Georges Brassens

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Georges Brassens

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Georges Brassens en concert au TNP, Paris,1966,
photo : Roger Pic.

Informations générales
Nom Georges Charles Brassens
Naissance
Sète, Hérault
Décès (à 60 ans)
Saint-Gély-du-Fesc, Hérault
Activité principale auteur-compositeur-interprète
Genre musical chanson française
Instruments guitare
Années actives 19511981
Labels Philips
Universal Music Group

Georges Brassens, né à Sète le [1] et mort à Saint-Gély-du-Fesc le , est un poète auteur-compositeur-interprète français.

Il met en musique et interprète, en s’accompagnant à la guitare, plus d'une centaine de ses poèmes. Outre ses propres textes, il met également en musique des poèmes de François Villon, Paul Verlaine, Paul Fort ou encore Louis Aragon. Il reçoit le Grand prix de poésie de l'Académie française en 1967.

Il enregistre quatorze albums entre 1952 et 1976. Auteur de chansons populaires françaises, les plus connues sont : Le Gorille, Les Copains d'abord, Chanson pour l'Auvergnat, Les Amoureux des bancs publics, La Mauvaise Réputation, Je me suis fait tout petit, Les Trompettes de la renommée, Supplique pour être enterré à la plage de Sète

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Brassens est né dans un quartier populaire du port de Cette (le nom de la ville n'est orthographié Sète qu’en 1928 ; un changement d'orthographe qu'il évoque dans la chanson Jeanne Martin). Dans la maison familiale[note 1] il est entouré de sa mère Elvira († 1962)[note 2], de son père Jean-Louis († 1965), de sa demi-sœur Simone Comte (1912-1994), née du premier mariage de sa mère, et de ses grands-parents paternels, Jules et Marguerite.

Sa mère, dont les parents sont originaires de Marsico Nuovo dans la région de Basilicate en Italie du Sud, est une catholique d'une grande dévotion. Veuve de guerre d'Alphonse Comte (27/08/1881-28/10/1914), père de Simone la demi-sœur de Georges. Elvira épouse Jean-Louis Brassens en 1919, un entrepreneur de maçonnerie. Le père de Georges est un homme paisible, généreux, libre-penseur, anticlérical et doté d'une grande indépendance d'esprit. Deux caractères très différents, qu'une chose réunit : le goût de la chanson. D’ailleurs, tout le monde chante à la maison. Sur le phonographe : les disques de Mireille, Jean Nohain, Tino Rossi ou Ray Ventura et ses Collégiens.

Les années trente : Sète[modifier | modifier le code]

Selon le souhait de sa mère, Georges commence sa scolarité, à l'âge de 4 ans, dans l’institution catholique des sœurs de Saint-Vincent. Il en sort deux ans après pour entrer à l’école communale, selon le désir de son père. À 12 ans, il entre au collège[note 3]. Georges est loin d’être un élève studieux. Ses amis le décrivent comme plutôt rêveur en classe[note 4]. Mais, après l'école, il préfère les jeux, les bagarres, les bains de mer et les vacances. Afin que son carnet de notes soit meilleur, sa mère lui refuse des cours de musique. Il ignorera donc tout du solfège, mais cela ne l’empêche pas de griffonner des chansonnettes sur ses premiers poèmes.

Alphonse Bonnafé[modifier | modifier le code]

En 1936, il s'ouvre à la poésie grâce à son professeur de français, Alphonse Bonnafé, alias « le boxeur ». L’adolescent s’enhardit à lui soumettre quelques-uns de ses bouts rimés. Loin de le décourager, l'enseignant lui conseille plus de rigueur et l'intéresse à la technique de versification et à l'approche de la rime. À la poésie et à la chanson populaire s’ajoute sa passion pour les rythmes nouveaux venus d’Amérique qu’il écoute à la TSF : le jazz. En France, Charles Trenet conjugue tout ce qu'il aime. Il sera un modèle.

« On était des brutes, on s'est mis à aimer [les] poètes. […] Et puis, grâce à ce prof, je me suis ouvert à quelque chose de grand. Alors, j’ai voulu devenir poète…[2] »

Mauvaise réputation[modifier | modifier le code]

Brassens en 1964 avec sa célèbre pipe.

Son intérêt croissant pour la poésie ne lui ôte pas le goût pour les « quatre cents coups ». À 16 ans, au printemps 1938, il se trouve mêlé à une fâcheuse aventure. Dans le but de se faire de l'argent de poche, la bande de copains dont il fait partie commet quelques larcins. Par facilité, les proches en sont les principales victimes. Georges, de son côté, subtilise bague et bracelet de sa sœur. Ces cambriolages répétés mettent la ville en émoi. Lorsque la police arrête enfin les coupables, l’affaire fait scandale. Indulgent, Jean-Louis Brassens ne lui adresse aucun reproche quand il va le chercher au poste de police. Pour saluer l’attitude de son père, il en fera une chanson : Les Quatre Bacheliers. « Mais je sais qu'un enfant perdu […] a de la chance quand il a, sans vergogne, un père de ce tonneau-là ». Par égard pour son père, il ne la chantera qu’après sa mort.

« Je crois qu'il m'a donné là une leçon qui m'a aidé à me concevoir moi-même : j'ai alors essayé de conquérir ma propre estime. […] J'ai tenté, avec mes petits moyens, d'égaler mon père. Je dis bien tenté…[3] »

Pour sa part, cette mésaventure se solde, en 1939, par une condamnation d'emprisonnement avec sursis[note 5]. Il ne retournera pas au collège. Il passe l’été reclus dans la maison (il se laisse pousser la moustache). Le 3 septembre, la guerre contre l'Allemagne est déclarée. Il pourrait devenir maçon auprès de son père, mais, peine perdue, il ne se satisfait pas de cette perspective. Il persuade ses parents de le laisser tenter sa chance à Paris et partir de Sète où sa réputation est ternie à la suite de cette histoire.

Les années quarante : Paris-Basdorf-Paris[modifier | modifier le code]

Paris[modifier | modifier le code]

En février 1940, Georges est hébergé, comme convenu avec ses parents, chez sa tante Antoinette Dagrosa, dans le XIVe arrondissement[note 6]. Chez elle, il y a un piano. Il en profitera pour maîtriser l’instrument à l’aide d’une méthode, malgré sa méconnaissance du solfège. Pour ne pas vivre à ses dépens, comme promis, il recherche du travail. Il obtient celui de manœuvre dans un atelier des usines Renault. Cela ne durera pas ; le 3 juin, Paris et sa région sont bombardés et l’usine de Billancourt est touchée. Le 14, l’armée allemande entre dans la capitale. C’est l’exode. Georges retourne dans sa ville natale. L’été passé, certain que son avenir n'est pas là, il revient chez sa tante, dans un Paris occupé par la Wehrmacht. Tout travail profitant maintenant à l'occupant, il n'est plus question d'en rechercher.

