Gabriel Attal

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Gabriel Attal
Illustration.
Gabriel Attal en 2017.
Fonctions
Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse
En fonction depuis le
(10 mois et 2 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Fonction créée
Porte-parole de La République en marche
En fonction depuis le
(1 an, 7 mois et 14 jours)
Prédécesseur Benjamin Griveaux
Député français

(1 an, 4 mois et 26 jours)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 10e des Hauts-de-Seine
Législature XVe
Groupe politique LREM
Prédécesseur André Santini
Successeur Florence Provendier
Biographie
Date de naissance (30 ans)
Lieu de naissance Clamart (France)
Nationalité Français
Parti politique PS (2006-2016)
EM/LREM (depuis 2016)
Diplômé de IEP de Paris

Gabriel Attal, né le à Clamart, est un homme politique français.

Militant au Parti socialiste de 2006 à 2016, il est membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine de 2012 à 2017 et conseiller municipal de Vanves depuis 2014.

Après avoir rejoint La République en marche (LREM) à sa création, il est élu député en 2017 dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine. À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation, où il officie comme coordinateur (« whip ») du groupe LREM. Il est également rapporteur du projet de loi relative à l'orientation et la réussite des étudiants.

Il est par ailleurs porte-parole de LREM de janvier à octobre 2018.

Le , il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Philippe II, devenant ainsi le plus jeune membre d'un gouvernement sous la Ve République.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études, militantisme au PS puis à En marche, conseiller ministériel[modifier | modifier le code]

Gabriel Attal est né le [1] à Clamart. Il grandit dans les 13e et 14e arrondissements de Paris auprès de ses trois sœurs. Son père, Yves Attal, est avocat puis producteur de cinéma[2],[3],[4] et sa mère, salariée d’une société de production[5]. Juste avant de rejoindre Sciences Po[6], il ajoute comme nom d’usage au patronyme de son père le nom de jeune fille de sa mère : Gabriel Attal de Couriss[7].

Selon une de ses proches, sa vocation politique naît lorsque ses parents l'emmènent à une manifestation contre la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l'élection présidentielle de 2002[5].

Il étudie à l'École alsacienne[2]. Il indique avoir participé en 2006 au mouvement contre le contrat première embauche[2]. Il rejoint le Parti socialiste (PS) en 2006 pour soutenir la candidature de Ségolène Royal à l'élection présidentielle de 2007[8]. Le Monde le situe, dès son adhésion, « dans le sillage de cette « deuxième gauche » pour qui l’entreprise et le libéralisme ne sont pas des gros mots, tout en ayant des convictions humanistes assumées »[9]. Il indique quant à lui avoir « adhéré au PS en étant dans la mouvance de Dominique Strauss-Kahn »[9].

De 2007 à 2013, il est étudiant à Sciences Po Paris. À son arrivée, il rejoint le comité de soutien à Íngrid Betancourt et coordonne des actions en soutien à l’otage franco-colombienne détenue par les FARC[10],[11]. Il postule en vain au poste de secrétaire de section du Parti socialiste[12],[13], avant de créer une liste pour le bureau des étudiants (BDE) essentiellement chargée de l'organisation de soirées étudiantes[14]. Il y obtient le diplôme du collège universitaire et un master en affaires publiques, et suit également une licence de droit à l'Université Panthéon-Assas[15]. En 2009-2010, il effectue une mission auprès d'Éric de Chassey, directeur de la Villa Médicis[16].

Après un stage à l'Assemblée nationale française auprès de Marisol Touraine pendant la campagne présidentielle, Gabriel Attal entre en 2012 dans le cabinet de la ministre de la Santé[17], avec l'aide de Benjamin Griveaux[18], lui aussi membre du cabinet, dont il est l'adjoint[9],[2]. Il devient ainsi le plus jeune conseiller ministériel du quinquennat[2]. Jusqu'en 2017, il travaille au cabinet comme préposé aux discours, puis comme conseiller politique après le départ de Benjamin Griveaux[19],[20].

Cinquième sur la liste PS aux élections municipales de 2014, Gabriel Attal devient l'un des quatre conseillers municipaux PS de Vanves et prend la tête de l'opposition, après la démission de la tête de liste socialiste[21],[22].

