Agnès Pannier-Runacher

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Agnès Pannier-Runacher
Illustration.
Agnès Pannier-Runacher en 2023.
Fonctions
Ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
En fonction depuis le
(3 mois et 10 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Gabriel Attal
Ministre Marc Fesneau
Gouvernement Attal
Ministre de la Transition énergétique

(1 an, 7 mois et 22 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Élisabeth Borne
Gouvernement Borne
Prédécesseur Barbara Pompili
Successeur Roland Lescure
(ministre délégué)
Ministre déléguée chargée de l'Industrie

(1 an, 10 mois et 14 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Jean Castex
Ministre Bruno Le Maire
Gouvernement Castex
Prédécesseur Christophe Sirugue (indirectement, secrétaire d'État)
Successeur Roland Lescure
(indirectement)
Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances

(1 an, 8 mois et 20 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Ministre Bruno Le Maire
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Delphine Gény-Stephann
Successeur Fonction supprimée
Biographie
Nom de naissance Agnès Runacher
Date de naissance (49 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique EM/LREM/RE (depuis 2016)[1]
TdP (depuis 2020)
Conjoint Nicolas Bays (depuis 2021)
Diplômée de ENA
HEC Paris
Science Po Paris
Profession Cadre d'entreprise
Haute fonctionnaire
Ministres français de l'Énergie

Agnès Pannier-Runacher, née Agnès Runacher le à Paris, est une haute fonctionnaire, cadre d'entreprise et femme politique française.

Le , elle est nommée secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Elle devient ministre déléguée chargée de l'Industrie le , dans le gouvernement Jean Castex.

Le , elle est nommée ministre de la Transition énergétique, dans le gouvernement Élisabeth Borne.

Le 8 février 2024, elle est nommée ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire dans le gouvernement Attal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et famille[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille d'origine marseillaise, Agnès Pannier-Runacher est née à Paris, où elle a grandi[2]. Elle est la fille de Jean-Michel Runacher (né en 1945 à Marseille), ingénieur diplômé de l'École nationale des ponts et chaussées, ancien cadre de la société pétrolière Perenco, et de Renée-Christine Lassave (née en 1946 à Marseille).

Études et formation[modifier | modifier le code]

Après une classe préparatoire à Ipésup, Agnès Runacher sort diplômée d'HEC Paris en 1995 (cursus Grande École)[3],[4]. Élève à Sciences Po Paris, elle intègre l'École nationale d'administration (ENA) au sein de la promotion Averroès (1998-2000). À sa sortie de l'ENA, elle devient inspectrice des finances[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Carrière dans la fonction publique[modifier | modifier le code]

Après avoir passé trois années (avril 2000 à septembre 2003) au sein de l’Inspection générale des finances, Agnès Pannier-Runacher devient directrice de cabinet de Rose-Marie Van Lerberghe directrice générale de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et membre du comité de direction[6]. Elle est spécifiquement chargée de la mise en œuvre du plan hôpital 2007 et assume par ailleurs les fonctions de cabinet et d’audit interne. Elle est également administratrice du SAMU social de Paris et de la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France[7].

En 2006, elle devient directrice adjointe de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), chargée de la stratégie et des finances. Elle est notamment chargée des acquisitions stratégiques, ainsi que du suivi actionnarial des filiales et participations stratégiques de la CDC (Accor, Veolia, Eiffage, Dexia, CNP Assurances, Icade, Transdev…). Elle est ainsi amenée à travailler à la préfiguration du Fonds stratégique d'investissement (FSI). En 2009, elle est nommée directrice exécutive du FSI dès sa création[2].

Carrière en entreprise[modifier | modifier le code]

Agnès Pannier-Runacher rejoint le privé, en décembre 2011, comme directrice de la division « clients recherche et développement » de l'équipementier d'automobiles Faurecia Interior Systems[8] pour des clients comme Tata-Jaguar Land Rover, General Motors Europe et Volvo.

