Bruno Le Maire

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Bruno Le Maire
Bruno Le Maire en 2014
Bruno Le Maire en 2014
Fonctions
Député de la 1re circonscription de l'Eure
En fonction depuis le
(4 ans 1 mois et 6 jours)
Élection
Législature XIVe
Prédécesseur Guy Lefrand

(1 an 6 mois et 24 jours)
Élection
Législature XIIIe
Prédécesseur Françoise Charpentier
Successeur Guy Lefrand
Conseiller régional de Haute-Normandie

(5 ans 9 mois et 13 jours)
Élection 21 mars 2010
Président Alain Le Vern
Ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation,
de la Pêche, de la Ruralité et
de l'Aménagement du territoire
[1]

(2 ans 10 mois et 17 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
François Fillon III
Prédécesseur Michel Barnier (Agriculture et Pêche)
Michel Mercier (Ruralité et Aménagement du territoire)
Successeur Stéphane Le Foll
Secrétaire d'État aux Affaires européennes

(6 mois et 10 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon II
Prédécesseur Jean-Pierre Jouyet
Successeur Pierre Lellouche
Directeur de cabinet du Premier ministre

(10 mois et 3 jours)
Prédécesseur Pierre Mongin
Successeur Jean-Paul Faugère
Biographie
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité Français
Parti politique UMP puis Les Républicains
Diplômé de ENS de Paris
IEP de Paris
ENA
Profession Diplomate

Bruno Le Maire, né le à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique et diplomate français. Agrégé de lettres modernes et énarque, il devient directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin en 2006 puis est élu député UMP de l'Eure en juin 2007. Il occupe ensuite les fonctions de secrétaire d'État aux Affaires européennes de 2008 à 2009, puis de ministre de l'Agriculture pendant près de trois ans au sein des gouvernements François Fillon. Il est de nouveau élu député en 2012 et brigue sans succès la présidence de l'UMP en 2014 face à Nicolas Sarkozy. Il est candidat à la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

Bruno Le Maire est le fils de Maurice Le Maire, cadre du groupe Total, et de Viviane Fradin de Belâbre, directrice des établissements scolaires privés catholiques Notre-Dame de France dans le 13e arrondissement de Paris, puis du petit collège (primaire) du lycée privé catholique Saint-Louis-de-Gonzague du 16e arrondissement, dans lequel Bruno Le Maire étudie jusqu'à l'obtention du baccalauréat.

En 1989, il intègre l'École normale supérieure, où il débute des études de littérature française, avec un mémoire sur La Statuaire dans « À la recherche du temps perdu » de Proust, sous la direction de Jean-Yves Tadié[2]. En 1992, il est reçu premier de l'agrégation de lettres modernes. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1995, il intègre l'École nationale d'administration en 1996 au sein de la promotion Valmy.

Bruno Le Maire est marié à Pauline Doussau de Bazignan, avec qui il a quatre fils. Sa femme, présentée par Paris Match comme « artiste-peintre, petite-fille et nièce d’agriculteurs du Gers »[3],[4],[5], a été l'une de ses assistantes parlementaires de 2007 à 2013[6].

Collaborations avec Dominique de Villepin[modifier | modifier le code]

En 1998, à sa sortie de l'ENA, Bruno Le Maire entre au ministère des Affaires étrangères, à la Direction des Affaires stratégiques, de Sécurité et du Désarmement.

Il rejoint ensuite l'équipe du secrétaire général de la présidence de la République de Jacques Chirac, Dominique de Villepin. Il le suit au ministère des Affaires étrangères en 2002, au ministère de l'Intérieur en 2004 puis à Matignon en mai 2005, où il devient le conseiller politique du Premier ministre.

En juillet 2006, il est nommé directeur de cabinet du Premier ministre, en remplacement de Pierre Mongin[7], il reste à cette fonction jusqu’au départ de Dominique de Villepin en 2007.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Élections législatives de 2007[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives de juin 2007, candidat de l'UMP, il est élu député avec 58,3 % des suffrages, face à la socialiste Anne Mansouret, dans la 1re circonscription de l'Eure, occupée pendant plus de deux décennies par Jean-Louis Debré, démissionnaire en raison de sa nomination au Conseil constitutionnel[8].

