Sacha Distel

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Sacha Distel

Surnom Sacha
Nom Sacha-Alexandre Distel
Naissance
Paris Drapeau de la France France
Décès (à 71 ans)
Rayol-Canadel-sur-Mer Drapeau de la France France
Genre musical Chanson française
Cool jazz
Jazz
Instruments guitare
Site officiel http://www.sachadistel.com

Sacha-Alexandre Distel, dit Sacha Distel, est un guitariste de jazz, compositeur et chanteur français d'origine russe, né à Paris le et mort au Rayol-Canadel-sur-Mer le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est d'origine russe par son père, Leonid Distel, chimiste russe émigré. Par sa mère, Andrée Ventura[1], Sacha Distel est le neveu de Ray Ventura.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est caché comme 13 autres enfants juifs[2] par Constant Domaigné au collège de l'Immaculée-Conception de Laval. Il y est enregistré sous le nom d’Alexandre Ditel, afin d'éviter la curiosité des militaires allemands présents dans les locaux du collège. Il avait comme correspondante : Fernande Chaboche à La Baconnière, employée de maison chez les Distel : c’est elle a qui a été confié l’enfant par ses parents en février 1943, et qui l'a élevé pendant cette période. Il l’appelait sa marraine. Il reste au collège jusqu'à la Libération de Laval en août 1944.

Il commence par être guitariste de jazz dans les boîtes de Saint-Germain-des-Prés. Il fait ses débuts de chanteur en 1958 au casino d'Alger. Après une idylle avec Brigitte Bardot, il épouse en 1963 la skieuse Francine Bréaud avec qui il aura deux fils, Laurent (1964) et Julien (1967).

Bercé par les accords des « Collégiens », éduqué par les plus grands, poussé par Ray Ventura, Stan Getz, Django Reinhardt et bien d'autres, à la fin des années 1950, il va devenir un grand guitariste de jazz français. Il joue avec Stéphane Grappelli, Roger Guérin, Maurice Vander, et Michel Portal, John Lewis, Lionel Hampton.

L'éveil[modifier | modifier le code]

Grâce à son oncle Ray Ventura, qu’il prenait comme modèle, Sacha Distel s’intéressa progressivement au jazz. « L’oncle Raymond » était en effet tombé dans le chaudron dès son plus jeune âge. L’Original Dixieland Jass Band qui marqua le début officiel du style n’existait que depuis quelques années quand Raymond Ventura monta son propre orchestre au lycée. Il eut vite à cœur de promouvoir ce courant musical durant les années 1930 et contribua à la percée du « swing » en France. Sacha Distel était à bonne école, lorsque son oncle s’installa à Paris avec « ses Collégiens » et qu’il put assister aux diverses répétitions et enregistrements de l’orchestre. Vite absorbé par cette nouvelle mouvance entraînante, il délaissa le piano pour des contrées sonores plus excitantes que semblait offrir la guitare. C’est avec Henri Salvador et son installation dans un studio proche de l’appartement de la rue Erlanger en 1947 que le guitariste prit définitivement le pas sur le lycéen. Chargé d’amener l’étoile montante de Ray Ventura aux studios de Neuilly, le jeune Sacha devint progressivement un élève de ce dernier. Henri Salvador, dont le succès était déjà palpable, accepta de lui enseigner les rudiments de la guitare, qui lui ouvrirent rapidement les portes du milieu à son tour. La formation des « Noise Makers », de « jeunes gens » du seizième arrondissement de Paris, ne tarda pas à vouloir compter le jeune prodige parmi eux et ce fut le début du succès. Adulé par les jeunes filles du quartier, l’orchestre fut vite l’incontournable des « surprises-parties » avec ses sonorités Jazz Nouvelle-Orléans.

Sacha Distel et les guitares[3][modifier | modifier le code]

La première. Tout a commencé en 1947, après un jeudi en compagnie d’Henri Salvador. Un père consentant et son fils, des étoiles dans les yeux, prêts pour l’acquisition qui détermina toute une vie. Après une heure de sélection et autres réjouissances, c’est une Di Mauro marron clair en bois naturel qui eut raison du jeune Sacha.

Puis sa carrière de musicien de jazz se fit en grande partie avec l'utilisation d'une Gibson type L5-CES à deux micros Alnico, avant qu'il crée « son » modèle de guitare jazz, conçue et fabriquée jusqu'en 1994 par les frères Jacobacci.

Par la suite, on le vit s'accompagnant d'une guitare Ovation.

