Tournai

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Tournai
Les cinq tours romanes et le chœur gothique de la cathédrale de Tournai
Les cinq tours romanes et le chœur gothique de la cathédrale de Tournai
Blason de Tournai
Héraldique
Drapeau de Tournai
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement Tournai
Bourgmestre Rudy Demotte (PS)
Bourgmestre ff Paul Olivier Delannois (PS)
Majorité PS-MR
Sièges
PS
MR
cdH
Ecolo
39
18
12
4
3
Section Code postal
Tournai
Ere
Saint-Maur
Orcq
Esplechin
Froyennes
Froidmont
Willemeau
Ramegnies-Chin
Templeuve
Chercq
Blandain
Hertain
Lamain
Marquain
Gaurain-Ramecroix
Havinnes
Béclers
Thimougies
Barry
Maulde
Vaulx
Vezon
Kain
Melles
Quartes
Rumillies
Mont-Saint-Aubert
Mourcourt
Warchin
7500
7500
7500
7501
7502
7503
7504
7506
7520
7520
7521
7522
7522
7522
7522
7530
7531
7532
7533
7534
7534
7536
7538
7540
7540
7540
7540
7542
7543
7548
Code INS 57081
Zone téléphonique 069
Démographie
Gentilé Tournaisien(ne)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
69 751 (1er janvier 2014)
48,91 %
51,09 %
326 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
19,79 %
62,74 %
17,48 %
Étrangers 8,04 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 15,61 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 12 950 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 36′ N 3° 23′ E / 50.6, 3.38350° 36′ Nord 3° 23′ Est / 50.6, 3.383  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
213,75 km2 (2005)
70,51 %
5,28 %
21,62 %
2,59 %
Localisation
Situation de la ville au sein de l’arrondissement de Tournai et de la province de Hainaut
Situation de la ville au sein de l’arrondissement de Tournai
et de la province de Hainaut

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Tournai
Liens
Site officiel www.tournai.be

Tournai (en néerlandais : Doornik) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d’arrondissement en province de Hainaut et siège de l'évêché de Tournai.

Tournai et Lille font partie d’un eurodistrict : l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai (depuis janvier 2008) avec environ 1 900 000 habitants[1]. C’est le premier GECT (Groupement européen de coopération territoriale) d’Europe. Avec les villes de l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, elle participe aussi à un ensemble métropolitain de près de 3,8 millions d'habitants, appelé « aire métropolitaine de Lille ».

Tournai est une des plus vieilles villes de Belgique avec Arlon et Tongres. Elle a joué un rôle historique, économique, religieux et culturel important au sein du Comté de Flandre durant le Moyen Âge[2].

Le beffroi (le plus ancien de Belgique) et la cathédrale Notre-Dame de Tournai sont inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. La cathédrale, imposante construction d’art roman et d’architecture gothique, est célèbre pour ses cinq tours ainsi que pour son trésor. Tournai est surnommée la ville aux cinq clochers.

Le Tournaisis est le nom que l’on donne à la région de Tournai.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Turris Nerviorum Ier siècle, Turnacum 300, Turnaco 365, ce qui signifie : lieu (suffixe celtique -āko(n) > -ACU) des collines (gaulois turno- « hauteur » [?], cf. breton torn-aot « hauteur du rivage », « falaise »)[3],[4],[5]. La racine *turn- « hauteur » serait préceltique pour Jean Loicq[6], celtique pour Xavier Delamarre[7].

Homonymie avec Tournai-sur-Dive et les nombreux Tournay, Tourniac, Tornac, etc. Le même élément turno- est identifiable dans Turno-magus > Tournon, *Turno-durum > Tonnerre.

