions, en hiver 1995, et du 200 mètres en hiver 1993, et hiver 1995. Hélène Ricardo domine ensuite la spécialité et représente la France aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta où la France n'obtient aucune médaille en natation.

À Séville, lors des championnats d'Europe 1997, elle est devancée par l'Allemande Antje Buschschulte sur le 100 mètres dos[3] et termine troisième sur le 200 mètres dos, derrière les Allemandes Cathleen Rund (en) et Antje Buschschulte.

Lors des mondiaux de 1998 à Perth, elle commence sa compétition par une sixième place lors du 100 mètres dos, course remportée par l'Américaine Lea Maurer (en). Avant la finale du 200 mètres, son entraîneur Lionel Horter lui assure que si elle est en tête aux 150 mètres, elle remportera la course[1]. Première devant l'Allemande Dagmar Hase, elle devient la première française championne du monde de natation[4],[5].

En 1999, elle obtient des résultats décevants lors des championnats de France, puis souffre d'une angine à son arrivée à Istanbul où se déroule les championnats d'Europe[6]. Sa première preuve est le 200 mètres. Elle s'impose avec plus d'une seconde sur ses concurrentes, la Russe Yulia Fomenko (en) et l'Allemande Cathleen Rund[6]. Elle devient ainsi la première championne d'Europe française depuis Catherine Plewinski en 1993[6],[7]. Elle remporte ensuite une deuxième médaille, le bronze, sur le 100 mètres, course remporté par l'Allemande Sandra Völker devant l'Espagnole Nina Zhivanevskaya.

Championne de France à Rennes sur 100 et 200 mètres dos, elle décide de faire l'impasse sur les Championnats d'Europe 2000 d'Helsinki[8], où Nina Zhivanevskaya remporte les trois distances du dos. Celle-ci figure parmi les favorites de la première course de la discipline du dos aux Jeux olympiques de 2000 à Sydney, avec une Roumaine de seize ans, Diana Mocanu, et la Japonaise Mai Nakamura (en)[9]. C'est finalement Mocanu qui s'impose,devant la Japonaise et l'Espagnole, Roxana Maracineanu terminant quatrième[9]. Quatre jours plus tard, Maracineanu part rapidement et est en tête après les 100 premiers mètres, mais Mocanu accélère sur la deuxième partie de la course, dépasse toutes ses concurrentes pour s'imposer avec deux secondes d'avance sur la Française[10],[11] ,[12]. C'est la seule médaille en natation pour la délégation française.

L'année suivante, après l'échec d'Atlanta, Claude Fauquet, directeur de l'équipe de France de natation puis Directeur technique national à partir de 2001, décide de mettre en place une politique exigeante en terme de sélections, basée sur des mimimas[13]. Roxana Maracineanu ne satisfait pas à ceux-ci pour trois centièmes, et Claude Fauquet ne la sélectionne pas pour les mondiaux de 2001 à Fukuoka[13]. D'abord désavoué par le comité directeur de la Fédération, il obtient gain de cause après avoir menacé de démissionner[13]. La délégation est finalement composée de cinq nageurs[13].

En 2002, elle fait partie des quinze nageurs retenus pour les championnats d'Europe de Berlin[14]. Elle a pour ambition de retrouver une place sur les podiums[15]. Elle termine huitième du 200 mètres, dans le temps de min 12 s 58 soit moins d'une seconde du temps de la troisième (min 11 s 59)[16]. Sur le 100 mètres, elle termine sixième de la finale, ans le temps de min 2 s 62, à un peut plus d'une seconde de la troisième[16]. Elle dispute également le 50 mètres où elle est éliminée en demi-finale avec le quinzième temps[16]. Son échec est alors mis sur l'incompatibilité de mener des grandes études et une carrière d'athlète de haut niveau[16]. Lors des championnats de France 2003, elle échoue à obtenir sa qualification pour les mondiaux 2003 de Barcelone : elle termine deuxième du 100 mètres puis est championne de France du 200 mètres, mais elle ne réalise pas les minimas, son temps des demi-finales, à 88 centièmes des minimas la prive de qualification[17]. Comme deux ans auparavant, elle n'est pas repêchée par Claude Fauquet[18] malgré les polémiques[19].

