Théâtre Hébertot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Théâtre Hébertot

Description de cette image, également commentée ci-après

Le théâtre Hébertot en juillet 2006.

Lieu Paris
Coordonnées 48° 52′ 55.5″ Nord 2° 19′ 08″ Est / 48.882083, 2.31889 ()
Inauguration 1838
Nb. de salles 2
Capacité 630 (grande salle)
110 (petite salle)
Anciens noms Théâtre des Batignolles (1838-1907)
Théâtre des Arts (1907-1940)
Direction Danièle et Pierre Franck
Protection  Inscrit MH (1974)
Site web www.theatrehebertot.com

Le théâtre Hébertot est une salle de spectacles parisienne située 78 bis boulevard des Batignolles, dans le 17e arrondissement de Paris.

(M) Ce site est desservi par la station de métro Rome.

Historique[modifier | modifier le code]

Le 10 février 1830 une ordonnance royale sépare en deux communes la ville de Clichy et crée la commune des Batignolles-Monceaux. Dès 1830, la nouvelle municipalité demanda la construction d'une salle de spectacles dans la commune au Ministre de l'Intérieur.

Cette autorisation de construire une nouvelle salle devait tenir compte d'un privilège qu'avait accordé le roi Louis XVIII aux frères Édouard et Jules Sevestre à être les seules personnes pouvant légalement construire et diriger des salles de spectacle dans la banlieue de Paris. Ce privilège leur avait été accordé pour avoir facilité la recherche des restes de Louis XVI et Marie-Antoinette. Les deux frères n'avaient pas l'intention d'abandonner ce privilège bien qu'il ait été contesté.

Programme du théâtre des Arts datant de 1907.

Passant outre à ce privilège, Besançon Souchet fit construire un nouveau théâtre rue Lemercier par l'architecte Torasse, en 1830. Une description de l'époque indique : « d'abord pour donner des fêtes et des bals ... Le plancher, les statues, le parterre, tout est mobile. Une demi-heure suffit à deux hommes pour faire de la salle de bal une salle de spectacle, et vice-versa. »

Souchet demanda alors l'autorisation pour donner une première autorisation que le maire lui accorda. Mais il est condamné à une amende de 500 francs pour ne pas avoir obtenu d'autorisation du ministère de l'Intérieur. Il recommença en juillet, après avoir demandé l'autorisation au ministre. Celui-ci l'accorda après avoir demandé l'avis aux Sevestre. Cependant cette situation était critiquée au ministère de l'Intérieur parce qu'il n'y avait pas de directeur officiel responsable du répertoire. En mai 1833, Souchet est contraint de mettre en vente sa salle de spectacle.

Le 3 juillet 1838, le ministère de l'Intérieur donne l'autorisation officielle de construire un nouveau théâtre sur le boulevard des Batignolles, entre les barrières de Monceaux et de Clichy. Une société au capital de 175 000 francs est constituée par des négociants et des propriétaires de la commune. La construction est confiée à l'architecte Adolphe Azémar (mort en mars 1864) et la direction aux frères Sevestre, détenteurs des privilèges d'exploitation des théâtres de « banlieue » (Montparnasse, Montmartre et Belleville), il fut appelé, de ce fait, à l’origine le théâtre des Batignolles.

En janvier 1842, des habitants déposent une pétition sur le bureau du roi : « ...notre propriété, notre industrie, nos plaisirs même ne sauraient être livrés à la merci des frères Sevestre qui trafiquent à notre détriment des faveurs ministérielles ». En réponse, un arrêté du ministre fait de Sevestre le directeur du théâtre de 1843 à 1857.

La salle végète, puis elle est confiée à MM. Libert et Gaspari avant d'être dirigée par Chotel, artiste, metteur en scène, professeur de déclamation. Les comédiens appartenaient aux troupes qui jouaient alternativement dans les théâtres de Montmartre et des Batignolles. À la mort de Chotel, le théâtre est repris par sa veuve.

Le 13 août 1886, la société gérant le théâtre est déclarée en faillite. La reprise de la gestion du théâtre ne fut pas meilleure, ce qui a failli entraîner la disparition du théâtre.

Le théâtre est repris en 1906 par Maurice Landay qui le rebaptise théâtre des Arts[1] en 1907. Les plus grands acteurs y interprètent le plus grands textes : Sacha Guitry, Léo Delibes, Edwige Feuillère, Georges Pitoëff, Ludmilla Pitoëff, Charles Dullin.

Il acquiert son nom définitif en 1940 sous la direction du dramaturge et journaliste Jacques Hébertot qui le dirige jusqu'à sa mort, le 19 juin 1970. Le théâtre est repris pas son neveu, François Daviel. De santé fragile, il meurt prématurément. Le théâtre revient alors à son héritière, Mme Andrée Delattre.

Le théâtre Hébertot, de nuit.

En 1972, Simone Valère et Jean Desailly tentent de reprendre le théâtre, mais Mme Delattre refuse de renouveler le bail en 1973 à Jean Desailly et le confie à Patrick Barroux qui jouit aussi d'une promesse de vente du fond et des murs du théâtre. Il y fait des travaux importants pour respecter les exigences de la commission de sécurité. Le théâtre ouvre en 1976 sous le nom de théâtre des Arts-Hébertot.

La direction de théâtre est confiée en octobre 1982 à Jean-Laurent Cochet qui tente d'y faire jouer les grandes pièces du répertoire et d'y interpréter des œuvres du patrimoine poétique. Cette expérience s'arrête au bout de deux saisons.

La direction est reprise par Alain de Leuseleuc en 1986, puis par Félix Ascot.

Philippe Caubère y crée deux spectacles en 1988 et 1989.

Doté d'une salle à l’italienne de 630 places, il est dirigé, depuis 2003, par Danièle et Pierre Franck, qui ont créé une seconde salle, le Petit-Hébertot, d'une capacité de 110 places, dont ils ont confié la direction artistique à Xavier Jaillard en mars 2009.

Le théâtre fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 1er août 1974[2].

En 2010, 50 théâtres privés parisiens réunis au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et du Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP), dont fait partie le théâtre Hébertot, décident d'unir leur force sous une enseigne commune : les Théâtres parisiens associés[3].

Programmation[modifier | modifier le code]

Entrée des artistes.
La Femme du boulanger en 2012, avec Michel Galabru.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La façade du théâtre Hébertot sert de décor dans le film La Vénus à la fourrure de Roman Polanski[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nom précédemment employé par le théâtre Antoine entre 1874 et 1881.
  2. « Théâtre des Arts (ancien) , actuellement théâtre Hébertot », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Le théâtre Hébertot sur le site officiel des Théâtres parisiens associés.
  4. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Lemoine, Rodolphe Trouilleux, Des Ternes aux Batignolles, p. 82-84, Délégation à l'Action Artistique de la Ville de Paris, Paris, 1986 (ISBN 2905118040)
  • Geneviève Latour, Florence Claval, Les Théâtres de Paris, p. 149-152, Délégation à l'Action Artistique de la Ville de Paris, Paris, 1991 (ISBN 2905118342)

Liens externes[modifier | modifier le code]