Ken Russell

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Ken Russell

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Ken Russell en 2008.

Naissance 3 juillet 1927
Drapeau du Royaume-Uni Southampton (Royaume-Uni)
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Décès 27 novembre 2011 (à 84 ans)
Drapeau du Royaume-Uni Londres (Royaume-Uni)
Profession Réalisateur
scénariste
acteur
producteur
monteur
directeur de la photographie
Films notables Love
Les Diables
Mahler
Tommy

Ken Russell, né le 3 juillet 1927 à Southampton et mort le 27 novembre 2011 à Londres[1], est un réalisateur, scénariste, acteur, producteur, monteur et directeur de la photographie britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est l'aîné des deux fils d'Ethel (née Smith) et de Henry Russell, le propriétaire d'un magasin de chaussures. Son père, froid et distant, alimente très tôt la rage du futur réalisateur à son égard. Pour le fuir, Russell passe beaucoup de son temps au cinéma avec sa mère, qui est atteinte d'une malade mental.

Enfant, il nourrit l'ambition de devenir danseur de ballet, mais étudie plutôt la photographie au Collège technique de Walthamstow (maintenant une partie de l'Université de Londres-Est). Il fait un temps partie de la Royal Air Force, puis de la marine marchande. Après une courte carrière de photographe de plateau pour des spectacles de danse, il travaille comme photographe documentaire indépendant jusqu'en 1959. Après cette date, ses documentaires associés au mouvement du Free Cinema lui assurent un emploi à la télévision de la BBC.

De 1959 à 1970, il réalisé des documentaires d'art, notamment Elgar (1962), The Debussy Film (1965), Isadora Duncan, the Biggest Dancer in the World (1967), Song of Summer (1968), un film consacré à Frederick Delius, et Dance of the Seven Veils (1970), un film sur Richard Strauss.

Avec les années, ses documentaires pour la télévision deviennent de plus en plus flamboyants et scandaleux. Dance of the Seven Veils, par exemple, cherche à dépeindre Richard Strauss comme un nazi. La famille Strauss, outrée par ces libertés, retire promptement les droits musicaux au producteur de sorte que le film est interdit de projection jusqu'en 2019.

French Dressing (1964), le premier long métrage de Russell est une comédie vaguement inspiré de Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim. C'est un échec critique et commercial.

Son second film Un cerveau d'un milliard de dollars (1967), un film d'espionnage tiré d'un roman de Len Deighton, met en vedette Michael Caine.

C'est toutefois en 1969 que Russell signe son premier film vraiment personnel avec Love, une adaptation du roman Femmes amoureuses de D. H. Lawrence, avec Glenda Jackson, Oliver Reed, Jennie Linden et Alan Bates. Le film fait scandale et demeure remarquable pour sa scène de lutte entre deux hommes nus, qui a rompt avec les conventions des films grand public s'interdisaient de montrer les organes génitaux mâles. Lié à la révolution sexuelle et à l'attitude bohème de la fin des années 1960, le film est un succès. Il remporte le Golden Globe du meilleur film en langue étrangère 1971. Il est également nommé pour plusieurs Oscars et Glenda Jackson remporte celui de la meilleure actrice. Russell lui-même est nommé pour l'Oscar du meilleur réalisateur.

Le film est aussi nommé pour 11 BAFTA.

Après ce succès, Russell donne plusieurs de ses meilleurs films sur des thèmes innovants ou controversés. La Symphonie pathétique (1970), est un film biographique échevelé sur Piotr Ilitch Tchaïkovski, avec Richard Chamberlain et Glenda Jackson dans le rôle de la femme nymphomane du compositeur russe. La musique est dirigée par André Previn.

L'année suivante, Russell réalise Les Diables, un film si controversé que ses bailleurs de fonds, la société américaine Warner Bros., exige des coupures. Tiré du récit-essai Les Diables de Loudun par Aldous Huxley, le scénario utilise aussi comme matériau une pièce de John Whiting. Aidé par la publicité et les rumeurs de scandale, les scènes de sexualité chez les religieuses assurent des recettes remarquable au box office pendant huit semaines. Aux États-Unis, le film est censuré par le distributeur.

Russell finance lui-même Savage Messiah (1972), un film biographique sur le peintre français Henri Gaudier-Brzeska. Le choix de ce peintre et sculpteur relativement obscur, mort en combattant pour la France à 23 ans, en 1915, dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, laisse apparaître une réelle sensibilité chez un cinéaste qui était jusqu'alors connu pour des sujets plus flamboyants.

Russell travaille en collaboration avec David Puttnam sur Mahler (1974), l'un de ses meilleurs films, qui obtient pourtant un modeste succès, alors que Tommy (1975), la version cinématographique de l'opéra rock éponyme de The Who, avec Roger Daltrey, Ann-Margret, Oliver Reed, Elton John, Tina Turner, Eric Clapton et Jack Nicholson, est un très gros succès.

Valentino (1977), avec Rudolph Noureev dans le rôle titre, occupe la première place au box-office britannique pendant deux semaines, mais obtient un succès beaucoup plus modeste en Amérique.

En 1980, avec Au-delà du réel fait une première incursion dans le film de science-fiction. À partir du scénario de Paddy Chayefsky (basé sur son roman), Russell met en valeur son penchant pour les effets visuels baroques afin de traduire les hallucinations du héros interprété par William Hurt. John Corigliano est nommé pour l'Oscar de la meilleure musique de film. Le comportement outrancier de Russell sur le plateau de tournage compromet toutefois sa carrière à Hollywood. Après Les Jours et les nuits de China Blue (1984), avec Kathleen Turner et Anthony Perkins, Russell rentre en Angleterre.

Pendant cette dernière période, il réalise notamment Gothic (1986), avec Gabriel Byrne, qui revient sur les circonstances entourant l'écriture par Mary Shelley de Frankenstein ou le Prométhée moderne (1818), et Le Repaire du ver blanc (1988), avec Amanda Donohoe et Hugh Grant, tiré du roman éponyme de Bram Stoker. En 1988 sort Salome's Last Dance, un hommage ésotérique vaguement adapté de la pièce controversée d'Oscar Wilde, interdite sur la scène londonienne au 19e siècle. Le goût prononcé de Russell pour les sujets qui font polémique est toujours intact, tout comme son intérêt pour les univers décadents et pour les personnages qui s'interrogent sur leur homosexualité, pourtant ses films obtiennent de moins en moins d'audience.

Ken Russell meurt 27 novembre 2011 à Londres à l'âge de 84 ans.

Filmographie[modifier | modifier le code]

comme réalisateur[modifier | modifier le code]

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comme acteur[modifier | modifier le code]

comme producteur[modifier | modifier le code]

comme monteur[modifier | modifier le code]

comme directeur de la photographie[modifier | modifier le code]

comme candidat[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Diane Rosenfeldt, Ken Russell : A Guide to References and Resources, G.K. Hall/George Prior, 1978, 140 p.
  • (en) Ken Russell, A British Picture : An Autobiography, Heinemann, 1989, 293 p.
  • (en) John Baxter, " An appalling talent, Ken Russell"; Michael Joseph, 1973, 240 p.
  • (en) Thomas R.Atkins " Ken Russel" Monarch Press, 1976, 132p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ken Russell est décédé sur le site de Libération