Georges passe ses journées à la bibliothèque municipale du quartier. Conscient de ses lacunes en matière de poésie, il apprend la versification et lit Villon, Baudelaire, Verlaine, Hugo et tant d’autres. Il acquiert ainsi une grande culture littéraire qui le pousse à écrire ses premiers recueils de poésie : Les Couleurs vagues, Des coups d'épée dans l'eau, annonçant le style des chansons à venir et À la venvole[note 7], où son anarchisme se fait jour. Ce dernier est publié en 1942, grâce à l'argent de ses proches : ses amis, sa tante et même une amie de celle-ci, une couturière nommée Jeanne Le Bonniec, qui apprécie beaucoup ses chansons (elle épousera en juin Marcel Planche, peintre en carrosserie).

Basdorf[modifier | modifier le code]

En février 1943, l'Allemagne nazie impose au gouvernement de Vichy la mise en place d’un service du travail obligatoire (STO). Georges, 22 ans, est convoqué à la mairie du XIVe arrondissement où il reçoit sa feuille de route. De sévères mesures de représailles sont prévues pour les réfractaires. Le 8 mars, il se trouve gare de l’Est pour se rendre en Allemagne, vers le camp de travailleurs de Basdorf, près de Berlin. Là-bas, il travaille dans la manufacture de moteurs d’avion BMW.

On le voit souvent plongé dans des bouquins ou écrivant des chansons, qui divertissent ses compagnons, et la suite d’un roman commencé à Paris, Lalie Kakamou. Il lie des amitiés, auxquelles il restera fidèle tout au long de sa vie – notamment avec André Larue, René Iskin et, plus particulièrement, Pierre Onténiente, le bibliothécaire à qui il emprunte régulièrement des livres.

En mars 1944, Georges Brassens bénéficie d’une permission de quinze jours[note 8]. C’est une aubaine à saisir : il ne retournera pas en Allemagne.

Jeanne[modifier | modifier le code]

« Georges Brassens habita cette impasse de 1944 à 1966, il y écrivit ses premières chansons »
Plaque commémorative à l'entrée de l'impasse Florimont
no 9, impasse Florimont, avec la plaque commémorative fixée en 1994 et les statues de chats. Le bas-relief sur la plaque commémorative a été réalisé par Renaud.

À Paris, il lui faut trouver une cachette car il est impossible de passer à travers les filets de la Gestapo en restant chez la tante Antoinette. Jeanne Planche, de trente ans son aînée, accepte d'héberger ce neveu encombrant. Avec son mari Marcel, elle habite une maison extrêmement modeste au 9, impasse Florimont. Georges s’y réfugie le , en attendant la fin de la guerre. On se lave à l’eau froide, il n’y a ni gaz, ni électricité (donc pas de radio), ni le tout-à-l’égout. Dans la petite cour, une vraie ménagerie : chiens, chats, canaris, tortues, buse… et la fameuse cane qu'il célèbrera dans une chanson. Il est loin de se douter qu’il y restera vingt-deux ans.

Dans ce cocon — il se lève à 5 heures du matin et se couche avec le soleil (rythme qu'il gardera la majeure partie de sa vie) —, il poursuit l'écriture de son roman et compose des chansons en s’accompagnant d’un vieux banjo.

« J'y étais bien, et j'ai gardé, depuis, un sens de l'inconfort tout à fait exceptionnel[4]. »

Cinq mois plus tard, le 25 août, c’est la libération de Paris. La liberté soudainement retrouvée modifie peu ses habitudes. Avec leur consentement, il se fixe à demeure chez les Planche. Sa carte de bibliothèque récupérée, Brassens reprend son apprentissage de la poésie et s’adonne à nouveau à la littérature.

La fin de la guerre, signée le , marque le retour à Paris des copains de Basdorf. Avec ses amis retrouvés, Brassens projette la création d'un journal à tendance anarchiste, Le Cri des gueux. Après la sortie du premier numéro, faute de financement suffisant, le projet tourne court.

Parallèlement, il monte, avec Émile Miramont (un copain sétois) et André Larue (rencontré à Basdorf), le « Parti préhistorique » qui vise surtout à tourner en dérision les autres partis politiques et qui préconise un retour à un mode de vie plus simple. Ce parti ne verra jamais le jour, à la suite de l’abandon de Miramont[note 9].

Avec l’aide financière de Jeanne, il achète la guitare d’un ami. Elle lui sera volée[5].

En 1946, il hérite du piano de sa tante Antoinette, morte en juillet. Cette année-là, il ressent ses premiers maux de reins accompagnés de crises de coliques néphrétiques.

Le libertaire[modifier | modifier le code]

En 1946, il se lie avec des militants anarchistes (notamment avec le peintre Marcel Renot et le poète Armand Robin) et lit Mikhaïl Bakounine, Pierre-Joseph Proudhon et Pierre Kropotkine. Ces lectures et ces rencontres le conduisent à s'impliquer dans le mouvement et écrire quelques chroniques dans le journal de la Fédération anarchiste, Le Libertaire (aujourd'hui Le Monde libertaire), sous les pseudonymes de Gilles Colin ou Geo Cédille[6]. Il y exerce également un double emploi non rémunéré de secrétaire de rédaction et de correcteur[6]. Ses articles sont virulents, teintés d'humour noir, envers tout ce qui porte atteinte aux libertés individuelles. La violence de sa prose ne fait pas l’unanimité auprès de ses collègues.

Il collabore également périodiquement au bulletin de la CNT[6].

En juin 1947, il quitte la Fédération en gardant intacte sa sympathie pour les anarchistes (plus tard, Brassens ira régulièrement se produire bénévolement dans les galas organisés par Le Monde libertaire).

Son roman achevé en automne est publié à compte d’auteur. Lalie Kakamou est devenu La Lune écoute aux portes. Estampillé NRF, la couverture plagie, par provocation, celles de la maison Gallimard. Brassens adresse une lettre à l’éditeur concerné pour signaler cette facétie. Contre toute attente, il n’y aura aucune réaction.

Püppchen[modifier | modifier le code]

Pour ne pas attiser la jalousie de Jeanne, Georges a vécu des amourettes clandestines. Il y eut en particulier Jo, 17 ans (juin 1945 – août 1946). Une relation tumultueuse qui lui inspira peut-être quelques chansons : Une jolie fleur, P… de toi et, en partie, Le Mauvais Sujet repenti (modification de Souvenir de parvenue déjà écrite à Basdorf.)