Géographie[modifier | modifier le code]

MapTournai.svg

Tournai se situe dans la Basse-Belgique, à la limite sud de la plaine flamande, dans le bassin de l'Escaut. Elle fait partie de la province de Hainaut, de la Région wallonne et de la Communauté française de Belgique. Tournai a son propre arrondissement qui réunit les communes de Tournai, Antoing, Brunehaut, Celles, Estaimpuis, Leuze-en-Hainaut, Mont-de-l'Enclus, Pecq, Péruwelz et Rumes. Tournai est une ville qui comprend de nombreux parcs, églises et remparts.

Cette ville francophone fut pendant longtemps un des centres urbains les plus importants du Comté de Flandre, du Royaume de France et des Pays-Bas (autrichiens, espagnols, …), mais un déclin économique et une stagnation démographique à la révolution industrielle a fait d'elle une ville de petite taille de la dorsale européenne.

Sa superficie de 213,75 km2 en fait la commune la plus étendue de Belgique, et elle est la plus importante en population du Hainaut occidental. Elle est située à 85 kilomètres à l'ouest de Bruxelles et à 25 kilomètres à l'est de Lille. Elle est constituée de 30 communes avant la fusion.

# nom superficie
(km²)
population
(31/12/1900)
population
(1976)
densité de population
(hab./km²)
I Tournai 15,64 35.004 32.821 2099
II Chercq 3,03 1.089 791 261
III Saint-Maur 3,47 482 470 135
IV Ere 6,55 771 730 111
V Willemeau 3,92 672 664 169
VI Froidmont 5,09 916 876 172
VII Orcq 4,54 577 1.010 222
VIII Marquain 5,13 1.015 907 177
IX Esplechin 8,88 1.319 884 100
X Lamain 3,61 563 575 159
XI Hertain 2,39 230 209 87
XII Blandain 11,31 2.300 2.428 215
XIII Templeuve 15,43 3.278 3.873 251
XIV Ramegnies-Chin 4,29 729 1.420 331
XV Froyennes 5,93 1.332 2.189 369
XVI Kain 11,28 3.237    
XVII Mont-Saint-Aubert 8,91 1.004 592 66
XVIII Mourcourt 12,59 1.403 991 111
XIX Rumillies 6,77 1.028 1.845 273
XX Warchin 3,46 557 1.196 346
XXI Havinnes 9,36 1.170 945 101
XXII Melles 2,86 280 250 87
XXIII Quartes 4,64 332 209 45
XXIV Thimougies 3,68 351 210 57
XXV Beclers 13,34 1.269 929 70
XXVI Maulde 8,78 1.100 749 85
XXVII Barry 4,88 922 928 190
XXVIII Vezon 7,71 1515 1.016 132
XXIX Gaurain-Ramecroix 12,22 3.593 3.431 281
XXX Vaulx 4,04 2.205    



Milieu physique[modifier | modifier le code]

Tournai et l'Escaut[modifier | modifier le code]

La « cité aux cinq clochers » est traversée par l'Escaut et fait partie du sous-bassin Haut-Escaut. Elle fait partie du chapelet de villes scaldiennes, toutes distantes entre elles d'une trentaine de kilomètres : Cambrai, Valenciennes, Tournai, Audenarde, Gand, Termonde et Anvers. L'Escaut naît sur les plateaux de la Picardie. Après avoir divagué dans la plaine alluviale, le fleuve se resserre aux environs d'Antoing, en perçant le dôme du Mélantois, jusqu'à Tournai pour ensuite pénétrer la plaine flamande et continuer une route autrefois pleine de méandres. Tournai est donc entre deux régions duales : des plateaux au sud et des plaines au nord, régions de pierre calcaire propice à l'exploitation de carrières en amont et la plaine flamande propice au commerce en aval.

Grâce à cette ouverture de la vallée de l'Escaut, Tournai a eu dès sa fondation une vocation de ville de passage et de contact. La rive gauche est plus redressée que la rive droite, avec un point culminant à 77 mètres (le Pic-Au-Vent). Par contre, la rive droite est occupée par une plaine alluviale d'un petit rieu, le rieu d'Amour. La position surélevée de la rive gauche y a favorisé l'établissement de la ville, en plus de la rencontre entre la voie romaine Arras-Asse et l'Escaut, ainsi qu'une voie romaine secondaire, la voie Bavay-Cassel-Boulogne-sur-Mer.

