Bourvil

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Bourvil

Description de cette image, également commentée ci-après

Bourvil à l'aéroport d'Amsterdam le 20 mars 1967

Nom de naissance André-Robert Raimbourg
Surnom Bourvil
Naissance
Drapeau de la France France, Prétot-Vicquemare
Nationalité Drapeau de France Français
Décès (à 53 ans)
Paris (XVIe, France)
Profession Acteur
Chanteur
Humoriste
Films notables La Traversée de Paris
La Grande Vadrouille
Le Corniaud
Le Cerveau
Le Cercle rouge

Bourvil, de son vrai nom André Robert Raimbourg[1], est un acteur, chanteur et humoriste français, né le à Prétot-Vicquemare (Seine-Maritime) et mort le à Paris (XVIe).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et début de carrière[modifier | modifier le code]

André Raimbourg, alias Bourvil (ou, de 1940 à 1942, Andrel en référence à Fernandel qu'il admirait[2]), n'a jamais connu son père, Albert Raimbourg (1889-1918), tué durant la Première Guerre mondiale. Il passa son enfance avec sa mère, Eugénie Pesquet (1891-1970), et le nouveau mari de celle-ci, un agriculteur nommé Ménard, dans le village de Bourville. Il eut ainsi un demi-frère, Marcel Ménard, futur maire de Bourville. Son cousin germain, Lucien Raimbourg, étant déjà dans le métier, il prit un nom de scène afin d'éviter toute confusion et choisit « Bourvil » en référence au village de son enfance. Il sera parfois nommé « André Bourvil » (il existe d'ailleurs un « Théâtre André Bourvil » à Paris, XIe arrondissement). C'est sous ce nom qu'il apparaît au générique et à l'affiche de l'avant-dernier film qu'il a tourné, Le Cercle rouge.

Il épousa le , Jeanne Lefrique (1918-26.01.1986), avec qui il eut deux fils :

Après un apprentissage de boulanger, il partit en région parisienne pour tenter une carrière musicale, qu'il commença par des radio-crochets. Jeune artiste en quête de succès, il s’installe avec son épouse à Vincennes, dans un minuscule appartement du 25 rue des Laitières, au septième étage sous les toits, où il restera jusqu’en 1947.

Il enchaîna ensuite avec des numéros de « comique-paysan » (dérivé du comique troupier), mais c'est avec la chanson Les Crayons que sa carrière débuta vraiment en 1945. C'est d'ailleurs avec cette chanson qu'il fit sa première apparition au cinéma, en 1945 dans La Ferme du pendu, de Jean Dréville.

Un acteur reconnu[modifier | modifier le code]

Le jeu comique de Bourvil a reposé principalement sur des rôles de gentil, parfois un peu bête ou naïf, comme les rôles qu’il a tenus face à l’énergique Louis de Funès : le personnage incarné par Bourvil parvient toujours, par sa gentillesse, non seulement à faire rire, mais aussi à échapper aux manipulations des personnages machiavéliques interprétés par de Funès.

Bourvil a cependant tenu des rôles plus dramatiques, comme l’homme à tout faire dans L'Arbre de Noël, dans lequel il aide un petit garçon atteint d'une leucémie à assouvir sa passion pour les loups. Dans ce film comme dans les films comiques, le spectateur peut facilement s’identifier au personnage joué par Bourvil, car c’est un homme simple. Dans Le Miroir à deux faces, son jeu est méconnaissable : face à Michèle Morgan, il incarne un homme qui manipule une femme laide pour pouvoir l'épouser, puis lorsque celle-ci devient belle grâce à une opération, il devient ignoble avec elle, jusqu'à la harceler et lui retirer ses enfants. On peut enfin citer son rôle de l'odieux Thénardier dans l’adaptation cinématographique des Misérables, ou encore son avant-dernier rôle, celui d’un commissaire de police dans Le Cercle rouge. Ce grand comique arrive même à verser des larmes dans Fortunat à l'annonce de la mort d'une institutrice qu'il considérait comme sa mère.