En 1947, il rencontre Joha Heiman (1911-1999, morte dix-huit ans après lui et enterrée avec lui). Originaire d’Estonie, elle est son aînée de neuf ans – affectueusement, il l’appelle « Püppchen », petite poupée en allemand, mais ils l'orthographieront tous les deux « Pupchen » (c'est le nom gravé sur leur tombe[7]). Désormais, on ne lui connaîtra pas d'autres conquêtes féminines. Ils ne se marieront jamais ni ne cohabiteront. Il lui écrira J’ai rendez-vous avec vous, Je me suis fait tout petit (devant une poupée), Saturne, La Non-demande en mariage et Rien à jeter.

Ses talents de poète et de musicien sont arrivés à maturité. De nombreuses chansons sont déjà écrites. Pratiquement toutes celles de cette époque qu'il choisira d'enregistrer deviendront célèbres, comme Le Parapluie, La Chasse aux papillons, J'ai rendez-vous avec vous, Brave Margot, Le Gorille, Il n'y a pas d'amour heureux.

La personnalité de Brassens a déjà ses traits définitifs : la dégaine d'ours mal léché, la pipe et les moustaches, le verbe libre, imagé et frondeur et pourtant étroitement soumis au carcan d'une métrique et d'un classicisme scrupuleux, le goût des tournures anciennes, le culte des copains et le besoin de solitude, une culture littéraire et chansonnière pointue, un vieux fond libertaire, hors de toute doctrine établie, mais étayé par un individualisme aigu, un antimilitarisme viscéral, un anticléricalisme profond et un mépris total du confort, de l'argent et de la considération. Il ne changera plus.

Les années cinquante : de Patachou à Bobino[modifier | modifier le code]

En 1951, Brassens rencontre Jacques Grello, chansonnier et pilier du Caveau de la République qui, après l'avoir écouté, lui offre sa propre guitare et lui conseille, plutôt que du piano, de s’accompagner sur scène avec cet instrument[8]. Ainsi « armé », il l'introduit dans divers cabarets pour qu'il soit auditionné. Alors, il compose d'abord sur piano ses chansons qu'il transcrit pour guitare.

Sur scène, Brassens ne s’impose pas. Intimidé, paralysé par le trac, suant, il est profondément mal à l'aise. Il ne veut pas être chanteur, il préférerait proposer ses chansons à des chanteurs accomplis, voire à des vedettes de la chanson.

Patachou[modifier | modifier le code]

Après plusieurs auditions infructueuses, Brassens est découragé. Roger Thérond et Victor Laville, deux copains sétois, journalistes du magazine Paris Match, viennent le soutenir et tentent de l'aider dans la mesure de leurs moyens. Ils lui obtiennent une audition Chez Patachou le jeudi , dans le cabaret montmartrois de la chanteuse[note 10]. Le jour dit, et au bout de quelques chansons, Patachou est conquise. Enhardi, Brassens lui propose ses chansons. Elle ne dit pas non et l'invite même à se produire dans son cabaret dès que possible[9]. Les jours suivants, malgré son trac, Georges Brassens chante effectivement sur la scène du restaurant-cabaret de Patachou. Pour le soutenir, Pierre Nicolas, bassiste dans l'orchestre de la chanteuse, l’accompagne spontanément[note 11].

Jacques Canetti[modifier | modifier le code]

Quand Patachou parle de sa découverte, elle ne manque pas de piquer la curiosité du dirigeant du théâtre des Trois Baudets, Jacques Canetti, également directeur artistique chez Philips. Le , il se rend au cabaret Chez Patachou, écouter le protégé de la chanteuse. Emballé, il convainc le président de Philips de lui signer un contrat. Le quotidien France-Soir, du 16-17 mars, titre : « Patachou a découvert un poète ! »

Le 19 mars, l’enregistrement du Gorille et du Mauvais sujet repenti s’effectue au studio de la Salle Pleyel. Certains collaborateurs, offusqués par Le Gorille, s’opposent à ce que ces chansons sortent sous le label de Philips. Une porte de sortie est trouvée par le biais d’une nouvelle marque qui vient d’être acquise : Polydor. D'avril à novembre, neuf chansons sortiront sur disques 78 tours. L'une d'elles, Le Parapluie, est remarquée par le réalisateur Jacques Becker qui l'utilise pour son film Rue de l'Estrapade. Éditée sur disque en même temps que la sortie du film en salle, elle est distinguée par l’Académie Charles-Cros l’année suivante en obtenant le Grand Prix du disque 1954[note 12].

Le 6 avril, Brassens fait sa première émission télévisée à la RTF. Il chante La Mauvaise Réputation devant le public de l’Alhambra. Du 28 juillet au 30 août, il fait sa première tournée en France, en Suisse et en Belgique, avec Patachou et Les Frères Jacques.

Il est engagé à partir du mois de septembre au « Trois Baudets » ; le théâtre ne désemplit pas. Dans le public, les chansons comme Hécatombe[note 13],[10] et Le Gorille scandalisent les uns, ravissent les autres. Ces controverses contribuent à faire fonctionner le bouche à oreille. Dès lors, Georges Brassens gravit les échelons du succès et de la notoriété. En 1953, tous les cabarets le demandent et ses disques commencent à bien se vendre chez les disquaires. Son premier passage à Bobino, sa salle de prédilection, « l'usine » comme il se plaisait à le dire, à « quatre pas de sa maison » se fera en février 1953, avec l'accord des Trois Baudets (Jacques Canetti), son second passage en octobre 1953, mais pas encore en « vedette ».

Lui qui longtemps a hésité entre une carrière de poète et celle d’auteur-compositeur est maintenant lancé dans la chanson. Loin de juger la chanson comme une expression poétique mineure, il considère que cet art demande un équilibre parfait entre le texte et la musique et que c’est un don qu’il possède, que de placer un mot sur une note[réf. nécessaire]. Extrêmement exigeant, il s’attache à écrire les meilleurs textes possibles. Jamais satisfait, il les remanie maintes fois : il change un mot, peaufine une image, jusqu'à ce qu'il estime avoir atteint son but.

Patachou, qui a mis avec succès plusieurs chansons de son poulain à son répertoire, enregistre neuf titres le , au studio Chopin-Pleyel, pour l’album Patachou… chante Brassens. Pour ce disque, il lui a donné une chanson en exclusivité : Le Bricoleur (boîte à outils) et, de plus, ils chantent en duo Maman, Papa[11].

René Fallet[modifier | modifier le code]

Séduit par les chansons qui passent à la radio, l’écrivain René Fallet va l’écouter un soir aux Trois Baudets. Il en sort ravi et son enthousiasme le pousse à publier un article dithyrambique dans Le Canard enchaîné du  : « Allez, Georges Brassens ! »

« La voix de ce gars est une chose rare et qui perce les coassements de toutes ces grenouilles du disque et d’ailleurs. Une voix en forme de drapeau noir, de robe qui sèche au soleil, de coup de poing sur le képi, une voix qui va aux fraises, à la bagarre et… à la chasse aux papillons. »

Touché, Brassens lui écrit pour le remercier et lui demander de venir le voir aux « Baudets ». Leur rencontre sera le début d’une amitié qui durera le restant de leur vie.

