Alain Carignon

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Alain Carignon
Alain Carignon en 2007.
Alain Carignon en 2007.
Fonctions
Ministre de la Communication

(1 an, 3 mois et 19 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Édouard Balladur
Prédécesseur Jean-Noël Jeanneney
Successeur Nicolas Sarkozy
Ministre délégué à l'Environnement

(2 ans, 1 mois et 22 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Jacques Chirac II
Prédécesseur Huguette Bouchardeau
Successeur Brice Lalonde
Député de l'Isère

(29 jours)
Circonscription 1re
Prédécesseur Richard Cazenave
Successeur Richard Cazenave

(4 mois et 21 jours)
Circonscription 1re
Prédécesseur Scrutin proportionnel
Successeur Richard Cazenave

(16 jours)
Circonscription 1re
Prédécesseur Odile Sicard
Successeur Gautier Audinot
Président du conseil général de l'Isère

(12 ans, 8 mois et 17 jours)
Élection 17 mars 1985
Prédécesseur Louis Mermaz
Successeur Michel Hannoun
Député européen

(1 an, 7 mois et 23 jours)
Législature 2e
Groupe politique RDE
Maire de Grenoble

(12 ans, 3 mois et 1 jour)
Élection 13 mars 1983
Réélection 19 mars 1989
Prédécesseur Hubert Dubedout
Successeur Michel Destot
Biographie
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Vizille (Isère, France)
Nationalité Française
Parti politique RPR, UMP puis LR

Alain Carignon
Maires de Grenoble

Alain Carignon, né le à Vizille (Isère), est un homme politique français.

Membre du RPR et maire de Grenoble de 1983 à 1995, il est ministre délégué à l'Environnement du gouvernement Chirac II puis ministre de la Communication du Gouvernement Balladur de 1993 à sa démission, l'année suivante. Celle-ci précède sa mise en examen pour corruption, puis sa condamnation et son emprisonnement pendant 29 mois.

Carrière[modifier | modifier le code]

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Entré à l’âge de 17 ans dans le mouvement des jeunes gaullistes[1], il est diplômé de l'Institut d'administration des entreprises (à l'époque École Supérieure des Affaires) de Grenoble, et commence sa carrière en tant que directeur général adjoint de la Chambre de commerce et d'industrie de Grenoble. Il travaillera au cabinet du médiateur, puis à la commission industrie du Conseil économique et social. Il entre au Conseil général de l'Isère et devient chargé de mission auprès de Jérôme Monod, secrétaire général du RPR.

Maire de Grenoble[modifier | modifier le code]

Alain Carignon se fait connaitre en emportant en 1983 la mairie de Grenoble, bastion socialiste de longue date, face à Hubert Dubedout. Il devient ensuite député européen en 1984 et président du conseil général de l'Isère en 1985. Il fait partie des douze jeunes députés « rénovateurs » RPR et UDF (avec notamment François Léotard, Michel Noir et Philippe Séguin), qui souhaitent évincer à la fois Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac.

Le 22 juin 1983, il organise un référendum municipal sur la création du tramway de Grenoble[2], après avoir appuyé sa campagne municipale sur l'opposition à ce projet de l'équipe d'Hubert Dubedout. Le projet est accepté par 15 987 voix pour, soit 53,09 % des votes exprimés et un taux de participation de 36,79 %[3],[4]. La première ligne du tramway à Grenoble (ligne A) est inaugurée en septembre 1987 devant une foule de 100 000 personnes[4], devenant le premier tramway au monde entièrement accessible aux handicapés grâce à des planchers bas[5].

Sur un plan scientifique et au cours de ses mandats, Grenoble est choisi en octobre 1984[6] aux dépens de Strasbourg pour l'implantation de la source européenne de rayonnement synchrotron[7], permettant ainsi le désenclavement du polygone scientifique par la construction de deux nouveaux ponts (pont d'Oxford et pont des Martyrs). Alain Carignon inaugure le 23 janvier 1985 le bâtiment 40 du LETI[1] en présence du président François Mitterrand[8]. En janvier 1992, il inaugure l'Institut de biologie structurale sur le polygone scientifique.

Alain Carignon inaugure en 1985 le nouveau bâtiment de la chambre de commerce et d'industrie de Grenoble dans le quartier Hoche, le centre national d'art contemporain en 1986 sur l'ancien site industriel Bouchayer-Viallet, le parc Pompidou de 5,5 hectares en 1987 dans le quartier de la Capuche, le Summum et la voie sur berge en 1988, l'extension d'Alpexpo en 1989. Il lance surtout en 1990 le quartier d'affaires Europole sur les friches industrielles de l'ancienne brasserie de la Frise en y transférant l'école supérieure de commerce en 1992 et en y créant le World Trade Center Grenoble en 1993, laissant par ailleurs la possibilité d'installer le futur palais de justice[9]. Enfin, en 1994, il transfère le musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère dans la rue Hébert.