L'Escaut a eu un rôle économique important tout au long de l'histoire de la ville. Le tonnage autorisé de l'Escaut à Tournai est aujourd'hui de 1 350 tonnes.

Le fleuve est assez pollué, même si la qualité de l'eau s'améliore depuis la construction de stations d'épuration. Les industries lourdes françaises à la frontière ont pendant de nombreuses années déversé beaucoup de polluants. Le fleuve est également pollué par la consommation des habitants et l'épandage des agriculteurs. Au début du XXe siècle, l'Escaut était réputé pour contenir énormément de poissons, particulièrement des saumons à la belle saison. Les populations de poissons sont assez faibles maintenant.

Nappes phréatiques[modifier | modifier le code]

La ville est située au-dessus d'un réseau abondant de nappes phréatiques du calcaire carbonifère.

Cette grande nappe phréatique du calcaire carbonifère dépasse les frontières régionales et nationales et est surexploitée. Elle ne connaît pas de frontière administrative. Ce sont d’abord les Français qui ont puisé excessivement, puis les Belges (côté francophone et néerlandophone) sans tenir compte l'un de l'autre. Le niveau piézométrique diminue d’un mètre par an depuis les années 1960 (bien que ce niveau ait tendance à stagner ces derniers temps). La nappe a ainsi perdu près de 70 mètres en 50 ans. Les trois régions (wallonne, flamande et Nord-Pas-de-Calais) ont aujourd'hui instauré une concertation pour mettre fin à cette surexploitation qui entraîne des puits karstiques, plus connus sous le nom de « puits naturels », dans la région de Tournai.

Géologie[modifier | modifier le code]

Tournai est situé sur un anticlinal, l'Anticlinal faillé du Mélantois-Tournaisis. Cette structure géologique est orientée est-ouest et ses failles longitudinales sont pour la plupart décrochantes dextres. Elle s'ennoie à l'est et passe à une dépression synclinale au nord : le Synclinal de Roubaix.

L'Anticlinal faillé du Mélantois-Tournaisis est entaillé par la vallée de l'Escaut, ce qui fait qu'entre Tournai et Antoing, la roche calcaire affleure plus ou moins la surface du sol. Cette roche du socle paléozoïque est appelée « Calcaire de Tournai » et fait partie d'un étage du Carbonifère inférieur, appelé Tournaisien. C'est un calcaire argilo-siliceux formant un ensemble assez monotone de couches dont l'épaisseur totale dépasse les 300 mètres et est large d'environ 25 mètres.

La roche calcaire servit dès l'Antiquité de matériaux de construction à la fois brute et taillée mais également transformée en Chaux et en ciment. Elle est toujours exploitée à notre époque, même si de nombreuses carrières ont fermé.

L'ensemble de la région de Tournai est recouvert par des limons éoliens du Pleistocène (lœss). Les fonds des vallées sont colmatés partiellement par des alluvions anciennes (Pleistocène) et récentes (Holocène).

Milieu naturel[modifier | modifier le code]

Seconde enceinte - XIIIe siècle

Malgré un caractère assez vert, le milieu naturel de Tournai est pauvre et s’appauvrit encore de nos jours. La biodiversité y régresse car l’urbanisation y est forte et la pollution importante. Tournai se trouve entre deux parcs naturels, le parc naturel des Plaines de l'Escaut au sud et le parc naturel du Pays des Collines[8] au nord-est. La région de Tournai a donc vocation à être une zone de liaison entre ces deux parcs naturels. Malheureusement, ce n’est pas la réalité.