En janvier 2013[9], elle retourne à la Caisse des Dépôts et devient numéro deux[10] de sa filiale la Compagnie des Alpes comme directrice générale déléguée[11],[12].

Elle est également administratrice indépendante et présidente du comité d’audit du groupe de services maritimes, Bourbon, de 2010 à 2018, notamment lors du placement en redressement judiciaire du groupe[13] et de sa mise en examen en tant que personne morale pour « corruption d’agents publics étrangers »[14]. Elle occupe ces mêmes fonctions au sein du groupe en nettoyage et hygiène, Elis, et est membre du conseil consultatif de l'association d'entrepreneuriat social Ashoka France (2017), de la fondation multi-métier Grameen- Crédit Agricole (2017) et du think tank Observatoire de l'immatériel (2018).

Elle met fin à ces mandats lors de sa nomination comme secrétaire d’État, sa rémunération annuelle passe alors de plus de 500 000 euros à 115 000 euros bruts[15].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Elle rejoint En marche en 2016 et fait partie des premiers soutiens d'Emmanuel Macron lors de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2017. Elle confesse une culture politique « presque nulle » avant son engagement pour Emmanuel Macron, qu'elle juge « époustouflant » après l'avoir rencontré en 2007 au sein de l'Inspection générale des finances[15]. Référente du parti pour le 16e arrondissement de Paris, elle fait partie de la commission d'investiture des candidats aux élections législatives[16]. Lors du renouvellement des référents de LREM en 2020 et malgré sa fonction ministérielle, elle propose sa candidature pour le 16e arrondissement, dans le but d'apaiser des querelles internes[17].

Secrétaire d'État[modifier | modifier le code]

Agnès Pannier-Runacher en 2019.

Le , elle est nommée secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, en remplacement de Delphine Gény-Stephann[18]. Par un décret de janvier 2019[19] relatif à la prévention des conflits d'intérêts, elle se déporte de certaines attributions essentiellement non industrielles[20] en raison de son passé de dirigeante d'entreprises privées, de sa présence dans plusieurs conseils d'administration et du poste de son époux chez Engie[21].

Chargée de la reconquête industrielle[22], elle pilote le groupe de travail consacré au volet industriel du pacte productif 2025[23] et estime que, « en matière de transition écologique, l'industrie française n'est pas le problème, c'est la solution ! » car « les industriels s'adaptent à une demande et la demande, c'est nous »[24]. Son portefeuille ministériel comprend également l'artisanat et le commerce ; c'est à ce titre qu'elle a présenté le à Chartres, la Stratégie nationale pour l'artisanat et le commerce de proximité[25]. Elle pilote au ministère de l'Économie et des Finances le processus des enchères pour l'attribution des fréquences 5G, déployées à partir de fin 2020 en France[26]. Elle a piloté l'adoption d'un nouveau Code de la commande publique[27].

Elle est candidate dans le 16e arrondissement de Paris aux élections municipales de 2020[28], en septième position sur la liste LREM[29], qui est battue au second tour avec 23,8 % des voix[30].

Crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19[modifier | modifier le code]

Lors de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19, Agnès Pannier-Runacher est notamment en charge d'organiser et de renforcer la production et l'approvisionnement en matériels à destination du personnel et des établissements de santé (masques sanitaires, respirateurs, sur-blouses, écouvillons, etc.)[31].

Dans l’objectif de construire l’indépendance de la France voulue par le président de la République[32], elle participe à la mise en place et à la structuration d'une filière industrielle française de production de masques de protection[33]. Il s’agit notamment de renforcer les capacités de production des quatre fabricants historiques de masques sanitaires implantés en France (Kolmi-Hopen, Paul Boyé Technologies, Valmy, Macopharma) et de susciter l’entrée de nouveaux acteurs de la filière[34]. La conjugaison de ces actions permet d’augmenter considérablement la capacité de production hebdomadaire nationale. La France passe ainsi d’une production de 3,5 millions de masques chirurgicaux et FFP2 par semaine avant la crise, à une production hebdomadaire de 10 millions de masques en avril 2020[35], pour un objectif de 20 millions de masques par semaine à fin mai[36].

