Jean-Paul Delevoye

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Jean-Paul Delevoye
Illustration.
Jean-Paul Delevoye en 2011.
Fonctions
Haut-commissaire aux Retraites
En fonction depuis le
(15 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe II
Haut-commissaire à la réforme des retraites

(1 an, 11 mois et 20 jours)
Président du Conseil économique,
social et environnemental

(5 ans, 1 mois et 15 jours)
Élection
Prédécesseur Jacques Dermagne
Successeur Patrick Bernasconi
Médiateur de la République

(7 ans, 2 mois et 9 jours)
Prédécesseur Bernard Stasi
Successeur Dominique Baudis
(Défenseur des droits)
Ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l'État et de l'Aménagement
du territoire

(1 an, 10 mois et 23 jours)
Président Jacques Chirac
Gouvernement Jean-Pierre Raffarin I et II
Prédécesseur Michel Sapin (Fonction publique)
Yves Cochet (Aménagement du territoire)
Successeur Renaud Dutreil (Fonction publique)
Gilles de Robien (Aménagement du territoire)
Sénateur du Pas-de-Calais

(9 ans, 8 mois et 11 jours)
Élection 27 septembre 1992
Réélection 23 septembre 2001
Prédécesseur André Delelis
Successeur Brigitte Bout
Président de l'Association des maires de France

(10 ans)
Prédécesseur Michel Giraud
Successeur Daniel Hoeffel
Député du Pas-de-Calais

(2 ans, 1 mois et 28 jours)
Élection 16 mars 1986
Législature IXe (Cinquième République)
Maire de Bapaume

(10 ans et 5 jours)
Réélection 9 mars 2008
Prédécesseur Anne Duez
Successeur Jean-Jacques Cottel

(19 ans, 11 mois et 8 jours)
Prédécesseur Henri Guidet
Successeur Anne Duez
Conseiller général du Pas-de-Calais
Elu dans le canton de Bapaume

(20 ans, 5 mois et 24 jours)
Prédécesseur Henri Guidet
Successeur Jean-Jacques Cottel
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Bapaume (Pas-de-Calais)
Nationalité Française
Parti politique RPR (jusqu'en 2002)
UMP (2002-2013)
EM/REM (depuis 2017)
Profession Directeur de société

Jean-Paul Delevoye, né le à Bapaume (Pas-de-Calais), est un homme politique français.

Il est successivement membre du RPR, de l'UMP et de La République en marche. Ancien parlementaire, ministre, médiateur de la République, il a été maire de Bapaume et président de la Communauté de communes du Sud-Artois jusqu'en 2014. De 2010 à 2015, il préside le Conseil économique, social et environnemental. Le , il est désigné Haut-commissaire à la réforme des retraites auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn. Deux ans plus tard, le , il entre au gouvernement d'Édouard Philippe en tant que Haut-commissaire aux retraites[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Quelques années avant Emmanuel Macron, il étudie au lycée jésuite La Providence, à Amiens, puis intègre l'Institut supérieur d'agriculture de Lille, duquel il est exclu pour insubordination[2],[3] : « La croyance sans discussion est une faiblesse individuelle autant qu'un opium collectif. La religion doit faire grandir les personnes et non pas les conduire à être esclaves des pouvoirs ».

Ancien directeur de sociétés agroalimentaires, il est conseiller municipal d’Avesnes-lès-Bapaume à partir de 1974. Henri Guidet, maire de Bapaume jusqu'à sa mort en 1982, lui propose de lui succéder. Jean-Paul Delevoye administre la commune de 1982 à 2002 et de 2004 à 2014. Il est également conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais, président de la Communauté de communes de la région de Bapaume, élargie à la Communauté de communes du Sud Artois à partir de 2013 et président de l'Association des maires de France (1992-2002).

Il est député du Pas-de-Calais de 1986 à 1988. Sénateur de 1992 à 2002, président du groupe des sénateurs-maires, il dirige le rapport « Cohésion sociale et Territoire » pour le commissariat au plan en 1999. Il préside la mission sénatoriale d’information chargée de dresser le bilan de la décentralisation et de proposer les améliorations de nature à faciliter l’exercice des compétences locales en 1999-2000. Il conduit également le groupe d’étude sur la responsabilité pénale des décideurs publics au ministère de la justice. En 1998, il participe à l’étude « Pour une approche globale du temps de l’enfant : l’expérimentation des rythmes scolaires ».

Soutenu par l'Élysée, il brigue en la présidence du RPR, mais il est battu par Michèle Alliot-Marie, qui recueille 62,7 % des voix des militants au second tour[4]. Il intègre l'UMP en 2002.