Pierre Nicolas[modifier | modifier le code]

Son second roman, La Tour des miracles, est publié en juin, aux éditions des Jeunes Auteurs réunis, dirigées par Jean-Pierre Rosnay, qui est aussi l'auteur de la préface. Son premier album, Georges Brassens chante les chansons poétiques (… et souvent gaillardes) de… Georges Brassens, sort chez Polydor en octobre. Devenu vedette, il triomphe en tête d’affiche de Bobino (16 au 29 octobre 1953).

En 1954, c'est au tour de l’Olympia (23 février au 4 mars et du 23 septembre au 12 octobre). Pour cette grande scène, il fait appel à Pierre Nicolas pour l’accompagner à la contrebasse, marquant ainsi le début d’une collaboration qui durera presque trente ans. Le bassiste sera désormais de toutes les scènes et de tous les enregistrements. Bobino (du 25 novembre au 15 décembre) achève cette année qui a vu la publication, en octobre, de La Mauvaise Réputation, recueil où sont réunis des textes en prose et en vers, dont une pièce de théâtre : Les Amoureux qui écrivent sur l’eau.

Gibraltar[modifier | modifier le code]

Avec le succès, l’argent commence à rentrer et il faut faire face à la gestion du métier. En 1954, Pierre Onténiente, le copain de Basdorf, a accepté de l’aider sans contrepartie pour s’occuper de ses affaires. Avant de franchir le pas plus avant, il fait son apprentissage auprès de Ray Ventura, l'éditeur de Georges.

En 1955, Brassens fait l’acquisition de la maison des Planche et de celle qui lui est mitoyenne pour l’agrandir. L’eau et l’électricité installées, il la leur offre. La vie continue comme avant. Cette même année il rencontre Paul Fort, poète qu’il admire et qu’il a chanté à ses débuts (Le Petit Cheval[note 14], sur son deuxième disque 78 tours deux titres). Avant sa tournée en Afrique du Nord et son passage à l’Ancienne Belgique, à Bruxelles, il compose des musiques sur deux autres de ses poèmes : Comme hier et La Marine[note 15] en vue de son nouveau passage à l’Olympia (du 6 au 27 octobre). La nouvelle station de radio, Europe 1, qui vient d’apparaître sur les ondes, est un événement important dans sa carrière. C’est la seule qui diffuse ses chansons interdites sur les radios d’État. En 1956, Brassens sera animateur sur Europe 1[note 16].

Prêt à se consacrer à son ami, Pierre Onténiente quitte son emploi en janvier 1956. Son baptême du feu : le prochain passage à Bobino de l’artiste (27 janvier – 16 février). Entre-temps, à la demande de René Fallet, Brassens a accepté, par amitié, de faire l’acteur aux côtés de Pierre Brasseur et Dany Carrel. Le roman de son ami, La Grande Ceinture, est adapté à l’écran par René Clair. Il s’intitulera Porte des Lilas. Dans cette affaire, Onténiente y gagnera son sobriquet de « Gibraltar ». Le trouvant aussi résistant qu’un roc quand il défend les intérêts de son « protégé », le réalisateur le compare au Rocher de Gibraltar. Friand de surnoms, Brassens l’adopte pour dénommer son ami et, désormais, secrétaire-imprésario. Trois chansons arrivent à point pour illustrer le film : Au bois de mon cœur, L'Amandier et Le Vin[note 17].

En 1957, Brassens et Gibraltar créent les éditions 57.

Moulin de la Bonde[modifier | modifier le code]

photographie représenatnt le mouylin de la bonde
Moulin de La Bonde

La maison de Jeanne, impasse Florimont, est toute petite. Pour vivre comme il l'entend, il jette son dévolu, en 1958, sur le moulin de La Bonde, au bord du Ru de Gally, à l'extérieur du village de Crespières, en Seine-et-Oise (dans les Yvelines actuelles). Il s'y rend souvent pour, entre autres, y honorer grandement l’amitié des copains d’enfance : Victor Laville, Émile Miramont, Henri Colpi, Roger Thérond ; de ceux de Basdorf : René Iskin, André Larue ; des anars du Libertaire ; des amis du monde de la chanson et du spectacle : Marcel Amont, Guy Béart, Georges Moustaki, Jacques Brel, Pierre Louki, Jean Bertola, Boby Lapointe, Lino Ventura, Raymond Devos, Jean-Pierre Chabrol, Bourvil (en voisin), Fred Mella (soliste des Compagnons de la chanson) et bien d’autres. Fidèles, jusqu’à la fin. Seule Jeanne refusera de venir au moulin.

Dorénavant, il cesse de se produire dans les cabarets pour alterner les tours de chant entre Bobino et l’Olympia. Il poursuit ses tournées à l’étranger (1958 : Suisse, Rome, 1959 : Belgique, Afrique du Nord, 1961 : Québec, etc.).

Les années soixante : honneurs et douleurs[modifier | modifier le code]

Jacques Charpentreau écrit le premier ouvrage sur le chanteur : Georges Brassens et la poésie quotidienne de la chanson[12].

En 1961, il sort un disque en hommage à Paul Fort, mort l’année précédente, disque où sont réunis les sept poèmes qu’il a mis en musique[note 18].

Georges Brassens sur scène en 1964.

En avril 1962, il fête à Bobino ses dix ans de carrière. Le 15 mai, il monte un spectacle en hommage à Paul Fort, au théâtre Hébertot. Le 5 décembre, jour de la première à l’Olympia avec Nana Mouskouri, il souffre d’une crise de coliques néphrétiques. Sur l’insistance de Bruno Coquatrix, il honore les dates prévues à partir du lendemain jusqu’au 24 décembre. Chaque soir, une ambulance l’attend. À la suite de cette douloureuse expérience, il ne retournera plus à l’Olympia[note 19]. Le 31 décembre, il apprend la mort de sa mère. Le jour même, il se rend à Sète puis regagne Marseille pour se produire à l’Alcazar. « Pour la première fois, ce soir, elle me voit chanter » dit-il[13].

Le prix Vincent Scotto, décerné par la SACEM, gratifie Les Trompettes de la renommée, de meilleure chanson de l'année 1963. En octobre, le numéro 99 de la très sélective collection Poètes d’aujourd’hui, qui paraît chez les libraires, est consacré à Georges Brassens. Quand l’éditeur, Pierre Seghers, lui avait fait part de ce projet, Brassens accepta à condition que son ancien professeur de français, Alphonse Bonnafé, soit l’auteur du texte[14]. Brassens est ainsi le second auteur de chansons (après Léo Ferré), à figurer dans cette collection. Dans son journal, René Fallet écrit :

« C’est le triomphe enfin avoué et officiel de ceux qui, voilà dix ans, criaient au poète pour les sourds[15]. »

Georges Brassens sur scène en 1964.