Sur un plan urbanistique, Alain Carignon rénove certains quartiers et bâtiments historiques du centre ville comme la halle Sainte-Claire inaugurée en 1991, les immeubles de la rue Très-Cloîtres ou l'ancien palais des évêques transformé en musée de l'Ancien Évêché, mais qui n'ouvrira ses portes qu'en 1998 suite à la découverte inattendue du premier baptistère de la ville.

Carrière ministérielle[modifier | modifier le code]

Ministre délégué à l'Environnement[modifier | modifier le code]

En 1986, il remporte les législatives dans la circonscription de sa ville et est appelé par Jacques Chirac dans le premier gouvernement de cohabitation, au poste de ministre délégué à l'Environnement. Le , peu après la catastrophe de Tchernobyl, il déclarait au journal télévisé d'Antenne 2 que « Les taux de radioactivité [en France] les plus élevés sont en dessous des seuils à partir desquels il y a danger, et largement en dessous : 5, 10 ou 100 fois en dessous. », reprenant les éléments communiqués au gouvernement par le service central de protection contre les rayonnements ionisants. Ces propos se sont révélés faux[réf. nécessaire].

À la suite de cette catastrophe, il proposera, en collaboration avec le ministère de l'Intérieur[10], une loi au Parlement sur la prévention des risques majeurs qui sera adoptée à l'unanimité en 1987.

Ministre de la Communication[modifier | modifier le code]

Réélu député en 1988, il démissionne pour cause de cumul de mandats. Lors du second gouvernement de cohabitation, en 1993, le nouveau premier ministre Édouard Balladur le nomme ministre de la Communication. Il doit démissionner l'année suivante en raison de l'affaire de financements politiques qui l'emmenera en prison.

Il fait adopter en décembre 1993 la loi dite 'Carignon' qui porte sur la création d'une cinquième chaine de télévision publique, 'La Cinquième' (aujourd'hui France 5)[11] ainsi que l'instauration d'un quota obligatoire de 40 % de chansons françaises sur les ondes radiophoniques[12].

Affaires[modifier | modifier le code]

Affaire Dauphiné News[modifier | modifier le code]

Le , le juge Philippe Courroye ouvre une information contre X pour abus de biens sociaux et recel. L'affaire en question concerne les journaux News et Dauphiné News de Grenoble, journaux de facture luxueuse lancés quelques semaines avant les élections municipales de 1989 et qui soutiennent le conseil municipal sortant. En mars 1989, Alain Carignon est réélu maire de Grenoble et les journaux disparaissent immédiatement, laissant un passif de 10 millions de francs. La Lyonnaise des eaux, qui vient de remporter, via une de ses filiales, la gestion des eaux de Grenoble nouvellement privatisée par la municipalité, entre alors dans le capital de l'entreprise de presse, et bien que celle-ci n'ait plus aucune activité, elle en éponge les dettes.

Le , Alain Carignon annonce sa démission de son poste de ministre de la Communication du gouvernement lorsque sa mise en examen devient inéluctable. Il est condamné le par un arrêt définitif de la chambre correctionnelle de la Cour d'appel de Lyon à 5 ans de prison (dont 1 an avec sursis), 5 ans d'inéligibilité, et 400 000 francs d'amende pour corruption, abus de biens sociaux, et subornation de témoins. Il a été libéré en mai 1998.

Affaire Grenoble Isère développement[modifier | modifier le code]

Au début de septembre 1997, alors qu'il est incarcéré à la prison de Villefranche-sur-Saône pour l'affaire Dauphiné News, Alain Carignon est mis en examen pour « faux, usage de faux et abus de biens sociaux » dans une enquête sur la société Grenoble Isère développement (GID). Celle-ci est une société d'économie mixte liée au conseil général de l'Isère, dont il est resté président pendant le début de son incarcération[13]. Le 13 juillet 1999, il est condamné par le tribunal correctionnel de Grenoble à dix-huit mois d'emprisonnement avec sursis et 80 000 francs d'amende pour « abus de biens sociaux et usage de faux ». Le procureur adjoint avait requis deux ans avec sursis et 100 000 F d'amende. Le sénateur Jean Boyer, poursuivi en qualité de président de GID, est lui condamné à quinze mois d'emprisonnement avec sursis et 50 000 francs d'amende[14]. En 2004, la Chambre régionale des comptes condamne Alain Carignon et Xavier Péneau à rembourser au conseil général de l'Isère la somme de 253 126,36 euros, et à payer en outre 51 000 euros d'intérêts, ainsi que 25 000 euros d'amende pour Alain Carignon, 15 000 pour Xavier Péneau. Le 29 janvier 2009, la Cour des comptes confirme la décision. En février 2011, le ministère du Budget rejette la demande de remise gracieuse déposée par Alain Carignon[15].

