Basque
| Basque Euskara |
|
| Parlée en | Espagne, France |
|---|---|
| Région | Pays basque |
| Nombre de locuteurs | première langue : 714 136 en 2011 chez les 16 ans et plus[1] ou 1 102 391 en incluant les bilingues réceptifs |
| Typologie | SOV + OVS polysynthétique agglutinante ergative |
| Classification par famille | |
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| Statut officiel | |
| Langue officielle de | |
| Régi par | Académie de la langue basque |
| Codes de langue | |
| ISO 639-1 | eu |
| ISO 639-2 | baq, eus |
| ISO 639-3 | (en) eus |
| IETF | eu |
| Échantillon | |
| Article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (voir le texte en français)
1. atala Gizon-emakume guztiak aske jaiotzen dira, duintasun eta eskubide berberak dituztela ; eta ezaguera eta kontzientzia dutenez gero, elkarren artean senide legez jokatu beharra dute. |
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Le basque (euskara) est une langue non indo-européenne et est considéré comme le seul isolat d'Europe. Le basque est la plus ancienne langue d'Europe de l'Ouest in situ et dont l'origine demeure inconnue à ce jour. Parlé au Pays basque, le nombre de locuteurs en Espagne s'élève à 663 035 (provinces de Biscaye, Alava, Guipuscoa et de Navarre) et à 51 100 locuteurs au Pays basque français de 16 ans et plus. Le nombre total de locuteurs s'élève à 1 102 391, bilingues réceptifs inclus. Environ 20 000 personnes sont unilingues bascophones. Le basque est aussi parlé dans sa diaspora.
La langue basque comporte une grande diversité dialectale. Pour pallier le manque d'intercompréhension entre locuteurs de dialectes éloignés, l'Académie de la langue basque a mis en place vers la fin des années 1960 une koinê, un basque unifié (euskara batua). Engagé dans un processus de standardisation, d'unification et d'un développement du corpus, ce dialecte commun et nouvelle variété de basque est basé sur les dialectes du centre tels que le guipuscoan essentiellement, et le navarro-labourdin, et ce, parmi cinq ou sept dialectes constituant un continuum dialectal. Ne se substituant nullement aux dialectes locaux, le basque unifié investit tous les secteurs formels tels que les émissions de radio-télévision, presse écrite, Internet, recherche, enseignement, littérature, administration, etc. Dans les domaines informels, en revanche, le basque unifié cohabite avec chacun des dialectes dans un espace où se côtoient les bascophones natifs (euskaldun zahar) et les néo-locuteurs (euskaldun berri).
Sommaire |
Étymologie [modifier]
Le mot « basque » viendrait du nom d’un peuple antique, les Vascons (en espagnol, basque s'écrit vasco), qui étaient la tribu occupant le territoire de l'actuelle Navarre. Il s'agirait d'une forme latinisée du nom autochtone de la racine eusk-, présente dans le nom de la langue (euskara), et de ceux qui parlent cette dernière Euskaldunak (en français : « ceux qui parlent l'euskara »). Euskara pourrait venir de enausi (verbe signifiant "dire") et voudrait alors dire "manière de parler"[2].
On a voulu voir cette racine dans le nom des Auscii, une tribu aquitaine de l'Antiquité qui a donné son nom à la ville d'Auch.
Histoire [modifier]
Son origine est antérieure à l'arrivée des parlers indo-européens dont sont issus entre autres le français et l'espagnol, et les langues latines et celtes qui les ont précédées en tant que langues majoritaires dans la région. Au cours des siècles, le basque a reçu de nombreux emprunts lexicaux des langues indo-européennes voisines, mais a gardé sa syntaxe totalement différente de ces langues, ainsi qu'un abondant lexique également sans connexion avec elles. La plus ancienne preuve d'une écriture basque daterait du XIe siècle, il s'agit des Glosas Emilianenses. Toutefois des inscriptions basques ont été découvertes sur le site de Veleia dans la province d'Alava. Elles dateraient du IVe siècle. Certains les tiennent pour un faux, d'autres estiment qu'elles sont authentiques.
