Étang de Thau

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Étang de Thau
L'étang de Thau vu depuis Sète
L'étang de Thau vu depuis Sète
Administration
Pays Drapeau de la France France
Géographie
Coordonnées 43° 24′ 21″ N 3° 37′ 23″ E / 43.40583, 3.6230643° 24′ 21″ Nord 3° 37′ 23″ Est / 43.40583, 3.62306  
Type lagune
Superficie 75 km2
Altitude 0 m
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne
 
32 m
5 m
Volume 340 millions de m3
Hydrographie
Émissaire(s) Méditerranée

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Étang de Thau

L'étang de Thau (en occitan : Estanh de Taur) est le plus grand étang de la région Languedoc-Roussillon. Il a une superficie d'environ 7 500 hectares et une profondeur moyenne de cinq mètres (le point le plus profond étant le trou de la Bise qui atteint la profondeur de 32 m). Sa grandeur et ses profondeurs, qui le distinguent des étangs de la région, s'expliquent par la géomorphologie du secteur ; il est le synclinal d'un plissement dont l'anticlinal est la montagne de la Gardiole au nord-est. Il est relié à la mer Méditerranée par des graus à Marseillan (le Pisse Saumes) et à Sète.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'étang de Thau est une lagune séparée du Golfe du Lion par un cordon de sable littoral reliant le volcan d'Agde et la colline de Sète (le mont Saint-Clair). Il se prolonge à l'est par les étangs des Eaux-Blanches et l'étang d'Ingril de Frontignan, aujourd'hui partiellement comblé. À l'ouest, on trouve l'étang et le marais du Bagnas, propriétés du Conservatoire du littoral et réserve ornithologique protégée.

Phare des Onglous au bouche du Canal du Midi dans l'Étang de Thau

Au lieu-dit « les Onglous », dans la commune de Marseillan, le canal du Midi débouche dans l'étang de Thau, qui le relie de ce fait au port de Sète et à la mer Méditerranée. Le canal du Rhône à Sète le relie au Rhône à partir de la Peyrade, commune de Frontignan.

L'Étang de Thau depuis le Mont Saint-Clair à Sète.
Le cordon littoral entre Sète et Marseillan avec à droite l'étang de Thau.
Vue de l'étang de Thau et de la montagne de Sète.

La profondeur moyenne de l’étang est de 4,50 m, mais on trouve des fonds de 10 m et un tiers des fonds est à plus de 5,50 m. La profondeur maximum est de 30 m[1] au lieu de la Bise.

Le volume des eaux de l'étang est de 340 millions de m³. L'étang reçoit[2] :

  • les eaux de pluie : 48 millions de m³/an ;
  • les eaux de ruissellement de ruisseaux (Vène, Aygues Vagues, Joncas, etc.) : 30 millions de m³/an ; ces eaux peuvent amener de possibles pollutions de natures diverses ;
  • le canal du Midi débouche dans l'étang ;
  • les eaux de source sous-marine de la Vise au large de Balaruc-les-Bains : 9 millions de m³/an ;
  • les eaux de la Méditerranée par l'intermédiaire des graus de Pisse-Saumes et de la Quinzaine à Marseillan-Plage et des canaux de Sète : entre 0,75 et 3,7 millions de m³/jour. La marée de la Méditerranée bien que faible fait ressentir son influence ; d'autre part, le niveau de l'eau baisse par vent du nord, et monte lorsque souffle le vent de la mer.

La température de l'eau varie entre 0°C et + 24°C.

La salinité évolue au cours de l'année (faible de février à juin, plus forte de juillet à janvier). Les eaux de l’étang sont bien oxygénées.

Administrativement, l'étang est partagé entre les huit communes héraultaises riveraines : Sète, Frontignan, Balaruc-les-Bains, Balaruc-le-Vieux, Bouzigues, Loupian, Mèze et Marseillan.

Activités[modifier | modifier le code]

Aquaculture[modifier | modifier le code]

Le Service des Affaires maritimes est l'organisme public chargé du fonctionnement et du contrôle des activités économiques sur l'étang.

L'étang de Thau est le lieu d'activités économiques tel que la productions d'huîtres et de moules. Environ 600 établissements conchylicoles y sont installés, produisant plus de 12 000 tonnes d'huîtres par an, et employant environ 2 000 personnes. La pollution des eaux pèse sur leur activité entraînant parfois des interdictions de commercialisation des huîtres et moules comme ce fut le cas pour la première fois du 13 décembre 1989 au 18 janvier 1990[3].

Navigation et zonage[modifier | modifier le code]

La navigation des bateaux fluviaux est autorisée uniquement sur le tracé du chenal fluvial qui a été mis en place. Exception faite des bateaux transportant des passagers qui sont interdits, sauf à vide. La vitesse réglementaire doit être inférieure à 25 nœuds sur une grande partie de l'étang, et inférieure à 5 nœuds près de la côte[4].