Dix ans se sont écoulés depuis la parution de son premier album — neuf ont paru, quatre-vingts chansons ont été enregistrées. Pour marquer cet anniversaire, un coffret de six 33 tours 30 cm, Dix ans de Brassens, est mis en vente. Le 6 novembre, Georges Brassens se voit honoré pour cet ouvrage, par l’Académie Charles-Cros, en recevant le Grand Prix international du disque 1963 des mains de l’écrivain Marcel Aymé.

Souffrant de calculs rénaux depuis plusieurs mois déjà, les crises de coliques néphrétiques deviennent plus aigües. Il subit une opération des reins à la mi-janvier. Après une longue convalescence, il est à nouveau sur les planches de Bobino en septembre.

Les Copains d’abord[modifier | modifier le code]

Le film d’Yves Robert, Les Copains, sort en 1965. Pour le générique, Brassens a composé une chanson : Les Copains d’abord[note 20]. Le succès qu’elle rencontre est tel qu’il rejaillit sur les ventes de son premier album 33 tours 30 cm et sur son triomphe à Bobino (du 21 octobre au 10 janvier 1965) avec, en alternance, Barbara[note 21], Serge Lama, Michèle Arnaud, Brigitte Fontaine ou Boby Lapointe. L'une de ses nouvelles chansons, Les deux oncles, où il renvoie dos à dos les deux camps de la Seconde Guerre mondiale pour exprimer l’horreur que lui inspire la guerre, jette le trouble et lui vaut des inimitiés chez certains de ses admirateurs[16].

Louis Brassens, lui non plus, n’aura jamais vu son fils sur scène ; il meurt le et Marcel Planche, quant à lui, le 7 mai suivant.

Lors d’une émission radiophonique (Musicora), diffusée en direct du théâtre de l'ABC le 12 octobre, Georges Brassens réalise un rêve : chanter avec Charles Trenet[note 22]. Ils renouvelleront cette expérience pour une émission télévisée (La La La), en mars 1966. L’estime qu’ils se portent est réciproque, mais Trenet garde ses distances. « C’est le grand regret de Georges. S’il y en avait un qu’il aurait vraiment aimé fréquenter, c’est bien Trenet. Or il s’est trouvé que Trenet […] n’a rien fait pour aller vers Georges. »[17]

Pour rompre sa solitude, Jeanne se remarie à 75 ans, le , avec un jeune homme de 37 ans. Contrarié par ce mariage, Brassens quitte l'impasse Florimont pour emménager dans un duplex près de la place Denfert-Rochereau[note 23]. Jacques Brel, qu’il a connu aux « Trois Baudets » en 1953, est son voisin ; il s’apprête à faire ses adieux sur la scène de l’Olympia. Par amitié, Brassens écrit le texte du programme de cet événement. Du 16 septembre au 22 octobre, Georges Brassens se produit sur les planches du théâtre national populaire (TNP) avec Juliette Gréco qui en assure la première partie[note 24]. Chaque soir, il présente sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète et fait part de son Bulletin de santé — en réponse aux rumeurs distillées par une certaine presse — et pour faire bonne mesure, il exprime le peu de bien qu'il pense des mouvements politiques de toutes sortes[évasif] dans Le Pluriel.

Habitué à souffrir de ses calculs rénaux, il a laissé passer le temps. Au mois de mai 1967, une nouvelle crise l’oblige à interrompre une tournée pour subir une deuxième opération des reins. Le 8 juin, parrainé par Marcel Pagnol et Joseph Kessel, l'Académie française lui décerne le Grand Prix de poésie pour l’ensemble de son œuvre. Brassens en est honoré, mais pense ne pas le mériter.

« Je ne pense pas être un poète… Un poète, ça vole quand même un peu plus haut que moi… Je ne suis pas poète. J’aurais aimé l’être comme Verlaine ou Tristan Corbière[18]. »

René Fallet sort à son tour un livre sur son ami, aux éditions Denoël.

Après Mai 68, quand on lui demande ce qu’il faisait pendant les événements, il répond malicieusement : « Des calculs ! »[19]

Le 24 octobre, avec son ami Fallet, il est au chevet de Jeanne qui meurt faute d’avoir pu surmonter le choc de son opération de la vésicule biliaire. Elle avait 77 ans.

Le , à l'initiative du magazine Rock & Folk et de RTL, Georges Brassens, Léo Ferré et Jacques Brel sont invités à débattre autour d'une table.

Cette année-là, il franchit les limites du quatorzième arrondissement pour emménager dans une maison du quartier Saint-Lambert[note 25]. Bobino l'attend à nouveau à partir du 14 octobre.

En décembre, pour satisfaire à la demande de son ami sétois, le cinéaste Henri Colpi, il enregistre la chanson écrite par ce dernier et composée par Georges Delerue pour illustrer le film dans lequel joue Fernandel : Heureux qui comme Ulysse[note 26].

Les années soixante-dix : Bretagne et Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

En 1971, il compose également la musique du film de Michel Audiard, Le drapeau noir flotte sur la marmite, adaptation du roman de René Fallet : Il était un petit navire et apparait dans Italiques pour parler de son admiration pour le livre, Le greffier, de l'écrivain Louis Nucera[20].

La maison de Brassens au Craclais, à Lézardrieux en Bretagne.

Dans ces années là, le grand auteur-compositeur qu'il est, découvert par Jacques Canetti, s'en remet à un Lyonnais, Jean Bertola, pour ses tournées et son secrétariat.

Lézardrieux[modifier | modifier le code]

À la suite des vacances passées à Paimpol, chez le neveu de Jeanne, depuis les années cinquante, Georges Brassens apprécie la Bretagne. Michel Le Bonniec lui a trouvé une maison sur les rives du Trieux, à Lézardrieux[21] : « Ker Flandry ». Le moulin de Crespières est mis en vente en début 1970. À la demande de Brassens, « Gibraltar » et son épouse viennent habiter la maison de l’impasse Florimont[22].

Brassens a 50 ans et vingt ans de carrière. Un autre tour de chant l’attend à Bobino avec Philippe Chatel, Maxime Le Forestier, Pierre Louki, en alternance (10 octobre 1972 au 7 janvier 1973). Avec la chanson Mourir pour des idées il répond aux réactions mitigées envers sa chanson Les Deux oncles. Le 30 octobre 1972, il participe à une soirée spéciale contre la peine de mort au Palais des sports de Paris. À partir du , il entame ses dernières tournées françaises. Il passe au théâtre municipal de Sète, le . Cette année-là, il fait son entrée dans Le Petit Larousse.