Il y a quelques types de milieux naturels dans la commune de Tournai : les parcs, les friches, les haies, les zones humides comme les marais du rieu d’amour, les anciennes carrières comme celle de « l’Orient », les rieus et fonds de vallée, et les espaces boisés.

La campagne tournaisienne est soumise à une forte urbanisation depuis plus de 20 ans, qui va en s’aggravant car beaucoup de Français et de Bruxellois ont été attirés par des prix immobiliers faibles par rapport à leurs régions d’origine. Un certain nombre de Français sont également venus dans la région pour éviter l’impôt de solidarité sur la fortune, leur déménagement facilité par l’ouverture des frontières des pays européens. Le village d’Orcq, ainsi que la commune voisine d’Estaimpuis, sont réputés pour abriter quelques grandes familles françaises.

L’environnement de Tournai est assez pollué et mis à rude épreuve, notamment par le rythme de vie des habitants (circulation automobile, …). L’industrie cimentière a une influence assez forte également, par la dégradation de terrains en carrière pour y extraire de la pierre et la constitution de terrils par les remblais. Cette industrie cimentière a une incidence sur la qualité de l’air, par la combustion du calcaire, ainsi que par l'utilisation des fours pour l’incinération des déchets. Cette incinération est toujours très mal ressentie par les populations locales, particulièrement les villageois de Gaurain-Ramecroix. La région des carrières de Tournai-Antoing est appelée « le Pays Blanc » parce que les rejets de poussière de l’industrie cimentière rendent les toits blancs et les endroits à proximité des carrières et des cimenteries ressemblent à des paysages lunaires.

Climat[modifier | modifier le code]

Tournai jouit d'un climat tempéré océanique. Les principaux traits de ce climat sont les faibles amplitudes thermiques saisonnières et des précipitations modérées tout au long de l'année.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Tournai.

La ville, fondée il y a plus de 2 000 ans, a changé bien souvent de culture dominante : gallo-romaine, franque (cité royale sous le règne de Childéric Ier et de Clovis Ier, et donc ainsi la première capitale du royaume franc). Tournai est déjà une cité importante au temps des Romains. Au IIIe siècle, Saint Piat évangélise la ville qui passe au Ve siècle sous la domination des Francs Saliens. Aux alentours de 850, elle est intégrée dans le comté de Flandre, qui deviendra pays vassal du roi de France. À partir de 1187, à la suite des luttes des Tournaisiens, la ville acquiert une certaine indépendance vis-à-vis du reste du comté en dépendant directement de la couronne de France (tandis que son pays, le Tournaisis, reste flamand jusqu’à son annexion par Philippe le Bel). Tournai résistera à deux tentatives d'annexions par les soldats du comte de Flandre en 1197 et 1213. En 1316, la société de Tournai connait une grave crise alimentaire, due aux intempéries ayant touché une partie de l'Europe Occidentale en 1314/1315, ainsi qu'une famine intense. Gilles le Muisit, abbé de Saint-Martin-de-Tournai, nous décrit les conséquences de ces intempéries sur Tournai, dans son ouvrage Chronique et annales. Commune libre et petite république à la manière des villes Italiennes, elle reste française jusqu’en 1521 (exceptée une brève occupation anglaise sous Henri VIII en 1513). En 1521, le siège de la ville fait passer cette dernière aux mains de Charles Quint et Tournai rejoint ainsi les Pays-Bas espagnols. Au XVIe siècle, Tournai, surnommée la Genève du Nord, est le foyer de la contestation contre le régime espagnol dans les provinces wallonnes des Pays-Bas. Louis XIV la conquiert en 1668, mais doit la céder à l’Autriche en 1713. À partir de cette date, la cité connaîtra le même sort que l'ensemble des Pays-Bas autrichiens. En 1745 a lieu la bataille de Fontenoy (village situé à plus ou moins 10 km de Tournai) avec la victoire française et irlandaise contre les troupes anglaises et autrichiennes. La ville est conquise par la France sous la Révolution et l’Empire, puis est rattachée au royaume des Pays-Bas (1815). En 1830, elle est intégrée dans la Belgique indépendante. Au début de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements de la ville par l'aviation allemande détruisent une grande partie du centre historique. Par la suite, la ville fut un réel lieu de passage, surtout au niveau de l'aviation militaire.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason de Tournai avec couronne murale.svg
Blason de Tournai avec la couronne murale reconnu en 1931 et confirmé en 1979.
Blasonnement : De gueules à la tour d’argent ouverte, crénelée d’une pièce et de deux demies, à la herse levée du même, percée de deux meurtrières, maçonnées de sable, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or rangées, l’écu timbré d’une couronne murale d’or à cinq créneaux[9].
Blason de Tournai (1834).svg
Un diplôme néerlandais du 31 mars 1824, confirmé par un arrêté royal de 1838, accordait à Tournai les armoiries suivantes :
Blasonnement : De gueules à un fort d’argent, donjonné de 3 tours de même, au chef cousu d’azur chargé de 3 fleurs de lis d’or ; l’écu timbré d’une couronne d’or.
- AR 10 mars 1834
01 Tournai BL1JPG.jpg
Parc de l’hôtel de ville - Pierre décorée du blason de la ville.