Bien que championne de France du 200 mètres, elle ne réalise pas les minimas pour les Jeux olympiques d'Athènes. Lors de sa dernière possibilité pour obtenir une place dans la délégation française pour les Jeux, les championnats d'Europe de Madrid, disputés trois semaines plus tard, elle termine quatrième de la finale mais dans le temps min 14 s 28, soit au-delà des minimas fixés à min 12 s 78[20].

En octobre de la même année, elle annonce mettre un terme à sa carrière sportive[21].

Après carrière[modifier | modifier le code]

Consultante[modifier | modifier le code]

En , à l'occasion des championnats du monde de natation de Melbourne (Australie), elle est consultante pour France Télévisions aux côtés d'Alexandre Boyon et de Michel Rousseau et pour L'Équipe TV. Depuis les Jeux olympiques de Pékin, elle est à nouveau consultante sur le groupe public et Europe 1. Elle renouvelle cette collaboration pour les mondiaux 2009 de Rome[22], les mondiaux en petit bassin de 2010 à Dubaï[23], les championnats d'Europe 2010 de Budapest[24], lors des Jeux olympiques de 2012 à Londres[25].

Lors des championnats d'Europe 2014, c'est Frédérick Bousquet, blessé qui assure un rôle de consultant auprès de Roxana Maracineanu, Alexandre Boyon et Nelson Monfort[26]. Pour la compétition majeure suivante, lors des mondiaux 2015 de Kazan, le groupe France Télévision, désireux de reformer le duo Philippe Lucas et Laure Manaudou, ne reconduit pas le contrat de Maracineanu[27].

Tentative à la DTN[modifier | modifier le code]

Avec la démission de Lionel Horter, démissionnaire du poste de directeur technique national (DTN), la Fédération française de natation fait un appel à candidature auquel elle répond[28]. En 2015, elle figure parmi les trois derniers candidats, avec Jacques Favre et Philippe Hellard dans une liste établie par le ministère des sports. Le poste est finalement attribué à Jacques Favre[29],[30].

Engagements associatifs et politique[modifier | modifier le code]

Elle a également pris part au programme « Bien manger, C'est bien joué ! », programme lancé en 2005 par la Fondation du Sport. Elle a participé à la réalisation de vidéos adressées aux jeunes sportifs pour leur apprendre les bases d'une alimentation adaptée à l'effort physique. Ce programme de la Fondation du Sport sensibilise également les enfants à l'importance de l'activité physique.

Elle est aussi engagée politiquement, étant candidate apparentée Parti socialiste aux élections régionales françaises de 2010[31]. Le 21 mars, elle est élue conseillère régionale d'Île-de-France.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée à Franck Ballanger, journaliste à France Inter, et a 3 enfants : Nina, née le [32], Cleo, né le et Kimi né le .

Elle est aussi diplômée de l'ESCP Europe en 2005 et possède une maîtrise LEA anglais / allemand.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Jeux olympiques d'été[modifier | modifier le code]

Championnats du monde de natation[modifier | modifier le code]

Championnats d'Europe de natation[modifier | modifier le code]

Records personnels[modifier | modifier le code]

Records personnels en grand bassin[33]
Épreuve Temps Compétition Lieu Date
50 m dos 29 s 61 Championnats de France 2002 Chalon-sur-Saône, France 20/04/2002
100 m dos 1 min 1 s 10 Jeux olympiques d'été de 2000 Sydney, Australie 18/09/2000
200 m dos 2 min 10 s 25 Jeux olympiques d'été de 2000 Sydney, Australie 22/09/2000
100 m nage libre 58 s 84 Championnats de France 2001 Chamalières, France 30/04/2001
50 m brasse 35 s 48 Vittel Cup Chamalières, France 13/02/2004
50 m papillon 29 s 53 Vittel Cup Chamalières, France 13/02/2004
100 m papillon 1 min 3 s 61 Vittel Cup Chamalières, France 14/02/2004
200 m 4 nages 2 min 18 s 03 Mare Nostrum Rome, Italie 30/05/2000
400 m 4 nages 4 min 54 s 43 Championnats de France 2000 Rennes, France 20/03/2000

Récompense[modifier | modifier le code]

Roxana Maracineanu est élevée en au grade chevalier de l'Ordre national du Mérite[34].

En , elle reçoit la légion d'honneur des mains de Jacques Chirac[35].