Bourvil était un homme très cultivé. Dans les années cinquante, aimant le calme de la campagne, il choisit le petit village de Montainville, car bien relié à Paris par l'autoroute de l'Ouest. Son ami Georges Brassens, qui habitait non loin de là, à Crespières au Moulin de La Bonde, confiait qu’il était le parfait honnête homme, façon XVIIe siècle et lui suggérait des lectures. Il partageait avec Brassens une connaissance encyclopédique sur la chanson française.
Il connaissait aussi Jean-Paul Sartre et on pensa à lui pour la Comédie-Française.

Il reste aujourd'hui une référence pour de nombreux artistes. François Morel et Antoine de Caunes ont notamment réalisé un portrait de lui, en mars 2005, dans le cadre de l’émission télévisée sur le plus célèbre des Français à travers les siècles, classement dans lequel il arrivait en 7e position, gage d’une très grande popularité, 35 ans après sa disparition. Il parlait le français, l'anglais et un peu l'espagnol dans les films qu'il tournait.

Jean-Pierre Mocky a tourné quatre films avec Bourvil dont Un drôle de paroissien, La Cité de l'indicible peur, La Grande Lessive (!) et L'Étalon. Mocky a donné à Bourvil des rôles à contre-emploi.

Derniers films et décès[modifier | modifier le code]

Tombe de Bourvil à Montainville.

Puis en 1967, lors du tournage des Cracks, Bourvil apprend qu'il est atteint de la maladie de Kahler, aussi connue sous le nom de myélome multiple. Ses jours sont comptés alors qu'il est au faîte de la gloire. Il vivra encore trois ans, jusqu'au , où il s'éteint à l'âge de 53 ans dans son appartement parisien du boulevard Suchet. Il venait de terminer le tournage du Cercle rouge avec Alain Delon et Yves Montand. Son dernier film, tourné juste après Le Cercle rouge, fut Le Mur de l'Atlantique, dans lequel il jouera en souffrant énormément pendant le tournage. Ces deux films sortirent quelques semaines après sa mort.

Bourvil repose à Montainville (Yvelines), village où il avait sa maison de campagne. La mort de Bourvil mit fin à plusieurs de ses projets cinématographiques (L'Albatros de Jean-Pierre Mocky ; une Guerre des Gaules et les tribulations de deux frenchies aux États-Unis, avec Louis de Funès, et toujours par Gérard Oury ; les aventures d'un tonique curé de campagne du Pays de Caux imaginées par l'abbé Alexandre…) et théâtraux (Le Contrat avec de Funès, écrit par Francis Veber et mis effectivement en scène par Jean Le Poulain).

Seuls La Folie des grandeurs, tirée de Ruy Blas (Yves Montand le suppléant) et L'Emmerdeur, issu du Contrat (avec Jacques Brel comme premier François Pignon) furent ensuite réalisés.

Jeanne Lefrique, son épouse, née en 1918, meurt le 26 janvier 1986 dans un accident de voiture, alors qu’elle se rend de Paris à Montainville sur la tombe de son époux.

Rôles et œuvres[modifier | modifier le code]

Bourvil a reçu le prix du meilleur acteur du festival de Venise (la Coupe Volpi) pour son rôle dans le film La Traversée de Paris (d’après l’œuvre de Marcel Aymé). Comédien complet, il a choisi à maintes reprises des rôles traitant de sujets de société, notamment en coproduisant les films avec Jean-Pierre Mocky (La Cité de l'indicible Peur ou La Grande Frousse, La Grande Lessive (!)…). Il a également assuré le doublage de ses films en anglais.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Filmographie de Bourvil.

Théâtre, opérettes, opéra, radios, tournées[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Bourvil.
Article détaillé : Liste des chansons de Bourvil.