Secrétariat d'État aux Affaires européennes[modifier | modifier le code]

Devenu conseiller politique de l'UMP en , il est nommé secrétaire d'État aux Affaires européennes le , en remplacement de Jean-Pierre Jouyet[9].

Ministre de l'Agriculture[modifier | modifier le code]

Le , à la faveur d'un remaniement ministériel, Bruno Le Maire est nommé ministre de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche.

Peu après sa nomination, il déclare que chercher à rétablir le régime des quotas laitiers reviendrait à « livrer [une] bataill[e] inutil[e] ou perdu[e] d’avance »[10].

Lors du Conseil des ministres du , il présente un projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche, dont le texte est promulgué six mois plus tard[11],[12],[13].

Seul candidat, Bruno Le Maire est désigné par les militants UMP pour conduire la liste du parti aux élections régionales de mars 2010 en Haute-Normandie[14]. Il ne réussit pas à ravir la région au président sortant socialiste, Alain Le Vern, la liste qu'il conduit obtenant 30,70 % des voix dans le cadre d'une triangulaire avec le Front national ; il est néanmoins élu conseiller régional.

Lors de la formation du troisième gouvernement Fillon, le , il est reconduit dans ses fonctions ministérielles, et obtient en plus les portefeuilles de la Ruralité et de l'Aménagement du territoire. Sa relative connaissance de la langue allemande est présentée comme un atout dans le cadre de négociations avec les dirigeants européens[15].

Candidatures à la présidence de l'UMP[modifier | modifier le code]

Bruno Le Maire en campagne pour la présidence de l’UMP à Strasbourg en novembre 2014.

Lors du second tour des élections législatives de 2012, il est réélu député dans la 1re circonscription de l'Eure avec 58 % des voix. Il démissionne ensuite du corps des conseillers aux affaires étrangères, estimant que le statut d'élu doit être incompatible avec le maintien dans la fonction publique[16],[17]. Il prône alors la réduction du nombre de parlementaires et l'impossibilité pour ceux-ci d'effectuer plus de trois mandats successifs[17].

En , après la défaite de la droite aux élections présidentielle et législatives, il se déclare candidat à la présidence de l'UMP, mais ne parvient pas à recueillir les parrainages nécessaires à sa candidature[18],[19]. Il refuse de prendre parti dans le duel entre Jean-François Copé et François Fillon et apparaît comme le chef de file des élus “non-alignés” du parti[20]. À l'automne 2012, il tente selon plusieurs sources de lancer son propre parti politique, ce dont il se défend, préférant parler de « nouvelle offre politique »[20].

Bruno Le Maire est à nouveau candidat à la présidence de l'UMP en 2014. Il propose alors plusieurs mesures[21] : transparence des comptes et financements du parti (en référence à l'affaire Bygmalion) ; élaboration d'un nouveau projet politique porté par les militants lors d'« assises du renouveau » se tenant au sein des fédérations locales de l'UMP, ouvertes aux militants mais aussi à tous signataires d'une Charte de valeurs[22] ; respect de la loi de parité homme/femme ; consultation accrue des élus locaux avec la création d'un conseil national devant être consulté avant chaque grande orientation du parti ; investitures du parti accordées aux élus par les fédérations locales. Opposé à l'ancien président Nicolas Sarkozy et à Hervé Mariton, il bénéficie du soutien de 52 parlementaires UMP[23]. Le 29 novembre 2014, il obtient 45 317 voix sur 155 285 exprimées, soit 29,18 %[24].

Candidature à la primaire présidentielle des Républicains de 2016[modifier | modifier le code]

En février 2016, Bruno Le Maire officialise sa candidature à la primaire présidentielle des Républicains de 2016[25].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Bruno Le Maire au Salon du Livre en 2013.

Le 3 octobre 2012, Bruno Le Maire démissionne de la fonction publique (corps des conseillers des affaires étrangères). Il considère que tout élu doit faire de même afin de promouvoir un « renouvellement des pratiques démocratiques ». Il dénonce une « logique de caste » qui permet aux hommes politiques membre de la fonction publique de pouvoir jouir d'une « sécurité totale » tout en demandant des efforts au reste des Français[26]. Il prône la suppression de la fonction publique territoriale et la fusion des conseils départementaux et régionaux[27].

