Groupe pour une Suisse sans armée

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Dépôt des feuilles de signatures de l'initiative « pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre », 21 septembre 2007

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), en allemand Gruppe für eine Schweiz ohne Armee (GSoA), est une association antimilitariste suisse fondée le 12 septembre 1982. Le GSsA milite en particulier pour l'abolition de l’armée suisse et est à l'origine de plusieurs initiatives populaires.

Historique[modifier | modifier le code]

Initiatives et référendums[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1986, le groupe lance sa première initiative, intitulée "pour une Suisse sans arme et pour une politique globale de paix". Le groupe récolte 111 300 signatures (100 000 étant nécessaire pour l'aboutissement de l'initiative). Lors du vote le 26 novembre 1989, l'initiative reçoit 35,6 % de votes favorable (soit 1 052 218, sur une participation élevée de 68,6 % de votant sur l'ensemble du corps électoral)[1]. L'ampleur inattendue du soutien apporté à ce texte iconoclaste, plus du tiers des votants (35,6 %) ayant approuvé l'idée d'une suppression pure et simple de la défense armée, pousse le parlement à entreprendre des réformes en profondeur de la défense nationale suisse[2].

Au printemps 1992, à la suite de la décision des deux chambres du Parlement suisse de se procurer 34 avions de combat F/A-18 Hornet, le GSsA lance une initiative « pour une Suisse sans nouveaux avions de combat ». En 32 jours, 503 719 signatures sont rassemblées. Lors du vote, le 6 juin 1993, l'initiative sera rejetée par 57 % contre 43 %.

En 1999, le GSsA dépose les initiatives "pour une Suisse sans armée" et "pour un service volontaire pour la paix". Votées en 2001, les deux textes seront refusés (78,1 % contre pour la première, 76,8 % pour la seconde).

En septembre 2013, l'initiative « Oui à l'abrogation du service militaire obligatoire » proposée par le GSsA est massivement rejetée par 73,2 % des voix[3].

Arguments[modifier | modifier le code]

Plusieurs points sont mis en avant dans l'argumentation du GSsA.

L'armée est coûteuse, un budget de plusieurs milliards de francs suisses par an. Pour le GSsA, ces fonds pourraient être utilisées dans d'autres domaines.

Il n'y aurait selon le GSsA plus de réelle menace militaire. Les menaces ont changé et l'armée ne serait dès lors plus nécessaire.

L'armée suisse serait impopulaire selon le GSsA. En fait, si un sondage mené par le Sonntags Blick (presse de boulevard) indique que 46 % des Suisses voudraient abolir l'obligation de servir alors que 44 % se prononcent pour son maintien[4], la population Suisse est par contre largement favorable au maintien de l'armée : 78,1 % des votants ont refusé en 2001 la suppression de l'armée, demandée par une initiative du GSsA (le taux de participation était de 37,93 %, soit un taux habituel pour des votations en Suisse)[5].

L'armée suisse serait une source de pollution, de nuisances pour la nature et la population.

Le GSsA lutte contre les exportations de matériel de guerre afin de « mettre un terme au commerce de la mort » et d'apporter un « signe fort en faveur d'un monde plus pacifique » [6].

L'armée pourrait être avantageusement remplacée par le service civil, qui, selon le GSsA, serait suffisant pour assurer la sécurité en Suisse. Cet argument est contredit par le dernier rapport officiel sur la politique de sécurité (RAPOLSEC 2000) et par le fait que les risques de guerre, notamment dus au terrorisme, restent importants.

Activités[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Outre les périodiques GSoA-Zitig (en allemand) et Une Suisse sans armée, le GSsA a publié quelques documents, dont[7] :

  • Ch. Heimberg et al., Pour une histoire sans trous de mémoire, répression de l'armée en Suisse, 1989
  • Bande dessinée de Zep ; texte de Luc Gilli, Léon Coquillard : divisionnaire de l'après 26 novembre, 1990
  • Tobia Schnebli, Le citoyen-soldat: aux origines d'un mythe. Le militarisme en France sous la Révolution et l'Empire, 1997
  • Anticorps d'armée, te voilà prêt au combat : infos du GSsA pour les jeunes défenseurs de la patrie, GSsA Genève, 2001
Couteau de poche (1988)

Le groupe diffuse aussi des t-shirts et des autocollants avec les slogans : « L'armée, ça tue, ça pollue et ça rend con », « If war is the answer, the question must be fucking stupid », « War is not the answer », « À bas toutes les armées ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Bolle, Le GSsA, citoyens antimilitaristes au pays du citoyen-soldat (1982-2001) : étude sur les archives du secrétariat romand du GSsA, Genève,‎ 2010, 180 p. Mémoire de maîtrise d'histoire générale (faculté des Lettres, Université de Genève, prof. François Walter).
  • (de) Frieden mit Europa : eine Schweiz ohne Armee als Beitrag zur Zivilisierung der Weltinnenpolitik, Zürich, Realotopia Verlagsgenossenschaft,‎ 1989, 388 p. (ISBN 3907586042). Éditeurs Andreas Gross, Fitzgerald Crain, Bruno Kaufmann

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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