Georges Gorse

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Georges Gorse
Illustration.
Fonctions
Député français

(30 ans et 18 jours)
Circonscription Hauts-de-Seine
Législature IIIe, IVe, Ve, VIe, VIIe, VIIIe, IXe et Xe (Cinquième République)
Groupe politique UD-Ve, UDR puis RPR
Successeur Pierre-Christophe Baguet

(5 ans, 7 mois et 28 jours)
Circonscription Vendée
Législature Ire et IIe constituante
Ire et IIe (Quatrième République)
Groupe politique SFIO
Successeur Antoine Guitton
Maire de Boulogne-Billancourt

(20 ans, 1 mois et 7 jours)
Prédécesseur Albert Agogué
Successeur Paul Graziani
Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population

(1 an, 1 mois et 23 jours)
Président Georges Pompidou
Gouvernement Messmer II et III
Prédécesseur Edgar Faure (affaires sociales)
Successeur Michel Durafour (travail)
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères

(11 mois et 28 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Debré
Pompidou I
Prédécesseur Maurice Faure
Successeur Michel Habib-Deloncle
Ministre de l'Information

(1 an, 1 mois et 24 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Pompidou IV
Prédécesseur Yvon Bourges (secrétaire d’État)
Successeur Yves Guéna
Ambassadeur de France en Algérie

(4 ans, 2 mois et 5 jours)
Prédécesseur Jean-Marcel Jeanneney
Successeur Bruno de Leusse
Ministre de la Coopération

(6 mois et 13 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Pompidou I
Prédécesseur Pierre Pflimlin
Successeur Raymond Triboulet
Ambassadeur de France en Tunisie

(2 ans, 9 mois et 4 jours)
Prédécesseur Pierre de Leusse
Successeur Jean-Marc Boegner
Sous-secrétaire d'État à la France d'Outre-mer

(3 mois et 9 jours)
Président Vincent Auriol
Gouvernement Bidault II
Prédécesseur Michel Tony-Révillon (secrétaire d’État)
Successeur Louis Aujoulat
Sous-secrétaire d'État aux Affaires musulmanes

(1 mois et 2 jours)
Président Léon Blum (président provisoire)
Gouvernement Blum III
Prédécesseur Georges Catroux (commissaire d’État)
Successeur Jacques Augarde
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Cahors (Lot)
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Paris 5e (France)
Sépulture Prunay-en-Yvelines
Parti politique SFIO
UNR - UNR-UDT
UDR puis RPR
Résidence Vendée puis Hauts-de-Seine
Maire de Boulogne-Billancourt

Georges Gorse, né le à Cahors dans le Lot et mort le à Paris, est un homme politique et diplomate français, gaulliste de gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et études[modifier | modifier le code]

Georges Gorse naît dans une famille d'origine modeste. Orphelin de père et de mère à l'âge 5 ans, il est élevé par ses grands-parents maternels à Nantes et aux Sables-d'Olonne, en Vendée. Des études brillantes lui permettent d'intégrer l'École normale supérieure en 1936, et d'être reçu à l'agrégation de lettres classiques en 1939[1].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Dès l'agrégation obtenue, il part en Égypte où il est professeur au lycée français du Caire. Il devient ensuite maître de conférences à l'université du Caire où il rencontre sa future femme, égyptienne. Il est un des premiers à répondre à l'appel du général de Gaulle dès juin 1940 et dirige les services d'information de la délégation de la France libre au Proche-Orient.

En janvier 1943, il participe à la mission diplomatique de la France Combattante envoyée en Union soviétique, puis il entre la même année au cabinet du président du gouvernement provisoire, général de Gaulle, à Alger. C'est là que les gaullistes élimineront le général Giraud et débaucheront, pour les faire entrer dans la division Leclerc, les soldats enrôlés dans les corps francs organisés par les américains. En 1944, le Conseil de l'Ordre de la Libération le nomme à l'Assemblée consultative provisoire. En août, il remonte les Champs-Élysées dans Paris libéré, derrière le général de Gaulle.

Son engagement au cours de la guerre lui vaut la médaille de la Résistance.

Il est élu député socialiste SFIO de la Vendée à la première et à la seconde Assemblée nationale constituante, et est réélu en 1946 à la première Assemblée nationale de la Quatrième République. Il choisit de siéger à la commission des affaires étrangères.

