Ray Ventura

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Ray Ventura

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Ray Ventura en 1950 aux Pays-Bas.

Informations générales
Surnom Ray Ventura
Nom Raymond Ventura
Naissance
Paris (France)
Décès (à 70 ans)
Palma (Espagne)
Activité principale Chef d’orchestre
Activités annexes Producteur, scénariste, Acteur
Genre musical Jazz

Raymond Ventura, dit Ray Ventura, né le à Paris en France et mort le à Palma en Espagne, est un compositeur, arrangeur, chef d'orchestre, éditeur de musique et producteur de cinéma français.

Il joue un rôle non négligeable pour la promotion du jazz en France au cours des années 1930[1].

Il est l'oncle du chanteur et guitariste Sacha Distel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est élève au sein des classes élémentaires du lycée Molière[2] (Paris). Encore lycéen, Raymond Ventura commence par monter un orchestre de jazz avec des camarades du lycée Janson-de-Sailly. Monsieur Albert Cuisin ayant des salles de réception à quelques mètres du Lycée, rue de la Pompe, prête ses locaux pour que la jeune formation puisse s'exercer. Ray Ventura joue pour la première fois en public lors des réceptions mondaines organisées par Monsieur Cuisin.

Influencé par les orchestres de Paul Whiteman aux États-Unis et de Jack Hylton en Grande-Bretagne, Raymond Ventura fonde un des premiers orchestres à sketches de France, « Ray Ventura et ses Collégiens » avec quelques-uns de ses amis. Il réunit ainsi dans sa formation des musiciens de talent qui marqueront la chanson française : Paul Misraki (pianiste,compositeur, arrangeur), Loulou Gasté (guitariste, banjo, compositeur), Grégoire Aslan dit Coco Aslan (chanteur et percussionniste, de son vrai nom Krikor Kaloust Aslanian), ainsi que Philippe Brun, Alix Combelle, et Guy Paquinet.

En 1929, le groupe se produit quelque temps au casino de Deauville, où il est remarqué par un des administrateurs de la Compagnie générale transatlantique qui propose aux jeunes gens de leur offrir une croisière aller-retour jusqu'à New York, pour prix de leur participation à l'animation du bord. Ray Ventura, Paul Misraki et Loulou Gasté sont alors tous trois âgés de 21 ans, et ces grands jeunes gens sympathiques et dynamiques, qui jouent leur musique avec un entrain et une bonne humeur des plus communicatifs, semblent à peine sortis de l'adolescence et portent à merveille leur nom - qui ne les quittera plus - de Collégiens. Ils enregistrent leur premier disque cette année 1929, et enchaînent ensuite les concerts à partir de 1931 : salle Gaveau (1931), puis à partir de 1932 l'Empire, Bobino, l'Olympia, le Casino de Paris, et bientôt des tournées à travers toute la France, en attendant que Ray Ventura n'ouvre son propre cabaret sur les Champs-Élysées en 1936, alors que Tout va très bien Madame la marquise est sur toutes les lèvres.

Raymond Legrand (orchestrations) rejoint la formation en 1934, ainsi que André Cauzard (trombone et arrangements) puis Guy Dejardin (orchestrations à partir de 1939). André Hornez, parolier, joue également un rôle éminent dans la formation de Ray Ventura, car la plupart des grands succès des Collégiens de Ray Ventura sont écrits par Paul Misraki (pour la musique) et André Hornez (pour les paroles).

C'est sous l'influence de l'orchestre de Ray Ventura - dont les musiciens sont également comédiens et chanteurs - que les orchestres à sketches se multiplient : Fred Adison et Jo Bouillon avant la Seconde Guerre mondiale, Raymond Legrand sous l'Occupation, Jacques Hélian à la Libération, ou encore Bernard Hilda (la plupart de ces chefs avaient d'ailleurs eu l'occasion de travailler avec Ray Ventura avant de se lancer dans cette aventure).

À la déclaration de guerre, en septembre 1939, il est incorporé au Train des Équipage dans l'est de la France. Après la défaite en juin 1940, il se réfugie en zone non occupée. En 1941, avec son orchestre il fait plusieurs tournées en Suisse où il enregistre quelques disques. Subissant les persécutions antisémites avec une partie des membres de son orchestre, il quitte la France en novembre 1941 (entre autres Henri Salvador, Coco Aslan, Paul Misraki, Louis Vola) et part en tournée en Amérique du Sud notamment au Brésil et en Argentine où il enregistrera des disques[3].

Leur retour en France à la Libération sera triomphal. Ray Ventura crée alors une nouvelle formation (1945-1949) qui remporte de nouveaux succès (Maria de Bahia, 1947 ; La Mi-Août, 1949, deux chansons de Paul Misraki). Ils jouent dans plusieurs films (Nous irons à Paris ; Nous irons à Monte-Carlo), ce qui contribuera largement à étoffer leur popularité et à diffuser leurs chansons jusque dans les coins les plus reculés de France.

Au cours des années 1950, la mode n'est plus aux grands orchestres, et face à l'importance prise par le disque et la radio, le grand orchestre devient une formule trop coûteuse pour rester viable. Ray Ventura quitte la scène pour se consacrer à l'édition musicale (il contribuera ainsi à lancer Georges Brassens), tandis que la plupart de ses Collégiens tentent l'aventure d'une carrière solo. Tous ne réussiront pas, bien sûr, mais certains comme Henri Salvador, Henri Genès, Philippe Lemaire, André Ekyan ou Sacha Distel tireront fort bien leur épingle du jeu.

En 1959, il effectue la promotion du grand orchestre de Caravelli, alors à ses débuts.

Retiré à Palma de Majorque, Raymond Ventura s'y éteindra en 1979, au moment où, avec la mode rétro des années 1970, Le grand orchestre du Splendid redonne une seconde jeunesse au style et aux plus grands succès d'avant-guerre de Ray Ventura (Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?).

Ray Ventura est enterré à Paris, au cimetière des Batignolles.

Il est évoqué dans le 80e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Œuvres musicales[modifier | modifier le code]

Principales chansons à succès de Ray Ventura et ses Collégiens :

Les musiques de toutes ces chansons sont de Paul Misraki.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Laplace, Ray Ventura, The New Grove Dictionary of Jazz
  2. Centenaire du lycée Molière. Mémorial 1888-1988, La Châtre, 1988, p.  93.
  3. Jacques Hélian, "Les grands orchestre de music-hall en France", paru en 1984 chez Filipacchi.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • C. Brunschwig, L.-J. Calvet, J.-C. Klein, Cent ans de chanson française, Paris, Editions du Seuil, 1981.
  • Pierre Saka et Yann Plougastel, La Chanson française et francophone, Paris, Larousse, 1999.
  • (en) Michel Laplace, article « Ray Ventura », The New Grove Dictionary of Jazz.
  • Diverses notices de disques enregistrés par l'orchestre Ray Ventura.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]