En 2016, il adhère à En marche, devenu La République en marche (LREM), dès la création du mouvement[22] et quitte le PS, selon les sources lorsqu'Emmanuel Macron déclare sa candidature à l'élection présidentielle de 2017[23] ou après avoir obtenu l'investiture LREM pour les élections législatives de 2017[2]. Il déclare avoir été déçu par l'opposition de certains élus PS à la loi Macron, notamment à propos du travail du dimanche[22],[9]. Selon Libération, il est « heurté par le raidissement de Manuel Valls sur les questions d’identité et d’immigration »[20].

Député de la XVe législature[modifier | modifier le code]

Élection[modifier | modifier le code]

Il est élu député en dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine (60,94 % des voix et un taux d'abstention de 51,82 %)[24] face au successeur désigné d'André Santini, Jérémy Coste, au général Bertrand Soubelet et à l'humoriste Gérald Dahan[19].

Porte-parole de la majorité dans les médias[modifier | modifier le code]

Le Monde indique en qu'il fait partie d'une petite dizaine de députés qui forment « la garde avancée d'Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les médias. Des janissaires dévoués corps et âme au chef de l'État, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu’à lui[25]. » Il est également proche de Christophe Castaner[26] et de Stéphane Séjourné[27].

Il est rapidement considéré comme le député de la majorité le plus talentueux, avec Amélie de Montchalin : Le Monde indique qu'il y est parvenu « grâce à son sens politique et à son aisance à l’oral. Et surtout, en profitant du vide. Alors que beaucoup de ses collègues du groupe LRM, composé à majorité de novices, n’osaient pas prendre la parole en public au début de la législature, lui a très vite crevé l’écran en défendant l’action d’Emmanuel Macron avec un aplomb et une facilité déconcertants pour son jeune âge »[9]. Libération relève qu'il « est invité partout, des matinales de radio à l’émission On n'est pas couché, reléguant les autres porte-parole de LREM au rang de figurants », et « l’un des seuls à monter au feu cet été [en 2018] pour défendre Emmanuel Macron et l’Elysée en pleine affaire Benalla, gagnant du même coup de nouveaux galons »[20]. Il bénéficie d’un accès privilégié au palais de l'Élysée, qui lui fournit les éléments de langage en vue de ses passages dans les médias[9].

Il est porte-parole de LREM de janvier à octobre 2018[28],[29]. Sa maison de famille fait par ailleurs office de « petit carrefour de la majorité »[20].

En avril 2018, à la veille du mouvement social contre la réforme de la SNCF, sa dénonciation de « la gréviculture » fait polémique[2],[9]. En mai 2018, il prend cependant ses distances avec les propos polémiques du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, selon lesquels les migrants font du « benchmarking » en comparant les pays européens[9].

En septembre 2018, après l'élection de Richard Ferrand à la présidence de l'Assemblée nationale, il se porte candidat pour lui succéder à la présidence du groupe LREM[30], mais annonce le retrait de sa candidature la veille du scrutin alors qu'il était considéré comme l'un des trois favoris pour l'emporter[31].

Travaux législatifs[modifier | modifier le code]

À l'Assemblée nationale, il est membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation, au sein de laquelle il officie comme coordinateur du groupe La République en marche[32].

Après six mois de législature, il est le 31e député le plus actif selon le classement établi par Capital, classement qualifié de « prime aux bavards » par le président du groupe La République en marche[33],[34] et dénoncé par Gabriel Attal lui-même qui affirme qu'il est favorisé car il a signé des amendements alors que ses collègues de LREM ont travaillé autant que lui à leur préparation[35]. Au même moment, Ouest-France relève que « selon le site Nosdéputés.fr qui scrute l’activité des députés, Gabriel Attal est l’un des élus les plus actifs (127 interventions en commission ce qui le classe parmi les vingt premiers) »[22].