De 2002 à 2004, il est ministre de la Fonction publique, de l'Aménagement du territoire et de la Réforme de l'État dans les deux premiers gouvernements Jean-Pierre Raffarin. Il engage notamment la reforme de l’ENA et celle de la retraite des fonctionnaires.

De 2004 à 2011, il est le médiateur de la République ; cette fonction est remplacée à compter du par celle de Défenseur des droits, à la suite de la réforme constitutionnelle de 2008. De 2010 à 2015, il préside le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

En , il annonce son intention de ne pas se représenter à la mairie de Bapaume[5],[6]. Il apporte son soutien au candidat PS Jean-Jacques Cottel pour lui succéder, ce qui entraîne son départ de l'UMP[7],[8].

Il soutient Emmanuel Macron pour l'élection présidentielle de 2017 et a été choisi pour présider la commission d’investiture pour les législatives 2017 du parti La République en marche ![9].

Le 14 septembre 2017, il est nommé en conseil des ministres haut-commissaire à la réforme des retraites[10]. Il organise et supervise une consultation citoyenne autour de ce thème, dont il prévoit la matérialisation en un projet de loi pour courant 2019[11].

Suite à des déclarations d'élus LREM remettant en cause l'âge légal de 62 ans pour le départ à la retraite, Jean-Paul Delevoye menace le 2 avril 2019 de démissionner en cas de recul sur cet acquis social[12],[13],[14],[15].

Le 3 septembre 2019, près de deux ans après avoir été nommé haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye est nommé haut-commissaire aux retraites, délégué auprès de Mme Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Il est ministre et participe ainsi au conseil des ministres. Il devient aussi le doyen gouvernement Philippe[1].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il a trois enfants et douze petits enfants[16].

Polémiques[modifier | modifier le code]

En 2013, le CESE commande un rapport pour évaluer le management du CESE après cinq années de présidence de Jean-Paul Delevoye : il est très critique, pointant du doigt une « crise de modernisation », une « augmentation du stress et des facteurs anxiogènes », une « dévalorisation des agents », une « confusion des missions et des moyens » ou encore une suspicion de conflits d'intérêts. Le rapport, d'un coût de 30 000 euros et qui devait être publié en 2014 est finalement enterré, à la demande de Jean-Paul Delevoye selon le cabinet d'expertise[17].

Sous la présidence de Jean-Paul Delevoye, le CESE a considéré « irrecevable sur le fond » la pétition de près de 700 000 personnes organisée par La Manif pour tous et présentée par Philippe Brillaut, maire du Chesnay en février 2013, selon l'argument qu'elle contiendrait une demande « anticonstitutionnelle » au CESE de donner son avis sur le projet de loi contesté[18],[19]. Cette délibération du CESE est annulée par un jugement du 30 juin 2014 du tribunal administratif de Paris[20]. Ce jugement est toutefois annulé le 15 septembre 2017 par le Conseil d'État, au motif « que, si le CESE peut être régulièrement saisi par voie de pétition d’une question à caractère économique, social ou environnemental alors même qu’un projet de loi qui n’est pas sans lien avec celle-ci est soumis au Parlement, il ne peut être saisi aux fins de donner un avis sur un projet de loi que par le Gouvernement. »[21].

À la suite de la défection de Chantal Jouanno pour conduire le grand débat national organisé pour sortir de la crise des Gilets jaunes, Jean-Paul Delevoye est pressenti pour la remplacer[22]. Cette éventualité, comme les modalités envisagées pour ce débat, est accueillie avec scepticisme[23],[24].

Le 10 septembre 2019, La Lettre A rapporte que le haut-commissaire aux retraites cumule son salaire mensuel de 10 135 euros bruts avec ses pensions de retraite du régime général, exceptée celle d'ancien parlementaire. La loi n'interdit pas cette double rémunération[25],[26].