Répondant à l’invitation de Colin Evans, professeur de français à l’University College de Cardiff, en Pays de Galles, Brassens donne deux récitals au Shermann Theatre le [note 27].

Le , il s’installe à Bobino pour cinq mois. Il présente les nouvelles chansons de son dernier album, dont celle qui lui donne son nom : Trompe-la-mort.

« C’est pas demain la veille, bon Dieu, de mes adieux. »

Le , jour de la dernière, personne ne se doute qu’il ne foulera plus jamais les planches de son music-hall de prédilection.

Saint-Gély-du-Fesc[modifier | modifier le code]

La tombe de Georges Brassens au cimetière de Sète.

D'inquiétantes douleurs abdominales de plus en plus vives l’amènent à se faire examiner. Un cancer de l’intestin est diagnostiqué et se généralise. Il est opéré à Montpellier, dans la clinique du docteur Bousquet en novembre 1980. L'année suivante, une nouvelle opération à l’hôpital américain de Paris lui accorde une rémission qui lui permet de passer l'été dans la propriété des Bousquet, à Saint-Gély-du-Fesc, au nord de Montpellier. Retour à Paris et séjour à Lézardrieux.

Hormis les disques de ses chansons arrangées en jazz — dans lequel il est à la guitare auprès de prestigieux jazzmen — en 1979 et celui en faveur de Perce-neige, l’association de son ami Lino Ventura, sur lequel il chante les chansons de son enfance en 1980 et sans oublier son rôle du hérisson dans le conte musical Émilie Jolie de Philippe Chatel en 1979, il n’a pas enregistré d’album depuis cinq ans. Pourtant, près de quinze chansons sont prêtes, quinze autres en gestation. Il échafaude le projet de les graver, mais ne pourra le mener à bien. Après sa mort, Jean Bertola acceptera de les chanter. L’album sera un succès commercial et sera récompensé par l’académie Charles-Cros.

Ultime satisfaction, la peine de mort — contre laquelle il avait écrit Le Gorille, fait des galas, manifesté, signé des pétitions — est abolie le .

Revenu dans la famille de son chirurgien, à Saint-Gély, il fête son soixantième anniversaire[23].

Il meurt dans la nuit du jeudi 29 octobre 1981, à 23 h 15. Georges Brassens est inhumé à Sète, le matin du samedi 31, dans le caveau familial dont la pierre tombale porte une croix, au cimetière Le Py[note 28]. Le choc de sa mort est immense dans toute la France. En ouverture du journal télévisé du 30 octobre[24], sur Antenne 2, Patrick Poivre d'Arvor, visiblement ému, déclare  :

« On est là, tout bête, à 20 ans, à 40, à 60… On a perdu un oncle. »

Joha Heiman mourra le et sera enterrée à ses côtés.

Lui qui avait comme modèle de réussite Paul Misraki, parce qu'il était chanté partout sans être connu du grand public, ne se doutait pas qu'un jour il accéderait à la renommée internationale. On lui a consacré aujourd'hui plus de cinquante thèses, on le chante partout : au Japon, en Russie, en Amérique du Nord, en Italie, en Espagne, etc. Au total, il est traduit dans une vingtaine de langues.

Postérité[modifier | modifier le code]

Parmi les innombrables auteurs-compositeurs-interprètes durablement influencés par Georges Brassens, on peut citer Georges Moustaki (qui, en hommage, choisira de porter le même prénom), Maxime Le Forestier, Pierre Perret, Renaud, Yves Duteil, Francis Cabrel et Fabrizio De André.

Lieux portant son nom[modifier | modifier le code]

En France, de très nombreux établissements scolaires, salles de spectacle, parcs et jardins, espaces publics, voies, portent le nom de Georges Brassens, dont, à Paris, le Square Georges-Brassens, tout proche de sa maison de la rue Santos-Dumont[note 29], ou encore le foyer Georges Brassens à Beaucourt (Franche-Comté), lieu de divers spectacles. Il existe également une place Georges-Brassens (Georges-Brassens-Platz) à Basdorf en Allemagne, et la bibliothèque municipale de cette ville porte son nom.

Discographie[modifier | modifier le code]

Les textes d'autres auteurs[modifier | modifier le code]

Tout au long de sa carrière, Brassens aura repris, mis en chansons et interprété ou simplement dit les textes de nombreux poètes. Parmi eux :

Hommages à Brassens (en chansons)[modifier | modifier le code]

Après la mort de Brassens :

DVD[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1954 : Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros pour la chanson, Le Parapluie.
  • 1958 : « Bravo du Music-Hall », décerné par l'hebdomadaire, Music-Hall au chanteur le plus populaire de l'année.
  • 1963 : Prix Vincent Scotto, décerné par la SACEM, pour Les Trompettes de la renommée, désignée meilleure chanson de l'année.
  • 1967 : le Grand Prix de poésie lui est décerné pour l’ensemble de son œuvre, par l'Académie française, le 8 juin.
  • 1974 : la Monnaie de Paris frappe une médaille à son effigie.
  • 1975 : Grand Prix de la ville de Paris.
  • 1979 : Prix de l’Académie du disque français — association sous la haute autorité du président de la République —, remis en décembre par le maire de Paris, Jacques Chirac, à Moustache et à Georges Brassens pour l’album Georges Brassens joue avec Moustache et Les Petits Français.
    • « Trophée Numéro 1 » remis par la station de radio, Europe 1 pour l’album Georges Brassens joue avec Moustache et Les Petits Français.
  • 2012 : le chanteur est l'effigie d'une pièce de 10 € en argent éditée en 2012 par la Monnaie de Paris, pour la collection « Les Euros des Régions » afin de représenter sa région natale, le Languedoc-Roussillon.

Festivals[modifier | modifier le code]

Chaque année, des artistes se réunissent pour rendre hommage à Georges Brassens.

Charavines[modifier | modifier le code]

Depuis 1995, les premiers week-ends d'août, organisé par les bénévoles de l'association « Vivre à Chirens », le Festival Brassens de Charavines est le plus ancien de France. Il propose quatre soirées musicales dont trois grands spectacles cabaret 100 % Georges Brassens. Dans une grande et très belle salle décorée en cabaret, une trentaine d'artistes excellents dans leurs interprétations très variées de l’œuvre de l'ami Georges. Les festivaliers ont librement accès aux expositions et aux après-midi musicaux en plein air.

