Jean Richepin

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Jean Richepin

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Jean Richepin photographié par Nadar.

Activités matelot, puis journaliste
Naissance 4 février 1849
Médéa (Algérie)
Décès 12 décembre 1926 (à 77 ans)
Paris
Langue d'écriture français
Mouvement Groupe des Vivants puis naturalisme
Genres roman, théâtre
Distinctions Académie française (1908)

Œuvres principales

La Chanson des Gueux (1876), Le Chemineau (1897)

Signature

Signature de Jean Richepin

Jean Richepin, né à Médéa (Algérie) le 4 février 1849 et mort à Paris le 12 décembre 1926, est un poète, romancier et auteur dramatique français.

Avant La Chanson des gueux[modifier | modifier le code]

Ce poète turbulent, fils d'un médecin militaire originaire d'Ohis (Aisne), eut dans sa jeunesse une réputation de « fort en thème », ce qui lui permit de faire de brillantes études secondaires et d'intégrer l'École normale supérieure en 1868, avant d'obtenir une licence ès-lettres en 1870.

Avec la guerre, il prend goût à l'aventure en s'engageant dans un corps de francs-tireurs et, faisant alors l'expérience de la liberté, il mène pendant quatre ans une vie d'errance, gagnant sa vie en s'engageant successivement comme journaliste, professeur, matelot, docker à Naples et à Bordeaux. En 1866, il découvre le quartier latin, où il se fait très vite remarquer par ses excentricités et fait la connaissance de Léon Bloy, Paul Bourget, Maurice Rollinat et surtout Raoul Ponchon qui deviendra son ami inséparable. Avec ce dernier et Maurice Bouchor, il fonde le Groupe des Vivants auquel viendra se rallier, plus tard, le poète Tancrède Martel. Fortement inspiré par les œuvres de Petrus Borel, Baudelaire et Jules Vallès, qu'il considérait comme le réfractaire par excellence, il se décide à rejeter le joug des conventions sociales et culturelles, à célébrer l'instinct. Vantant, non sans humour, sa force physique, sa virilité, sa prétendue hérédité bohémienne, il se crée une biographie imaginaire et riche en couleurs.

En 1890 il se rend à Aix-les-Bains et au belvedère de la Chambotte (à Saint-Germain-la-Chambotte) en Savoie.

Il eut au moins deux fils : Jacques Richepin (1880-1946), poète, auteur de chansons et directeur de théâtre, époux de la comédienne Cora Laparcerie, et Tiarko Richepin (1884-1973), compositeur d'opérettes, inhumé à Saint-Ouen-sur-Loire[1].

Les succès poétiques[modifier | modifier le code]

En 1876, le grand public découvre soudain Richepin avec La Chanson des Gueux, qui vaut immédiatement à son auteur un procès pour outrage aux bonnes mœurs. Le livre est saisi, Richepin condamné à passer un mois de prison à Sainte-Pélagie, mais il était d'ores et déjà trop tard : il était célèbre.

Portrait par Ringel d'Illzach.

L'apparition du naturalisme lui fait découvrir, après sa libération, de nouveaux horizons, mais si, dans ses Caresses (1877), il emploie un langage cru, argotique, populaire, l'étalage de sensualité affectée, souvent grotesque ou vulgaire, laisse trop facilement transparaître son désir de scandaliser la bourgeoisie, ce qui vaut au recueil d'être considéré comme manquant de sincérité poétique. Le matérialisme grandiloquent et le nihilisme fanfaron des Blasphèmes (1884) lui valent le surnom de « Lucrèce de foire ».

L'infatigable[modifier | modifier le code]

Dès 1873, il avait fait avec L'Étoile des débuts simultanés d'acteur et d'auteur de théâtre. Il paraît encore en 1883 aux côtés de Sarah Bernhardt dans le premier rôle de son drame, Nana-Sahib, qui se heurte à une semi-indifférence du public. Mais à force de persévérance, il connaît un véritable succès théâtral avec Le Chemineau en 1897. Il collabore de plus activement au Gil Blas et publie plusieurs romans très populaires, tels La Glu (1881) et Miarka, la fille à l'ourse (1883). Voyageur invétéré, on le voit souvent à Londres, ou parcourant des contrées plus ou moins éloignées, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, la Scandinavie, l'Afrique du Nord, où il ne cherche pas plus à rencontrer des personnalités littéraires que des espaces « exotiques », le grand air, le nouveau enfin.

Reconnaissance et fin[modifier | modifier le code]

Portrait par Steinlen.

Le 5 mars 1908, suite au décès d'André Theuriet, son élection à l'Académie française, où il fut reçu par Maurice Barrès le 18 février 1909, consacra en quelque sorte une carrière de révolté que les honneurs avaient rendu inoffensif.

Jean Richepin écrivit jusqu'à la fin de sa vie. Il collabora à La Bonne chanson, Revue du foyer, littéraire et musicale, dirigée par Théodore Botrel et on vit paraître en 1922 et 1923 encore deux recueils de vers, Les Glas et Interludes.

Il s'était tout d'abord imposé par une remarquable truculence verbale. Il était d'un caractère violent, exalté et romantique, d'un romantisme dont il ne retint que la « parure », le pittoresque et surtout la recherche de mots nouveaux. C'était là ce que l'on pourrait appeler le « domaine » de Richepin, maître incontestable de son métier poétique et fort de sa culture de normalien lettré. Mais, victime de sa prodigieuse facilité à trouver des mots et des images, ce révolté n'est plus considéré de nos jours que comme un « très grand rhétoricien ».