Patrimoine[modifier | modifier le code]

Architecture religieuse[modifier | modifier le code]

Les paroissiens se rendant aux offices, dans les édifices ci-dessous, relèvent du Diocèse de Tournai dont Mgr Guy Harpigny est l'évêque.

Architecture civile[modifier | modifier le code]

Un plan-relief de la ville de Tournai a été établi en 1701 par l'ingénieur Jean François de Montaigu. L'original composé de 11 tables (654 × 580 cm) se trouve au sous-sol du Musée des Beaux-Arts de la ville de Lille. Il en existe une copie récente au Musée du Folklore de la ville de Tournai.

Ensembles architecturaux[modifier | modifier le code]

Architecture militaire[modifier | modifier le code]

Monument rappelant le souvenir des soldats français morts durant le siège de la citadelle d'Anvers en 1832. (Tournai, place de Lille)

Musées[modifier | modifier le code]

Éléments urbains[modifier | modifier le code]

Le pavé P de Tournai est situé au milieu de la placette du Bas Quartier parmi un pavage plus récent.
Pavé P de Tournai

Il s'agit d'un ancien pavé de pierre sur lequel est gravé la lettre P. Il est situé au milieu de la placette du Bas Quartier, dans le centre historique de la ville. Lors de la transformation de cette placette en zone piétonne dans les années 1980, la décision est prise de garder cet élément particulier.

Statues et monuments
Les aveugles, groupe de bronze (1908) situé derrière la cathédrale

Tournai, ville flamande d'expression romane[modifier | modifier le code]

Tournai est une ville belge de langue française. La langue locale est le picard, comme dans le reste des autres communes du Hainaut occidental et du nord de la France.

La ville de Tournai, qui a par le passé toujours profité d'une assez large autonomie, fait partie de la Flandre romane, tout comme Lille, Douai, Tourcoing ou Mouscron. Ces villes, bilingues ou non, font partie de l'espace culturel flamand et possèdent donc des caractéristiques flamandes que l'on retrouve dans leur héritage artistique (architecture, peinture, sculpture...)[10].

Ainsi, la ville de Tournai fut l'un des grands centres culturels et économiques flamands : Le chœur gothique de la cathédrale « Notre-Dame flamande » de Tournai fut un élément précurseur de l'art scaldien qui est typiquement flamand.