Bruno Le Maire se prononce en mars 2016 contre le cumul des mandats[28] et avait déjà déposé, en 2012, une proposition de loi prévoyant une limitation de trois mandats successifs par élu[26]. Néanmoins, il a cumulé à partir de 2010 son mandat de député et celui de conseiller régional pendant un peu moins de six ans. De plus, il a voté en janvier 2014 contre la loi interdisant le cumul des fonctions exécutives locales avec le mandat de représentant au Parlement européen[29].

Lorsque la question de l'abrogation de la loi de 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe s'est posée dans la campagne pour la présidence de l'UMP en 2014, Bruno Le Maire s'est prononcé contre[30]. Lors du vote de la loi, il s'était abstenu.

En 2015, Bruno Le Maire réclame un code du travail de 150 pages, une allocation sociale unique, un traitement en six mois des demandes d’asile, une réforme complète de la fiscalité favorable au risque et au travail induisant selon lui la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF)[31] et l'abaissement de l'Impôt sur les plus-values.

En matière d'éducation, il veut que le collège soit constitué d'un tronc commun de vingt heures par semaine dans lequel seraient enseignés mathématiques, français, histoire, langue vivante et auquel seraient adjointes des options. Il se prononce contre le projet de réforme du collège présenté par Najat Vallaud-Belkacem au printemps 2015[32].

Concernant l'Union européenne, il souhaite « un nouvel élan franco-allemand », qui conduirait à la redéfinition par les six États fondateurs des objectifs de la construction européenne. En ce qui concerne la France, il souhaite demander un référendum « consultatif » dans le courant d'un éventuel quinquennat, afin de « refermer la blessure de 2005 »[33]. Celui-ci porterait « sur les modifications des traités nécessaires à de nouvelles orientations européennes »[34].

Il plaide en faveur d’une intervention au sol en Syrie, notamment après les attentats du 13 novembre 2015[10].

Controverse[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre 2013, Mediapart révèle que Pauline Le Maire, l’épouse de Bruno Le Maire, a été rémunérée aux frais de l’Assemblée en tant qu’assistante parlementaire à temps plein entre 2007 et 2013, une période entrecoupée d’une longue interruption pour congé maternité[35]. L’enquête rappelle que Pauline Le Maire n’a jamais été décrite publiquement comme assistante parlementaire. L’enquête de Mediapart suggère que Pauline Le Maire jouissait durant cette période d’un emploi qualifiable, non pas de fictif, mais de complaisance. L’absence de référence explicite à l’emploi de collaboratrice parlementaire de Pauline Le Maire de la part de son mari a donc été appréhendée par cette enquête comme un élément intriguant, créant de l’ambiguïté autour de l’emploi incriminé[36],[37].

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film biographique La Conquête de Xavier Durringer, qui retrace la campagne présidentielle française de 2007 de Nicolas Sarkozy, il est interprété par l'acteur Emmanuel Noblet.

Il apparaît dans le film Quai d'Orsay (2013) de Bertrand Tavernier, jouant son propre rôle.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