Une production de masques en tissu à filtration garantie est développée avec la filière textile française. Deux nouvelles catégories de masques sont ainsi créées sur la base des recommandations des autorités de santé[37]. Ces masques à usage non sanitaire se distinguent des masques chirurgicaux et FFP2 réservés en priorité aux personnels soignants[38]. À quelques jours du déconfinement, le gouvernement annonce l'approvisionnement de plus de 200 millions de masques par semaine, toutes catégories confondues, un chiffre jugé suffisant par Agnès Pannier-Runacher pour couvrir tous les besoins[39]. La production de masques en tissu s'ajoutant à un recours régulier par les entreprises à l'importation de masques chirurgicaux malgré l'objectif d'indépendance nationale, aboutit finalement à une surproduction de masques en tissu : on estime qu'en juin plus de 40 millions de masques fabriqués en France sont invendus[40]. Face aux accusations de « manque de lucidité » de la part du gouvernement[41], Agnès Pannier-Runacher promet un « plan d'action futur »[42]. Elle confie à Yves Dubief, PDG de la société Tenthorey, et Guillaume Gibault, le fondateur du Slip français, la promotion des masques textile à filtration garantie auprès des entreprises et des collectivités locales[43].

Afin de faire face aux besoins de services de réanimation face l’afflux de patients atteints de formes sévères du coronavirus, elle suscite le consortium composé de quatre industriels (Air liquide, PSA, Schneider et Valeo) qui fabriqueront 10 000 respirateurs en cinquante jours. Soit autant que la production d’Air liquide, seul fabricant national, en trois ans[44], sans toutefois que les respirateurs soient comparables, les respirateurs Air Liquide étant utilisables en réanimation tandis que ceux du consortium sont au standard camionnette SAMU.

Elle refuse en revanche, malgré les appels émanant des oppositions et des syndicats[45], de nationaliser l'usine Luxfer de Gerzat (Puy-de-Dôme), la seule usine de fabrication de bouteilles liquides médicales de l'Union européenne, dont les salariés occupaient le site depuis sa fermeture en 2019 pour exiger la reprise de l'activité[46]. Agnès Pannier-Runacher déclare ne pas voir un intérêt stratégique dans la nationalisation du site[46], tout en reconnaissant qu'Air liquide « préférerait avoir accès à une source d’approvisionnement intracommunautaire »[47]. Elle rappelle que l'État est engagé dans la recherche d'un repreneur, avec notamment un projet industriel relatif à l'hydrogène qui pourrait inclure une « proposition concernant l’oxygène »[47]. Un discours jugé par certains, comme Mediapart, comme étant à rebours des objectifs d'indépendance industrielle de la France, et qui laisse planer le doute sur de possibles interférences qui justifieraient de ménager la maison-mère britannique de l'usine, Luxfer Holdings[48]. Le 7 janvier 2022, elle annonce aux côtés de la région Auvergne-Rhône-Alpes et de Clermont Auvergne Métropole la signature d'un accord[49] pour la reprise de l'activité de Luxfer par le groupe Europlasma[50], avec un potentiel de création de 200 emplois d'ici 2028, soutenu à hauteur de 4,5 millions d'euros par l'État[51].

Agnès Pannier-Runacher réagit aux propos du directeur général de Sanofi, Paul Hudson, selon lequel si Sanofi trouvait un vaccin contre la Covid-19, les États-Unis seraient les premiers servis. Elle juge « inacceptable » qu'il y ait un accès privilégié de tel ou tel pays sous un prétexte pécuniaire[52].

Ministre déléguée chargée de l'Industrie[modifier | modifier le code]

Le , Agnès Pannier-Runacher est nommée ministre déléguée chargée de l'Industrie dans le gouvernement Jean Castex, sous la première présidence d'Emmanuel Macron[53].

Dans le contexte du plan de relance économique relatif à la pandémie de Covid-19, elle présente un plan de soutien à la filière de production d'hydrogène dans le plan de relance économique de la France en [54],[55].