Il est nommé sous-secrétaire d'État aux affaires musulmanes dans le gouvernement Blum (-janvier 1947), sous-secrétaire d'État à la France d'outre-mer dans le gouvernement Bidault (octobre 1949-février 1950), et délégué-adjoint de la France à l'ONU en 1950.

Battu aux élections législatives de 1951, il est désigné pour être membre de l'Assemblée de l'Union française.

En 1957, Guy Mollet le choisit pour être le premier ambassadeur de France en Tunisie nouvellement indépendante, auprès de Habib Bourguiba. Le Général de Gaulle le confirme dans ce poste à son retour au pouvoir en 1958, puis il le nomme, peu après la signature du Traité de Rome, représentant permanent du Gouvernement français auprès des Communautés européennes en 1959.

À la suite des accords d'Évian avec le FLN, le général de Gaulle, renouvelant l'expérience de Tunisie, le nomme ambassadeur de France en Algérie, poste qu'il occupera de 1963 à 1967.

Sous la Ve République, il est élu député des Hauts-de-Seine sous les couleurs gaullistes (de l’UNR-UDT puis au RPR) de 1967 à 1997. Il occupe à nouveau des fonctions ministérielles dans les gouvernements Debré, Pompidou et Messmer : il est successivement secrétaire d’État aux Affaires étrangères, ministre de la Coopération du premier, ministre de l’Information du second en 1967 et ministre du Travail, de l’Emploi et de la Population du gouvernement en 1973.

Déjà élu en 1967 député à l'Assemblée nationale et conseiller général des Hauts-de-Seine, il entame à cinquante-six ans une seconde carrière, qui durera vingt ans de 1971 à 1991, en tant que maire de la deuxième ville de la région parisienne par sa taille, Boulogne-Billancourt qui lui doit en particulier d'avoir dévié l'intense trafic routier par le nord et le sud de la commune. Il conservera son mandat de conseiller général jusqu'en 1988 et celui de député jusqu'en 1997.

Positionnements politiques[modifier | modifier le code]

Ce gaulliste de gauche[2] fonde en 1968 le Mouvement pour l'indépendance de l'Europe, préfigurant assez largement le souverainisme qui verra ultérieurement se rapprocher des membres de la droite et de la gauche opposés au fédéralisme européen.

Ses compétences reconnues d'orientaliste, lui valent d'être en 1975 chargé de missions au Proche-Orient, à Damas et à Beyrouth, par le président Giscard d’Estaing.

Georges Gorse, bon connaisseur du monde et de la civilisation arabe, s’oppose à la Guerre du Golfe en 1991.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est par ailleurs le père de Corinne Gorse, alias Kriss, animatrice de radio et célèbre voix de France Inter (1948-2009) et de Pierre-François Gorse, artiste peintre (1945-2011).

Il meurt le dans le 5e arrondissement de Paris[3] et est enterré au cimetière de Prunay-en-Yvelines. Son épouse Nadine décède en 2011 à 94 ans.

Controverse[modifier | modifier le code]

Une anecdote fut révélée dans un épisode de Faites entrer l'accusé concernant l'affaire Alain Lamare à la 48e minute de ce documentaire par Jean-Marie Deroy (journaliste, Le Courrier picard). En , Alain Lamare aurait volé la voiture de Georges Gorse pendant qu'il faisait ses courses à Rambouillet alors qu'il avait laissé les clefs de son véhicule sur le tableau de bord. Le luxueux véhicule tombe en panne sur l'autoroute du Nord, Alain Lamare, se faisant passer pour « le fils de Mr Gorse le ministre » fut secouru par une brigade de CRS en faisant appel à un dépanneur, Alain Lamare prit la fuite, déposé à une station service[4].

Décorations[modifier | modifier le code]

Plaque du quai Georges-Gorse à Boulogne-Billancourt.







Articles connexes[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Dimensions de la guerre, suivi de Des Héros et des chefs, Beyrouth, impr. du journal La Syrie et l'Orient, 1943.
  • L'U.R.S.S. et le problème allemand (à travers la presse soviétique de à ), Alger, Office français d'édition, s. d.
  • Je n'irai pas à mon enterrement, Paris, Plon, 1992 (ISBN 2-259-02502-1).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « M. Georges Gorse », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. http://bases.ourouk.fr/unite/u-result_frame.php?catalogueID=20047&NumeroJournal=096
  3. Insee, « Extrait de l'acte de décès de Georges Gorse », sur MatchID
  4. Épisode 13 de la Saison 5 de Faites entrer l'accusé, L'affaire Alain Lamare : État de démence.