La découverte du be-bop, un moment décisif[3][modifier | modifier le code]

Les premières heures du succès des « Noise Makers » ne passèrent pas inaperçues. Ray Ventura qui avait eu vent de la chose proposa au jeune Sacha de venir à une soirée à l’Alhambra l’hiver de 1948. Dizzy Gillespie y jouait avec son orchestre, un véritable choc pour l’adolescent. Entouré alors par ceux qui deviendront par la suite des grandes figures du monde de la musique (Bruno Coquatrix, Paul Misraki, André Hornez), Sacha découvre le Be-Bop, persuadé qu’il était en train d’écouter, sans aucun doute, l’avenir de la musique jazz. Dès le lendemain, il tente le tout pour le tout en essayant de rallier les Noise Makers à sa nouvelle quête. Cette tentative scellera la fin de l’orchestre et donnera naissance à deux groupes concurrents : Les irréductibles du New Orleans de Guy Wormser et les aficionados du cool jazz et du be-bop menés par Sacha. C’est en rencontrant Hubert Damisch, un saxophoniste et fan de cool jazz, que Sacha monte le groupe qui lui permettra d’entrer dans la cour des grands. Avec l’aide de Jean-Marie Ingrand (bassiste), Mimi Perrin (pianiste) et Jean Louis Viale (batterie) ils décrochent à la Nuit Du Jazz du Coliséum le prix du meilleur petit orchestre moderne (Hubert et Sacha récoltant, quant à eux, des prix en tant que sax-ténor et guitariste). Le Café restaurant Sully d’Auteuil les engage pour jouer tous les samedis après-midi, Jean-Louis Durand lui propose de l’accompagner pour une tournée en Bretagne. C’est le début de la carrière de musicien de Sacha qui commence alors, le bac en poche l’année d’après.

Admirablement « coaché » à Paris par un Henri Salvador au goût sûr pour les mélodies suaves et les rythmes enjôleurs, Sacha va découvrir le jazz. Il a 19 ans lorsque Ray Ventura l'expédie à New York apprendre l'anglais et le métier d'éditeur. La composition a toujours fait partie des intérêts majeurs de Sacha Distel. Sacha a toujours aimé la scène. Seul, avec guitare ou sans, en groupe, en grand orchestre ou pour une comédie musicale, il n'hésitait guère à monter sur les planches dès qu'il en avait l'occasion (y compris pour la Reine d'Angleterre).

Couronné en 1959 par le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros, il débute à l'écran avec « Les Mordus ». À partir de 1963 (et jusqu'en 1971), il anime des émissions de variétés à la télévision, notamment les « Sacha Show » de Maritie et Gilbert Carpentier, émission qui avait notamment pour auteurs Serge Gainsbourg et Jean Yanne.

Le 28 avril 1985, alors qu'il est au volant, il est victime d'un accident de la route, sur la RN 7 dans la traversée du hameau de Maltaverne (commune de Tracy-sur-Loire, à proximité de Cosne-sur-Loire), à bord d'une Porsche 924 Carrera GT en compagnie de la comédienne Chantal Nobel, alors héroïne du feuilleton télé Châteauvallon. Chantal Nobel, grièvement blessée, en ressort handicapée à vie. Lui-même est légèrement blessé à la tête et sera condamné à un an de prison avec sursis pour blessures involontaires.

Il a tenu le rôle principal dans la comédie musicale Chicago à Londres en 2001.

Il meurt à 71 ans le 22 juillet 2004 des suites d'un cancer du colon qui s'est ensuite généralisé. Il avait survécu précédemment à un cancer de la peau (mélanome) et un cancer de la glande thyroïde[4]. Il repose dans la crypte familiale de la propriété de ses beaux-parents au Rayol-Canadel.

Sacha Distel et Henri Salvador sont les deux seuls chanteurs de variété française à figurer dans le Dictionnaire du Jazz[5].

Citations[modifier | modifier le code]

« Le genre de guitare que je joue est moins populaire que le genre de chansons que je chante. »[6]

« Je me souviens de l'époque où Sacha Distel était guitariste de jazz. », Je me souviens, 43, Georges Perec.

Discographie jazz[modifier | modifier le code]

Enregistrements :

  • Night in Tunisia (avec Jaspar, 1955)
  • Crazy Rhythm (avec L. Hampton, 1955)
  • Bags' Groove (avec John Lewis, 1956)
  • Two Guitar Blues (avec Jean-Pierre Sasson, 1956)
  • Sacha Distel : Jazz d'aujourd'hui, avec Billy Byers, 1956.
  • Olympia Orgy
  • On serait des chats
  • Round about midnight
  • N° 1 For Sacha
  • Thanks Bill
  • Avec ces yeux-là
  • A piece of pizza
  • Blues for Tiny
  • Bobby Jaspar & Sacha Distel quintette 1957.
  • Scotch Bop
  • Everything happens to me
  • Competition
  • Sacha, Bill et Bobby
  • No sad song for Sacha
  • Stop and go
  • Hubert Fol & Sacha Distel Quintette : Jazz Boom, 1954.
  • Half Nelson
  • I'll remember April
  • Sacha Distel : Les 7 Péchés capitaux / L'orgueil, 1961
  • Marina
  • Blue waltz de l'orgueil
  • Sacha Distel : Back to jazz with Slide Hampton, 1968.
  • Felicidade
  • The good life
  • The girl from Ipanema
  • Francine
  • Bird
  • Living room
  • Who can tell me why ?
  • Saki
  • My Own Blues (1983)
  • Jazz sur la Croisette (compilation avec Sacha Distel lors du Jazz festival de Cannes en 1958) - (INA Mémoire vive / Abeille Musique)