Un hommage lui a été rendu par Tom Novembre en 2006 par l'interprétation de quatorze chansons dans son CD André.

Sketchs et monologues[modifier | modifier le code]

  • L'Histoire du jockey
  • L'ingénieur
  • L'inventeur
  • L'unique mousquetaire
  • La Causerie anti-alcoolique, sketch écrit par Roger Pierre (enregistrement audio, transcription)
  • Le ministre de l'agriculture
  • La plume
  • Le vélo
  • Les castagnettes
  • Mon chien
  • Une redingote
  • Le conservatoire
  • Quand il pleut
  • Père nourricier
  • Les terrassiers
  • Le charcutier
  • La laide
  • Frédo le porteur
  • Vive la mariée

Musique[modifier | modifier le code]

Harmonica, mandoline, accordéon, guitare, cornet à pistons, trompette, bugle…:

  • 1934 : harmonie municipale de Fontaine-le-Dun
  • 1935 : trio musical à Saint-Laurent-en-Caux, à la trompette, avec Victor Gemptel (mécanicien, à l'accordéon), et le Dr Piory (médecin, au violon)
  • 1935 : harmonie municipale de Rouen-Saint-Sever
  • 1936 : harmonie municipale de Rouen
  • 1937 : section musique du 24e régiment d'infanterie (Paris)
  • 1941 et 1942 : cours de trompette du Conservatoire de Paris (en candidat libre)
  • Accordéoniste de Bordas, la femme à barbe, à l'ABC en 1941, avec Étienne Lorin

Récompenses[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Autobiographie (autre projet)[modifier | modifier le code]

  • C'est l'Piston : une soixantaine de feuillets manuscrits, inachevés… et perdus

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « J’ai eu le prix à Venise, bon, j’en suis pas mal fier, mais je ne confonds pas vitesse et précipitation, Bourvil et Sarah Bernhardt. Le rire dans la qualité c’est ce que je voudrais pouvoir faire. L’imbécile heureux, voilà mon emploi. Que je m’évade de temps en temps je ne dis pas non mais ce sera toujours pour y revenir. » Bourvil ; Source : Maurice Bessy, André Bourvil, Denoël, 1972

Références[modifier | modifier le code]

  1. Référence : Extrait d'acte de naissance n° 8/1917
  2. Émission La Rage de vaincre - Un jour, un destin, France 2, 23 octobre 2013
  3. Xavier Collombier, « Dominique Raimbourg nous parle de son père André dit Bourvil », France 3, Pays de la Loire,‎ 28 septembre 2012 (lire en ligne)
  4. « Bourvil fils entre à l'Assemblée nationale », Libération,‎ 6 septembre 2001 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

  • Légende Bourvil, Air Production (la société de Jean-Jacques Vital, grand ami de Bourvil), 52' (VHS)
  • 1982 : Bourvil, un éclat de rire, réalisateur Catherine Dupuis, scénario Catherine Chanteloup et Jocelyne Triquet (téléfilm)
  • 1996 : Bourvil, réalisateur Jacques Pessis, 25' (téléfilm)
  • 2000 : Sur les traces de Bourvil, évocations avec les Frères Taloche, réalisateur Pierre Dupont, RTBF/ARTE/TSR, 30' (TV et DVD)
  • 2005 : portrait sur France 2 par François Morel et Antoine de Caunes, dans le cadre de l'émission Les 100 plus grands français de tous les temps, (TV - cf. supra)
  • 2006 : Bourvil, l'homme qui s'était fait artiste. Portrait d'une star pas comme les autres, réalisateur Armand Isnard, Cat Productions, 58' (téléfilm)
  • 2007 : L'air du temps, réalisateur Jacques Plessis, 55' (téléfilm)
  • 2013 : "La rage de vaincre" Un jour, Un destin - présenté par Laurent Delahousse

Liens externes[modifier | modifier le code]

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