Retour en politique[modifier | modifier le code]

Il revient en politique en 2002, après 29 mois de détention, un record pour un homme politique en France, suivis de 5 ans d'inéligibilité[16]. Malgré l'opposition d'Alain Juppé, alors chargé de la création de l'UMP, le soutien de Nicolas Sarkozy lui permet d'intégrer le nouveau parti de droite[17]. Il prend la tête de la fédération UMP de l'Isère en 2003[17], les conditions de son élection étant néanmoins fortement contestées[18].

En novembre 2006, Alain Carignon est désigné à 80 %, par les militants UMP de la 1re circonscription de l'Isère, candidat pour les élections législatives de 2007. Contestée, cette désignation est néanmoins validée par la Commission nationale de l'UMP, aux dépens du député sortant Richard Cazenave qui choisit de se présenter comme indépendant[18]. La campagne d'Alain Carignon est marquée par la tenue de nombreuses réunions publiques, en présence de plusieurs personnalités politiques (Renaud Donnedieu de Vabres, Valérie Pécresse, Pierre Méhaignerie, etc.) et par une opposition farouche à son retour en politique, y compris au sein de l'UMP.

Le , Alain Carignon arrive en deuxième position du premier tour des élections législatives, avec 21,45 % des bulletins exprimés, devant Richard Cazenave (19,62 %) qui perd ainsi son siège de député, mais largement derrière Geneviève Fioraso, la candidate du Parti socialiste (32,02 %)[19]. Sans grande surprise, Alain Carignon est battu au deuxième tour par son opposante socialiste, qui obtient 63,03 % des suffrages dans une circonscription pourtant plutôt favorable aux partis de droite[19].

Cet échec l'incite à renoncer à se présenter aux élections municipales à Grenoble[20]. Le , le chef de file de ses opposants, Michel Savin, est élu président de l'UMP Isère[21]. Celui-ci démissionne cependant dix neuf mois plus tard de la présidence en dénonçant le manque de transparence dans le fichier des adhérents locaux. Alain Carignon conseille depuis Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy à titre officieux[22],[23]. Bien qu'il vive au Maroc, il intervient régulièrement dans la politique iséroise[24]. En 2013 il participe aux débats des primaires ouvertes organisées par l'UMP pour désigner le candidat à la mairie de Grenoble. Ce scrutin n'a finalement pas lieu, le parti, embarrassé par ses divisions, choisissant de reprocher au maire PS Michel Destot de ne pas faciliter son organisation. La commission d'investiture de l'UMP choisit alors son opposant Matthieu Chamussy comme tête de liste, Alain Carignon figurant à la troisième place. Il obtient en compensation la promesse d'être la tête de liste UMP lors des futures élections régionales de 2015 en Isère[25]. Matthieu Chamussy refuse cependant de prendre Alain Carignon en troisième de liste, et le 15 octobre la tête de liste lui est retirée par les instances du parti[26]. Un nouveau candidat doit être désigné à une date ultérieure[27]. Finalement, le 27 novembre, la commission d'investiture de l'UMP renomme Matthieu Chamussy en tête de liste et place l'ancien maire en 9e place. Cette position est théoriquement éligible même si la droite ne remporte pas les élections municipales dans la ville. La défaite de la liste UMP le 30 mars 2014 sera cependant suffisamment lourde pour qu'Alain Carignon ne soit pas élu conseiller municipal. La liste UMP n'arrive en effet qu'en troisième position avec un score de 23,99 % - soit 7 élus - derrière celles d'Éric Piolle (EELV-PG) et de Jérôme Safar (PS), et ce malgré une tendance nationale très favorable à la droite.