Elle est chargée par Emmanuel Macron de la stratégie française d'achat et de négociation des vaccins contre le Covid-19 au niveau européen[56] et pilote la « task force » française[57]. Elle constitue pour la France aux côtés de l'Allemagne, des Pays-Bas et de l'Italie « l'Alliance inclusive pour le vaccin », afin de négocier les contrats de livraison de vaccins avec les laboratoires les plus avancés[58].

En septembre 2020, Agnès Pannier-Runacher défend le projet de loi d'accélération et de simplification de l'action publique (loi ASAP), qui comporte des mesures de simplification administrative pour les particuliers et de facilitation à l'implantation industrielle des entreprises[59]. Le même mois, elle consacre à l'industrie 35 des 100 milliards d'euros du plan de relance[60], pour soutenir les relocalisations[61], la décarbonation, la modernisation et l'innovation[62],[63].

En mai 2021, elle officialise sa relation avec son chef de cabinet. Conformément à la loi de 2017 pour la confiance dans la vie politique, il est mis fin aux fonctions de ce dernier le 9 mai 2021[64].

Fin 2021, d'après son bilan, une entreprise industrielle sur trois a été soutenue par le plan de relance en France[65], dont 782 projets de relocalisations[66],[67].

Après avoir espéré être tête de liste pour LREM aux élections régionales de 2021 en Île-de-France[68], elle est finalement candidate en dernière position sur la liste de Laurent Pietraszewski dans les Hauts-de-France[69]. La candidature LREM est éliminée dès le premier tour en obtenant 9,13 % des suffrages[70], la liste de Pannier-Runacher dans le Pas-de-Calais en obtenant 8,67 %[71].

Ministre de la Transition énergétique[modifier | modifier le code]

Elle est nommée ministre de la Transition énergétique le , dans le gouvernement Élisabeth Borne, qui précise sa mission : « Sortir la France des énergies fossiles pour être neutre en émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050[72]. » Sa nomination à ce poste fait l'objet de critiques, notamment en raison de sa faible expérience sur les sujets liés à son poste et sur son absence supposée de vision des enjeux globaux[73], ainsi que pour ses liens familiaux très proches avec la société Perenco, le numéro deux français du pétrole[74],[75].

Agnès Pannier-Runacher présente 4 axes de travail : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique dont la rénovation thermique, l’accélération des énergies renouvelables et la relance du nucléaire[76]. Elle met en place un agenda pour réduire de 55 % les émissions de la France d’ici 2030 et propose de construire une politique énergétique qui permettrait de se passer de pétrole, de gaz naturel, de charbon et de lignite par le développement des énergies plus faiblement émettrices, renouvelables (photovoltaïque, éolien marin et terrestre, chaleur biomasse), et nucléaire[77],[78],[79]. Elle affiche la volonté de multiplier par 10 la production photovoltaïque de la France. Pour accélérer le développement de l’éolien et répondre aux obligations de l’Accord de Paris, elle entend lever la « complexité administrative » qui freinerait le déploiement des solutions[80],[81].

Le 4 juillet 2022, elle est reconduite dans ses fonctions ministérielles lors du remaniement[82].

Le 6 octobre 2022, Agnès Pannier-Runacher présente le premier plan de sobriété énergétique, qui mobilise l’État, les grandes collectivités et les grandes entreprises pour réduire de 10 % la consommation d’électricité et de gaz de la France d’ici 2024, un objectif finalement atteint en août 2023[83],[84],[85].

Agnès Pannier-Runacher en tant que ministre de la Transition énergétique en 2023, pendant une conférence de l'AIEA.

En , elle est à l'origine de « l'Alliance du nucléaire en Europe » qui réunit 16 pays européens favorables à la relance de la production d'énergie nucléaire au sein de l’Union européenne pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris et préserver son indépendance énergétique[86]. Avec cette Alliance, Agnès Pannier-Runacher milite pour la neutralité technologique des crédits européens pour le développement des énergies décarbonées, indifféremment renouvelables ou nucléaire, s’attirant les critiques des écologistes et de l’Allemagne[87].