Décorations[modifier | modifier le code]

Anciens mandats[modifier | modifier le code]

Assemblée nationale
  • Député du Pas-de-Calais (1986-1988)
Sénat
  • Sénateur du Pas-de-Calais (octobre 1992-mai 2002)
Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais
  • Conseiller régional (1986-1992)
Conseil général du Pas-de-Calais
  • Conseiller général du canton de Bapaume (1980-2001)
Communauté de communes de la région de Bapaume
  • Président (1992-2013)
Commune de Bapaume
  • Maire (1982-2002 et 2004-2014)
Communauté de communes du Sud Artois
  • Président (2013-2014)


Autres fonctions exercées[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Reprenons-nous !, Tallandier
  • Le Guide du bon sens, éditions du Cherche Midi

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « INFO FRANCEINFO. Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye et le député Jean-Baptiste Djebbari entrent au gouvernement », sur Franceinfo, (consulté le 3 septembre 2019)
  2. Jean-Paul Delevoye, vigie de la République. Jean-Paul Delevoye, vigie de la République. MARIE BOËTON, La croix, 02 mai 2010. https://www.la-croix.com/Archives/2010-05-02/Jean-Paul-Delevoye-vigie-de-la-Republique.-Jean-Paul-Delevoye-vigie-de-la-Republique-_NP_-2010-05-02-369883
  3. Sébastien Billard, « 10 choses à savoir sur Jean-Paul Delevoye, le M. Retraites de Macron », sur https://www.nouvelobs.com, (consulté le 18 septembre 2019)
  4. Présidence du RPR : ainsi soit-elle. Alliot-Marie l'emporte avec 62,7% des voix devant Delevoye., Libération, 6 décembre 1999.
  5. Municipales à Bapaume : « Soit Jean-Paul Delevoye soutient la liste UMP, soit il quitte l’UMP », La Voix du Nord, 14 octobre 2013.
  6. L’UMP va tenter de contrecarrer l’arrivée du député socialiste Jean-Jacques Cottel à Bapaume, La Voix du Nord, 31 octobre 2013.
  7. « Municipales : le président du CESE, l’ancien ministre UMP Jean-Paul Delevoye, quitte l’UMP pour son soutien à un candidat PS - Le Lab Europe 1 »
  8. À Bapaume, la rupture entre Delevoye et l'UMP est consommée, Le Figaro, 1er novembre 2013.
  9. Michel VERON, « Législatives 2017 : l'ancien ministre chiraquien, Jean-Paul Delevoye, présidera la commission d’investiture d’En Marche », LCI,
  10. « Le gouvernement donne le coup d'envoi de la sensible réforme des retraites », challenges.fr, 14 septembre 2017.
  11. La-Croix.com, « Retraites, les Français en demande d’équité », sur La Croix, (consulté le 19 décembre 2018)
  12. BFM BUSINESS, « Réforme des retraites : Jean-Paul Delevoye menace de démissionner », sur BFM BUSINESS (consulté le 3 avril 2019)
  13. « Delevoye menace de démissionner si l'âge de départ à la retraite est reculé », sur www.leprogres.fr (consulté le 3 avril 2019)
  14. « Retraites : si l’âge minimum de départ est modifié, Jean-Paul Delevoye démissionnera », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne, consulté le 3 avril 2019)
  15. « Delevoye prêt à démissionner si l'âge de départ à la retraite est décalé », sur FIGARO, (consulté le 3 avril 2019)
  16. Mariana Grépinet, « Jean-Paul Delevoye : l'homme derrière la réforme des retraites », Paris Match, semaine du 17 au 23 mai 2018, p. 38.
  17. « Ce rapport explosif discrètement enterré qui accable un proche d'Emmanuel Macron », atlantico.fr, 3 mai 2017.
  18. « Les anti-mariage gay déposent 700 000 signatures au Conseil économique et social », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 12 janvier 2019)
  19. « CESE : », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 12 janvier 2019)
  20. La-Croix.com, « Le juge administratif donne raison à la Manif pour tous », sur La Croix, (consulté le 12 janvier 2019)
  21. « Le CESE pouvait refuser la pétition de la « Manif pour tous » - Administratif | Dalloz Actualité », sur www.dalloz-actualite.fr (consulté le 18 juillet 2019)
  22. « Jean-Paul Delevoye poussé à conduire le grand débat », sur FIGARO, (consulté le 12 janvier 2019)
  23. « Grand débat national : les Français ne croient pas à son utilité », sur midilibre.fr (consulté le 12 janvier 2019)
  24. Ludovine de La Rochère, « Ludovine de La Rochère : « Si Emmanuel Macron osait nommer Jean-Paul Delevoye, ce serait une provocation ! » », sur Boulevard Voltaire, (consulté le 12 janvier 2019)
  25. « Au gouvernement, Jean-Paul Delevoye cumule salaire et pensions de retraite », sur LExpress.fr, (consulté le 11 septembre 2019)
  26. « Au gouvernement, Jean-Paul Delevoye va cumuler sa retraite et son salaire », sur La Lettre A, (consulté le 12 septembre 2019)
  27. « décret du 13 juillet 2015 »

Liens externes[modifier | modifier le code]