Classification linguistique [modifier]
Le basque est considéré jusqu'à présent comme un isolat en Europe (le seul encore vivant) parce que cette langue ne fait pas partie de la famille linguistique indo-européenne, tout comme les langues finno-ougriennes (finnois, estonien, same (lapon), hongrois, etc.), les langues turques (turc) et les langues sémitiques (maltais). Si, au plan linguistique, le basque unifié est une forme de basque au même titre que chacun des autres dialectes, d'un certain point de vue, et de par son statut officiel, on peut le comparer à une langue comme le français[3].
L’origine de la langue basque étant antérieure à la diffusion de l'écriture en Europe, est par conséquent préhistorique, donc mal connue et débattue. Plusieurs hypothèses circulent, dont aucune ne fait l'unanimité :
- Le préhistorien basque José Miguel de Barandiarán Ayerbe a suggéré que la racine d'« aizkora » est aiz (« pierre ») certains pensant toutefois qu'« aizkora » serait un emprunt au latin asciola « hachette »[4]. On pourrait y ajouter les doublets zur « bois » et ezur « os » ou encore lur « terre » et elur « neige ».
- Autre « hypothèse préhistorique », celle selon laquelle le basque serait le dernier survivant d'un groupe de langues paléolithiques, parlées par des hommes de Cro-Magnon arrivés en Europe en provenance de l'est voici 40 000 à 10 000 ans, et présenterait des similitudes pouvant aller jusqu'au japonais et au coréen, avec des termes reliques conservés par-delà les siècles et les distances dans d'autres langues non-indoeuropéennes : selon Michel Morvan le basque guti « peu, petit » est le même mot que le dravidien guti « id. » et l'austronésien guti « id. », le basque bizar, mitxar « barbe » est le même mot que le caucasien bisal « id. » et le dravidien misal « id. »[5].
- L'hypothèse « dené-caucasienne », proposée par le linguiste Merritt Ruhlen dans son ouvrage L'origine des langues, rattache le basque au groupe des langues sino-caucasiennes, lui-même rattaché à la super-famille des langues dené-caucasiennes. Pour le rattachement du basque à la famille dené-caucasienne, Ruhlen cite les travaux de Bengtson et Trombetti comme étant les principaux chercheurs ayant mis en lumière ce lien. Il explique également que les Dené-caucasiens sont isolés entre eux par les autres groupes de langues eurasiatiques arrivés postérieurement. Sur le plan génétique, il dit que pris au niveau mondial le groupe bascophone ne se différencie pas suffisamment des autres Européens pour constituer un isolat génétique. « Les langues ne font pas l'amour », dit-il pour expliquer des différences linguistiques que l'on ne retrouve pas dans les gènes. Selon cet auteur, des Proto-Basques auraient occupé l’Europe occidentale bien avant la migration des Indo-Européens au deuxième millénaire avant l’ère chrétienne[6]. Les ancêtres des Basques se seraient alors maintenus vers l’Atlantique et les Pyrénées, dans la région qu’ils occupent actuellement et nommée durant la conquête romaine d’après les territoires des Caristes, des Vascons, des Cantabres, des Aquitains, des Vardules et autres tribus.
- L'hypothèse « ibère » rapproche le basque de cet ensemble de langues anciennement parlées dans la péninsule Ibérique : de nombreuses similarités et des recoupements territoriaux importants, de part et d'autre des Pyrénées, permettent ce rapprochement selon lequel les langues ibères formeraient elles-mêmes un isolat[7]. Même si l'ibère et le basque sont apparentés, cela ne fait que repousser la question.
- L'hypothèse « kartvèle » (groupe linguistique « euscaro-caucasien » [réf. nécessaire]) rapproche le basque des langues caucasiennes (telles le géorgien ou le tchétchène), en partant du postulat que l'ethnonyme Iberi et les toponymes Iberia ou Hibernia qui se rencontrent de l'Atlantique au Caucase désigneraient bien des peuples linguistiquement apparentés, ce qui n'est pas démontré même si on a rapproché le suffixe basque itz du suffixe géorgien vili et même si le basque et les langues caucasiennes sont ergatives, phénomène rare en Europe (mais cette caractéristique peut n'être qu'une similarité typologique).