Jean Richepin fut enterré à Pléneuf-Val-André, dans les Côtes-d'Armor, où il venait souvent passer des vacances dites bretonnes avec Raoul Ponchon, qui reposera à ses côtés en 1937.

Il habita le château des Trois-Fontaines à Montchauvet (Yvelines), et y fut élu maire de la commune le 19 mai 1912, mais ne sera pas réélu le 7 décembre 1919.

Jugement[modifier | modifier le code]

« En réalité, vous vous foutez de tout, excepté de deux choses : jouir le plus possible et faire du bruit dans le monde. Vous êtes naturellement un cabotin, comme d'autres sont naturellement des magnanimes et des héros. Vous avez ça dans le sang. Votre rôle est d'épater le bourgeois. L'applaudissement, l'ignoble claque du public imbécile, voilà le pain quotidien qu'il faut à votre âme fière. »

— Léon Bloy, Lettre à Jean Richepin (1877).

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Poésie[modifier | modifier le code]

  • Les Oiseaux de passage
  • La Chanson des gueux (1876). Réédition : Jean Richepin, La Chanson des gueux, choix et présentation par Marcel Paquet, Éditions de la Différence, coll. « Orphée », Paris, 1990.
  • La Chanson des gueux, pièces supprimées, éditions Henry Kistemaeckers, Bruxelles, 1881
  • Les Caresses (1877)
  • Les Blasphèmes (1884)
  • La Mer (1886)
  • Mes Paradis (1895)
  • La Bombarde (1899)
  • Poèmes durant la guerre (1914-1918) (1919)
  • Allons enfants de la patrie (1920) (en ligne)
  • Les Glas (1922)
  • Interludes (1923)
  • Choix de poésies (1926), Eugène Fasquelle éditeur, 11 rue de Grenelle
  • Les Petits Gagne-pain parisiens (1927)

Romans[modifier | modifier le code]

  • Madame André (1878)
  • La Glu (1881), réédition en 2010 chez José Corti.
  • Quatre petits romans (1882)
  • Miarka la fille à l'ours (1883)
  • Braves Gens (1886)
  • Césarine (1888)
  • Le Cadet (1890)
  • L'Aimé (1893)
  • Flamboche (1895)
  • Lagibasse (1900)
  • L'Aile (1911)

Récits, contes et nouvelles tragi-comiques[modifier | modifier le code]

  • Les Morts bizarres (1877). Réédition : 1980, 2009 chez L'Arbre Vengeur.
  • Le Pavé, croquis parisiens (1883)
  • Truandailles (1890). Réédition en 2012 chez Le Vampire Actif Éditions.
  • Cauchemars (1892)
  • La Miseloque (1893)
  • Sophie Monnier, maîtresse de Mirabeau - Coll. Les Grandes Amoureuses - C. Marpon et E. Flammarion - Paris, 1896. (Étude historique sur Sophie de Ruffey, marquise de Monnier)
  • Contes de la décadence romaine (1898) ; réédition Séguier, « Bibliothèque Décadente », 1994 (ISBN 2-84049-023-4)
  • Paysages et coin de rue (1900)
  • Contes espagnols (1901)
  • Prose de guerre (1915)
  • La Clique (1917)
  • Le Coin des fous, Histoires horribles (1921) Réédition : 1996
  • Contes sans morale (1922)

Théâtre et spectacles[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

  • Deux mélodies (Op.51) de Gabriel Fauré sont des poèmes de Richepin : Larmes et Au cimetière.
  • Alfred Bruneau a mis en musique Soirée
  • Georges Brassens a mis en musique et interprété deux textes de Richepin : Les oiseaux de passage et Les Philistins (titre original : ChSoirée.anson des cloches de baptême).
  • En 1991 Jean Michel PITON monte un tour de chant..."De l'Hiver à l'Hiver " d'après " LA CHANSON DES GUEUX" (enregistré sur CD, EDITIONS du PETIT VEHICULE. NANTES) 24 titres

Rémo Gary intitule le second disque de son double CD-livre " Même pas foutus d'être heureux " : Dans la rade des lits. Il le consacre à Jean Richepin qu'il considère comme son "arrière-grand-père de chevet".
Il y interprète ainsi " Les grandes chansons " (La Mer), " La grève des mots " (La Bombarde), " Putain ou pucelle " (Mes Paradis),
"
Forains " (Interludes), " Ballade du ciel de lit " (Mes Paradis), " Ballade fraternelle " (Mes Paradis), " Ballade paresseuse " (Mes Paradis),
"
Joli navire " (La Mer), " La vieille " (La Mer), " Les mômes " (La Chanson des Gueux), " Mon verre est vidé " (La Chanson des Gueux), " Les oiseaux de passage " (La Chanson des Gueux), " Berceuse " (La Chanson des Gueux), " L'homme aux grillons " (La Bombarde), " Au coin du feu " (Les Caresses).

Rémo Gary écrit, compose et interprète pour l'occasion "Client chez Richepin".
Il avait dans un précédent album intitulé " Le petit matin " (2005) interprété un autre texte de Richepin : " Les trois matelots de Groix " ... ça donne une chanson de quelque vingt minutes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]