Jean-Marie Périer

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Jean-Marie Périer, de son vrai nom Jean-Marie Pillu, est un photographe français, né le 1er février 1940 à Neuilly-sur-Seine. Il est le fils de l'acteur François Périer (1919-2002) qui l'a reconnu officiellement à sa naissance, son père biologique étant le musicien et chanteur Henri Salvador (1917-2008). Sa mère, l'actrice Jacqueline Porel, est la petite-fille de la comédienne Réjane (1856-1920). Il est le frère du cinéaste Jean-Pierre Périer[1] (1943-1966) et de la journaliste Anne-Marie Périer-Sardou, et le demi-frère de l'acteur Marc Porel (1949-1983). Il est père de trois enfants : Arthur Pillu-Périer (animateur radiophonique[2]), Paul Périer et Lola.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Périer est né d'une liaison entre Jacqueline Porel et Henri Salvador. Ce dernier part ensuite sous les drapeaux. Jacqueline Porel entame une liaison avec François Périer, qu'elle épouse, ignorant qu'elle est enceinte de Salvador. À la naissance de Jean-Marie, elle découvre qu'il s'agit du fils de Salvador ; François Périer reconnaît cependant l'enfant, et l'élève comme son fils. En 1947, Henri Salvador découvre l'existence de son fils naturel et prend contact avec François Périer, qui lui demande de ne pas s'approcher de l'enfant. Ce n'est qu'à l'âge de 16 ans que Jean-Marie Périer découvre l'histoire de sa filiation. Il raconte à ce sujet : « quand j'en ai parlé à mon père [François Périer], il avait oublié. Et s'est effondré en larmes ». Ce n'est que bien plus tard que Jean-Marie Périer rencontre son père biologique, avec qui il noue des liens amicaux[3],[4].

En 1956, Jean-Marie Périer est engagé comme assistant du photographe Daniel Filipacchi pour les magazines Marie-Claire, Paris Match, Télé 7 jours et Jazz magazine. Passionné de Jazz, Filipacchi anime avec son ami Frank Ténot l’émission « Pour ceux qui aiment le jazz », sur Europe no 1.

Tous deux dirigent la revue Jazz magazine. En octobre 1959, ils lancent « Salut les copains » une autre émission radiophonique destinée cette fois aux adolescents.

« Depuis ma plus tendre enfance la musique était ma seule passion. […] Moi qui avais arrêté le piano pour ressembler à mon père, je me retrouvais avec « l’oncle Dan » qui n’était que musique[5]. »

Ainsi, Miles Davis, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillespie seront les premiers artistes qui poseront devant l’objectif de Jean-Marie Périer.

Après 28 mois de service militaire en Algérie, Daniel Filipacchi l’engage en 1962 dans l’équipe du nouveau mensuel Salut les copains — créé suite au succès de l’émission éponyme (en novembre 1964 paraîtra aussi l’équivalent féminin, Mademoiselle Âge tendre).

Son style, dénué de réalisme, laisse libre cours à son imagination en mettant en scène les jeunes chanteurs populaires des années « yéyé », période durant laquelle il se lie avec la chanteuse Françoise Hardy. Il réalise notamment une photo regroupant quarante-six des vedettes de ce mouvement.

Trente ans plus tard, ses clichés, devenus emblématiques des années 1960, feront l’objet de plusieurs expositions en France et à l’étranger. Exposés pour la 1re fois à la Mairie de Paris en 2001, ils attirent 150 000 visiteurs.

Lors de ventes aux enchères, certains tirages atteindront des sommes appréciables[6].

« Pendant trente ans elles ont été méprisées par l'intelligentsia de la photographie. C'était trop populaire. Ce sont les mêmes aujourd'hui qui me disent que c'est de l'art. Moi je pense que ça n'est pas de l'art, c'est du spectacle. Je refuse de prendre la posture artistique[7]. »

En 1974, il arrête la photographie pour se tourner vers le cinéma. Il réalise notamment deux œuvres de fiction : Antoine et Sébastien en 1974 avec François Périer et Jacques Dutronc, qui fait là ses premiers pas de comédien, et Sale rêveur en 1978, de nouveau avec Dutronc et Léa Massari.

Il réalise également Téléphone public, un documentaire de référence sur le groupe de rock français Téléphone suivi pendant leurs tournées de 1979.

Attiré par les États-Unis, Jean-Marie Périer part y travailler en janvier 1980 avec dans ses bagages quelques réalisations de films publicitaires comme sésame — Il avait fait ses premières armes en 1968 pour la boisson Canada Dry. En Amérique, il en réalisera plusieurs centaines d’autres[8]. Six ans après, se partageant entre New York et Paris, il réalise 3 clips contre la drogue : « La Drogue, c’est de la merde », en 1986 puis en février 1987 avec l’aide de Michel Platini, enfin en 1990, avec l’acteur portoricain Benicio del Toro.
Sa sœur Anne-Marie, rédactrice en chef de l’hebdomadaire féminin Elle, lui propose de revenir à la photographie. Les chanteurs sont remplacés par les couturiers et les mannequins. Il travaille également pour Paris Match et Le Figaro Magazine.