- L'hypothèse « vasco-berbère » situe l'apparition de la langue basque avec l'arrivée de certaines troupes berbères de Hannibal Barca estimées à 20 000 hommes qui en 218 avant J.‑C. décidèrent de l'abandonner et de ne pas l'accompagner dans sa marche vers Rome depuis Carthage. La théorie est soutenue par quelques historiens espagnols qui se fondent sur certaines similitudes linguistiques avec l'amazigh parlé en Mauritanie, au Maroc, aux îles Canaries et en Algérie, ainsi que sur des considérations anthropologiques : les Basques étant majoritairement mésocéphales comme les populations du Maghreb contrairement au reste des Espagnols qui sont dolichocéphales pour ceux d'origine celte et brachycéphales pour ceux d'origine ibère[8].
- L'hypothèse « vasconique », proposée par le linguiste allemand Theo Vennemann, postule qu'il y a suffisamment d'évidences toponymiques pour conclure que le basque est le seul survivant d'une plus grande famille qui s'étendait à travers la majorité de l'Europe, ainsi que le long du littoral atlantique, du Sénégal jusqu'aux îles Britanniques, et dont on retrouve des traces du wolof jusque dans les langues indo-européennes (plus récentes), en Europe[9].
- Selon Lilias Homburger, le basque, étant une langue agglutinante est plus proche de l’égyptien ancien, des langues dravidiennes (parlées aujourd’hui en Inde du Sud), et des langues africaines du groupe sénégalo-guinéen (wolof, sérère, peul), que des langues indo-européennes. Ce qui laisse penser qu’au néolithique, avant l'extension de l'indo-européen commun, les langues agglutinantes recouvraient probablement l’Afrique du Nord, l'Europe méridionale et l’Asie [1]. Toutefois, la longue cohabitation avec les langues indo-européennes voisines a donné au basque actuel les deux tiers de son vocabulaire usuel.
- On a aussi rapproché le basque des langue mésopotamiennes telles le kurde, ou le sumérien, hypothèse peu vraisemblable en ce qui concerne le kurde qui est une langue indo-européenne. Voir tableaux ci-après.
- Arnaud Etchamendy, dans sa thèse de doctorat intitulée Euskera-Erderak : basque et langues indo-européennes : essai de comparaison et soutenue à l'université de Pau en 2007, suggère, en se basant sur les innombrables termes d'origine indo-européenne du basque et leur évolution dans la langue, que le basque pourrait être issu d'une « pidginisation pastorale » entre des parlers indo-européens et des substrats ibériques disparus (la « pidginisation pastorale » est un phénomène propre aux refuges montagneux accueillant des bergers et des exclus de diverses origines, fuyant la faim, la sécheresse, les persécutions en plaine : voir Saracatsanes ou Houtsoules) : ce serait donc une langue initialement indo-européenne ayant évolué en langue agglutinante.
- Enfin, au début du XXIe siècle, les comparaisons du basque avec d'autres langues non indo-européennes sont menées essentiellement par deux linguistes, l'Américain John Bengtson et le Français Michel Morvan. L'informatique pourra peut-être apporter davantage d'éléments permettant de pencher en faveur de l'une ou l'autre de ces hypothèses.
| Basque | Kurde | Français |
|---|---|---|
| more | mor | violet |
| bizi | bijî | vivant |
| bargo | borre | cochon |
| zerri | xinzîr | cochon |
| kiz/kis | kes/kesek | homme |
| eme | mê | femme |
| haur | hûrik | enfant |
| alaba | abla (sœur) | fille |
| bai | ba/balê | oui |
| gar | agir/gûrî | feu |
| su | pêsûs | feu |
| negar/nigar | girîn | pleurer |
| aran | haran | vallée |
| ibar | robar | rivière |
| madari/udare | darhirmî | poire |
| garai | gir | grand |
| egin | kirin | faire |
| lo egin | lolî kirin | dormir |
| hiru | hirê | trois/3 |
| Basque | Sumérien | Français |
|---|---|---|
| or/hor | ur | chien |
| arrano | erin/hurin | aigle |
| haur | hurum | enfant |
| hiri | iri | la cité |
| arrain/arani | arina | poisson |
| zabala | abala'e | plat de poisson |
| nigar/negar | giri | pleurer |
Grammaire [modifier]
La grammaire basque est d’une originalité radicale. Le basque est une langue agglutinante, où des suffixes ou des radicaux peuvent être accolés derrière d’autres suffixes ou radicaux. Le genre (féminin / masculin) n’existe pas, sauf attaché au verbe pour le tutoiement. Mais la particularité la plus importante réside dans le fait qu’en basque on ne conjugue souvent que l’auxiliaire du verbe, et que cet auxiliaire ne s’accorde pas qu’avec le sujet comme en français : celui-ci s’accorde également avec les compléments, dits directs et indirects en français.