Vaison-la-Romaine[modifier | modifier le code]

Depuis 1997, dernière semaine d'avril, organisé à Vaison-la-Romaine par Les Amis de Georges Brassens. Son initiateur, Georges Boulard, passionné de Brassens, a réuni les proches du chanteur pour créer un festival-témoignage avec conférences, expositions, concerts d'artistes multiples, connus ou non. Le festival s'est développé avec le temps et les répertoires se sont diversifiés, mais on est certain d'y entendre chaque année de la chanson de qualité et plusieurs concerts consacrés à Brassens.

Basdorf[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, à la mi-septembre, organisé par Les Amis des Amis de Georges, 4 jours d'un festival essentiellement dédié à Brassens. Initié par la visite anniversaire de 2004, au cours de laquelle Georges Boulard a emmené René Iskin et les copains survivants du STO chanter Brassens sur les lieux où ont été écrits certains des premiers succès.

Rennes et Saint-Brieuc[modifier | modifier le code]

Depuis 2004, le festival Ballade avec Brassens a lieu en septembre, en alternance entre Rennes et Saint-Brieuc. En 2010, cent groupes (trois cents personnes environ) avec des instruments divers et parfois sans instrument ont repris plus ou moins fidèlement les chansons du plus célèbre des Sétois, avec un franc succès au niveau de l'affluence comme à chaque édition.

L'Intégrale Brassens Paris, 9e[modifier | modifier le code]

Cet événement a lieu depuis 2006, la dernière semaine complète du mois d'octobre, à la Salle Rossini, mairie du 9e arrondissement de Paris, 6 rue Drouot. Toutes les chansons (y compris posthumes et inédites) de Brassens sont interprétées par différents artistes, dans un ordre proche de l'ordre chronologique, en neuf soirs de spectacle - avec toujours un hommage à un autre auteur. L'événement fut orchestré en 2006 et 2007 par Dimitris Bogdis et Marie Volta, puis par cette dernière de 2008 à 2012, avec le soutien de l'association Le Grand Pan - Intégrale Brassens, née autour du festival. Ce dernier a vu le jour à l'initiative de Dimitris Bogdis (traducteur et interprète de Brassens en grec) et Marie Volta (auteur, compositeur, et interprète de Brassens)[29].

Soucieu-en-Jarrest[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, ce festival a lieu à Soucieu-en-Jarrest le dernier week-end de mai et se nomme le « festival des fils de Georges ». Sur trois jours se produisent des artistes chantant Brassens et ceux qui se réclament « fils de Georges ». Des guinguettes sont mises en place dans lesquelles les chansons du Sétois sont interprétées de différentes façons et ce festival de chansons à développement durable se trouve ainsi en harmonie avec le respect de la nature dans une grande fraternité[30].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliographie de Georges Brassens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. 54, rue de l’Hospice, aujourd’hui : 20, rue Georges-Brassens.
  2. Née Dagrosa
  3. Actuellement lycée Paul-Valéry
  4. Parmi les biographies de ses copains d'enfance, on peut citer celle d'Émile Miramont dit Corne d’aurochs, Brassens avant Brassens – De Sète à l’impasse Florimont ou Victor Laville, Christian Mars, Brassens, Le Mauvais sujet repenti.
  5. Certaines sources indiquent qu'il aurait écopé de quinze jours avec sursis, d'autres de six mois ou d'un an toujours avec sursis .
  6. 173, rue d’Alésia.
  7. Expression populaire pour : à la légère.
  8. Du 6 au 21 mars 1944. Dates mentionnées sur sa fiche de contrôle de permissionnaire, visée à Paris IXe, datée du .
  9. Brassens a connu Émile Miramont à 9 ans, à l'école communale de Sète. Brassens l'a surnommé « Corne de roc » puis « Corne d'aurochs », pour mieux l’accorder avec le parti préhistorique. Il utilisera ce sobriquet pour le titre de la chanson vengeresse composée au sujet de son abandon.
  10. 13-15 rue du Mont Cenis.
  11. Il s'agit de l'orchestre de Léo Clarens, qui les accompagne dans un disque Philips où ils chantent en duo Maman Papa et La Légende de la nonne.
  12. Il s’agit du sixième 78 tours deux titres de Georges Brassens. Sous le titre Le Parapluie, la première édition mentionne : du film Rue de l’Estrapade. La deuxième édition ajoute : Grand prix du disque 1954 « Académie Charles Cros ». La chanson Le Fossoyeur est gravée sur l’autre face (Polydor – 560.436).
  13. En 2011, un jeune homme de 27 ans est condamné à Cherbourg à 200 euros d'amende et 40 heures de travaux d'intérêt général pour outrage à agents après avoir chanté Hécatombe à sa fenêtre. Sources : "Brassens : les cas tombent" sur lesmotsontunsens.com
  14. Titre original : Complainte du petit cheval blanc.
  15. Titre original : L’Amour marin.
  16. Émission Le Ring, LCI, 16 mars 2011.
  17. Contre toute attente, la chanson Les Lilas, composée lors de cette aventure cinématographique, n’est pas chantée dans le film. Par ailleurs, on entend, en valse musette, une musique qui sera utilisée en 1960 pour Embrasse-les tous (relevé dans l’article de Philippe Lucas paru dans le numéro spécial de la revue Les Amis de Georges consacré au film Porte des Lilas).
  18. Hommage à Paul Fort, 45 tours, Philips (MEDIUM 432.556 BE). Un 33 tours, sera édité en 1972, pour le centième anniversaire de sa naissance (voir discographie/Autres enregistrements).
  19. sauf le , pour une soirée au profit de Serge Lama, victime d’un accident de la route.
  20. 45 tours de la bande originale du film Les Copains, orchestre dirigé par André Girard, Philips (437.004 BE), novembre 1964.
  21. Le , la chanteuse avait reçu le Grand Prix du disque de l'Académie Charles-Cros pour l'album, Barbara chante Brassens.
  22. Ils s’étaient déjà rencontrés une première fois en 1960 ; Brassens était venu le voir au théâtre de l'Étoile à Paris.
  23. Immeuble « Le Méridien », 7-9 rue Émile-Dubois, XIVe.
  24. Enregistré, ce spectacle sera édité trente ans plus tard (voir Discographie/Enregistrements publics).
  25. Maison située au 42, rue Santos-Dumont.
  26. La chanson a été éditée sur un 45 tours deux titres chez Philips (6009 007) 1968.
  27. Un disque est enregistré et commercialisé sur les territoires anglais et français. Ce sera le seul enregistrement public édité du vivant du chanteur (voir Discographie/Enregistrements publics).
  28. Les Sétois le désignent comme « le cimetière des pauvres ». Il est surnommé « le ramassis ». À défaut de dominer la Méditerranée, il donne sur l'étang de Thau.
  29. Quelques exemples :
    * la rue Georges-Brassens à Sète, rue de la maison familiale, actuellement au numéro 20. À l'époque de sa naissance, elle s'appelait rue de l'Hospice. Brassens en parle dans sa chanson Jeanne Martin ;
    * le parc Georges-Brassens, à Paris. Georges Brassens a vécu l'essentiel de sa vie parisienne à quelques centaines de mètres de là, au 9, impasse Florimont, puis au 42, rue Santos-Dumont ;
    * le marché couvert de Brive-la-Gaillarde où se déroule l'action de la chanson Hécatombe ;
    * la rue Georges-Brassens à Paimpol (Côtes-d'Armor). À l'angle de cette rue se trouve le bar où il aimait venir (rebaptisé après sa mort « Les Copains d'abord ») ;
    * la rue Georges Brassens à Lézardrieux (Côtes-d'Armor), rue de sa maison bretonne nommée Ker Flandry ;
    * station Georges-Brassens, sur la ligne 3 du tramway parisien ;
    * de nombreux établissements scolaires Georges-Brassens, dont des lycées à Neufchâtel-en-Bray, Rive-de-Gier, Paris, Bagnols-sur-Cèze, Saint-Denis, Courcouronnes, Villeneuve-le-Roi à Villepinte, Sainte Clotilde et à la Réunion, des collèges à Santeny, Épouville, Lattes, Narbonne, Marignane, Sevran, Le Rheu, Pont-Évêque (Isère), Ydes (Cantal), Montastruc-la-Conseillère (Haute-Garonne) et Saint-Mard (Seine-et-Marne) ou des écoles à Toulenne (Gironde), Guyancourt (Yvelines) et Languidic (Morbihan) ;
    * le passage Georges-Brassens à Montbard en Côte-d'Or ;
    * l'allée Georges-Brassens à Échenoz-la-Méline (Haute-Saône) ;
    * les rues Georges-Brassens à Alès (Gard), Capestang (Hérault), Basse-Goulaine (Loire Atlantique), Goincourt (Oise), Loon-Plage, Wallers (Nord), Beynes (Yvelines), Pau (Pyrénées-Atlantiques), dans le prolongement de la rue Paul Fort et à Crespières (Yvelines) ;
    * le parc Georges-Brassens à Massy ;
    * le centre culturel et social Georges-Brassens à Saclay (Essonne) et Domont (Val d'Oise) * le centre d'action culturelle Georges-Brassens à Mantes-la-Jolie (Yvelines)
    * la place et l'avenue Georges-Brassens à Blagnac (Haute-Garonne) ;
    * les salles Georges-Brassens à Lézardrieux (Côtes-d'Armor), Givors (Rhône-Alpes) ou Feytiat (Haute-Vienne) ;
    * la médiathèque Georges-Brassens à Drancy (Seine-Saint-Denis) ;
    * la bibliothèque Georges-Brassens à Chambéry (Savoie) ;
    * le centre culturel Georges-Brassens à Saint-Martin-Boulogne (Pas-de-Calais) ;
    * la place Georges-Brassens à Liffré (Ille-et-Vilaine) ;
    * le foyer Georges-Brassens à Beaucourt (Territoire de Belfort) ;
    * la rue Georges Brassens à Plan-de-Cuques (Bouches-du-Rhône)…