De Bruno Le Maire
Sur Bruno Le Maire

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Portefeuille de la Ruralité et de l'Aménagement du territoire ajouté le 14 novembre 2010
  2. Application Halley du Catalogue commun de la Bibliothèque générale de l'École normale supérieure.
  3. « Bruno Le Maire: L’agriculture n’est pas une voie de garage », sur Paris Match,‎ (consulté le 18 mai 2016)
  4. « L’étrange emploi de la femme de Bruno Le Maire », sur 20 Minutes,‎ 08 octobre février 2013 (consulté le 18 mai 2016)
  5. « L'étrange emploi de la femme de Bruno Le Maire à l'Assemblée nationale entre 2007 et 2013 », sur Le Huffington Post,‎ 08 octobre février 2013 (consulté le 18 mai 2016)
  6. « À l'Assemblée, l'emploi flou de l'épouse de Bruno Le Maire », Mediapart, 8 octobre 2013.
  7. Arrêté du 12 juillet 2006 relatif à la composition du cabinet du Premier ministre
  8. Christophe Jakubyszyn, « Nicolas Sarkozy adoube dans l'Eure le directeur du cabinet de M. de Villepin », Le Monde, .
  9. Communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères et européennes,
  10. a et b Ellen Salvi, « Bruno Le Maire cuisine son «renouveau» dans les vieux pots de la droite », sur Mediapart,‎ (consulté le 6 mars 2016).
  11. Site du Gouvernement
  12. Texte complet du projet de loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche enregistré à la Présidence du Sénat le 13 janvier 2010
  13. Loi de modernisation de l'agriculture et de la pêche
  14. « [1] », Les résultats aux primaires régionales.
  15. « Bruno Le Maire allemand de cœur », sur parismatch.com
  16. [2], Journal officiel, 22 octobre 2012.
  17. a et b « Bruno Le Maire : "Il faut en finir avec cette logique de caste" », sur lemonde.fr
  18. Bruno Le Maire : « Pourquoi je suis candidat », Le Figaro, 19 août 2012.
  19. « Nathalie Kosciusko-Morizet ne briguera pas la présidence de l'UMP », sur lemonde.fr
  20. a et b Ellen Salvi, « UMP: dans les coulisses de la petite entreprise de Bruno Le Maire », sur Mediapart,‎ (consulté le 6 mars 2016).
  21. « La Mutualité s'enflamme pour le renouveau ! », sur Bruno Le Maire (consulté le 29 mars 2016)
  22. Ces Assises seraient organisés autours de quatre sujets : autorité de l'état, liberté des entrepreneurs, éducation, et renouveau démocratique. Les conclusions de ces assemblées citoyennes formeront la base inaliénable du programme de l'UMP, engageant ainsi les candidats à respecter les objectifs déterminés par les citoyens au niveau local.
  23. « Présidence de l'UMP : 52 parlementaires soutiennent Bruno Le Maire », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  24. Jean-Baptiste Garat, « Présidence de l'UMP : avec 29% des voix, Bruno Le Maire devient incontournable», sur lefigaro.fr, 29 novembre 2014.
  25. « À Vesoul Bruno Le Maire annonce sa candidature à la primaire », sur Le Monde
  26. a et b « Bruno Le Maire : », sur Le Monde.fr (consulté le 29 mars 2016)
  27. Aurélie Delmas, « Les très libéraux programmes économiques des candidats de la droite », sur Mediapart,‎ (consulté le 22 mai 2016).
  28. http://www.marianne.net/onpc-bruno-maire-defend-mort-non-cumul-mandats-apres-avoir-vote-contre-100241258.html
  29. Analyse du scrutin no 769. Première séance du 22/01/2014. Scrutin public sur l'ensemble du projet de loi interdisant le cumul de fonctions exécutives locales avec le mandat de représentant au Parlement européen (lecture définitive).]
  30. Morgane Masson, « Mariage pour tous : pour Bruno Le Maire en 2017 "il y aura mieux à faire" qu'abroger la loi », huffingtonpost.fr, 16 novembre 2014.
  31. Interview donnée au Monde, « Bruno Le Maire : « Le parti ne porte pas le projet présidentiel » », 28 mai 2015.
  32. Séverin Graveleau, « Réforme du collège : Najat Vallaud-Belkacem et Bruno Le Maire, projet contre projet », lemonde.fr, 22 mai 2015.
  33. « Bruno Le Maire: « Refermer la blessure du non au référendum de 2005 » », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 27 mai 2016).
  34. Aurélie Delmas, « A droite, chaque candidat se dit déterminé à changer l'Europe », sur Mediapart,‎ (consulté le 27 mai 2016).
  35. « L'emploi flou de l'épouse de Bruno Le Maire », sur Mediapart,‎ (consulté le 18 mai 2016)
  36. « L'étrange emploi à l'Assemblée de l'épouse de Bruno Le Maire », sur Le Journal du Dimanche,‎ 08 octobre février 2013 (consulté le 18 mai 2016)
  37. « Bruno Le Maire employait sa femme pour un emploi bien flou », sur L’Express,‎ 08 octobre février 2013 (consulté le 18 mai 2016)
  38. Ce roman fut intégré à la liste des quatre romans finalistes pour le prix Femina 2012 ; Patrick Deville reçoit le prix Femina par Thierry Clermont dans Le Figaro le 5 novembre 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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