Jean Nohain

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Jean Nohain (à droite) et Gilbert Richard en 1969

Jean Nohain dit « Jaboune » est un animateur et parolier français, né le 16 février 1900 à Paris 9e[1] et mort le 25 janvier 1981 à Paris 16e. De son vrai nom Jean-Marie Legrand, il reprend le nom de plume de son père, Franc-Nohain, inspiré d'une rivière donziaise. Le 24 février 1921, il épouse Jeanne Delaunay (1899-1979) une amie d'enfance ; le couple aura quatre enfants : Marie-Françoise, Dominique, Denis et Daniel.

Carrière[modifier | modifier le code]

Fils de l'écrivain et librettiste Franc-Nohain et de Marie-Madeleine Dauphin, il est le frère de l'acteur Claude Dauphin. Son parrain était Alfred Jarry.

En 1918, âgé de 18 ans et avec autorisation de son père, il s'engage dans l'armée et est affecté dans un régiment d'artillerie à cheval et au centre d'instruction de Saint-Julien-du-Sault. C'est lors de son instruction qu'un caporal-chef demanda au peloton « Combien de temps met le fût du canon pour refroidir ? ». La réponse, « un certain temps », devint un sketch célèbre, repris par Fernand Raynaud.

En 1934, sur des textes de Jean Nohain, Francis Poulenc compose les mélodies des Quatre chansons pour enfants.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, il est décoré de l'ordre de la Francisque[2], marque d'estime du régime de Vichy. Mais il rejoint les Forces françaises libres à Londres[3], et combat ensuite au sein de la 2e division blindée. Jean Nohain reçoit le 23 novembre 1944 une balle qui lui paralyse le visage pour le reste de ses jours. C'est pourquoi, par la suite dans les émissions de télévision, il s'est toujours efforcé de présenter « son meilleur profil ». Il était souvent accompagné, pour présenter ses émissions, de Jacques Courtois et son Omer comme interlocuteur pour ne donner que « le bon côté » de son visage.

Il est surtout connu aujourd'hui comme parolier de Mireille. Il a eu néanmoins d'autres titres de gloire dans le passé :

  • sous le surnom de Jaboune, il organise avant guerre des émissions radiophoniques pour la jeunesse ;
  • il met aussi sur pied l'opération « Reine d'un jour », permettant à une Française prise au hasard de vivre comme une reine le temps d'une journée, en échange de ses impressions ;
  • après la guerre, il organise une émission de variétés télévisée considérée comme de grande qualité, 36 chandelles[4]. C'est cette émission qui fait connaître au grand public Fernand Raynaud, qui en était un invité quasi permanent, ainsi que le ventriloque Jacques Courtois ou encore Robert Hirsch.

Il anime des émissions pour les enfants sur Radio-Luxembourg à la fin des années 1950, puis à la télévision dans les années 1950, 1960 et 1970 en collaboration avec Gabrielle Sainderichin, (le ventriloque Jacques Courtois avec Omer), Gilbert Richard et Jacqueline Duforest[5].

Jean Nohain fut contraint de prendre sa retraite en 1960, mais pouvait toujours proposer des concepts de programmes pour la télévision, ce qu'il fit jusqu'en 1972. Il a de nombreuses idées originales. Par exemple : aller porter un bonhomme de neige en Nouvelle-Calédonie : Le Grand Voyage de Bonhomme de NeigeNouméa)- ORTF 1re chaîne - Noël 1968 - Réalisateur : Max Leclerc. Dès 1960, il invente aussi la première émission de reportages pour enfants à l'ORTF : "Quand j'avais dix ans". Celle-ci met en scène des reporters de dix ans qui abordent des sujets intéressant l'enfance tels, par exemple, un interview d'Annie Fratellini, mais vu sous l'angle et avec les questions d'un enfant de dix ans. Diffusée le jour de congé de tous les écoliers et sur l'unique chaîne de télévision de France, l'émission "Quand j'avais dix ans" connut un très grand succès.