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Georges_Brassens/110030
  2. Cité par Martin Monestier, Pierre Barlatier, Brassens, le livre du souvenir, éd. Tchou, 2006, page 35.
  3. Ibidem, page 36.
  4. Martin Monestier et Pierre Barlatier, Brassens, le livre du souvenir, éd. Tchou, 2006, page 56.
  5. Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éd. Fayard/Chorus, 2006, page 91.
  6. a, b et c Georges Brassens : Œuvres complètes, Le Cherche midi, coll. « Voix publiques »,‎ 2007 p. 1035
  7. Une lettre au maire de Sète pour s'émouvoir de l'orthographe Pupchen.
  8. Témoignage de Pierre Onténiente recueilli par Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éd. Fayard/Chorus, 2006, page 91.
  9. Témoignage de Patachou recueilli par Victor Laville et Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, éd. L’Archipel, 2006, page 136.
  10. Chanter peut être un délit sur lepoint.fr
  11. voir Discographie / Reprises
  12. Voir Bibliographie/Les trois premiers ouvrages consacrés à Georges Brassens.
  13. Cité par Gérard Lenne, Georges Brassens, le vieil indien, éd. Albin Michel, 2001, page 62.
  14. Témoignage de Pierre Onténiente in, Brassens, le regard de Gibraltar, Fayard/Chorus, 2006, pages 174-175.
  15. Extrait du Journal de A à Z sur Brassens de René Fallet, in Brassens, éd. Denoël, octobre 2005, page 128.
  16. Voir par exemple cet article de journal, écrit en 1964 par un militant engagé, André Calvès, en critique de la chanson "Les deux oncles"
  17. Témoignage de Pierre Onténiente in, Brassens, le regard de Gibraltar, Fayard/Chorus, 2006, pages 197.
  18. Cité par Jean-Paul Liégeois in, Georges Brassens - Œuvres complètes, coll. Voix publiques, éd. Le Cherche-Midi, mars 2007, page 633.
  19. Victor Laville, Christian Mars, Brassens, le mauvais sujet repenti, éd. l’Archipel, 2006, page 188.
  20. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 8 novembre 1971
  21. Site de la mairie de Lézardrieux
  22. Jacques Vassal, Brassens, le regard de « Gibraltar », éd. Fayard/Chorus, 2006, page 264.
  23. Voir sur Dailymotion.
  24. JT du 30 octobre 1981
  25. Lorsqu'il a francisé son nom, Moustaki a choisi le prénom de Georges par admiration pour Brassens.
  26. http://www.proyectokrahe.org/index.php/El_rinc%C3%B3n_de_Brassens
  27. http://www.elconfidencial.com/cultura/2013/01/05/pongamos-que-hablo-de-brassens-112303
  28. Diffusé le sur TF1. Réalisation : Marion Sarraut.
  29. Site du festival Intégrale Brassens
  30. Site du festival

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Exposition rétrospective « Brassens », du 24 mars au 1er septembre 2013, château de Malbrouck à Manderen, site Moselle Passion du Conseil Général de la Moselle
  • Exposition du 15 mars au 21 août 2011 : « Georges Brassens ou la liberté », à la Cité de la musique à Paris ; Joann Sfar était le commissaire de l’exposition.
  • Exposition à l'Espace Georges Brassens de Sète.
  • Les journées Georges Brassens 2011, samedi 8 et dimanche 9 octobre, Parc Georges Brassens, manifestation organisée par l'ACE 15 Association Culturelle et Événementielle du XVe arrondissement de Paris avec le soutien de la Mairie du XVe et du Ministère de la Culture.
  • Prix littéraire Georges Brassens

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]