Vocabulaire [modifier]
Si la grammaire basque est d’une originalité radicale, on estime que 75 % du vocabulaire provient de langues géographiquement voisines (celte, latin, gascon, aragonais, roman de Navarre, espagnol, français).
| Français | Basque | Prononciation standard |
|---|---|---|
| terre | lur | lour |
| ciel | zeru, ortzi | sérou, ortsi |
| eau | ur | our |
| feu | su | shou |
| air | haize | (h)aïssé |
| homme | gizon | guissonn |
| femme | emakume | emakoumé |
| manger | jan | yan’ / dyan’ |
| boire | edan | édan’ |
| grand | handi | han'di |
| petit | txiki/ttipi | tchiki/tyipi |
| nuit | gau | gaou |
| jour | egun | égoun |
| mot | hitz | hits |
| chiffre | zenbaki | sèn’baki |
| un | bat | bate |
| deux | bi | bi |
| trois | hiru | (h)irou |
| quatre | lau | laou |
| cinq | bost/bortz | bocht/borts |
| six | sei | chei |
| sept | zazpi | saspi |
| huit | zortzi | sortsi |
| neuf | bederatzi | bédératsi |
| dix | hamar | (h)amar |
Notes :
Le r est roulé au Pays basque Sud. Au Pays Basque nord, le r simple est roulé, le r double est généralement prononcé « à la française » chez les nouvelles générations. En Soule, le « r » est parfois amuï. Le h est généralement aspiré au Pays basque nord, mais il est tout-à-fait muet au Pays basque sud. Le s est prononcé au Pays basque sud entre s et ch ; au Pays basque Nord, il est pratiquement prononcé comme un ch. Le z est prononcé comme un s partout, et le x est prononcé comme un ch partout[10].
Le j représente en principe le y consonne de yaourt au début d’un mot (à l’intérieur d’un mot, on utilise généralement la lettre i). Cette prononciation est la prononciation standard recommandée pour le basque unifié. Cependant, au Pays basque Sud, on a tendance à le prononcer comme un j espagnol (une espèce de raclement de gorge), alors qu’en Navarre et au Labourd, la prononciation est plutôt un d y palatalisé, comme dans diable et que, en Soule, on prononce même la lettre j comme le j français de journal.
Les noms et adjectifs se déclinent en s’augmentant de suffixes. La forme donnée dans la liste ci-avant est celle de l’absolutif indéterminé : à cette forme, les noms et adjectifs apparaissent sous leur forme la plus simple, sans aucun suffixe.
Écriture [modifier]
La langue basque s’écrit avec l’alphabet latin. L’alphabet basque est globalement phonétique, toutes les lettres d’un mot se prononcent à l’exception du h qui est muet dans la plupart des dialectes. Généralement, les voyelles qui se suivent forment une diphtongue[11].
Dialectes [modifier]
- L'occidental (biscayen)
- Le central (guipuscoan)
- Le navarrais
- Le navarro-labourdin
- Le souletin
En 1571, on doit à Jean de Liçarrague, sur ordre de Jeanne d’Albret, la traduction en basque du Nouveau Testament[12]. Les cinq dialectes du basque sont le navarro-labourdin, le guipuscoan, le navarrais, le souletin et le biscayen. Certains sont peu intelligibles entre eux comme le biscayen et le souletin[13].