Simultanément, elle fait adopter à l’Assemblée nationale son projet de loi d’accélération de la production d'énergies renouvelables pour le développement de l’éolien terrestre et maritime et du photovoltaïque[88].

En , elle détaille les responsabilités des acteurs du nucléaire français : la recherche et la sûreté pour le CEA, EDF pour les infrastructures, Framatome et Orano pour le minerai, le Gifen pour le pilotage sectoriel et la nomination d’un nouveau délégué interministériel pour la coordination du nouveau programme. Elle défend à cette occasion la prolongation de la durée de vie des centrales jusqu’à 50 puis 60 ans, la construction de plus de 14 nouveaux réacteurs nucléaires et la formation de 100 000 personnes pour faire face aux besoins du secteur[89]. Elle est chargée de la réforme contestée de la sûreté nucléaire avec la fusion de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)[90].

Elle organise simultanément la relocalisation au Creusot de la fabrication des cuves nucléaires par Framatome[91].

En avril 2023, elle fait adopter la loi d’accélération du nucléaire et critique la décision de l’Allemagne de fermer ses trois dernières centrales nucléaires pointant une responsabilité européenne collective dans les trajectoires d’émissions de CO2[92],[93].

En mai 2023, Agnès Pannier-Runacher met en garde contre le « mur énergétique » qui attend la France dès 2030 et constitue des groupes de travail transpartisans pour préparer la Loi de programmation énergie climat[94],[95],[96].

En août 2023, elle appelle les écologistes à réaliser leur aggiornamento sur le nucléaire, « l’une des énergies les moins carbonées au monde »[97]. Elle exprime la volonté d’augmenter la production électrique nucléaire française de 30 % d’ici 2030.

Le 17 octobre 2023, Agnès Pannier-Runacher annonce un accord des 27 États membre de l’Union européenne sur la réforme du marché européen de l’électricité pour rendre les prix plus stables et moins dépendants des énergies fossiles, accord « inimaginable il y a seulement quelques années » selon les mots de son homologue Teresa Ribera Rodríguez, ministre de la Transition écologique espagnole. Autorisant l’usage des crédits de financement européen pour le nucléaire au même titre que pour les énergies renouvelables, l’accord est présenté comme « une grande victoire française » qui permettra à EDF de développer les 6 nouveaux réacteurs nucléaires EPR voulus par la France[98].

En décembre 2023, elle mène la délégation française à la COP 28 de Dubaï[99].

En janvier 2024, Agnès Pannier-Runacher présente son projet de loi de souveraineté énergétique qui consacre « le choix durable du recours à l’énergie nucléaire »[100].

Ministre déléguée[modifier | modifier le code]

Depuis le 8 février 2024, dans le nouveau gouvernement de Gabriel Attal, elle est nommée ministre déléguée auprès du ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire[101]. Dans une équipe gouvernementale complétée, la nouvelle ministre déléguée vient en renfort auprès de Marc Fesneau. Elle doit notamment épauler le ministre sur des thématiques forestières, mais elle ne reçoit aucune attribution propre[102].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 2001, elle épouse Marc Pannier (condisciple à l'ENA[103]), inspecteur des finances et actuellement président du conseil d'administration de Engie Global Markets, entité du groupe Engie. Le couple a trois enfants[104],[105],[75]. Ils divorcent en 2022[106].

Elle partage la vie de Nicolas Bays depuis mai 2021. Le couple est domicilié à Lens[107].

Controverses[modifier | modifier le code]

Pandémie de Covid-19[modifier | modifier le code]

Le 13 avril 2020, dans le contexte de crise financière, elle estime qu'il « faudra probablement travailler plus qu'on ne l'a fait avant » pour « rattraper ce mois perdu », se faisant ainsi l'écho de déclarations de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef[108]. Ces déclarations sont vivement critiquées par les syndicats (CFDT, CGT, FO) et les oppositions[109], Laurent Berger jugeant par exemple « grossier de dire aux gens qu'ils devront travailler plus alors qu'on ne sait même pas s'ils auront un boulot demain »[110].