Bien qu'il n'ait pas été élu au conseil municipal, Alain Carignon reste actif dans la politique locale. En mars 2016, il prend la tête d'un comité de ville des Républicains 38, constitué via la réunion des représentants grenoblois des deux comités des première et troisième circonscription de l'Isère du parti LR, afin de « faire entendre la voix des Républicains dans le débat municipal et contribuer à l’élaboration d’un projet alternatif »[28]. Ce comité de ville a vocation a promouvoir une action « plus active » contre la politique du maire Éric Piolle que celle des élus de la droite au conseil municipal, jugés « trop mous »[29]. Le 8 décembre 2016, Alain Carignon et « Les Républicains Grenoble » invitent Éric Zemmour à une conférence au Prisme, dans la commune de Seyssins, en présence de militants du Front national[30].

Détail des mandats[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • 2011, Demain nous appartient, Éditions Numeris,
  • Une saison dans la nuit, Grasset,

Tribunes[modifier | modifier le code]

  • « Démocratie sans exclusion »[31]
  • « Les habits neufs d'une élection manquée »[32]
  • « Démocratie. Le Pen Président ? »[33]
  • « Le temps d'agir »[34]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b fresques.ina.fr du 16 novembre 1984, Alain Carignon.
  2. Le portail ferroviaire
  3. Grenoble le changement (voir la photo du Dauphiné libéré)
  4. a et b defigrandesecoles.lexpress.fr du 4 avril 2017, Le tramway grenoblois, une référence mondiale.
  5. Communauté d'agglomération de Grenoble, L’aménagement de la ville pour les handicapés, étude pour l'UTC, Et si on facilitait l'accès des handicapés au métro et au RER ? pour Rue89
  6. Le synchrotron de Grenoble, Jalons pour l'histoire du temps présent, INA, Christophe Gracieux, 18 octobre 1984
  7. Le synchrotron de Grenoble, INA
  8. Allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'hôtel de ville de Grenoble, mercredi 23 janvier 1985.
  9. Michel Destot le maire qui gère plus propre, L'Expansion
  10. Le Quotidien de Paris, Jean-Pierre Thiollet, 22 juillet 1986, http://discours.vie-publique.fr/notices/863149000.html
  11. vie-publique.fr
  12. ddm.gouv.fr
  13. « Corruption : Alain Carignon a été mis en examen à propos d'irrégularités découvertes dans la Société Grenoble Isère développement », Le Monde, 21 septembre 1997.
  14. « Alain Carignon condamné à dix-huit mois de prison avec sursis », Le Monde, 15 juillet 1999.
  15. « Alain Carignon sommé définitivement de payer », 20 minutes, 3 février 2011.
  16. « Les fantômes d'Alain Carignon », Le Canard enchaîné, 6 octobre 2010, p. 2.
  17. a et b , « Guerre ouverte entre UMP pro- et anti-Carignon à Grenoble », Le Monde, 5 juin 2007.
  18. a et b « Carignon: les secrets d'un retour - Opération Résurrection », L'Express, 15 mars 2007.
  19. a et b Élections législatives de 2007 - résultats dans la 1re circonscription de l'Isère, sur le site du ministère de l'Intérieur.
  20. Le Dauphiné libéré, 3 octobre 2007.
  21. « Comité départemental de l’UMP38 »
  22. Lyon capitale : Alain Carignon reprend du service et règle ses comptes
  23. Le Dauphiné : Carignon : « Il n’y a pas de groupes secrets autour de Sarkozy »
  24. L'ombre d'Alain Carigon plane toujours sur la droite grenobloise. Le Monde, 5 juin 2012.
  25. « Municipales à Grenoble : Carignon joue à qui perd gagne », in lepoint.fr, 9 octobre 2013.
  26. Alain Carignon : "Je veux être utile" Place Gre'net, 17 octobre 2013
  27. « L'UMP n'a plus de tête de liste à Grenoble », in Le Figaro, mercredi 16 octobre 2013, page 4.
  28. « Carignon veut-il reprendre la main à Grenoble ?  », Ève Moulinier pour Le Dauphiné Libéré, 16/03/2016
  29. « À Grenoble, Alain Carignon tente un retour en 'trumpisant' le débat public », Victor Guilbert pour Rue 89, 27/09/2016
  30. « Eric Zemmour a fait salle comble à Seyssins », Ève Moulinier et Vanessa Laime, Le Dauphiné Libéré, 9 décembre 2016
  31. réservé aux abonnés!, sur le site Le Monde, 21 avril 1988
  32. Réservé aux abonnés!, sur le site Le Monde, 15 mai 1988
  33. Réservé aux abonnés!, sur le site Le Monde, 30 mai 1990
  34. Réservé aux abonnés!, sur le site Le Monde, 27 juillet 1990

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]