Un autre dialecte, le roncalais, a vu sa dernière locutrice s’éteindre en 1991 (Fidela Bernat). [réf. nécessaire]
Le basque standard, ou « basque unifié », se fonde sur les dialectes centraux comme le guipuzcoan et le navarro-labourdin, mais aussi sur le labourdin classique du XVIIe siècle, précurseur de la littérature basque et trait d’union entre les dialectes continentaux et péninsulaires.
Le basque unifié, ou euskara batua, langue co-officielle avec le castillan dans les communautés autonomes basque et navarraise, y est largement enseigné, et commence à y supplanter les formes dialectales, dorénavant associées aux échanges non formels, voire à la ruralité.
Les locuteurs [modifier]
Sur une population totale de 2 975 000 habitants répartis dans les 7 provinces du Pays basque, 26,9 % sont bilingues et 15,3 % ont une connaissance approximative du basque, soit 1 255 750 personnes. (881 300 personnes sont des locuteurs bilingues actifs et 454 400 sont des locuteurs bilingues passifs). Du point de vue de leur rapport avec l’euskara, les habitants du Pays basque se répartissent en 4 grandes catégories[14].
- Les unilingues bascophones ne parlent que le basque en France ou en Espagne. Ils sont âgés, mais certains enfants sont mis à l'ikastola (moins de 0,7 %, ce qui représente tout de même 20 000 personnes).
- Les bilingues basque actifs parlent deux langues, français / basque ou espagnol / basque. Ils sont 26,9 % et se répartissent en 3 sous-catégories :
- 40 % sont bilingues avec le français ou l’espagnol dominant ou l’erdara dominant.
- 29 % sont des bilingues équilibrés, ils connaissent aussi bien le basque que l’erdara.
- 32 % sont bilingues avec le basque dominant.
- Les bilingues basques réceptifs comprennent ou lisent le basque mais le parlent peu. Ils représentent 15,3 % et sont de plus en plus nombreux, car les cours de langue pour adultes sont très populaires.
- Les non-bascophones qui ne connaissent pas le basque. Ils sont majoritairement unilingues espagnol ou français, mais peuvent aussi être des bilingues voire multilingues par leur connaissance d'autres langues (immigrés non espagnols ni français notamment). Ils forment la grande majorité de la population, avec 57,8 %.
Il existe de grandes disparités dans la population au regard du bilinguisme basque selon les provinces. La Biscaye compte 1 141 000 habitants, dont 26,5 % (302 000) sont bilingues et 24,9 % (284 000) de bilingues passifs. Le Guipuzcoa avec 686 000 habitants a le plus grand nombre de locuteurs bascophones, soit 329 000, ce qui correspond à 48 % de la population et 9,5 % (65 000) de bilingues réceptifs. La Navarre (594 000) n’a que 10,5 % (85 500) de bascophones qui sont groupés essentiellement dans le nord de la province et 6,8 % de bilingues réceptifs (40 200). L’Alava avec ses 298 000 habitants a 13,4 % (40 000) de bilingues et 11,1 % (33 000) bilingues réceptifs. Le Labourd avec 208 000 habitants a 37,2 % de sa population bilingue (38 600) et 24 600 bilingues réceptifs. Quant à la Basse-Navarre et à la Soule, les plus faiblement peuplées (30 000 et 17 000), elles ont de loin les plus forts pourcentages de personnes bilingues, avec 60,9 % de bilingues (28 600) et 15,1 % de bilingues réceptifs (7 000).
Statut de la langue basque [modifier]
La situation de la langue basque est très différente selon le territoire : Communauté autonome basque, Navarre ou Pays basque français. Le basque ne dispose d'un statut officiel que dans les deux premiers. En Pays basque français, seul le français est langue officielle. La situation de la langue basque en France est contestée, comme celle d'autres langues régionales (le breton, le corse…).
En 1948 à l'occasion du VIIe Congrès d'Eusko Ikaskuntza, est créée une « journée internationale de la langue basque » fêtée tous les 3 décembre[15].
Vie publique [modifier]
Enseignement [modifier]
Le basque est enseigné dans les écoles privées dites « ikastola » où tous les cours se font en basque et en français (histoire, géographie, sciences, mathématiques…).