  • Tournai fut la capitale religieuse du Comté de Flandre durant plus de mille ans (de 496 à 1559).
  • La tapisserie et la draperie tournaisienne appartiennent à la grande école flamande et Tournai faisait même partie de la Hanse flamande de Londres qui regroupait les villes drapières de Flandre.
  • L'église Saint-Brice de Tournai est le premier exemplaire du style Église-halle typique des villes et campagnes flamandes.
  • Certains grands noms des primitifs flamands sont tournaisiens : Robert Campin (considéré comme le premier maître de cette école), Roger de la Pasture, Jacques Daret.
  • La tradition du lundi perdu ou parjuré (en néerlandais verloren maandag ou verzworen maandag) est une tradition flamande très vivace à Tournai.

Même si elle se situe dans l'espace culturel flamand, Tournai possède également des trésors de l'art mosan, style typique de l'espace culturel wallon. En effet, les deux plus importantes châsses de la cathédrale Notre-Dame de Tournai, les châsses de Notre-Dame flamande et de saint - Éleuthère (XIIIe siècle), sont deux œuvres de Nicolas de Verdun (artiste liégeois né en 1181) dont l'évêché de Tournai avait passé commande. Ces reliquaires témoignent de l'opulence des villes de Tournai et de Liège au Moyen Âge : en particulier la châsse de Notre-Dame flamande qui est considérée comme l'une des sept merveilles de Belgique.

Rayonnement artistique[modifier | modifier le code]

Déjà connue pour son orfèvrerie à l'époque mérovingienne, la ville devint à la fin du Moyen Âge un centre artistique de grande importance, à partir du XIVe siècle organisée en confrérie de Saint-Luc. Avec la châsse de saint Éleuthère, les orfèvres tournaisiens se distinguent de nouveau dans l'art des métaux, et au XVe siècle, les dinandiers de Tournai concurrencent ceux du pays mosan.

Dès le XIIe siècle, l'emploi de la pierre locale dans l'architecture a donné naissance à une école florissante de sculpture. Au XVe siècle, fonts baptismaux et monuments funéraires sont taillés de façon magistrale dans cette pierre au grain très fin et à la couleur gris bleuté, voire dans une pierre blanche importée.

Au XVe siècle, Robert Campin (mort à Tournai en 1444), contemporain de Hubert van Eyck, et que certains identifient comme le Maître de Flémalle, est l'auteur anonyme d'un groupe de peintures découvertes dans cette localité vers 1900. Les œuvres de cet artiste charment par leur coloris, par la précision avec laquelle sont dépeints les intérieurs et les objets, et par leur sérénité. Dans les sujets les plus graves apparaît une expression plus dramatique, qui fait rapprocher Robert Campin à son élève Rogier de la (ou le) Pasture. Connu également sous le nom de Van der Weyden, ce dernier, né à Tournai (1399–1464), devint peintre de la ville de Bruxelles en 1436.

Dès 1750 apparaissent les premières manufactures de porcelaine, celle-ci connue internationalement comme "porcelaine de Tournai" qui rivalisera avec celles de Limoges et de Sèvre, gagnant plusieurs concours de qualité dans l'Europe du 18e siècle.

Né à Tournai en 1855, le poète belge Georges Rodenbach s'installera à Paris dès 1887.

Sport[modifier | modifier le code]

Le club de handball EHC Tournai est le club phare de la ville mais aussi de la province : c'est celui qui fait les meilleurs résultats sportifs à Tournai. C'est aussi le seul club de handball évoluant en D1 belge dans la province de Hainaut.

Le Waterpolo est l'autre fierté sportive de Tournai, puisque le CR Natation Tournai évoluant actuellement en division 1, fut 5 fois champion de Belgique et remporta également 5 fois la coupe de Belgique.

On peut également noter qu'en football, le Royal Racing Club Tournai a remporté la Coupe de Belgique de football en 1956.

Principales équipes[modifier | modifier le code]

Événements occasionnels[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

La Messe de Tournai est la plus ancienne messe polyphonique qui nous soit parvenue jusqu'aujourd'hui. Elle rassemble dans un recueil anonyme des pièces datant de 1330 à 1340 environ.