En décembre 2017, il est nommé rapporteur du projet de loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants[36],[37]. Le Monde indique que l'examen du texte « lui a permis de se distinguer par sa capacité à ferrailler avec l’opposition dans l’Hémicycle, en particulier avec La France insoumise (LFI), qu’il cible prioritairement dans ses prises de position »[9]. Il suscite la polémique en qualifiant les étudiants opposés à la réforme de « bobos égoïstes »[2]. En , il travaille à la réforme de l'audiovisuel public au sein d'un groupe de travail constitué à l'Assemblée[38].

Secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale[modifier | modifier le code]

Gabriel Attal au Festival d'Angoulême 2019.

Le , il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. À 29 ans, il est le plus jeune membre d'un gouvernement sous la Ve République, battant de quelques mois le record établi par François Baroin en 1995[39]. Il est notamment chargé d'intervenir sur les dossiers de la jeunesse et la mise en place du service national universel[9], jusque-là sous la responsabilité de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées[40].

Le 29 novembre 2018, il annonce des mesures concernant le monde associatif. En matière de philanthropie, il déclare vouloir engager des réformes afin de favoriser les legs vers l'associatif afin que le légataire ne soit pas forcément contraint de reverser la majorité de sa fortune à ses enfants[41].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En décembre 2018, il fait publiquement part de son homosexualité, puis confie en avril 2019 son désir d'enfant via une GPA « éthique », si la procédure devenait légale[42],[43].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « INFOGRAPHIES. Législatives : l'Assemblée prend un coup de jeune historique avec l'arrivée de 28 députés vingtenaires », sur France Info, (consulté le 19 juin 2017).
  2. a b c d e f g et h Laurent Telo, « Du Parti socialiste à La République en marche, la mue fulgurante de Gabriel Attal », M, le magazine du Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 15 octobre 2018).
  3. Paris Match, « Gabriel Attal, l’homme pressé », sur parismatch.com (consulté le 15 décembre 2018)
  4. « Gabriel Attal : un vingtenaire débarque dans le gouvernement », sur start.lesechos.fr (consulté le 15 décembre 2018)
  5. a et b « Qui est Gabriel Attal, le plus jeune membre d'un gouvernement de la Ve République? », sur www.20minutes.fr (consulté le 16 octobre 2018)
  6. https://www.sciences-po.asso.fr/profil/gabriel.attaldecouriss13
  7. Juan Branco, Crépuscule, Au Diable vauvert-Massot Editions, , 312 p. (ISBN 9791030702606), p. 99
  8. « De nouveaux visages dans le paysage politique de Vanves : Gabriel Attal (PS) conseiller parlementaire », (consulté le 19 juin 2017).
  9. a b c d e f g h i et j Alexandre Lemarié, « Gabriel Attal, secrétaire d’Etat auprès de Blanquer », sur lemonde.fr, (consulté le 16 octobre 2018).
  10. Jean-Pierre Largillet, « Le fils d'Ingrid Betancourt à la rencontre des Niçois samedi », sur WebTimeMedias, (consulté le 16 août 2018).
  11. Bruno Jeudy, « Gabriel Attal : "Le jour où je rencontre Ingrid Betancourt à l'aéroport de Villacoublay" », Paris Match, semaine du 16 au 22 août 2018, p. 107.
  12. Section socialiste de Sciences-Po, « Profession de foi de Gabriel, candidat à l'élection de secrétaire de section », sur Blog des socialistes de Sciences Po (consulté le 2 avril 2018).
  13. Section socialiste de Sciences-Po (A laquelle il échoue), « Élections du secrétaire de section - Résultats », sur Blog des socialistes de Sciences Po (consulté le 2 avril 2018).
  14. « Élection BDE 4/4 – Tabula Rasa : des insatisfaits pour mieux rénover ? », sur La Péniche (consulté le 19 septembre 2017).
  15. « Gabriel Attal, nouvelle icône de la gauche moderne », sur Cafebabel (consulté le 21 juin 2017).
  16. « Qui est Gabriel Attal, le futur porte-parole de la République en marche ? »