Jean Nohain est aussi l'auteur de livres pour enfants comme Friquet pilote de ligne ou les séries des Frimousset, des Grassouillet et de La Famille Amulette, toutes illustrées par Joseph Pinchon, l'auteur de Bécassine.

Jean Nohain se caractérisait sur scène par une bonhomie ponctuée de quelques expressions qui lui étaient typiques (par exemple « bien de chez nous », « c'est merveilleux », etc...). Caricaturé sans méchanceté par des humoristes de l'époque, son esprit de perpétuel naïf émerveillé devant les progrès de la civilisation était en phase avec l'optimisme général des années 1950 et 1960, et apprécié pour cette raison.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 89)[6].

Son fils Dominique Nohain a fait une apparition dans quelques-uns de ses spectacles, mais s'est orienté ensuite vers une carrière d'auteur dramatique (Le Troisième Témoin). Il a été marié à Paulette Muraire, fille de Raimu, et à la comédienne Noëlle Norman.

Prix Jean Nohain[modifier | modifier le code]

En 2004, le prix littéraire Jean Nohain[7] est créé, ses lauréats sont :

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La main chaude, Jean Nohain, Paris, Julliard, 1980 (OCLC 6609414)
  • Les Châteaux de sable, Jean Nohain, Arlette Albane, Paris, P. Horay, 1977 (OCLC 3531268)
  • Bien de chez nous! : mot à mot de A à Z, Jean Nohain, Paris, Éditions de Provence, 1976 (OCLC 2492660)
  • Gaffes et gaffeurs : bévues, bourdes, cuirs, impairs, maladresses, pataquès, pieds dans le plat, quiproquos, Jean Nohain, Paris, P. Horay 1972 (OCLC 709629)
  • Frégoli, 1867-1936, sa vie et ses secrets, Jean Nohain, François Caradec, Paris, la Jeune Parque, 1968 (OCLC 3914379)
  • Le Pétomane, 1857-1945, sa vie, son œuvre, Jean Nohain, François Caradec, Paris, J.J. Pauvert, 1967 (OCLC 2062283)
  • La traversée du XXe siècle, Jean Nohain, Paris, Hachette, 1966 (OCLC 19006849)
  • Histoire du rire à travers le monde, Jean Nohain, Paris, Hachette, 1965 (OCLC 1489503)
  • Plume au vent comédie musicale en 6 tableaux, Jean Nohain, Paris, Paris-Théâtre, 1948 (OCLC 65775850)
  • Le bal des pompiers, Jean Nohain, Paris, Édition du livre français, 1946 (OCLC 30724122)
  • Jean Donguès, Gosses de Paris (préface de Jean Nohain), Jeheber, Paris, 1956
  • Nos amies les bêtes, André Kertész, Jean Nohain, Paris, Librairie Plon, 1936 (OCLC 18151457)
  • Demain je dors, Jean Nohain/Mireille

Théâtre[modifier | modifier le code]

Auteur
Comédien

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvonne Germain, Notre ami Jean Nohain, Paris, L'Harmattan, 1992 (OCLC 32856550)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 9/229/1900, avec mention marginale du décès (consulté le 29 juillet 2012)
  2. Philippe Randa, L'Ordre de la Francisque et la Révolution nationale, Paris, Déterna,‎ 2002 (ISBN 2-913044-47-6), p. 103
  3. « Jean Nohain », Centre national de documentation pédagogique (consulté le 18 juillet 2007)
  4. 36 chandelles, André Leclerc, Jean Nohain, Paris, Gallimard 1959 (OCLC 43062858)
  5. Marcel Rossi, Oui, je les ai bien connus... et alors?, Marseille, Prolégomènes,‎ 2010 (ISBN 978-2-917584-22-4), p. 35
  6. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 605
  7. « Prix Jean Nohain », Prix-Littéraire.net (consulté le 18 juillet 2007)

Lien externe[modifier | modifier le code]