Seuls les navires d'activités professionnelles, pêche et conchyliculture sont autorisés à mouiller dans l'étang. De même, la circulation est interdite aux embarcations rapides à moteurs ainsi que la pratique d'activités sportives tractés comme du ski nautique etc... exception faite entre le 1er mai et le 30 septembre pour la pratique du ski nautique avec un seul bateau dans une zone bien définie[4].

Des lotissements conchylicoles qui ont été mis en place sont réservés aux professionnels et aux exploitants. La baignade et la plongée y sont interdites. Seul les « navires maritimes professionnels de transport de passagers, détenteurs d’une autorisation délivrée par le directeur départemental des affaires maritimes » sont également autorisés à naviguer dans les lotissements. Les navires de plaisance ont obligation d'emprunter les couloirs transversaux[4].

En complément de ce zonage, a été également mis en place une zone avec un axe d'écopage pour des hydravions dans la lutte contre les incendies[4].

Tourisme et impact environnemental[modifier | modifier le code]

Le tourisme est fortement représenté autour de l'étang de Thau. Le nombre de nuitées autour du Bassin de Thau est estimé autour de 12 millions.

La présence de certains sites est un moteur pour le tourisme. On peut citer en particulier :

On peut noter la présence de plusieurs types de tourisme tels que:

  • Le tourisme thermal, qui dans la commune de Balaruc-les-Bains représente 60 000 personnes (curistes et accompagnants de curistes), ce qui en fait la deuxième station thermale de France et la première de Méditerranée.
  • Les activités nautiques et de plaisance avec plus de 1 600 bateaux de plaisance en 2005, et plus de 10 clubs de voile et centres nautiques.

Même si l'activité touristique génère un chiffre d'affaires de 275 Millions d'euros, elle est aussi responsable de certains impacts sur l'environnement de l'étang de Thau. On constate en effet des destructions du milieu aquatique qui sont dus:

  • A l'introduction d'espèces invasives qui détruisent les herbiers de Posidonies
  • Aux mouillages des bateaux de plaisance
  • A la présence de macro-déchets
  • La présence en grand nombre de déchets laissés par les touristes (sac plastiques, bouteilles et autres...)

La mise en place de mesures de protection telles que le classement de l'étang en zone Natura 2000 et l'élaboration de documents d'aménagement tel que le SAGE (Schéma d'aménagement et de gestion des eaux) rédigé par le SMBT Syndicat Mixte du Bassin de Thau permet d'espérer une meilleure gestion et une meilleure protection de cet espace unique en son genre.

Biodiversité[modifier | modifier le code]

L'étang abrite également plusieurs espèces animales.

Aigrette au bord de l'étang de Thau

Oiseaux :

Une riche faune marine (méduses, poissons, hippocampes, algues ...)

L'étang de Thau est un milieu fragile qu'il faut protéger de la pression du monde moderne (urbanisation croissante, pollutions d'origine diverses).

Ports[modifier | modifier le code]

Le canal du Midi rejoint l'étang de Thau à Marseillan.
  • Ports de pêche et de conchyliculture à :
    • Sète : le Barrou, la Pointe Courte
    • Bouzigues
    • Mèze : le Mourre Blanc
    • Marseillan
    • Loupian
L'Etang de Thau et la montagne de Sète (et une course de voiliers sur l'Etang)

Syndicat mixte du bassin de Thau[modifier | modifier le code]

Situé dans le département de l'Hérault, a été créé en 2005 pour coordonner les politiques sur le territoire de Thau. La mission de cette structure de gestion agissant à l'échelle globale du bassin est de protéger l'étang de Thau. Il regroupe deux intercommunalités et quatorze communes.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le syndicat mixte regroupe sensiblement les mêmes acteurs que ceux présents géographiquement sur la bassin versant de l'étang de Thau, à deux exceptions près :

  • les communes de Pinet, Pomerols, Cournonsec et Montagnac, situées au moins partiellement sur la bassin versant, mais non membres du syndicat :
  • les communes de Vic la Gardiole et de Mireva, membres du syndicat, bien que situées hors du bassin hydrographique[5].

Les communes membres du syndicat sont les suivantes :

Communes Maire Population municipale légale 2009 en vigueur au 1er janvier 2012
Sète François Commeinhes 42 496
Frontignan Pierre Bouldoire 22 684
Mèze Henry Fricou 10 749
Marseillan Yves Michel 7 817
Balaruc-les-Bains Gérard Canovas 6 622
Gigean Francis Veaute 5 524
Poussan Jacques Adge 4 881
Mireval Francis Foulquier 3 277
Villeveyrac Alain Jeantet 2 978
Montbazin Laure Tondon 2 912
Vic-la-Gardiole Jean-Pierre Deneu 2 838
Loupian Christian Turrel 2 089
Balaruc-le-Vieux Max Serres 2 046
Bouzigues Éliane Rosay 1 575

Le SMBT est présidé par François Commeinhes, maire de Sète.