La langue est aussi enseignée dans certaines écoles, collèges et lycées publics en tant que langue facultative. Il existe aussi des cours du soir pour apprendre la langue et la culture basques.
En France est créé à Bayonne en 2004 l’Office Public de la Langue Basque (OPLB) qui poursuit son projet de politique linguistique en ouvrant des sections d'enseignement bilingue dans le Pays basque[15].
Télévision [modifier]
- Euskal Telebista : Le consortium qui dépend de la communauté autonome basque possède deux chaînes exclusivement en basque :
- ETB 1 : Chaîne généraliste exclusivement en basque créée en 1982. Peut être captée en hertzien dans la CAB, la Navarre et le Pays basque français.
- ETB 3 : Chaîne dédiée aux jeunes créée exclusivement en basque en 2008. Diffusée via la TNT dans la CAB.
- ETB Sat : Chaîne disponible via les systèmes satellites et ADSL diffusant une partie des programmes d'ETB-1.
- Hamaika : Chaîne généraliste exclusivement en basque créée en 2009. Diffusée via la TNT dans la CAB.
- France 3 Euskal Herri Pays Basque : Décrochage local de France 3 Aquitaine. Une petite partie des informations est diffusée en basque (1 min par jour sur les 6 minutes totales du décrochage d'information ainsi qu'un tiers des reportages hebdomadaires).
- TVPI.
Radio [modifier]
Communauté autonome basque [modifier]
Dans la CAB, en plus des stations de service public Euskadi Irratia (groupe EITB), une cinquantaine de radios associatives diffusent en basque.
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De nombreuses radios associatives parmi lesquelles Euskalerria irratia [réf. souhaitée] à Pampelune, Xorroxin Irratia (Baztan).
Pays basque français [modifier]
Les radios associatives du Pays basque nord se sont groupées dans une association nommée Euskal irratiak et diffusent des programmes en commun :
- Gure Irratia créée en 1981 et Antxeta Irratia créée en 1999, basées au Labourd
- Irulegiko Irratia créée en 1982 et basée en Basse-Navarre
- Xiberoko Botza créée en 1982 et basée à Mauléon (Soule)
De plus France Bleu Pays Basque consacre 55 minutes d'actualité en basque.
Il existe aussi une radio à caractère religieux diffusant en basque depuis Ustaritz, Radio Lapurdi Irratia.
Journaux [modifier]
Quotidiens (egunkaria) [modifier]
- Berria, quotidien exclusivement en basque. Successeur d'Egunkaria.
- Gara, quotidien en basque et en espagnol.
Hebdomadaires (aldizkaria) [modifier]
De nombreux hebdomadaires sont écrits en basque parmi lesquels :
- Herria, hebdomadaire du Pays basque nord exclusivement en basque. Créée en 1944.
- Argia, hebdomadaire exclusivement en basque.
- Mintza, hebdomadaire exclusivement en basque ajouté chaque jeudi au quotidien basque de langue française le Journal du Pays basque.
- Iparraldeko hitza, hebdomadaire exclusivement en basque. Distribué avec Berria.
Bimensuels [modifier]
- Ekaitza, bimensuel politique de gauche, indépendantiste, du Pays basque nord. La majorité des articles sont en français, mais certains sont en basque. Créée en 1986.
Bibliographie [modifier]
- Bernard Oyharçabal, Les relatives en basque, Paris, 1985.
- Eguzki Urteaga, La langue basque dans tous ses états - sociolinguistique du Pays basque, l'Harmattan, Paris 2006.
- Georges Rebuschi, Structures de l'énoncé en basque, Paris, 1982.
- (eu) Gotzon Garate, « Atsotitzak » 27 173 proverbes dont 14 000 en basque.
- Jean-Baptiste Orpustan, La langue basque au Moyen Âge, Izpegi, Baigorri, 1999.
- Jean-Baptiste Orpustan, Les noms des maisons médiévales en Labourd, Basse-Navarre et Soule, Izpegi, Baigorri, 2000.