En 2009, elle reçoit le Prix du commentateur sportif décerné par l'association des écrivains sportifs. Ce prix est décerné à « un journaliste, professionnel, commentateur audiovisuel, aux connaissances et au jugement appréciés qui, dans ses interventions sur le sport, se sera exprimé avec le souci constant de respecter les règles de la langue française »[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Durant une période, deux éditions des championnats de France en bassin de cinquante mètres, en hiver et en été.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Claude Hessege, « Roxana Maracineanu: "Ce doit être ça le bonheur" », sur humanite.fr, 19 janvier, 1998.
  2. Jean-Claude Hahn, « MARACINEANU Roxana », sur alsace-histoire.org.
  3. « Natation: une française en argent à Séville », sur humanite.fr, .
  4. Collectif L'Équipe 1998, Roxana au nirvana.
  5. « Top 100: Zizou, Liza, Jaja, Roxana... », sur eurosport.fr, .
  6. a, b et c David Revault d'Allonnes, « Natation. La Française remporte le titre européen du 200 m dos. Maracineanu joue dos doré. », sur liberation.fr, .
  7. Collectif L'Équipe 1999, Roxana Reine d'Europe.
  8. « Elle s'est fait un prénom : NATATION : Roxana Maracineanu », sur ladepeche.fr, .
  9. a et b « Swimming at the 2000 Sydney Summer Games : Women's 100 metres Backstroke », sur sports-reference.com.
  10. « " Roxy " au dos d'argent », sur humanite.fr, 23 septembre, 2000.
  11. « Swimming at the 2000 Sydney Summer Games : Women's 200 metres Backstroke », sur sports-reference.com.
  12. Collectif L'Équipe 2000, Roxana, la vie devant soi.
  13. a, b, c et d Alain Mercier, « L'homme qui a rendu ses lettres de noblesse à la natation française », sur lepoint.fr, .
  14. « Figuès, Marchand et Roger verront Berlin », sur ladepeche.fr, .
  15. « Natation/ Espo et Roxana chassent l'or », sur leparisien.fr, .
  16. a, b, c et d « Toutes les courses des Français sous l'œil de la DTN », Natation infos, no 1217,‎ , p. 3 (lire en ligne [PDF]).
  17. « Maracineanu sur le banc de touche », sur liberation.fr, .
  18. « Pas de passe-droit pour Roxana Maracineanu », sur sport.fr, .
  19. Alexandre Bardot, « La fronde des nageurs français », sur leparisien.fr, .
  20. « Maracineanu n'ira pas à Athènes », sur rds.ca, .
  21. « Roxana Maracineanu met fin à sa carrière », sur tempsreel.nouvelobs.com, .
  22. « [26/07 au 02/08] Champ. Monde Natation 09 sur France 2 / Eurosport », sur sport-tv.org, .
  23. « Championnats du monde en petit bassin à Dubaï », sur playtv.fr.
  24. « «Les Championnats de Monde de natation» en direct sur F2 et F3 », sur lemediaplus.com, .
  25. « JO 2012 : Florent Manaudou en or sur 50 m nage libre (France 2) », sur sportertv.com.
  26. Emmanuelle Litaud, « Championnats d'Europe de natation : France 2 dans le grand bain », sur lefigaro.fr, .
  27. « Laure Manaudou et Philippe Lucas consultants pour les Mondiaux? », sur lequipe.fr, .
  28. « DTN: Maracineanu candidate », sur lequipe.fr, .
  29. Thierry Tazé-Bernard, « Jacques Favre nouveau DTN de la natation française », sur francetvinfo.fr, .
  30. Eric Bruna, « Natation. Maracineanu : «La fédération devrait changer de président» », sur leparisien.fr, .
  31. Candidats aux élections régionales 2010, site du ministère de l'Intérieur français
  32. « Maracineanu maman ! », Natation Magazine, no 110,‎ (lire en ligne).
  33. Meilleurs temps de Roxana Maracineanu, sur swimrankings.net
  34. « Nominations Ordre national du Mérite », sur LeMonde.fr, (consulté le 2 mars 2013).
  35. « Après l'or, la Légion d'honneur : JO de Sydney 2000 - JEUX OLYMPIQUES : Les médaillés français à l'Elysée », sur ladepeche.fr, .
  36. « Prix du commentateur sportif », sur ecrivains-sportifs.fr, Association des écrivains sportifs (consulté le 4 mai 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]