Paul Fort
Paul Fort
Paul Fort, en 1928
| Nom de naissance | Jules Jean Paul Fort |
|---|---|
| Activités | Poète, Dramaturge |
| Naissance | 1er février 1872 |
| Décès | 20 avril 1960 (à 88 ans) Montlhéry, Essonne, France |
| Genres | Poésie |
Jules Jean Paul Fort, né à Reims (Marne) le 1er février 1872 et mort le 20 avril 1960 à Montlhéry (Essonne), est un poète et dramaturge français. Il est l'auteur d'une œuvre poétique abondante, réunie dans les Ballades françaises, mêlée de symbolisme, de simplicité et de lyrisme, utilisant le plus souvent le verset.
Sommaire |
Origine et formation[modifier]
Paul Fort est né rue Caqué, à Reims, où son père était agent d'assurances. Il passe sa petite enfance à l’angle de la place Myron Herrick et de la rue du Clou-dans-le-Fer. En 1878, son père conduit sa famille à Paris. Paul Fort suit ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand et entre en relations avec Pierre Louys et André Gide,tous deux élèves de l'École alsacienne.
Expérience théâtrale[modifier]
Il fréquente le café Voltaire, quartier-général des poètes symbolistes. Il rédige en 1889 un manifeste en faveur de la création d'un théâtre représentatif de ce groupe, qui rompt avec la scène naturaliste qui prévaut notamment au Théâtre Libre créé par André Antoine en 1887, ce qui motive son expulsion du lycée.
Voulant offrir une scène à Maurice Maeterlinck, dont il admirait les drames, il crée en 1889, avec Aurélien Lugné-Poë, le Théâtre d'Art qui devint en 1893 le Théâtre de l'Œuvre. Ce théâtre révéla les dramaturges nordiques Henrik Ibsen et August Strindberg.
Poète[modifier]
Création poétique d'avant-guerre[modifier]
L'aventure théatrale s'étant achevé, il se consacre à la poésie. Il donne ses premiers poèmes au Mercure de France en 1896. Ces poèmes constituent le début des Ballades françaises (17 volumes écrits entre 1922 et 1958).
Il organisa dès 1903, des réunions de lecture poétique tous les mardis à la Closerie des Lilas. En 1905, il lance avec Moréas et Salmon la revue Vers et prose, qui éditera notamment Guillaume Appolinaire, Max Jacob, Pierre Louÿs. Il la dirige avec Paul Valéry. Pierre Louys qui rédige la préface au premier volume, définit les Ballades comme des petits poèmes en vers polymorphes ou en alexandrins familiers, mais qui se plient à la forme normale de la prose et qui exigent (ceci n'est point négligeable) non pas la diction du vers, mais celle de la prose rythmée. Le seul retour, parfois, de la rime et de l'assonance, distingue ce style de la prose lyrique.
Fait commandeur de la Légion d'honneur, il contribua à donner au quartier du Montparnasse, à Paris, sa renommée artistique. Il fut élu « prince des poètes » en 1912 à la suite d'un referendum organisé par cinq journaux, Gil Blas, Comoedia, La Phalange, Les Loups et Les Nouvelles. 350 auteurs votèrent pour Paul Fort, qui succédait à Verlaine, Mallarmé et Léon Dierx.
En août 1913, il conduisit à l'autel sa fille Jeanne, âgée de seize ans, qui épousait le peintre futuriste Gino Severini. Ce dernier eut pour témoins, Guillaume Apollinaire et Marinetti, l'auteur du Manifeste du Futurisme. Néanmoins, Apollinaire, dans une lettre du 30 septembre 1915 à Madeleine Pagès, écrit : « J'ai reçu le bulletin lyrique idiot où Paul Fort prince des poètes à la manque, chante les batailles de loin et en un langage vraiment stupide. »
Poète officiel de la Troisième République[modifier]
Il fut l'un des principaux membres du jury du Prix Jeunesse, créé en 1934.
Il fut présent sur une première liste d'auteurs frappés d'une interdiction de publier par le CNE, Comité National des Écrivains (organe de la Résistance intellectuelle) à la fin de la guerre, puis retiré dans une seconde liste publiée dans les Lettres françaises le 21 octobre 1944 [1]
Il revint officiellement à Reims, en 1954, inaugurer une exposition qui lui était consacrée à la bibliothèque Carnegie.
En 1956, il épousa Germaine Pouget. Son neveu ou son fils[réf. nécessaire] Robert épousa la fille d’Alfred Vallette (1858-1935), directeur du Mercure de France, et de Marguerite Eymery (1860-1953), femme de lettres connue sous le nom de Rachilde.
Paul Fort repose à Montlhéry dans sa propriété d'Argenlieu.
Hommages[modifier]
Plusieurs écoles et collèges français portent son nom dont un collège dans sa ville natale.
Une rue du XIVeme arrondissement de Paris porte son nom.
Œuvres[modifier]
- Poésie
- Les Ballades françaises, environ 40 volumes, 1896-1958
- Théâtre
- La Petite Bête, comédie en un acte, en prose, Paris, Théâtre d'Art, 5 octobre 1890
- Louis XI, curieux homme, chronique de France en 6 actes, 1921
- Ysabeau, chronique de France en 5 actes, Paris, Théâtre de l'Odéon, 16 octobre 1924
- Le Camp du Drap d'or, chronique de France en 5 actes, 1926
- L'Or, chronique de France, en 3 actes, suivi de Ruggieri, chronique de France, en 1 acte, Paris, Théâtre de l'Odéon, mai 1927
- Guillaume le Bâtard, ou la Conquête de l'Angleterre, chronique de France en 5 actes, 1928
- L'Assaut de Paris, chronique de France en 4 actes, 1933
- Coups du heurtoir, mystère de Noël en 3 scènes, 1943
- Varia
- Histoire de la poésie française depuis 1850, avec Louis Mandin, 1926
- Mes Mémoires, toute la vie d'un poète, 1872-1943, 1944
Son Œuvre en chansons[modifier]
Quelques-uns de ses poèmes furent mis en musique et chantés par Georges Brassens : Le Petit cheval, La Marine, Comme hier, Si le bon Dieu l'avait voulu.
Notes et références[modifier]
Annexes[modifier]
Bibliographie[modifier]
- Collectif, Hommage à Paul Fort, prince des poètes, Paris, numéro spécial de la revue Flammes vives, 1952
- Marie-Thérèse Donnay, Le Paul Fort que j'ai connu, Paris, Debresse, 1961
- Pierre Béarn, Paul Fort, Paris, Seghers, 1965
- Antoine Antonakis et François Fort, Paul Fort à Montlhéry, ou le Poète est dans le pré, édition du Soleil Natal, 1990.
Liens externes[modifier]
- Cet article contient tout ou partie d'un document provenant du site La Vie rémoise.
- Portrait
- Son acte de naissance
- Vidéo de Georges Brassens de septembre 1971 parlant de Paul Fort sur le site de l'INA : [1]