Distinctions[modifier | modifier le code]

La ville décerne le Prix artistique de la Ville de Tournai, et, ensemble avec la Commission provinciale des Fondations de Bourses d’Études du Hainaut, décerne le Prix Lucien Dasselborne, d'après le Concours du même nom.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

  • Le lapin du lundi parjuré (ou « Lundi perdu »)
  • La salade tournaisienne
  • Le mutiau, tête pressée finement hachée
  • Les Succès du Jour
  • Les biscuits " Desobry"
  • Les ballons tournaisiens
  • Les apéritifs « Le tournaisien » et « la tournaisienne », "Le pont des trous"

Les produits de l'entité de Tournai :

  • La bière « La Tournay » de la Brasserie de Cazeau (seule brasserie de l'entité de Tournai)
  • La bière « Saint-Martin », blonde ou brune, trouve ses racines en 1096 ac. Son verre représente un des nombreux vitraux de la cathédrale de Tournai. (de la brasserie de Brunehaut)

Folklore[modifier | modifier le code]

Archives[modifier | modifier le code]

Les archives de la ville sont conservées aux Archives de l'État à Tournai.

Les Archives de l'État à Tournai hébergent de nombreux documents produits en Hainaut occidental au cours des siècles. Plus récemment, elles ont notamment acquis les archives de l'imprimerie Casterman ou encore les archives d'Henri Vernes, auteur de Bob Morane.

Économie[modifier | modifier le code]

Sur la Grand-Place de Tournai, il y a plusieurs commerces.

Associations locales[modifier | modifier le code]

Service volontaire international asbl

Jumelages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Cousin, Histoire de Tournay, ou quatre livres des chroniques annales, ou démonstrations du christianisme de l'évesché de Tournay, Douai, Marc Wyon,‎ 1619, 380 p. (lire en ligne)

Personnalités liées à la ville[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : naissance à Tournai.
Voir la catégorie : décès à Tournai.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. PopulationData.net : Palmarès des plus grandes villes du monde
  2. Élisabeth Dhanens et Jellie Dilkstra, Rogier de le Pasture van der Weyden, La Renaissance du Livre, Collection Références, Tournai, 23 septembre 1999.
  3. A. Vincent, Les noms de lieux de la Belgique, Bruxelles,‎ 1927
  4. Jules Herbillon, Les noms des communes de Wallonie, Bruxelles, Crédit communal, coll. « Histoire » (no 70),‎ 1986
  5. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, éditions errance 2003, p. 303–304.
  6. « Avant le latin, la Gaule Belgique », dans Daniel Blampain et al. (dir.), Le Français en Belgique, Duculot, Bruxelles, 1997, p. 11.
  7. Op. cité.
  8. Site du pays des collines
  9. Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 2 : Communes wallonnes M-Z, Communes bruxelloises, Communes germanophones, Bruxelles, Dexia,‎ 2002, p. 749
  10. « Tournai, enclave de France dans les terres de Flandre, siège d'un évêché flamand et boulevard avancé de la France vers les Pays-Bas, ville flamande par ses tendances artistiques et française par sa langue ! » Mémoires de la société historique et littéraire de Tournai, vol. 21, Tournai, 1888, p. 270.
  11. « Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures », sur Ministère des affaires étrangères (consulté le 11 Novembre 2009)
  12. Axelle Bergeret-Cassagne, Pour une Europe fédérale des collectivités locales. Un demi-siècle de militantisme du Conseil des Communes et des Régions d'Europe - 1950-1999, L'Harmattan,‎ 2009 (lire en ligne), p. 90
  13. Jumelage Troyes-Tournai : c'était il y a soixante ans, 28 avril 2011 sur le site de L'Est-Éclair (consulté le 12 avril 2014)
  14. http://www.dhnet.be/archive/tournai-jumele-avec-bethleem-51b7e24ce4b0de6db993d7c0

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