Quelques-unes de ses chansons à succès[modifier | modifier le code]

  • Scoubidou (des pommes, des poires...) (1959)
  • La Belle Vie (aussi connue sous le titre anglais The Good Life) (1963)
  • Le Soleil de ma vie (en duo avec Brigitte Bardot) (1973)
  • Toute la pluie tombe sur moi (1970)
  • Le Bateau blanc (1981)
  • L'Incendie à Rio (octobre 1966)
  • Rebecca et moi (octobre 1966)
  • Les Perroquets (mai 1966)
  • Y en a qui font ça (octobre 1966)
  • "Le père de Sylvia" (1977)
  • "Pour une nuit avec toi" (1975)
  • "La vieille dame" (1974)
  • "Toutes les mêmes" (1976)
  • "La pétanque" (1969)
  • La Petite Puce (mai 1966)
  • Monsieur Cannibale (1966)
  • Elles sont futées (1966)
  • Ces mots stupides (1965 - en duo avec Johanna Shimkus)
  • Scandale dans la famille (1965)
  • Ma première guitare (1972)

Singles :

  • La Mer 1991
  • Mesquita 1990
  • Michael et Raïssa 1989
  • Jazzy nostalgie 1988
  • Desperado 1986
  • Viva les bleus 1986
  • Jack et Jo 1985
  • Toi et moi ça ressemble à l'amour 1984
  • Je t'appelle pour te dire je t’aime 1984
  • Venise 1983
  • Parce que je t'aime 1983
  • Donne-moi la main encore 1982
  • Ma femme 1982
  • Toute griffes dehors 1982
  • Tu es sur ma liste 1981
  • Scoubidou 1981
  • On n'est pas des grenouilles 1980
  • Le Bateau blanc 1980
  • On ne peut plus se cacher 1979
  • Une fille beaucoup trop belle 1979
  • Venus 1978
  • Forever and Ever 1978
  • Fou d'amour 1978
  • La Porte d'en face 1977
  • Pour une nuit avec toi 1976
  • Toutes les mêmes 1976
  • Babystar 1976
  • Toi et mes vacances 1972
  • C'est les vacances 1971
  • Moi j'aime pas ça 1971
  • Quand il y en a pour deux il y en a pour trois 1970
  • La Souris et le Rat 1970
  • Amour perdu 1970
  • Ça marche 1969
  • Fi...l...fi c'est fini 1969
  • Les bateaux s'en vont si loin 1969
  • La Pétanque 1969
  • Roméo et Juliette 1968
  • Allez donc vous faire bronzer 1968
  • Quel calamidad el amor 1968
  • Ces mots stupides 1967
  • Les Moustaches 1967
  • Sacha show 1966
  • La Petite Puce 1966
  • L'Incendie à Rio 1966
  • Petit oiseau bleu 1965
  • Chacun garde dans son cœur 1965
  • Love 1965
  • Scoubidou 1965
  • Scandale dans la famille 1965
  • La Chanson orientale 1964
  • Je sais que je t'aime 1964
  • Il tient le monde 1964
  • C'est pas vrai 1963
  • La la song 1963
  • Nous irons à Deauville 1963
  • Bossa nova 1962
  • L'Orgueil 1962
  • J'ai un rendez-vous 1962
  • Loin de toi 1962
  • Les Crocodiles 1962
  • Caterina 1962
  • Guitare et copains 1962
  • Le Boogie du bébé 1961
  • Madam' Madam' 1961
  • Samedi soir 1961
  • Personnalités 1960
  • Succès 1960
  • Mon beau chapeau 1960
  • Les Mordus 1960
  • Bye bye baby 1960
  • Gigi 1959
  • Sacha Distel à la guitare avec John Lewis 1959
  • Garde ça pour toi 1959
  • Scoubidou 1959
  • Altitude 10.500 1959
  • Hommage à Django 1959
  • Oui oui oui oui 1959
  • Brigitte 1958
  • Sacha Distel chante 1957

Filmographie[modifier | modifier le code]

En plus de cinquante ans de carrière, quelques films et des dizaines de shows télévisés.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sacha Distel, Les pendules à l'heure, Paris, M. Lafon, 365 p. (OCLC 17711474)
    Autobiographie de Sacha Distel

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Who's Who in France - Éditions 1991-1992 - Dictionnaire Lafite Paris - 23e édition 1991.
  2. Dont Jean-Marie Houdoux.
  3. a et b www.myspace.com/sachadistelofficiel
  4. Émission de télévision : Vivement Dimanche, 3 février 2013 "Hommage à Sacha Distel"
  5. Philippe Carles, André Clergeat et Jean-Louis Comolli, Dictionnaire du Jazz, Paris, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 27 octobre 1994, 1379 p. (ISBN 2221078225)
  6. Interview télévisé avec Ray Ventura, Sacha Distel
  7. http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=35956.html

Liens externes[modifier | modifier le code]