Sont passés devant son objectif (liste non exhaustive) : Les Beatles, les Rolling Stones, Bob Dylan, Marianne Faithfull, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Eddy Mitchell, Dick Rivers, Sheila, Dani, Étienne Daho, Benjamin Siksou, Michel Berger, France Gall, Claude François, Mylène Farmer, Michel Sardou, Ophélie Winter, Bertrand Delanoë, Íngrid Betancourt, Carla Bruni, Yves Saint Laurent, Jean-Paul Gaultier, Valérie Lemercier, Thierry Mugler, Claudia Schiffer, Karl Lagerfeld, Hélène Grimaud

À l’aube des années 2000, il se décide à publier des ouvrages regroupant ses photographies (Mes années 1960, Flash) ou relatant sa vie (Enfant gâté, Le Temps d'apprendre à vivre…). Dans Enfant gâté, paru en 2001, il révèle notamment la vérité sur sa filiation. Après la parution du livre, Henri Salvador rompt toute relation avec Jean-Marie Périer. Ce dernier commente en 2008 : « Il m'ignore et dit de moi des choses désagréables dans les médias. C'est une histoire triste. Tant pis pour lui, il passe à côté de mes enfants »[3],[4].

En 2008, le documentaire Flashback sur Jean-Marie Périer, retrace toute sa carrière et dévoile des documents rares et inédits de sa vie privée et de sa vie professionnelle.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Cinéma
Télévision

Reportages musicaux[modifier | modifier le code]

Documentaire sur Jean-Marie Périer[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autobiographies[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Document[modifier | modifier le code]

« Tous les jours, des jeunes sont chassés par leur famille uniquement parce qu’ils sont homosexuels. Jean-Marie Périer est allé à la rencontre de ces adolescents jetés à la rue du jour au lendemain, sans soutien, sans argent et sans avenir. Il œuvre désormais pour que cesse cette situation intolérable. »[20]

Photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Périer fut assistant metteur-en-scène de Costa-Gavras (Compartiment tueurs) et d'Anatole Litvak (La Nuit des généraux).
  2. Arthur Pillu-Perier anime auprès de Bruno Guillon et Camille Combal la tranche 17h-20h sur Virgin Radio depuis le 1er septembre 2008.
  3. a et b Jean-Marie Périer, fils de..., L'Express, 18 octobre 2001
  4. a et b Perier, enfant caché, La Dernière heure, 14 février 2008
  5. Le Temps d'apprendre à vivre..., XO Éditions, 2004.
  6. La 1re vente fut organisée par Camard & Associés à l’Hôtel Drouot, le 22 mai 2006 : 21 372 € pour une photo des Beatles (1964) - 20 761 € pour un portrait de Mick Jagger (1966) – 13 000 € pour un portrait de Françoise Hardy (1967).
  7. Propos recueillis par Judith Benhamou-Huet, Les Échos, no 19648 du 14 avril 2006.
  8. Platine Magazine no 56, décembre 1998.
  9. Son premier rôle au cinéma.
  10. Les Enfants de la justice, Gallimard, 1959.
  11. Ce film décrit la journée d’un juge pour enfants délinquants.
  12. DVD Dutronc au Casino, Columbia/Sony Music (SMV 2013092), 2001.
  13. Où l'écrivain Frédéric Beigbeder part sur les traces de son auteur favori, Jerome David Salinger. DVD MK2 Docs (384442 172474), mars 2008.
  14. Comment rater complètement sa vie en onze leçons, éd. Payot, 2001.
  15. Du lundi au vendredi à 20:45, Dream Way Productions, Paris Première/France 3/Corse Via Stella.
  16. Du lundi au vendredi vers 17:25 et 22:25, Dream Way Productions. En un peu plus d’une minute, Jean-Marie Périer conte l'anecdote liée à la réalisation d’un cliché d'une « idole » des années 60.
  17. Où Jean-Marie Périer suit le groupe Téléphone en tournée pendant l’année 1979. DVD Studio CANAL (Réédition 2005).
  18. http://www.newwayevolution.com/newwayevolution/flashbackjmp/fbjmp.html
  19. Surnom de Daniel Filipacchi
  20. Extraits du document Casse-toi.
  21. Élaboration du spectacle du Cirque du Soleil depuis les répétitions jusqu'à la première à Las Vegas, le 6 mai 2005.

Lien externe[modifier | modifier le code]