- (en) José Ignacio Hualde, Joseba Andoni Lakarra et Larry Trask, The history of Basque, Urbana-Champaign, University of Illinois, 1996, 365 p. (ISBN 978 90 272 3634 0 et 978 90 272 8567 6)
- Jean-Baptiste Orpustan, Nouvelle Toponymie Basque, Presses Universitaires, Bordeaux, 2006.
- Koldo Mitxelena, avec la collaboration d'Ibon Sarasola, Dictionnaire général basque ou Orotariko Euskal Hiztegia, Bilbao, 1987-2005.
- (en) Larry Trask, The History of Basque, Oxford, 1997.
- (es) Manuel de la Sota, Pierre Lafitte, Lino Akesolo, et la collaboration de José Lasa et al., Diccionario Retana de autoridades de la lengua vasca: con cientos de miles de nuevas voces y acepciones, antiguas y modernas..., 9 volumes, La Gran Enciclopedia Vasca, Bilbao, 1976. ISBN 978-84-248-0248-6.
- Michel Morvan, Les origines linguistiques du basque, Bordeaux, Presses Universitaires, 1996.
- Michel Morvan, Noms de lieux du pays basque et de Gascogne, Paris, Bonneton, 2004.
- Pierre Lafitte, Grammaire basque (navarro-labourdin littéraire), Elkarlanean, 1998 (ISBN 978-2-913156-10-4) (reprise complétée d’une édition de 1962 ; édition originale 1944).
- Txomin Peillen, Les emprunts de la langue Basque à l'Occitan de Gascogne - étude du dialecte souletin de l'euskara, Univ. Nacional de Educación a Distancia, Madrid, 1998.
Notes et références [modifier]
- V° Enquête Sociolinguistique • Communauté Autonome d'Euskadi, Navarre et Pays Basque Nord (2011).
- http://www.vianayborgia.es/bibliotecaPDFs/FOLI-0056-0000-0139-0148.pdf
- SOULETIN ET BATUA : pour un duo plutôt qu'un duel. Par Battittu Coyos, UMR 5478 IKER, Université René Descartes – Paris V. « Au plan linguistique, le batu est une forme de basque au même titre que le souletin. Toutefois il est réservé à certains domaines alors que le souletin l'est à d'autres. D'un certain point de vue, on peut comparer le batu au français. Le français est issu du francien, un dialecte d'oïl qui a réussi au détriment des autres formes d'oïl (picard, champenois, poitevin, wallon, etc.). »
- R. L. Trask, The History of Basque, Routledge, 1997 (ISBN 0-415-13116-2)
- Merritt Ruhlen, L'origine des langues, Débats / Belin, 1997, (ISBN 2-7011-1757-7)
- Merritt Ruhlen, L'origine des langues, Débats Belin, 1997 (ISBN 978-2-7011-1757-7). Larry Trask, The History of Basque, Routledge, 1997 (ISBN 978-0-415-13116-2). « Origine unique, multiple origine » (article non signé).
- « Are Iberian and Basque related? The problem with "magical translators" ». Jesús Rodríguez Ramos.
- Igleisas Hector, 2011, « La parenté de la langue berbère et du basque : nouvelle approche », 29 p., en ligne sur HAL‑SHS.
- Théorie des langues vasconiques, Theo Vennemann
- (es) La grammaire basque
- (eu) Euskaltzaindia : Règle n° 17 du basque standard (batua), Noms des lettres de l'alphabet basque, règle votée le 25 novembre 1994.
- Biblia, traduction de toute la Bible en navarro-labourdin
- Les dialectes basques : homogénéité ou dispersion ?
- EITB - EAEko herritarren %60 euskara ondo edo hala-hola hitz egiteko gai dira
- Fère Emmanuelle, « La langue basque fêtée le 3 décembre », Sud Ouest, 1er décembre 2010
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
- Euskara batua (basque unifié)
- Toponymie basque
- Linguistique
- Liste Swadesh du basque
- Pays basque
- Langues régionales ou minoritaires de France
- Langues d'Espagne
- Korrika
- Hyacinthe de Charencey
Liens externes [modifier]
- Euskaltzaindia - Académie de la langue basque
- Le basque, Lexilogos
- Une survivance linguistique apparemment inexplicable
- Une télé Web en langue basque
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