Accusations de pressions sur des parlementaires[modifier | modifier le code]

En octobre 2020, elle est accusée par plusieurs présidents de groupes parlementaires de gauche (Valérie Rabault du PS, Jean-Luc Mélenchon de LFI et André Chassaigne du PCF) de « pressions graves et inacceptables » sur des députés, dans le but de les dissuader de déposer un recours au Conseil constitutionnel sur le projet de loi ASAP[111], un texte discuté en procédure accélérée et accusé de contenir des cavaliers législatifs[112],[113]. Dans sa décision no 2020-807 DC du 3 décembre 2020, le Conseil constitutionnel valide la loi ASAP[114] et les mesures qui avaient fait l'objet du recours. La loi entre en vigueur le 7 décembre 2020.

Accusations contre Jean-Michel Runacher[modifier | modifier le code]

En novembre 2022, une enquête du site d'information Disclose et Investigate Europe[74],[75]révèle que le père de la ministre, Jean-Michel Runacher, ancien dirigeant de Perenco, a créé en 2016 la société Arjunem[115] pour transmettre une partie de son patrimoine à ses petits-enfants, alors âgés de 13 ans, 10 ans et 5 ans.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) réagit et précise que « l'absence d'obligation déclarative ne dispense pas le responsable public de veiller à prévenir et faire cesser les situations de conflits d'intérêts qui naîtraient d'autres intérêts indirects détenus, tels que l'activité des enfants ou d'autres membres de la famille ».

Pour prévenir tout conflit d’intérêts, Agnès Pannier-Runacher se déporte de tout dossier lié au groupe Perenco et les attributions correspondantes sont exercées par la Première ministre Élisabeth Borne (décret publié le 15 novembre 2022 au Journal officiel)[116],[117],[115].

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Décorations officielles[modifier | modifier le code]

Prix satiriques[modifier | modifier le code]

  • Casserole d'or de l'association de lutte contre la corruption Anticor en 2021[120].

Autres[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

En janvier 2022, elle publie avec Élisabeth Moreno, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, un livre qui contient vingt propositions[121] Femmes, Ministres et Féministes. Notre combat pour l’égalité réelle, aux éditions Point d'Orgue[122],[123]. Elles militent pour que le secteur du nettoyage cesse d’imposer aux femmes des horaires décalés pour le nettoyage des bureaux, une prime à l’embauche des femmes de plus de 45 ans ou l’émancipation par l’éducation[124].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. a et b Cardoni, Carré de Malberg, Margairaz et al. 2012, p. 855-856.
  3. « HEC Alumni », sur hecalumni.fr (consulté le ).
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  5. « Agnès Pannier-Runacher - Biographie », sur economie.gouv.fr (consulté le ).
  6. « Agnès Pannier-Runacher », sur lesechos.fr, (consulté le )
  7. « Agnès Pannier-Runacher », sur Gouvernement.fr (consulté le )
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  9. AFP, « Agnès Pannier-Runacher, directrice générale déléguée de la Compagnie des Alpes, nommée secrétaire d’État à Ber », sur francetvinfo.fr, (consulté le ).
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  14. Antton Rouget, « Corruption et endettement: l’armateur Bourbon dans la tempête, une secrétaire d’État dans le brouillard », sur Mediapart (consulté le ).
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  22. Anne-Sophié Bellaiche, « Les défis d'Agnès Pannier-Runacher, capitaine de la reconquête industrielle - Industrie », L'Usine Nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le )
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Pannier-Runacher Agnès Charlotte Jeanne », dans Fabien Cardoni, Nathalie Carré de Malberg et Michel Margairaz (dir.), Dictionnaire historique des inspecteurs des finances (1801-2009) : dictionnaire biographique et thématique, Paris, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, coll. « Histoire économique et financière de la France », (ISBN 978-2-11-097521-8), p. 855-856.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]