  17. « Six relais du macronisme à l'Assemblée », sur Libération, (consulté le 24 juin 2017).
  18. Nathalie Raulin, « Six relais du macronisme à l'Assemblée », sur liberation.fr, (consulté le 2 avril 2018).
  19. a et b « Qui est Gabriel Attal, votre député (LREM) d'Issy-Vanves », sur Le Parisien, (consulté le 19 juin 2017).
  20. a b c et d Laure Bretton, « Gabriel Attal, la météorite récompensée », sur liberation.fr, (consulté le 31 mars 2019).
  21. « Conseiller de Marisol Touraine... et dans l'opposition locale », leparisien.fr,‎ 2014-04-08cest07:00:00+02:00 (lire en ligne, consulté le 2 avril 2018).
  22. a b c et d Pierrick Baudais, « Qui est Gabriel Attal, le futur porte-parole de la République en marche ? », sur ouest-france.fr, (consulté le 20 juillet 2018).
  23. Martine Bréson, « Législatives 2017 : qui est Gabriel Attal le nouveau député REM des Hauts-de-Seine ? », sur francebleu.fr, (consulté le 16 octobre 2018).
  24. « Résultats Législatives 2017 - Hauts-de-Seine - 10ème circonscription des Hauts-de-Seine - Gabriel ATTAL élu au 2nd tour des élections législatives », sur Le Monde.fr (consulté le 9 octobre 2018)
  25. Cédric Pietralunga et Alexandre Lemarié, « Les snipers de la Macronie », sur Le Monde, (consulté le 24 octobre 2017).
  26. Yann Guégan et Diane de Fortanier, « Les tribus du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale », sur contexte.com, (consulté le 26 décembre 2017).
  27. AFP, « Gabriel Attal, jeune loup de la macronie et benjamin du gouvernement », sur lepoint.fr, (consulté le 9 décembre 2018).
  28. « « Un honneur » : le député Gabriel Attal sera le porte-parole de LREM », sur France Info, .
  29. Cyrielle Cabot avec AFP, « La République en Marche réorganise sa structure interne », sur bfmtv.com, (consulté le 2 avril 2019).
  30. Alexandre Lemarié, « Quatre candidats pour la tête du groupe LRM à l’Assemblée nationale », sur lemonde.fr, (consulté le 12 septembre 2018).
  31. « Présidence du groupe LaREM à l'Assemblée : Attal et Bonnell jettent l'éponge », FIGARO,‎ (lire en ligne, consulté le 18 septembre 2018)
  32. « Les whips, ces députés LREM de l'ombre au rôle stratégique », sur L'Opinion, (consulté le 20 septembre 2017).
  33. « Les députés d'En marche, cancres de l'Assemblée... Notre classement », sur Capital, (consulté le 22 décembre 2017).
  34. « Les députés macronistes s'indignent des classements de parlementaires », sur Le Monde (consulté le 3 mars 2018).
  35. Gabriel Gabriel, « Mauvais critères= mauvais classement. Il favorise les députés d'opposition qui font de l'obstruction et les députés majoritaires qui ont pu être rapporteur d'un texte (c'est mon cas). Les amendements qu'on a signés ont été préparés avec nos collègues du groupe La République en marche qui bossent autant que nous », sur Twitter, (consulté le 8 mars 2018).
  36. « Gabriel Attal : « Il faudra être très vigilant sur la rentrée 2018 à l'université » », sur Le Monde (consulté le 7 décembre 2017).
  37. Bruno Jeudy, « Gabriel Attal, la voix des « Marcheurs » », Paris Match,‎ , p. 23 (lire en ligne).
  38. « Audiovisuel public : un groupe de travail à l'Assemblée nationale début janvier », sur CB News (consulté le 8 mars 2018).
  39. « Gabriel Attal, plus jeune ministre de la République », L'Express,‎ (lire en ligne).
  40. Alain Barluet, « Les militaires soulagés par une participation a minima », Le Figaro, 27-28 octobre 2018, p. 3.
  41. « Gabriel Attal : « Il faut que les grandes fortunes françaises puissent léguer leur argent à des œuvres » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 30 novembre 2018)
  42. Quentin Girard, « Gabriel Attal, de ses propres zèles », Libération,‎ (lire en ligne).
  43. « Gabriel Attal, jeune secrétaire d’État, évoque son homosexualité et son désir de paternité - Gala », sur Gala.fr, (consulté le 16 août 2019)

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