Missions[modifier | modifier le code]

Le territoire de Thau représente un patrimoine environnemental fragile, où coexistent des activités industrielles, touristiques, de pêche et d'agriculture. En vue d'assurer une démarche globale dans la gestion du territoire et de répondre aux enjeux démographiques, fonciers, économiques et environnementaux auxquels il est confronté[6], le syndicat mixte a été créé en prolongement d'un plan opérationnel d’un contrat s'inscrivant dans un schéma de mise en valeur de la mer adopté en France en 1995[7].

Ses missions principales visent à protéger la lagune de Thau et assurer un avenir responsable au territoire. En pratique, son rôle consiste à organiser l'aménagement du territoire en veillant aux impacts sur l'environnement et l'eau en particulier.

Il se revendique comme un véritable outil d'ingénierie territoriale : diagnostic, élaboration, suivi, évaluation d'outils de planification.

Il pilote ou assure la gestion de différents outils administratifs :

  • schéma de cohérence territorial du bassin de Thau (SCOT) et son volet maritime ;
  • schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) ;
  • Natura 2000 de Thau ;
  • contrat de gestion intégrée du territoire de Thau.

Il assure par ailleurs la gestion des déchets conchylicoles et développe une plateforme de gestion environnementale destinée à assurer la prévention, l'alerte et le suivi des pollutions pouvant affecter les coquillages produits dans la lagune de Thau. Ce programme, intitulé Contrat Qualité de la lagune de Thau, est un programme d'action multi partenarial qui concerne l'ensemble du bassin versant de Thau[8].

Démarche[modifier | modifier le code]

La participation de la population, et la mise en place de nombreux partenariats est l'une des caractéristiques de fonctionnement revendiquée tant par le syndicat que par ses partenaires[9].

Toutefois, après 8 ans de fonctionnement devant aboutir à l'adoption du SCOT, ce dernier fait l'objet de controverses en 2013, en raison d'un projet de création d'un Hinterland, destiné à servir de base logistique arrière au port de Sète. Des réserves et contestations émanent aussi bien des membres du syndicat mixte[10], d'institutionnels[11],[12] que d'une partie la population[13].

SCOT[modifier | modifier le code]

SAGE[modifier | modifier le code]

Natura 2000[modifier | modifier le code]

Le syndicat mixte est depuis 2009 la « structure porteuse » gérant les deux principaux sites Natura 2000, les « herbiers de l’étang de Thau » et 8 « étang de Thau et Lido de Sète à Agde » , sous la coordination d'un comité de pilotage présidé par le maire de Marseillan. Le périmètre est plus restreint que celui du SCOT, et concerne les communes concernées de Balaruc les Bains, Balaruc le Vieux, Bouzigues, Loupian, Mèze, Marseillan, Sète, Frontignan et Poussan[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Forum des Observateurs et Gestionnaires des Etangs Méditerranéens (FOGEM
  2. Bouzigues Musée de l'étang de Thau
  3. commission d'enquête sur l'etang de Thau - Assemblée Nationale - [commission d'enquete sur l'etang de Thau - Consultable en ligne]
  4. a, b, c et d ARRÊTÉ PRÉFECTORAL N° 55/2009 RÉGLEMENTANT LE MOUILLAGE ET LA CIRCULATION DES NAVIRES ET ENGINS SUR L'ÉTANG DE THAU et la carte des zones de l'étang de Thau
  5. Syndicat Mixte du Bassin de Thau document de présentation non daté sur ec.europa.eu, p. 26, consulté le 1er décembre 2013.[PDF]
  6. Syndicat Mixte du Bassin de Thau document de présentation non daté sur ec.europa.eu, p. 21-23, consulté le 1er décembre 2013.[PDF]
  7. « Etang de Berre - Etang de Thau : retour d’expérience de 20 ans de gestion intégrée »,‎ 14 mars 2011 (consulté le 1 décembre 2013)
  8. « PRESSE - HÉRAULT : Le Syndicat Mixte du Bassin de Thau sur Thau TV », sur Hérault Tribune (consulté le 1 décembre 2013)
  9. Maurel 2008
  10. « Bassin de Thau : un Scot et des couacs », sur MidiLibre.fr,‎ 7 février 2013 (consulté le 1 décembre 2013)
  11. « L'hinterland du port de Sète à Poussan a-t-il du plomb dans l'aile ? », sur MidiLibre.fr,‎ 8 septembre 2013 (consulté le 1 décembre 2013)
  12. « Le Scot de Thau "bloqué" en préfecture », sur MidiLibre.fr,‎ 7 novembre 2013 (consulté le 1 décembre 2013)
  13. Christine Thumerel, « #Hinterland : les opposants font un sitting devant le syndicat mixte du Bassin de #Thau - Journal La Marseillaise »,‎ 13 novembre 2013 (consulté le 1 décembre 2013)
  14. Document d’Objectifs des sites Natura 2000 de Thau Tome 1. DREAL Languedoc-Roussillon, Syndicat mixte du bassin de Thau, Sète, 2011, www.languedoc-roussillon.developpement-durable.gouv.fr/ p. 15; 25-30 [PDF]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Parc à Moules de Bouzigues

Liens externes[modifier | modifier le code]

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